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garnison sortit avec les honneurs de la guerre, tambours en tête, mèches allumées, pour s’embarquer sur le lac et être conduite à New-York, où Pouchot fut bientôt mis en liberté par voie d'échange.
La prise de Niagara achevait d'isoler le Canada du côté des lacs et de la Louisiane.
Informé de la retraite de M. de Bourlamaque à l’île aux Noix, et de la prise du fort Niagara, M. de Vaudreuil, effrayé des conséquences que pouvaient avoir pour la colonie ces succès de l'ennemi, eut l'idée malheureuse, dans ces circonstances critiques, de faire sortir de Québec le chevalier de Lévis, qui avec sept cents Canadiens et cent soldats des troupes de terre fut envoyé aux rapides, entre le lac Ontario et Montréal, pour y organiser la défense. Le 6 septembre il écrivait de Montréal à Montcalm pour lui faire part de la situation de cette partie de la colonie: il terminait sa lettre en termes qui témoignent d’une admirable clairvoyance, et qui font d'autant plus regretter que leur auteur ait été éloigné, au moment décisif, du champ de bataille où allaient se jouer les destinées de la Nouvelle-France.
J'espère, dit-il à son chef, que les ennemis qui sont vis-à-vis de vous, dans la partie de Québec, ne tarderont pas à partir; et dans ce cas nous ne serons pas attaqués dans ces deux parties. C’est bien à désirer pour celle des rapides, car pour cette année, ou du DORANARE premier octobre, elle est bien en l’air.
« Je crois, mon cher génér: al, que vous ferez bien dé vous tenir rassemblé le plus possible, car les ennemis en partant doivent chercher à avoir une actior. qui donne de la réputation à leurs armes et qui justifie la conduite que Wolfe a tenu toute la campagne. Je désire bien ardemment de pouvoir vous rejoindre. »
Depuis. deux mois, la formidable artillerie des vaisseaux anglais et les batteries de la pointe Lévis fou-
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droyaient sans discontinuer de leurs feux les retranchements de Montcalm et la ville de Québec, dans laquelle les incendies produits par les bombes avaient détruit la plus grande partie des maisons et des établissements; depuis deux mois Wolfe, qui avait fait passer, en remontant la nuit le Saint-Laurent, une partie de sa flotte devant la ville en ruines. avait tenté vainement à diverses repriscs un débarquement en amont de Québec; depuis deux mois les actes de brigandage contre les propriétés des malheureux Canadiens avaient continué jusqu’à la destruction complète de toutes les habitations des alentours ; la saison s’avancait, le froid et les glaces allaient rendre le séjour du fleuve impossible et obliger à la retraite l'armée anglaise impuissance à forcer les lignes de défense du général français ; l'amiral Saunders avait réuni à son bord un conseil de œuerre, et il avait été décidé que le 20 septembre la flotte embossée devant Québec lèverait l'ancre pour regagner le golfe Saint-Laurent et le port d'Halifax, où elle serait à l'abri des tempêtes et des désastres qu'autrefois les navires de Phips et de l'amiral Walker avaient éprouvés dans ces perages.
Ainsi que l'avait prévu le chevalier de Lévis, Wolfe, remontant et descendant le fleuve l’âme ulcérée de désespoir (1), avait pris la résolution d'essayer une dernière attaque, et de tenter à une demi-lieue audessus de Québec l'escalade de la falaise, au sommet de laquelle un sentier étroit et escarpé pouvait le conduire, si les Français lui en laissaient l'accès libre. C'était la dernière chance et la plus improbable de succès. Le général anglais, décidé à la tenter en y laissant à la fois, s’il échouait, sa réputation et sa vie,
(1) Il considérait alors l’insuccès de sx campagne comme tellement certain que le 9 septembre il écrivait à Londres : « Ma constitution est ruinée, sans que j'aie la consolation d’avoir rien fait de considérable pour l’État, et sans que j'aie la perspective de mieux faire, »
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