‹ Montcalm [microforme]Chapitre 15 sur 18 · BR TES · texte numérisé non relu

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C'était le dernier effort opposé à l'invasion. Les ‘apides franchis en y laissant soixante-quatre berges coulées et quatre-vingt dix-huit hommes qui se noyèrent, Amherst débarquait le 6 septembre à trois lieues de Montréal, et le 8 les deux autres armées le rejoignaient devant la ville, dont la seule défense consistait dans une simple muraille de deux ou trois pieds d'épaisseur.

Dans la nuit du G au 7, M. de Vaudreuil réunit un conseil de guerre; après avoir exposé la situation désespérée où l'on se trouvait, il émit l'avis, auquel se ralliérent unanimement les membres présents, «que l'intérêt général de la colonie exigeait que les choses ne fussent pas poussées à la dernière extrémité, et qu'il convenait de préférer une capitulation avantageuse au peuple et honorable aux troupes. »

Bougainville fut chargé de se rendre auprès du général Amherst pour lui proposer une suspension d'armes et, sur son refus, une capitulation dont les articles principaux portaient que les troupes et milices sortiraient avec les honneurs de la guerre et que les habitants conserveraient l'entière et paisible possession de leurs biens ainsi que le libre exercice de leur religion.

Ambherst ne consentit à suspendre les hostilités que jusqu'au lendemain et n’admit que la dernière partie des articles proposés dans l'intérêt des habitants. Il répondit à la demande relative aux troupes :

« Toute la garnison de Montréal doit mettre bas les armes et ne servira point pendant la présente guerre. »

Lévis, indigné, fit avec ses principaux officiers les instances les “plus vives auprès de Vaudreuil pour repousser cette condition humiliante et d'autant moins

justifiée que la dernière rencontre entre les armées

des deux nations dans les plaines d'Abraham s'était terminée par une éclatante victoire des Français.

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Le gouverneur refusa de rompre les négociations. Lévis lui remit alors un mémoire dont nous reproduisons les termes :

« Aujourd’hui 8 septembre 1760, Monsieur le marquis de Vaudreuil, gouverneur général de la Nouvelle-France, nous ayant communiqué les articles de capitulation qu'il a proposés au général anglais pour la reddition du Canada et les réponses à ces articles, et ayant vu dans lesdites réponses que ce général exige pour dernière résolution, que les troupes mettront bas les armes et ne serviront point pendant le cours de la présente guerre, nous avons cru devoir lui représenter en notre nom et en celui des officiers principaux et autres des troupes de terre que nous commandons, que cet article de la capitulation ne pourrait être plus contraire au service du roi et à l'honneur de ses armes, et qu'il ne doit être admis qu’à la dernière extrémité, puisqu'il prive l État pendant toute cette guerre du service que pouvaient lui rendre huit bataillons de troupes de terre et deux de celles de la marine, lesquelles ont servi avec courage et distinction; service dont l’.tat ne serait pas privé si les troupes étaient prisonnières de guerre où même prises à discrétion.

« En conséquence, nous demandons à Monsieur le marquis de Vaudreuil de rompre présentement tout pourparler avec le général anglais et de se déterminer à la plus vigoureuse défense dont notre position actuelle puisse être susceptible.

« Nous occupons la ville de Montréal qui, quoique très mauvaise, et hors d'état de soutenir un siège, est à l'abri d'un coup de main et ne peut être prise sans canon. Il serait inoui de se soumettre à des conditions si dures et si humiliantes pour les troupes sans avoir été canonné. D'ailleurs il reste encore assez de munitions pour soutenir un combat si l'ennemi voulait nous attaquer l'épée à la main, et pour en livrer un si Monsieur le marquis de Vaudreuil veut tenter la fortune, quoique avec des forces extrêmement disproportionnées et peu d'espoir de réussir.

« Si Monsieur de Vaudreuil par des vues politiques se

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