MADRIGAL DE PIERROT
Ma Colombine! si tu veux Me laisser baiser tes cheveux Auréolant ta chair de brune»
Pour Tenrlchir immensément Je pars de suite au firmament Faire de grands trous à la lune.
Avec mes lèvres je prendrai Mesure du lobe nacré, Coquille rose sans pareille I Et des étoiles, palsambleu I Clignotant dans le zénith bleu Je ferai tes pendants d*orellle...
Pour voir, dans un sourire exquis, Tes quenottes, blancs grains de riz, Faudra-t-il que je te promette De ravir aux cicux en suspens.
En guise de plumes de paons, La toison de quelque comète ?
Et si tu me donnes Tespoir Que je pourrai peut-être voir Tes genoux à l'heure nocturne, Leur jarretière, en bracelet.
Sera, si ça ne te déplaît, Gr&ce à moi, Tanncau de Saturne l
Bessière a collaborée plusieurs journaux et revues, entre autres au Joumui des Beaux- Arts, au Radical, à VEvénement, aux Annales littéraires et artistiques.
En dehors de ses diansons et de ses monologues, dont Qn premier volume est paru : Autour de la Butte, préface d'Yvette Guilbert, et dont un second est en préparation : Vaines Chansons, il a fait représenter : Maire et Martyr, epArette, musique de Paul Marinier ; La Mome aux grands ïeut^ opérette^ en ooUaboration avec Aimé Ruffier ; Paris rttrousé^ grandi- revue à spectacle ; U Evangile moderne, au théâtre Antoine ; Les Stances à Manon^ à la Bodinière ; L'imt Vandière, opérette, à Ba-Ta-Clan; Après le Combat, drame militaire en trois actes ; Vanité, comédie en trois actes, au Vaudeville ; Le VertrdalarU, opéracomique en trois actes.
Il a» en outre, un acte reçu au Français : Le Déserteur, et trois actes à Déjazet : La Petite Balthazar.
Disons enfin que Bessière a les palmes dargent depuis iaavier 189&
Fernand GHÉZEL.L.
Mon camarade Gbézell me prie de ne dévoiler ni son nom, ni sa profession, de peur que cela lui attire quelque désagrément en l'étude de M« •^, son austère patron. Je ne serai donc qu'à demi indiscret et dirai que le véritable nom de Chézell est celui d'un oiseau qui n'est ni échassier, ni gallinacé, ni grimpeur, ni rapace, ni nageur. Cependant Chézell n'est, en aucune façon, l'homonyme de Courteline. Recourons, si vous le permettez, au latin qui brave tant de choses ; écrivons passer ellus.,. et passons.
Fernand Chézell est originaire de la Charente-Inférieure, où il naquit à Pons, le 16 février 1870. Donc, trente-deux ans, pas de corset ; mais l'air d'en porter un, afin de ne pas perdre un pouce de sa taille (1°^,62). II est, dit le compositeur Poncin, le seul chansonnier qui blanchisse en ne vieillissant pas. Son aspect est froid, sa bouche gourmande, et son œil malin et fouailleur abrite derrière un binocle l'acuité de son regard.
Au collège, il pastichait Lamartine et Alfred de Musset, et à la Faculté de Bordeaux, l'étude du droit le porta inévitablement... à écrire des chansons. Mais la vie de province lui pèse et, malgré les objurgations de sa famille qui lui prédit une fin déshonorante, il débarque un beau jour à Paris et va le môme soir se mêler à la troupe des Quat'-z-Arts (1895). Quand sa froide ironie n'était pas comprise (ce qui arrivait quelquefois), il s'amusait à abrutir les profanes en leur servant une longue série de rimes millionnaires dans le genre de celle-ci :