SCÈNE X
Les Mêmes, SALADIN, s'tMançant, arrachant la cravache à Montjoytî et la jetant à terre.
Prends l^arde toi-inùino !... (Après la première minuto de stupeur, il reprend.) Un «oui mot... est-eo vrai?... (Montjoye ne répond pas.) Oui. Eh bien, alors, j(^ crois tout! tout (\>^t vrai !... et tu m'as fait ton
complice... Ah! (U fait un yesto do in.>nnco dans Tôlan de sa colère.) Mais
j'ai mangé ton pain, et jo \eu\ m'en souvenir encore... quoique jamais bienfaits n'aivMit été aussi chéreiueiit expiés. x\insi, voilà ce que tu es!... tu me l'asais dit, je te reiuIs celte justice, tu me l'avais dit le jour où j'ai eu le luallu'ur de sul)ir tes bontés... mais je ne te croyais pas!... je ne te co:r)j)renais pas d'ailleurs... je comprends maintenant!... oui, c'est \iai ! tu es bien en elTetuti de ces hommes forts, un de ces lil)ies et puissants esprits dont ce siècle n'est pas avare... pour (jui tout est superstition, niaiserie, préjui^é sous le soleil, excepté la grand;^ morale, la morale du succès! La justice, l'honneur, la conscience, Dieu... poésie et enfantillage que tout cela!... pourvu que la loi positive... que la police soit satisfaite, tout est bien!... Les simples et les fiiibles s'avancent péniblement dans l'âpre clhMnin de la vi(\ entravés à chaque pas par quelque scrupule, [)ar (jui'hpie respect, par (pielque révolte du cœur ou de la conscience... Les forts piissent pondant ce temps-là, les écrasent et arrivent! Les faibles s(>:il(>:it leurs yeux se mouiller et leurs plus mauvais(^s passions s'éteindre à la s(Hile pensée (\{\ leur mère, de leur fennne ou de leur enfanl... Les torts iraien! à leur ambition ou à leui- plai-ir sur K> corps de leur père... sur l'honneur de leur fille!... Quoi encore?... (pi'un mot, qu'un cri, (pi'un lambeau de soie dechiié fasse battre leur cœur, les faibk>s son vont mourir pour leur foi ou pour leur pays... pendant que les forts spéculent surledanger public et joueront à la haus-ejus(pie
sur les ruines de la patrie;! voilà res[)èce!... Lh bien, sois heureux ! %