‹ Montcalm [microforme]Chapitre 27 sur 56 · SCENE V (Maurin, puis Philippe par la droite · texte numérisé non relu

SCENE V (Maurin, puis Philippe par la droite

MAURIN.—Eh! bien, vous voilà secrétasse du Général? C'est ainsi lorsque papa Maurin mène une affaire.

PHILIPPE (présentant une chaise) — Veuillez donc vous asseoir, Monsieur Vais prévenir ma mère. Bien que souffrante, je suis certain qu'elle voudra vous remercier elle-même de vos bontés pour moi.

MAURIN (s'asseyant ) —Non, non, restes, les moments sont précieux. Je suis attendu à l'Intendance. (consultant sa montre } Ainsi, nous voilà cn place! 11 a suffi d'un coupd'épaule pour vous mettre sur le chemin de la fortune, Hé! de la milice au secrétariat du Général en chef, c'est un saut,savez-Vous! Ah! le destin favorise rarement à demi rs

PHILIPPE,—Oui grâce à votre généreux appui Ah! croyez-moi, Monsieur

MAURIN.— , bon, n'exagérons rien. De nos jours, la générosité est une de ces vertus faciles qui masque souvent la vanité, l'intérét personnel, toujours. Mon Dieu! vous êtes jeunes, prenez ce conseil: Ne vivez que pour vous-même dans ce monde, et vous ferez convenablement vos aifaires J'ai commencé à méditer cette Maxime dans une mansarde de la rue St-Paul à Montréal, et j vaux aujourd'hui un million et demi. (il se lève).

PHILIPPE.—Que vous dépensez à faire le bien Ah! Monsieur c'est noble MAURIN (haussant les épaules, passe devant Philippe} .—Mais non, mais non, je vous le répète, Je ne suis pas un St-Martin.…. Je serais incapable de partager mon manteau. Comme mon prêté. cesseur de la rue Quincampoix, je prét quelque-

fois l'appui de ma bosse, mais toujours à Don pro. fit.

PHILIPPE.—Ah! monsieur, vous avez été bien bon pour moi, Dites-moi, je vous prie, ce que vous attendez de mon zèle?

MAURIN.—Je vous veux du bien. Vous avez

tout pour réus

ir: Jeunesse, intelligence, Vous

êtes beau

PHILIPPE.—Vous me comblez

MAURIN (confidentiellement ) .— N'avez-vous Pas ensorcelé ma nièce? Ah! Vous Voyez qu'en ne me ceche rien à moi, (il s'assied ) Avec tous

5 vantiges, un homme d'esprit ne reste pas dans l'ornière. On monte au sommet. Ecoutez-moi { Philippe prend une chaise, s'approche.) 11 y a dans la colonie quatre personnes qui se di putent le pouvoir et les faveurs du Ro:..de V ndrewil et MONTCALM, caractèr tipathiques, ennemis irréconciliables que la méfiance et 1" rgucil séparent. Bigot l'Intendant, Cadet, le mutionnaire foncussionnaires rivaux que la délation à rrvês à la même chaine, Ces hommes se jalousent, se haissent, complottent, guerre en sourde qui s'envenime de plus en plus et qui ne finira qu'avec chute de la colonie, Le pays est ruiné par fonctionnaires venus de France. Il s'ensuit la fortune des petits bourgenis e, enüe süspecie.., Dans cette € petits seront submergés. 11 de veiller. (b sonne du

racle tiniminente, les

s'agit donc pour not issant la; voix) Attaché à per-

énéral, il vous sera facile de me ser.

PHILIPPE. Pardon! Je ne comprends pas bien MAURIN (à part) 1] ent stupide vous.

tiendrez un petit journal de ce Qui se passe chez le Général.

PHILIPPE (se levant ).— —Moi!…

MAURIN.—Mais oui. C'est la coutume dans la diplomatie, cela Permet plus tard aux jeunes secrétaires de publier de fort i: téressants mémoires. PHILIPPE (replace sa chaise) — Pardon! mon sieur, vous voulez m'éprouver, sans doute.. C'est un secrétaire que vous recommandiez tout à l'heure à M. de MONTCALM, et non pas un espion.

MAURIN (se lève) Mn Dieu! disons un homme utile si cela vous froisse.

PHILIPPE — Assez, Monsieur Proposez est infâme. Comme Je réponde aux bontés du tude, à

Ceque vous me l, vous voulez que Général par l'ingratia confiance par la trahixcn!… Mais uuek homme êtes-vous donc? Je suis jeune, sans appui. j'aime votre nièce de toutes ‘es forces de mon âme. Pour m'élever jusqu'à elle et m acquitter engers Vous, je vous aurais donné ma vie à vous qui m'offrez le déshonneur

MAURIN (ricanant }

vie d'un milicien ne coûte que cinq sous Par jour au Roi, C'est maigre mon jeune ami, Diable voilà une probité qui va retarder votre avancement. (au commencement de cette tirade, Mme d'Hastrel sort de la chambre à droite et s'avance Pémiblement. )

SCENE VI Mme d'Hastrel redescend, — Vous avez votre réponse qu'attendez-vous corrupteur cynique?

sortez! {Philippe vient à elle et l'enlace,) J'ai travaillé vingt ans à faire un honnête homme de

cet enfant, il vous faudra plus d'un jour pour em faire un misérable

© tient Mathilde dans ses bras) ,— Ah! Mère

MAURIX (ricanant).—Ht voilà les naïvetés.

que l'on enseigne chez les Jésuites. Hé! Madas me, voilà des grands sentiments qu'on ne soup- Sonnerait pas d'une femme transportée à la Lou. Siane avec des prisonniers de l'Etat. (Mme d'Hastrel chancèle et tomix fauteuil à droite,

PALMIERI-Rôle de Maurin

PHILIPPE Cbendit sur lui)—Tu mens, imisètuble! A genoux, et demande pardon à cette sainte que tu viens d'outrager CH le jette aux pieds de sa mère.)

(Constance parait } e plan gauche, Maurin se dégage de Philipge. }

CONSTANCE.—Au nom du ciel que se passe-til? Philippe, Phippe!

MAURIN (se relève et passe devant Philippe va à Constance) À moi! Bah! ce n'est qu'un trai ne misère qui pose à Lhonnte homme. Sois tran quille, je ne t'oublierai pas. (A Constance) Yiens iei toi lui prenant le bras rudement Plutôt que de te donner à cette brute ingrate, je te jetterais dans les bras du premier garçon de ferme venu

PHILIPPE (suppliant —Ah! Constance dismoi que tu ne ecnhaisais rien de cette infarnie? Gil va pour s'élancer vers elle.)

MAURIN.- Arritre (il entraine Constance, qui voulait s'approcher de Philippe. Ils sortent par le fond.)

VHILIPPE (conduisant Mine d'Hustrel dans un fauteuil ).— Comme tues pâle, Revien! c'est fini ce ne sera rien, repose-toi je vais courir chez le docteur Arnoux

Mme d'HASTREL (déiaillante) oui, va mon fis. (Philippe prend son chapeau et sort par le fond.) Exilée à la Louisianc Cet homme connait done mon secret? Pauvre enfant il ne saura jamais ce que j'ai souffert par lui et pour Ini (elle ferme les yeux.)

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