SCÈNE n
MONTBRISSON, LE COMTE, LA COMTESSE, arrivant de la
gauche.
LA COMTESSE
Ali ! comte, je vous en conjure, ne me gâtez pas encore ce matin ma promenade ! Le soleil est trop beau, et je me sens trop gaie ! D’ailleurs j’ai un caprice, moi, aujourd’hui : celui de vous voir, une fois par hasard, aimable et riant... Ça vous cha ngera et moi aussi ! sinon, gardez en main votre "carnet et prenez vos notes !
le comte. Il tient un carnet et un crayon.
Ah I si vous vouliez changer un peu vous-même !..
LA COMTESSE
Moi, abdiquer ma galté, pour prendre... quoi? votre humeur? vous ne pourriez plus me souffrir ! Au reste, si j’ai quelques défauts, vous les connaissiez, monsieur, tandis que j’ignorais même vos qualités ; j’étais loin de vous croire grondeur, jaloux, soupçonneux, vous méfiant de tous, de moi d'abord. Si vous vouliez bien vous méfier un peu.... de vous?..
LE COMTE
Ah ! madame!..
montbkisson, à part.
Comme elle le traite!.. Bah! un mari !.. ça fait plaisir à entendre...
la comtesse, à part, l'apercevant.
Ah ! ce jeune Français qui me suit partout.
le comte, de même.
L’original que nous rencontrons toujours, (lia se saluent.) montbrisson, à la comtesse.
Il faut avoir une bien grande confiance à la vertu des eaux, madame la comtesse, pour venir ainsi aux sources si matin, tous les matins ! C’est beaucoup de courage et un peu de coquetterie peut-être, car...
le comte, brusquement, en remontant vers le fond.
Bonjour, monsieur, bonjour. (Il se met décrire sur son carnet.) la comtesse, à Montbrisson.
J’ai surtout confiance, Monsieur, à l’air pur et aux premiers rayons du soleil.
montbrisson, au comte , qui se trouve au milieu.
Monsieur le comte prend des notes sur le pays. (Le comte regarde Montbrisson, et remet le ne: dans son carnet sans lui avoir répondu.)
la comtesse.
Non, monsieur, ce n’est pas cela. M. le comte est jaloux de
‘ La comtesse, le comte, Monlbrlsion.