SCENE VII
(Picot du plan gauche regardant de droite et gauche. }
MICOT (vient jusqu'au milieu, puis se retour nant)}.—Tiens plus personne que se passe-t-il donc? (Apercevant Mathilde, )} Tiens la mère de Philippe. (Mathilde le regarde )} Honsoir Madame Nous avons voulu faire une surprise à Philippe et tout ce bruit vous a fatiguée, sans doute. (sa tuant) Picot, Madame, oui! irenadier Picot pour vous servir. Vous êtes la mere de Philippe
Mme d'IHASTREI, - Oui
PICOT.—La fête marchait bien, le gâteau était tiréet Philippe était Roi lorsque ce Croque-Mi taine de Maurin nous est arrivé comme une douche. (en parlent Picot s'approche et recule surpris à part.) Mais non je ne me trompe pas c'est la déportée du Havre
Mme d'Hastrel (à part) —Que me veut cet homme? (elle faiblit.)
SCENE IX {MONTCALM entre brusquement, ôte son manteau et s'approche. Picot saluant en rementant )
MONTCALM.- C'est toi serment Picot, c'est bien ici que demeure le fils d'Hastrel?
PICOT.—Oui, mon général, il est sorti, mais voici sa mère
MONT LM.—Tu la connais?
PICOT.—Oui. Et vous aussi, mon général MONTCALM.—Moi, que veux-tu dire?
PICOT. — Je suis fou peut-être, mais c'est une figure qu'on ne peut oublier: La déportée du H vre, oui, mon général, j'en jurerais
MONTCALM.-Que dis-tu?.. (Il s'approche et regarde Mathtide longuere fait signe à Picot de sortir. l'endant ce temps on entend le bruit des violons Mathilde ouvre lex" yeux et aperçoit Mont alim près d'elle. }
Mine d'HASTREL (re lève).—M. le Marquis de MONTCALM
MONTCALM (à part).—La déportée du Hävre,
Mme d'HASTREL, (vient à lui) .—Me reconnais sez-vous ?
MONTCALM.-Oui, comment oublier une ren contre dont les conséquenses devaient peser aussi lourdement sur ma destinée
Mine d'HASTREL.—Oui, je comprends toute l'inexorable vérité de la maxime les rois coupables n'échappent pus à la loi de Dieu, le sont chatiés dans leurs enfants
MONTCALM.—Convaineu que votre histoire était vraie, j'ai appris à Sa Majesté que l'enfant qu'on élevait à Savignv et qu'on appelait x la cour: le demi-Louis, n était pas le sien: et cela au Motnent même où Madame de Pompadour tentait de couronner cetté sinistre subs titution par les fiançailles de sa fille avec le taux prince... Déçue dans ses ambitions, la Marquise m'a vouée une haine mortelle et tant qu'elle vivra Versalles sera fermé pour moi. Je suis xilé comme vous.
Mme d'HASTREL,.-—M. le Marquis votre âme est trop élevée pour regretter d'avoir fait ce que commandait votre conscience et l'honneur. Je comprends votre amertume devant l'injustice qui vous frappe, mais moi, monsieur, victime incons- Giente enveloppée duns cette intrigue, le cœur brové par la perte de ton eniant, je voulais motrir et vous m'avez dit de vivre, je vous ai écouté, j'ai fait plus, j'ai donné tout mon lait, tonte ma tendresse de mère à ce iruit de la volupté royale qui fait de mon jropre fils un bâtard dont on se moque. (mouv, ment de faiblesse, MONT- CALM lui prend la main.) Ah! Marquis, il n me reste plus de larmes, plus de force et puisqu'après vingt ans une providence mystérieuse nous a de nouveau réunis, à vous de continuer son œuvre, Vous seul connaissez mon secret, vous seul pouvez apprendre au Roi ce qu'une mère a souliert pour son fils. Demandes-lui d'être clément pour le mien. Ma tâche est terminée...Vous représentez la France et son Roi, je laisse Philippe sous Votre garde. Si Vous Voyez mon enfant duées-lui que ma dernière pensée a été pour son bonheur. Dites-lui bien à quel prix je l'ai acheté (elle retombe morte. }
MONTCALM se découvre ).— Pays, aux dévouements sublimes tu comptes une sainte de plus.