MONTJOYE, LA MARQUISE
LA MARQUISE, d'un ton de reproche sérieux.
Vous êtes fou, monsieur?
Moi, chère madame? Pourquoi donc?
LA MARQUISE
Ce diamant!... c'est de la pure démence! je n'ai pu trouver encore le moment de vous en parler... Mais depuis ce matin, je »'ai pas vécu !
Mon Dieu! pourquoi vous préoccuper d'un rien? Je vous entends exprimer votre admiration pour cette pierre que vous avez aperçue en passant rue de la Paix... je la mets à vos pieds... quoi de plus simple? N'êtes-vous pas née sous le ciel où les diamants fleurissent... Je vous ai envoyé une fleur de votre pays, voilà tout!
LA MARQUISE
Mais, à part l'étrange inconvenance, comment n'àvez-vous pas songé à l'effroyable embarras où vous pouviez me mettre vis-à-
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vis de mon mari?... et cela n'a pas manqué!... Il est entré brusquement ce matin... 11 a vu cette bague sur ma toilette... Au re^te, c'est votre punition, et si j'étiiis disposée à rire en pareille matière, assurément il y aurait lieu... car... je ne sais pas si vous ave/ remarqué que le général [)orte ce diamant?
MONTJOVi:.
Oui, j*ai remarqué celte bizarrerie...
LA MARQUISE
Ah! c'est que vous ne connaissez pas ?a jalousie... sa violence... si je vous racontais!... l'jifin, j)ar bonheur, il a une autre passion, très-vive aussi... la passion d(^s bijoux...
MoNTJOVi:.
Comme tous les hommes du Midi, du leste!
LA MARQUISK.
Je lui ai dit que ce diamant venait dt» ma mère, et pour achever de calmer ses soupçons, j'ai même dû... [eho s3 retourne et aperçoit
le Marquis qui passe sur la terrasse.) Ciol ! c'ost lui! (Elle sort précipitamment à droite.)