‹ Montjoye; comédie en cinq actes, en six tableauxChapitre 102 sur 121 · Geurges, Mo.Jju/e · texte numérisé non relu

Geurges, Mo.Jju/e

j'aurai du moins accompli une bonne action!... (se rapprochant et Laissant la voix.) Ce quc jc VOUS demande, c'est de rappeler près de vous ceux que vous avez chassés, et de leur assurer la situation, les droits, le bonheur dont ils sont dignes.

MONTJOYE, troublé, incertain, et jetant un regard inquiet du côté du boudoir.

Monsieur! (a part.) Que peut-il savoir?

GE0RGI:;S.

Oh! n'accusez personne. La mission que je remplis, je me la suis donnée moi-même. Je n'ai reçu aucun message et môme aucune confidence. Quelques vagues paroles échappées un jour aux anxiétés d'une mère m'avaient dès longtemps fait pressentir la vérité. Hier, son désespoir me l'a, malgré elle, livrée tout entière... Eli bien, promettez-moi sur l'honneur l'acte de justice que je vous demande, et, sur l'honneur, je pars à l'instant pour jamais!

MONTJOYE, avec une colère fiévreuse.

Monsieur, en touchant à ma vie privée, vous excédez votre droit et ma patience ; je vous prie de vous taire et de vous retirer.

GEORGES, s'emportent.

Comment!... grand Dieu! quand je vous montre, pour mon compte, une telle abnégation... Mais enfin, vous qui parlez de patience, croyez-vous donc que la mienne soit sans limites? Ce secret, après tout, ce secret de votre vie, il ne m'a pas été confié... j'en suis le maître... et s'il m'échappait, ne craignez-vous pas que le monde ne juge, par ce seul trait, votre existence tout entière... vos effrayantes doctrines... qu'en voyant le mépris que vous faites

de toutes ses lois, de tousses respects... (Saladin est sorti du boudoir, il écoute sans être vu.)

Ah ! (il jette violemment le bouquet.)

GEORGES

En voyant la mère de vos enfants, et vos enfants eux-mêmes condamnés, par votre implacable égoïsme, à la marge flétrissante du Code!...

310NTJ0YE, saisissant sa Cravache e,, le menaçant.

Ah! taisez-vous, monsieur, ou prenez garde!...

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