‹ Montre perdue, recompense honnete comedievaudeville en un acte (volume 2)Chapitre 8 sur 36 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

DELPHINE

Bonjour, docteur, et merci de votre empressement.

PLANTIN

Beau mérite !... quand il s’agit d’accourir près des grâces.

DELPHINE

Taisez-vous, Monsieur; je croyais que vous aviez vide votre Bonbonnière à douceurs... durant ce petit voyage que je viens de faire en votre compagnie!

plantin.

Et où le charme de votre présence emportait les heures à triple vapeur !

DELPHINE

Ce temps si court a suffi pour développer votre galanterie... au point... presque... de me compromettre.

PLANTIN

Vous compromettre auprès de qui ?...

DELPHINE

Mais de quelqu’un qui paraît avoir à se plaindre beaucoup... des médecins.

* PLANTIN

Un malade ?

Un mari !

PLANTIN

Hein! (a put.) Diable! saurait-elle... (Haut.) Mais à propos de maris... qu’est-ce que votre jocrisse de Bruno est venu me dire?... que ce pauvre Chambonrdon avait la tète un peu...

DELPHINE

Mon Dieu! docteur!... c’est la vérité... moi qui l’avais laissé si gai, si bien portant... je l’ai retrouvé en proie à la plus noire mélancolie... aux terreurs les plus étranges.

PLANTIN

Bah!... le joyeux Chambourdon transformé en élégie?

DELPHINE

Ne riez pas, je suis sérieusement en peine... Je ne sais ce qui a pu se passer pendant mon absence de quelques jours.

v PLANTIN.

Vous l’avez questionné ?

DELPHINE

Il donne à ce grand désespoir la raison la plus futile... la perte de sa montre... une vieille montre en or.

PLANTIN

Je la connais... ce que nous appelions au quartier latin une

assinoire.

DELPHINE

II y tenait beaucoup... elle lui venait de son père... qui avait même fait graver son nom de Chambourdon dans la boite... mais je ne puis croire...

PLANTIN

N’est-ce pas lui que j’entends?

DELPHINE

Il querelle son domestique!

Page 1