LE LUXE ET LES LOIS SOMPTU
Il y avait là une question très intéres au point de vue économique et il est.
Montesquieu ne l'ait pas abordée.
Nous venons de voir qu'à la différence « les Etats monarchiques n’admettent pa:
tesquieu, les lois somptuaires. Dans cert dant, ils peuvent être amenés à proscrit
de luxe. Il doit en être ainsi, d'abord, lor.
ses s'appliquent à des objets venant de le prix est très élevé et qu’on ne pourr exportant une quantité beaucoup plus produits nationaux qui répondent d’aille:
plus pressants. Deux raisons, en pareil c gouvernement à interdire l'entrée de c:
première c'est que l'exportation d’obj nécessité empêcherait un certain nombr donner satisfaction à des besoins primor nerait une diminution dela population ; que les motifs qui rendent le luxe légitin plus, puisque des étrangers et non les ot bénéficieraient des dépenses faites par le
« c'est-à-dire le goùt des dépenses superflues est « point, l'effet du penchant naturel à l'homme pour « samment des jouissances nouvelles, dès qu'il er (p. 105), que c'est par conséquent une suite inévital des graades fortunes (p. 106 seq.} ; il en conclut q haïiter le développement des branches d'industrie q rapidement des richesses immenses, telles que le (p. 107).
(1) E. des Lois, 1. VII, ch. V. — On trouve la më l'Essat politique sur le commerce de Melon (D: financiers du XVIII: siècle, p. 754).
Le premier de ces motifs va expliquer une autre dérogation apportée par Montesquieu à ses principes relativement au luxe dans les Etats monarchiques (1). Les sujets de ces Etats peuvent se livrer à deux catégories de travaux : ceux qui ont pour but de procurer les choses indispensables à l'existence (travaux de la terre, fabrication des *êtements...) et ceux qui ont un autre but et que Montesquieu désigne sous le nom d'arts frivoles. Si la terre donne plus qu’il est nécessaire pour entretenir les travailleurs de la première catégorie, les riches peuvent faire des dépenses de luxe : ces dépenses profiteront aux ouvriers des « arts frivoles » qni emploieront les sommes reçues à se procurer le nécessaire physique. Mais, si l’on suppose que le travail des cultivateurs leur permet tout juste — déduction faite des redevances qu'ils ont à payer — de se nourrir et de nourrir ceux qui les vêtissent, que deviendront les ouvriers employés à fabriquer les. objets de luxe? Les riches prendront sur leur réserve pécuniaire, s'ils en possèdent, pour les rémunérer, mais la subsistance de ces ouvriers ne sera pas, pour cela, assurée, puisque les denrées qui devraient y pourvoir sont épuisées. Dans ce cas, le luxe est donc nuisible, puisqu'il détourne un certain nombre d'individus des travaux de la terre, alors que le sol suffit à peine à entretenir ceux qui le cultivent. En conséquence, lorsque le législateur peut prévoir une semblable éventualité, il doit restreindre et, si cela
(1) Afin de donner une idée suffisamment complète des idées de Mon. tesquieu sur le luxe, nous sommes obligés d'empièter sur les développements relatifs à la question de la population.