CHAPITRE IIL
Les limites nalurclies de la région Monlpelliéreune sont : du sud au nord , la mer et le mont S'-Loup ; de Touest à Test» les bords de THérault et ceux du Vidourle.
Du haut de la plate-forme du Peyrou, ou de Textrémité orientale de rËsplanade» dit d'une manière aussi
agréable qu'exacte M. de Rouviile * , robsei vateur peut embrasser d'an caup d*œii Torographie de la contrée. Â ses pieds et au premier plan s'étend une plaine de sable, basse, couverte, aux alentours de la ville, de jardins potagers et de vignes, et vers le sud, sur les bords du Lez, de vastes prairies; au second plan se développe au nord, et de Test à Touest , sur une longueur de 8 kilomètres, un bourrelet saillant d'une hauteur médiocre et à peu près uniforme, chargé d'habitations et boisé d'oliviers et de chênes; il constitue à Test la potile chaîne des Mandrous , dont un mamelon, nettement détaché et de couleur roussÀtre, domine le village de Castelnau, et sert, sous le nom de Hauteurde-la-Garde, de siguai aux pécheurs de la côte; il se prolonge vers Touest sous les noms d'Aigue-Lougue et de Golombière, et va, s'abaissant insensiblement, se perdre et se confondre dans une série de collines irrégulièrement découpées. Ces collines continuent vers Touest et le sud-ouest, entre la ville et la mer, s'interrompent nn moment pour reparaître près de Lattes et former au sud et au sud-est le plateau de Montauberou, duquel saillent les hauteurs de Bella-Yiste , de Grammont et de Mont-Regret. Plus loin , enfin , au troisième plan, se détachent au nord-oucsl la chaîne du mont Si-Loupet celle de Ttiortus, dominées par les cimes aiguës des Hautes>Cévennes; à Touest, les vastes plateaux de la Serane aux lignes arrêtées , aux roches
^ DcscriplioQ géologique des environs de Montpellier; 1853, in-io, avec une carte. La géologie de Monlpellier a aussi été étudiée par MM. Marcel de Serres, Ém» Dumas, de Cbrlstol, Taupenot, Paul Gervais , etc., qui en ont fait le sujet dMntéressantes publications.
abruptes et blanchâtres, et les montagnes plus sinueuses de Loupian, de MarvieL, d'Antonègre et de la Gardiole, contrastent^ par leur hauteur et leur surface inculte, avec les formes plus douces et la végétation des premiers plans.
Les trois cours d'eau principaux qui arrosent cette région, la Mosson, le Lez et le Salaison, coulent da nord-ouest au sud-est, dans un sens perpendiculaire à la direction générale des chaînes de collines.
Le terrain des environs de Montpellier est exclusivement calcaire. Mais la nature L'éolo^iijue en est peu facile à saisir par suite de l'obscurité du relief et de Vabsence à peu près complète de marnes. On nous saura donc ^vé de reproduire ici fénumération des diverses sortes de terrains qui composent le sol des environs de cette ville , et de leurs étages respectifs , telle qae M. de RouviUe Ta donnée.
(TJas proprcmeîit dit ou calslèiuc du Lias. . .< caire à griphées.
TsRBAin ) (Marnes supraliasiques.
jiTRASSiQits. j tOoliie inférieure.
/Système de POoU le . ' 0 x f ^ r ( î i e n . \ (Coraiieii.
TnasiNcaiTACÉ. Étage néocomieu.
Première Tormation lacustre.
\m f 4'^^ iMarncs bleues.
IfîRRAiN ] Prenne. e formation Hlalcaire moellon.
TBBTUiaE.
TaaaAiii
iDenxieme formation marine. Sables jaunes.
Uetuièiue fornialion lacustre.
(Dépôt de travertin.
».t.*^.^.... ÎDiiuvium alpin. — UenipUssage des cavernes el QUATEftHAiRB. j dépôt de fer pisoliiliiiiuc. —AcUous dénudatr*.
(Dépôt de travertin, dunes, formation do grès coq. (Jiaux ou vapeurs tlierwaies. — AUuvious.
TaaR. votcAHiQiTB. Roches <i*épancbemeiit basaltique.
Terrain
MODBRNB.
GiOLOGIE. 37
Il nous reste à présenter, en peu de mots, Thistoire géologique du soi de notre ville, d'après le même naturaliste. Le sol même de Montpellier fut successivement un fond de mer durant les époques jurassique et crétacée ; une surface conliiK ntale pendant une partie de répoque crétacée et de la période tertiaire; uu fond de lac en même temps que Paris lui-même ; puis , de nouveau un fond de merqu'unnouveletdernierexhaussement transforma pendant quelque temps en loud de lac ou d'estuaire , lequel une fois comblé devint un lit de torrent ou de fleuve durant la période quaternaire , après laquelle il fut définitivement changé en terre ferme. La forme qu'il alTccte aujourd'iiui de monticule isolé au milieu de la plaine sableuse qui Tentoure ne date que d'une époque très-récente, alors que les actions dénudatrices concomitantes des actions sédimeataires ont commencé de s'exercer sur les sédiments déposés.
