SCÈNE X
MONTJOYE, puis SALADIN. Montjoye reste devant son bureau et signe plusieurs pièces.
l'huissier.
Monsieur Saladin î (Montjoye continue sa besogne sans se retourner. — S.iladin entre ; il porte un habit noir démodé, une cravate blanche roulée, aux bouts pendants, des gants n.oirs percés, la barbe grise et inculte, des cheveux gris repoussés
ACTI-: f. \\\
6ur les tpmpps et ébouriffi's sur lo sommet do In ti'to, Ips yonv cri'iix , et la iiiiiio défaite. Il se tient un moment jjrrs de la porte, roulant entre ses mains son chapeau déformé, et regardant autour de lui avee un air d'embarras et de eonfiision.)
Monsieur, veuillez m'excu>er si j'ai pris la liborlé... il a fallu l'encouragement que madanio Montjoye a ou la bonté...
MONTJOYE, lui tendant la main par-dessus son épaule.
Bonjour, Saladin! tu va.'^ bien?
.SAL.VDIX.
Comment... vous... tu mo reconnais?
MONTJOYi:.
Parbleu! (ii se lève.) Ah! tu es un peu changé cependant... comme moi du reste... ah! nous n'avons plus vingt ans, mon gaillard ! Ce bon Saladin! ça fait plaisir de se retrouver, hein?
s AL AD IX, joyeux et attendri.
Comment! vrai? tu daignes mo reconnaître... tiens, ^lontjoyo... excuse-moi... mais je no m'attendais pas à cet accueil- la... dans ta position... et je t'avoue... (nsvssuye les yeux.)
MONTJOVi:.
Allons, allons, tu es donc toujours bête... qu'est-ce que c'est que ça ?
SALADIN
Pardon, mon ami... c'est que je viens d'être malade, et je suis encore un peu afTaibli...
JI O N T .1 o V K .
Pauvre garçon! c'est vrai, tu es un pou pâlot, (ueux domesii.iies
nppnrtcnt une table sur laquelle est servi un somptueux déjeuner.) IMotlOZ OU
la ! Veux-tu déjeuner avec moi, Saladin?
SALADIN, timidement.
Je le remercie, mon ami, j'ai (li'jcuné...
Tu as déjà déjeuné? Mais c'est égal, un convalescent a toujours faim.