‹ Montmartre et ses chansons: poètes et chansonniersChapitre 41 sur 64 · CLÉMENT-GEORGE · texte numérisé non relu

CLÉMENT-GEORGE

Souriant, aimable, prévenant et coquet, bien pris et de taille moyenne, Abel-Georges-Clément Moulin, dit Qément-George, semblerait un petit abbé, n'était la barbe qu'il porte entière, très brune et très soignée. U est né à Rochefort-sur-Mer, le 19 mai 1874.

C'est comme chanteur qu'il débute à l'âge de vingt ans en s'enrôlant dans une tournée dont font partie Lucas- Strofe, Lassailly, Dalbert, Lavater et Jean Vamey, visite avec elle plusieurs villes du centre et du sud-est de la France^ rentre à Paris et se fait engager à l' Ane-Rouge par Gabriel Salis en 1895 ; Tannée suivante, on l'accueille aa Chat-Noir. U accomplit ensuite de nombreuses tournées avec l'imprésario Baret, avec la compagnie du Chat-Noir et celle de la Roulotte. En 1897, il se fait applaudir i la Roulotte pour la souplesse de sa voix et la délicatesse de son jeu dans Les Chansons animées: Berceuse triste, de Xanrof ; La Ballade du Désespéré, de Marcel Legay, etc. C'est à cette époque qu'il se révèle poète et écrit une série de romances ; il les édite à son compte et en publie quelquesunes au GillBlas illustré et à La Vie illustrée. Je mentionne: Le Miroir, Pastorale, Stances, Rondel d'Atril, Sur la Gri^^ Apaisement, Métamorphoses, Etrennes d'Amour, La Clatrièrf, Tristesse hivernale, Matutina ; et je cite Le Peignoir :

Rehaussant d*un ton violet L*éclat de tes cheveux d'or fauve.

Sur ta nuque, le peignoir mauve Met la douceur de son reflet; Autour de ta chair qui s*irise Des lueurs tendres du matin, Son frêle tissu de satin Vole comme souffle de brise.

Dans ce troublant déshabillé.

Tu parus, vision fleurie.

Illuminant ma rêverie»

De ton sourire ensoleillé; Et sous l'étoffe vagabonde, Mes jevtx grandis par le Désir, Vainement cherchaient à saisir Les splendeurs de ta Beauté blonde.

Et j'ai maudit le un tissu.

Dont les plis ondoyants de vagues Dérobaient en des contours vagues Ton corps à mon regard déçu, Rêvant, pour d'intimes ivresses.

De couvrir tes charmes rosés D'un peignoir... tissé de baisers.

Tramé du frisson des caresses.

En 1898, au retour d'une tournée avec M"»« veuve Salis, il entre au Conservatoire de Montmartre et chante en même temps aux Noctambules ; il fait ensuite de nouveaux voyages en France et à l'étranger, se produisant dans ses œuvres avec 1 ancienne troupe de la Roulotte ou interprétant, comme récitant, les Cantomimes, de Xavier Privas.

Le chanteur et le poète sont en Clément George doublés d un dessinateur de mérite. En cette dernière qualité, il a illustré pour Hachette, Ondet, Crus, Meuriot, Coutarel, Fromont, etc., des quantités de chansons; enfin, il vient de peindre, pour le Petit-Théâtre, les décors d'une pièce d'ombres : Moissons.

Ajoutons que Clément-George est élève de Cormon.

Gaston PERDUCET

Ghansonnier-compositeui:, né à Roueu le 7 avril iS/i ; commence à apprendre seul la musique et se lait de bonne heure admettre comme violon dans un orchestre. Après avoir été cinq ans employé dans une étude d*avoué, il vient à Paris en septembre 1895 et chante successivement au Chien-Noir, au Tréteau^de-Tabarin, à la Bolte-à-Husique, à la Roulotte, à l'Exposition de 1900 et crée les Cantomimes de Xavier Privas en province et à l'étranger. Ses principaux collaborateurs pour les paroles sont : Botrel, avec Amx>urs défuntes et Berceuse du Viohneux; Léon Durocher, dont il met en musique Guitare fleurie, Pourquoi bouder, Pudeurs tardives. Soldat Louis XV, Mamilu Romance d Automne, La Sonnette d* Alarme et Chanson it la Loire ; Maurice Boukay, avec Interrogation ; Caldine, avec Désespoirs de Pierrot, Madrigal timide, Triolet à la Marqui^ et Qu importe à V Amour; Hugues Delorme, avec Maîtresse d'Hiver; Lucien Boyer, Clément-George, Ruffier, René Ponthière, George Docquois, Quinel, Jules Laflorgue, etc.

Perducet, dont la voix de baryton-martin est d'un timbre agréable, chante avec goût ses jolies mélodies etajoule ainsi un charme de plus aux poésies qu'il choisit en véritable artiste.

Emile BESSIÈRE

Né à Montsalës (Ayeyron), le 15 août 1860. Entre à l'âge de quinze ans, en qualité de comptable, aux magasins de Dooveaatés du Petit-Saint-Thomas ; mais porté à aligner plDtAt des rimes que des chiffres, il ferme un beau jour le grand-livre et donne sa démission. La modestie de son pécune l'oblige à se débrouiller. 11 apprend quelques romances et, comme sa voix est jolie, il va demander audition à Ba-Ta-CIan. On l'engage, à cette condition, toutefois, qu'il prenne un nom de concert. Il choisit le pseudonyme de Darvel et ^sse de Ba-Ta Clan à l'Eldorado, puis à TEden- Concert, an Concert-Parisien et à l'Alcazar. Afin d'augmenter ses ressources, il résout de faire des chansons et se fait admettre à la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de musique. Servi par l'expérience et sachant le (Toût du public, il acquiert promptement le tour de main nécessaire et ne tarde pas à cueillir, comme auteur, des succès égaux à ceux qu'il a connus comme chanteur.

La Môme atix grands Yeiix^ qui est une de ses premières chansons, fut tirée à des milliers d'exemplaires et Les Ingénues, remarquées par Yvette Guilbert, rapportèrent à leur auteur des droits considérables.

A trente ans, Bessière quitta les planches pour se marier et fonda à la porte de Chûtillon un établissement où il faisait concert une fois par semaine donnant de sa per* sonne autant comme limonadier que comme chanteur. En 189o, il vint sur la Butte et se fit engager par Martin au Conservatoire de Montmartre. 11 partagea là, avec le compositeur Eugène Poncin, la charge de faire comprendre au public que certaines chansons écrites en vue du caféconcert peuvent avoir droit de cite dans les cabarets ; et je puis dire que tous deux y réussirent.

Pourtant, Emile Bessiëre ne demeura que peu de temps à Montmartre ; il alla installer, avenue La Bourdonnais, un concert et y institua des vendredis sdect où il fit défiler tout ce que la Butte Sacrée compte de poêles et 4e chansonniers. Depuis la dernière exposition, ce concert est devenu un petit théâtre où Ton joue la comédie, le vaudeville et Topérette.

Citer tous les succès de Bessière au café-eoneert aerak

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