LE LUXE ET LE
est nécessaire, empêch:
d'obliger tout le monde à lui demander, non pas le ceux de subsister. La cri allusion n'est pas de natt dont la population croît le lui, peut entretenir jusqu craindre si l’accroisseme Montesquieu cite l’exemp « humaine se multiplie « quelque cultivées qu'’ell « la nourriture des habit
Les conseils. de Monte au XVIII: siècle, alors qu tions commerciales entre étaient encore trop fréqu fond sur les ressources même partiellement, son de première nécessité. E une nation s'exposait à s mentation du chiffre de considérable que l’accrois
(1) E. des Lois, 1. VII, ch. VI.
s et le commerce extérieur
aitement vu que l’agriculture, l’in- *#e sont les trois facteurs indispené d’un pays. « La culture des terus grand travail des hommes ; plus à fuir ce travail, pius la religion et exciter (1) ». Toutefois, l'idéal ne Etat où « chaque particulier vivrait retirerait que ce qu'il lui faut préci- ; mourir de faim (2) ». Un semblades plus misérables qu'il y eût au pât des bénéfices qu'elle procure, lans toutes les classes de la société on: la passion de s’enrichir excite rail, car « personne n'aime à être lui qu’il voit immédiatement auns l'Esprit des lois, Montesquieu la nécessité de l’industrie, il en est tré qu’il n’est pas loin d'abandonner s Etats républicains — où devraient Is absolue et la médiocrité des for-
h. VI.
LES INDUSTRIES ET LE COMMERCE EXTÉRIEUR ol
tunes — et les Etats monarchiques: s’il commence par faire des réserves en ce qui concerne les pays dans lesquels existe une loi agraire et où les terres sont également partagées, il s’'empresse d’ajouter qu’ « il n’en était « ainsi que dans quelques anciennes républiques » ; il constate que, dans les Etats modernes « où les fonds de « terre sont inégalement distribués, ils produisent plus « de fruits que ceux qui les cultivent n’en peuvent con- « sommer (1) ». Les cultivateurs ne seront encouragés à travailler afin de récolter au delà de ce qui est nécessaire à leur subsistance que s'ils ont la certitude de pouvoir échanger l’excédant contre les produits de l'industrie que Montesquieu désigne sous lenom de « superflu ». Les artisans qui produisent le superflu viendront augmenter la population, et nous verrons quelle importance on attachait au XVIII: siècle à l'accroissement dela population.
En définitive, tout en attribuant à l’agriculture la place d'honneur, Montesquieu proclame la nécessité des autres industries en se plaçant surtout au point de vue de l’augmentation de la population. Les Physiocrates ne devaient pas envisager tout à fait de la même manière les rapports existant entre ces diverses manifestations de l’ac-tivité humaine. Pour eux, la richesse c’est la matière, et la terre seule fournit la matière ; le travail appliqué à la terre est vraiment productif puisqu'il donne, après le remboursement des frais de culture, ce que les Physio-
d crates appellent un « produit net» que le propriétaire emploie en partie à se procurer les objets manufacturés.
(8) E. des lois, 1. XXIII, ch. XV.
ie manufacturière et à l'industrie comnt à un double titre sous la dépendance icole: d’une part, en effet, ce sont ses utilisent, soit pour les transformer, soit la disposition du consommateur après rmés; d'autre part, elles ne peuvent duits que tout autant que la culture de | excédent susceptible d'être employé à duits. Ce sont, en un mot, des « indusn pas qu'elles soient inutiles — puisque nt désirés par les propriétaires et les iils procurent certaines jouissances —, es n’ajoutent rien à la richesse natioice de l’agriculture qui « s'occupe des res pour en procurer la naissance », elnt que des productions déjà nées pour uissance ou Ja consommation (1) ». La nt dans la quantité desubsistances et de res que l'Etat recueille annuellement, s Physiocrates, faire double emploi que deurs des ouvrages d'industrie.
imet, lui aussi, aux deux points de vue d'indiquer, la dépendance des indusère et commerciale par rapport à le ; mais il croit qu’elles donnent, tout nière, un produit net, et même que ce ‘aucoup plus élevé que celui que fournit ais bien attention, écrit Usbek à Rika,
L, à la philosophie économique. chap. I, $. 3, et ar Daire, Physiocrates, t. I, p. XXXIV.