Plusieurs de nos formations sont riches en fossiles de toutes sortes, parmi lesquels ceux qui proviennent des animaux mammifères sont surtout remarquables ; les siables marins de Tépoque pliocène sont abondants en ossements de mastodontes, de rhinocéros, de tapirs, de grandes antilopes, d'hyénarctos, de siréuides du genre haletherium, etc.; et Ton trouve dans les cavernes ainsi que dans les brèches osseuses les restes d'un grand nombre de quadrupèdes propres à la faune diluvienne (ours gigantesques, hyènes de diverses espèces, grands félis , éléphants , rhinocéros , etc. , etc. ]. Les travaux de jilu^ieurs de nos naturalistes uuL pour objet la description de ces curieux débris des anciennes fennes. Antoine de Jussieu et Joubert en ont parlé au
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siècle dernier; Deluc et G. Cuvier en ont visité les gisements à une époque plus rapprochée de nous , et MM* Marcel de Serres» Jeanjean, Dubrueil, de Ghristol et PaulGervaisen ont fait le sujet de publications estimées.
L'auteur de i Histoire naturelle de la province de Languedoc prétend que Montpellier est bâti sur une montagne qai renferme plusieurs couches d^une terre argileuse, jauniUre, quelqucluis grise, oii Ton aperçoit du mercure natif. 11 est des quartiers où ces terres seraient assez riches pour en extraire le mercure avec profit, si elles se trouvaient en des endroits moins précieux que ceux qu'elles peuvent occuper. Le mercure I au surplus , ne proviendrait que de quelque filon considérable de mine de ce métal qui se trourerait au-dessous de ces couches. Ce fait, sujet à contestation^ ne demande pas ici d'autre examen.
Le territoire de Montpellier, souvent pierreux, offre, en général, des terres légères mais assez nourries et bien cultivées ; elles ne sont point, à la vérité, ombragées ni par des bois de haute futaie, ni par des bois taillis; les grands arbres, les dômes verdoyants du nord manquent dans cette contrée couverte de vignobles f d'oliviers et d'arbres fruitiers*
On peut dire des terres de Montpellier qu'elfes sont pour Fordinaire sablonneuses et mcMées d'une petite quantité d'argile. Les meilleures sont situées au sud et au sud-est de la ville : c^est là qu*on trouve la leire forte OM grasse , la terre franche , i humus.
On rencontre ordinairement, versTouest et le nordouest , des bancs d'argile : la grise ou commune , la bleuequirest aussi: on les emploie à faire des tuiles, des
carreaux pour les pavés des maisons, des briques, des cruches, des vases, etc.; on s'en sert encore pour dégraisser
et blanchir les toiles et les couvertures de laine ; on les môle aussi avec d*autres terres pour la fabrication de la faïence qui doit servir sur le feu ; Targile jaune et blancbe ; la jaune, qu'on appelle vulgairement tap, qui est graveleuse; et la blanche', qui est très-rare.
On trouve plusieurs espèces de sable pur près de Montpellier, ou bien il est mêlé avec quelques parties de terre cakain et le plus souvent avec de l'ai i^ile : ce sout le sable blauc , très-ûn, le jaune clair, qui Test moins, le jaune foncé , qui est grossier et le plus pur de tous.
Parmi les pierres qu'on rencontre fréquemment dans le territoire de cette ville, la pierre calcaire, vulgairement nommée jieyra frécha, est la plus commune.
Les environs de Montpellier fournissent , il est vrai , peu de marnes; mais elles sont de bonne qualité. Les communes voisines, St-Geniès, Vendargues, S^-Jean-de- Védas, Assas, Gastries, Pignan, Lavérune, Juvignac et le lieu de Caunelle, Lunel-Viel, possèdent des carrières de pierres à bâtir en exploitation, qui ont des qualités précieuses pour la construction des bâtiments de la ville. On remarque que ces pierres donnent peu de prise au temps et à la gelée, avantage iiiiiiionse pour la solidité et la conservation des édifices. — 11 existe aussi à la Valette, près de Gastelnau, commune à une lieue de Montpellier, des carrières de marbre nan(juin. Le grain en est beau et agréable à Tœil; mais ces carrières furent mal exploitées vers le milieu du dernier siècle; aussi le goût de ce marbre s^était-il insensiblement perdu. De nos jours, on a fait de nouveaux essais qui ont été suivis d'un plein succès.