I.A COMTESSE
Ah! ce héros, c’était lui!... etc’est lacet ami!
ALBERT
Maintenant suis-moi bien.
MONTBR1SSON.
Vas !
ALBERT
Je vais droit à l’hôtel de Paris, à Pétersbourg, je me fais servir la carte de Russie, et je choisis Kasan pour but de l’expérience que je veux faire... Connais-tu Kasan?
MONTBRISSON
Ça doit être très-loin?
ALBERT
Ah ! Montbrisson, quelle course ! Le postillon russe est un artiste en vitesse, et le boyard avait raison... de la tête aux pieds. De Kasan je reviens à Pétersbourg pour le lui dire; je cours chez lui, hôtel superbe sur le canal de la Fontalka.
MONTBRISSON
Tu lui dis...
ALBERT
Rien, il était parti pour Odessa. A Odessa, j’apprends que’ mon boyard , obéissant à de nouveaux ordres , s’est rendu à Moscou.'.. J’y cours, il était à Astrakan... j’arrive à Astrakan... il n’y était plus... De là je m’engage dans les montagnes du Caucase, un parti caucasien me fait prisonnier; je suis forcé de suivre Sliamil...
MONTBRISSON
Hein ? qu’est-ce que monsieur Sliamil ?
L’Abd-el-Kader de la Russie ; je l’accompagne dans ses bivouacs et ses campements nomades... Mais un soir, sous le toit fumeux de son isback, je lui raconte l’histoire de Napoléon, ce héros universel... dont le nom est passé dans toutes les langues... Alors le chef m’appelle son ami... il m’offre des présents et me fait remettre sur la route de Pétersbourg...
MONTBRISSON
A Pétersbourg ?
ALBERT
Mon boyard était parti pour les eaux... Enfin , voilà six semaines que je bois inutilement à toutes les sources de l’Allemagne. Mais je retrouverai mon boyard, quand il serait au pôle sud, au pôle nord, ou au diable... je le retrouverai ! Oui! (Ji boit et se lève.)