‹ Montpellier pendant la révolutionChapitre 3 sur 27 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

passé , et ils n'avaient pas à rappeler ces misères à des contemporains qui, comme eux, les avaient subies. Aujourd'hui, il n'en est plus de même. De ceux qui avaient vingt ans en 1789, il ne reste plus un ; et vraiment, entre ce qui a précédé la Révolution et ce qui est aujourd'hui, la différence est telle qu'il faut constamment rappeler ce qui était avant 1789, pour qu'aujourd'hui l'on puisse comprendre exactement combien cette révolution a été juste, inévitable, grande et bienfaisante.

Dans les asiles des grandes villes, ce qu'avant tout on apprend aux enfants, c'est le nom de leur père , celui de leur rue et le numéro de leur maison, afin que, s'ils s'égarent, ils puissent s'y faire reconduire. Au même titre , il nous faut connaître la Révolution , d'où nous sortons, qui nous a faits ce que nous sommes, à laquelle nous devons toujours revenir; et, au lieu de cela, on apprend à nos enfants la conversion de Glovis, les atroces rivalités de Frédégonde et de Brunehault, dont ils n'auront que faire. Si le peuple a une idée de la Révolution, ce n'est point pour en avoir étudié les

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