Roland, Montjoye
ACTK III. 93
MONTJOYE, le rognrdnnt tout à couj) nvoc sé\irilt" V
Pourquoi n avez-vous pas suivi votre mère, vous?
ROLAND
Mon père?
MONTJOYK.
Parce que vous m'aimez, n'est-ce pas? [u se lovo.) Non! parce que vous avez besoin d'argent... j);)rce que vous avez des dettes... Vous êtes un làclie 1
ROL.VNl), iMuissanl un cri de douleur.
Ah! vous êtes mon père'..-. Mais parlez... à qui... à qui voulez-vous que j'aille prouver suiriieiire, à l'instant... que je ne suis pas... ce que vous venez de dire?
SIONTJOVL', avec une effusion d'amertume et de colère.
Ah! mon Dieu! vous sauriez vous battre, n'est-ce pas? et vous croyez que c'est là tout, qu'il suffit pour avoir droit au nom d'homme de cœur, d'homme d'honneur, de savoir tenir habilement une épée ou un pistolet et hasarder au besoin une vie inutile?... qu'on peut d'ailleurs, pourvu qu'on ait ce mérite, se passer de tout autre... traîner de tripot en tripot une jeunesse hébétée, une précoce dépravation, une oisiveté imbécile... peu importe, n'estce pas? On est homme d'honneur... et malheur à qui oserait le contester! Eh bien, moi, je l'ose... j'ose vous dire que cela est honteux, que cela est lâche, enteiulez-vous? (ii va s-<isseoir à guuhe.)
u O L A N D , avec une fougue qu'il maîtrise ù peine.
Mais enfin!... eh bien, oui, c'est vrai! je suis ce misérable que vous dites... et je rougis souvent moi-même de n'être rien, rien au monde en effet qu'un oisif insolent et puéril... mais que voulezvous que je fasse, voyons? A quelle œuvre, à quel but, à quel avenir pourrais-jc dévouer ma vie, quand depuis mon enfance, toute foi, toute conviction, toute illusion généreuse ont été flétries dans mon cœur par une raillerie impitoyable... quand les mots