RER oc, RARES MOT ET Pin En, L°3
« jusqu'où vont les revenus de l’industrie. Un fonds ne « produit annuellement à son maître que la vingtième « partie de sa valeur ; mais, avec une pistole de couleur, « un peintre fera un tableau qui lui en vaudra-cinquante. « On en peut dire de même des orfèvres, des ouvriers en « laine, en soie, et de toutes sortes d'artisans (1) ». C’est précisément, d’après Montesquieu, parce que le commerce et l’industrie procurent des bénéfices élevés et parce que leurs produits sont désirés par la classe agricole qu’une partie de la population dans chaque pays va vers ces professions ; d'autre part, les agriculteurs, qui sont assurés de trouver un débouché pour leur excédent de récoltes, s'attachent à accroître la productivité de leurs terres. La certitude de pouvoir échanger ses produits entretient de part et d'autre une activité égale, en sorte qu'il finit par devenir difficile de savoir laquelle des industries, agricole, manufacturière ou commerciale, est la plus nécessaire aux autres. | | Ainsi, l'idéal, selon Montesquieu, paraît être le développement parallèle de toutes les industries. La situation d’un royaume où « l'on ne souffre que les arts absolu- « ment nécessaires à la culture des lettres, qui sont pour- « tant en grand nombre, et d’où l’on bannit tous ceux « qui ne servent qu à la volupté et à la fantaisie » lui apparaît comme particulièrement inquiétante : « Quand « les habitants auraient assez de courage pour se passer « de tant de choses qu'ils doivent à leurs besoins, le peu- « ple dépérirait tous les jours, et l'Etat deviendrait si « faible qu’il n’y aurait si petite puissance qui ne püt le
(1) 106° Lettre persane,
serait aisé d'entrer dans un long détail ir que les revenus des particuliers cese absolument, et par conséquent ceux y aurait presque plus de relation de s citoyens ; on verrait finir cette circuses et cette progression de revenus qui Jendance où sont les arts les uns des particulier vivrait de sa terre et n'en > qu'il lui faut précisément pour ne pas Mais, comme ce n’est pas quelquefois rrtie des revenus d’un Etat, il faudrait les habitants diminuât à proportion, et , que la vingtième partie (1) ».
ant parallèle des industries a donc pour e d'assurer l’accroissement de la popuissement étant la conséquence d’une ine part dans la demande de produits re face aux besoins des manufacturiers its, d'autre part dans la demande de turés à l’achat desquels les agricul- ‘ur superflu.
ue, cependant, Montesquieu, que nous ectifier par avance certaines théories paraît au premier abord en retard sur S faisons allusions à la question des lare, nous l'avons vu, que toutes les t un produit net, représenté par la : prix de vente et les frais de producque ce produit net est d'autant plus
élevé que l’économie réalisée sur les frais de production est plus grande. Or, grâce au perfectionnement des procédés de fabrication, grâce en particulier aux machines, la transformation que l'industriel fait subir aux matières premières afin de les rendre plus propres à la consommation, se produit avec plus de rapidité ; d’autre part, une même machine pouvant donner üne quaritité considérable de produits et les frais de production se répartissant sur la masse de ces produits, le consommateur ‘ pourra se les procurer à des conditions plus avantageuses, tout en étant suffisamment rémunératrices pour le producteur. La baisse des prix que l'emploi des machines entraîne fatalement ayant pour résultat d'augmenter la demande, notamment de la part des agricul” teurs, paraît de nature à stimuler ces derniers et à entretenir leur activité productrice.
Cet avantage n’a certainement pas échappé à Montesquiey qui montre également que l'invention et l'application des machines ont permis de suppléer au travail forcé que, dans certains pays, on fait faire aux esclaves, ce qui a fait disparaître une des raisons que l’on invoquait pour établir la nécessité de l'esclavage (1). Et, cependant, il paraît faire beaucoup de réserves au sujet de l’utilité des machines : « Ces machines, dont l'objet « est d'abréger l'art, ne sont pas toujours utiles », ditil (2). — Lisons la suite et nous verrons que notre auteur est loin de se poser en adversaire absolu des machines : « Siun ouvrage est à prix médiocre et qui convienne
(1) E. des lois, XV, ch. VIII.
(2) E. des lois, 1, XXIII, ch. XV,
lui qui l’achète et à l’ouvrier qui l’a fait, qui en simplifieraient la manufacture, diminueraient le nombre des ouvriers, ieuses ».
uieu paraît réserver ses critiques pour de la machine s’apnlique à un produit réduit met à la portée de la plus grande imateurs. Or,telle n’est pas l'hypothèse . plus fréquemment dans la pratique :
; machines ont pour résultat de rendre de bourses un objet qui était auparamme un objet de luxe. Dans ce cas, r emploi ne paraît pas pernicieux ; si livré à meilleur marché, la demande upposer,cela va sans dire, qu’il réponde éral — et cet accroissement de la l'industriel à conserver son personnel à l’augmenter, surtout s’il est assuré hé à l'étranger.
va par Montesquieu, au contraire, l'inchine entraînera presque fatalement le n nombre d'ouvriers, puisque la des augmenter en proportion de la pro- 3 qu’on peut dire, c'est qu'il y aura, ssions de notre auteur, une « simplifiufacture », c'est-à-dire une économie oduction, et que les sommes ainsi école plus souvent engagées dans d’autres activité productrice sera augmentée et de plus d'ouvriers.
lupart des ouvriers éliminés par suite