‹ Montjoye; comédie en cinq actes, en six tableauxChapitre 31 sur 121 · GEORGES, CÉCILE · texte numérisé non relu

GEORGES, CÉCILE

GEORGES

Mais qu'est-ce qui se passe donc, mademoiselle? Qu'est-ce qui arrive? Quelle fùte célébrez-vous ?

CÉCILH.

Ah! d'abord la fôte patronale du village, puis le double triomphe de mon père aux courses de Chantilly ; car vous saurez qu'il a gagné le prix de Diane et le Derby, simplement; le prix de Diane avec Miss Sarafi , et le Derby avec Revolver; des sommes folles, dit-on, toujours grâce à mes timides violettes... Mon père est arrivé ici enchanté, vous comprenez, et trouvant la population sur pied à cause de la fùte , il a Hiit ouvrir son parc au public, et dresser des tables sous les bosquets. Puis il a demandé qu'on nous présentât la rosière ce soir... car il y a une rosière... qu'on a couronnée ce matin... C'est un vieil usage du pays qui avait disparu depuis la Révolution... je ne sais plus laquelle... et Saladin l'a ressuscité,... car il a toujours de bonnes idées, ce pauvre Saladin... C'est lui qui a eu l'inspiration de vous télégraphier. J'y avais bien pensé, moi, mais je... Eh bien, où est-ce que j'en étais?

GEORGES

A la rosière... qu'on doit vous présenter, mademoisell(\

CKCILK.

C'est juste... Là-dessus, voyant les excellentes dispositions de mon père, nous avons lancé quehjues invitations dans nos alentours, afin de pouvoir offrir un petit bal à cette pauvre rosière... et aussi pour être agréable à cette jolie marquise espagnole... péruvienne... vésuvienne... je ne Siiis quoi... qui fait tourner la tète à tout Paris , et qui est venue nous demander à dîner avec son mari au r£tour des courses.

GEORGES

Ah! madame de Uio-Vclez est ici?

CÉCILE

Oui, certainement, vous allez avoir le plaisir de l'admirer... Comment la trouvez-vous, à propos?

GEORGES

Mais, fort avenante, mademoiselle.

CÉCILE

Avenante... Enfin vous plaît-elle?

GEORGES

Beaucoup plus que son mari.

CÉCILE

Naturellement... mais en êtes-vous affolé, comme tous ces messieurs?

I3ien paisiblement, mademoiselle.

CÉCILE

Ah! tant mieux'.... tant mieux pour votre repos! Enfin, toutes ces heureuses circonstances ont fait désirer à Saladin votre présence, et votre concours en qualité d'ami et de valseur... et maintenant je vais me planter deux brins de fleurettes dans les cheveux, simplement pour ne pas vous faire peur... (saluant avec gravité.) Monsieur, je vous devais cette explication '. (EUe s'éloigne à gauche,

puis revenant timidement.) Monsicur de Sorel? GEORGES.

Mademoiselle I

CÉCILE

Vous ne me trouvez pas trop mondaine, trop en l'air?

GEORGES, simplement.

Ah! grand Dieu! mademoiselle!

CÉCILE

Il faut songer, je vous prie, que cette diversion doit me paraître bonne... car nous avons mené tout cet été , ma mère et moi, une existence un peu sombre dans ce grand château, excepté bien

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