‹ Montcalm [microforme]Chapitre 8 sur 56 · NATTIER · texte numérisé non relu

NATTIER

À quelle heure part le coche pour

Allons, allons, je la connais cette

histoire, mais je vous avertis que je ne mme

suite trouver des cochers pour la poste, (il trap pe la table avec sa canne.) Allons à l'œuvre

HOTELIER (vient un peu à lu).—Mais € n'est pas une histoire, Monseigneur. Demandez je vous prie, à ce gentilhomme qui surveillele 1ecrutement (bas) seulement, je vous préviens, il a la tête près du bonnet. FR

NATTIER.—Ah!.. (regardant Montcalm) mais non je ne me trompe pas, Monsieur le Marquis de Saint Véran!.…

MONTCALM (vivement se lève et vient à lui)

attier! Ah! mon cher maitre, vous ici? Ah!

par exemple, voilà une bonne rencontre. Mais que fait l'illustre peintre des belles dames de Vérsailles dans cet horrible trou? (ils se donnent la main.)

NATTIER.— J'arrive de Londres aù m'avait appelé la duchesse de Warwick pour le portrait de sa fille... Sa Majesté ne se doutait pas du mauvais service qu'elle me rendait en me recommandant à cette duchesse, Mais vous arrivez de Paris, heureux mortel! Vite, des nouvelle... Hola! hôtelier du vin de France, le meilieur que le Dauphin blanc possède, Je veux oublier la rubiconde duchesse, le pays de brume et de bièreet cette horrible traversée surtout, sur un Côtier Norvégien Cils s'installent, l'aubergiste apporte une bouteille et ressort aussitit)

TCALM.—Ce bel enfant vous appartient ?..

IER.- Viens ici petit. Marquis, je vous présente Le fils de mon grand ami de Bougainville, notaite Roval, échevin de Paris. C'est un intur savant qui connait déjà l'anglais, qui aime les militaires, C'est pour cela sans doute que son père désire en fafre un avocat... (riant) ll m'a accompagné là-bas

MONTCALM —Ah! et que pensez-vous des soldats anglais? vous avez dû en voir

BOUGAIN VILLE —TIs sont très beaux, très grands, très roûges. tenez roures comme des homards. Oh! ils ont de Leaux fusils, plus beaux que ceux de nos soldats

MONTCALM.- Ah! behl vraiment (riant) et pourauoi cela ?

BOUGAINVILLE.- D'abord le calibre est plus fort. Is portent une grosse balle et ils ont des baguettes en er. C'est plus lourd à porter mais ça ne casse pas, et charge beaucoup pins vite, ne erovés-VOus pas?

MONTCALM (surpris il lui dorn tape d'amitié) .1{ a raison parbleu {L'enfant rencnte) Voilà une observation très juste et à laquelle notre représentant en Angleterre n'a sans doute jamais songé. Cil vient à la table, à Nattier.) Cet entant ira loin.

NATTIER.- N'estce D: {Bougainville loigne et regarde la mer.) À votre santé et au succès de Votre campagne en Italie. (Hs trin quent. )

MONTCATAM. A votre prochain portrait de la royale favorite, Mie la Comtesse de Tournelles

NATTIER. (surpris Mie la Marquise de Vintimille serait-elle en disgrâce?

MONTCALM.- Morte à Versailles, il y a crois semaines, en donnant naissance à un fils.

NATTIER ésurpris).- Que dites-vous? Je suis confondu. Ft le roi? et l'enfant?

MONTCATAL-- Le roi a versé les larmes les plus sincères de sa vie, dit-on mais.

NATTIER.--Muis la Comtesse de Tournelles est bien belle! An! décidément, la préférence de sa Majesté pour la famille de Mailly n'a d'égal que le nombre et la fidélité de ses membres lorsqu'il s'agit des plaisirs du roi Voilà une triste nouvelle, pauvre Marquise, morte à vingt-deux ans Son esprit rare, l'empire réel qu'elle avait sur le roi faisait un peu oublier le dévergondage de ses sœurs. l'enfant vit-il?

MON LM.—I est rumeur à Paris qu'il a été confié à la garde de Mme de Mailly malgré les protestations du jeune Marquis de Vintimille dont le nom servait à masquer cette faiblesse rovale

tr

MONTCALM (se lève et dégage à droite) —Fi donc! les temps sont changés.

une petite

NATTIER (se lève) .—Allo S, 1lme tarde de revoir mon bi Paris... 11 y aura de nouveaux portraits à peindre.

(roulement de tambour en coulisse, fond droite

MONTCALM (à la table où 11 réunit ses pa piers).—Le général de la Farre m'attend à Lille. bonne... J'ai d'excellents chevaux et la route est belle...

NATTIER.—Mille grâces, Marquis. Vous me ren dez un réel service. (bruit de Voix, on entend battre le tambour et le bruit des pas en caden ce... clameurs. )

BOUGAIN VILLE (regardant dans la coulisse à droite).—Vene: voir, Messieurs, quelle étrange troupe.

Page 1