‹ Montpellier pendant la révolutionChapitre 2 sur 27 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

que plusieurs siècles se sont déjà écoulés, tant est grande la différence entre nos mœurs et celles de nos pères , et tant nous sommes par là exposés à Toubli des temps qui ont précédé la Révolution et des bienfaits que nous lui devons. A l'intolérance sanguinaire du clergé, des parlements, du pouvoir royal, a succédé la tolérance et même T indifférence religieuse; aux privilèges, aux titres de noblesse, à la hiérarchie féodale, nous opposons l'égaUté devant la loi et le mépris de tous les vains titres ; le système despotique des maîtrises a fait place à la liberté de Tindustrie; l'absurde férocité des peines et des supplices, à la simple sévérité ; le chaos inextricable des lois et des coutumes locales, à l'unité de législation et d'administration. Mais aussi nous avons oublié ce qu'étaient ces lois oppressives, ces privilèges, cette intolérance. Avec l'unité actuelle, nous ne pouvons presque plus nous représenter l'ancienne France, morcelée, désunie, disparate par ses mœurs, ses lois, ses coutumes, son administration. Ceux qui ont écrit immédiatement après la Révolution connaissaient les oppressions du

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