Cécile, Georges
ACTK II. 41
entendu quand il nous venait quelqu'un de Paris; mon père, par exemple... ou d'autres personnes, enfin..,
(. KOUGKS.
Mais, mademoiselle, rien de plus légitime que d'aimer le bal à votre âge.
CECI m:.
Vous êtes si sérieux, vous, vous êtes eiïrayauL'
GKOIIGKS, riant.
Même quand je valse, madeinoiselli»?
CliciL K.
Toujours... enfin, ne me jugez pas mal, je vous prie.
GEORGES, avec gravité, et apr.'s un peu d'ii.'sitation.
Mademoiselle, ne le craignez pas... dès le premier instant où j'ai eu l'honneur de vous rencontrer, j"ai pu vous bien juger, vous étiez très-sérieuse, ce jour-lîi.
Ce jour-là?... n'était-ce pas chez mon père... quand vous êtes venu il y a quelques mois pour ce logement?
GEORGES
Non , mademoiselle, c'était auparavant... peu de temps auparavant...
CÉCILE
Comment? je vous avais vu avant ce jour-là? Il me semblait bien aussi que je vous connaissais déjà... mais jamais je n'ai pu me rappeler...
G Eo R(i i:s.
C'était chez un de mes clients, mademoiselle, sous les toits, dans une mansarde très-obscure, chez un fort pauvre client, comme vous voyez, dont j'étais le fort pauvre avocat... Vous vîntes avec madame votre mère, interrompre ma consultation... Il y avait là des détails de misère si navrants, que votre jeune cœur en fut brisé; et si vous ne m'avez pas vu ce jour-là, mademoiselle, je ne m'en étonne pas; car pendant «pie je vous regardais, moi, vous, vous pleuriez.
CÉCILE, confuse.
Ah ! je crois me souvenir en effet... je suis bien aise que vous
sachiez que je puis quelquefois... (Elle s'interrompt, et saluant timidement.)
A tout à l'heure, monsieur! (Eiie sort à gauche.) SCÈNE IV.
GEORGES, seul, amèrement.
Ah! c'est mal!... c'est indigne! Troubler cette enfant... déjà si troublée! mais aussi celte épreuve continuelle dépasse mes forces! Ah! à tout prix, il faut la rompre, ou je me laisserais entraîner à quelque odieuse folie! Oui, j'aurai du courage... et le plus tôt sera le mieux! Du courage, hélas! ce n'est que du bon sens vulgaire... car, de toute évidence, l'impossible est là! Ah! ma pauvre vie, que vais-je en faire maintenant?... (voix
bruyantes à droite. Il remonte.)