SCÈNE IV
ROLANDE, COSTAS.
COSTAS. ***
Rolande !... vous ici, Rolande !
ROLANDE
La femme ne doit-elle pas suivre partout son mari ?
COSTAS.
Suivre, oui ; mais poursuivre !
ROLANDE
Pourquoi me fuyez-vous?
COSTAS.
Vous me le demandez quand vous faites de mon intérieur comme une espèce de geôle dont vous ôtes le gardien et moi...
A qui la faute, Monsieur ? Faut-il vous rappeler vos torts ?
COSTAS.
J’aime à ne me souvenir que des vôtres.
ROLANDE
Les miens !
COSTAS.
Certaines lettres d’un certain Stanislas que j’ai surprises !...
* Costas, le garçon, Birautou.
** Costas, le îrarçon, Rolande.
*" Costas, Rolande
UNE PASSION DU MIDI
ROLANDE
Monsieur, c’était un amour pur. Il est mort.
COSTAS.
L’amour?
JIOI.ANDE.
L’objet, Stanislas!... et j’avais renoncé à toute espèce d’affection, je vivais tranquille et solitaire, me nourrissant uniquement de mes souvenirs...
costas , la désignant.
Cette nourriture vous profite.
ROLANDE
Lorsqu’il y a un an, vous vous faites présenter chez moi. Quelques jours après, me trouvant seule, vous m’adressez une déclaration.
COSTAS.
Vous me flanquez à la porte.
ROLANDE
Vous revenez.
COSTAS.
Vous m’y reflanquez.
ROLANDE
Ma porte vous étant fermée le jour, vous passez la nuit sous ma fenêtre.
COSTAS.
A jeter du sable sur vos carreaux... j’aurais mieux aimé chanter, mais je ne sais pas... alors, je jetais du sable.
ROLANDE
Enfin, la pitié l’emporta sur l’antipathie.
La victime fut conduite à l’autel.
ROLANDE
Hélas !
COSTAS.
Je parle de moi, Madame, car au moment d’entrer dans la chambre nuptiale...
ROLANDE
Où j’aurais eu, par compassion peut-être, la faiblesse... j’apprends le motif secret de votre prétendu amour.
COSTAS.
Et me voilà passant la première nuit des noces à rejeter du sable et...
ROLANDE
J’apprends qu’à Lyon mon oncle le capitaine vous avait provoqué en duel, à la suite d’une discussion pour une fourniture d’ardoises; qu'il voulait vous tuer à tout prix; que vous aviez fui, que vous étiez venu à Limoges où vous saviez qu’il avait une nièce et que vous ne m’aviez fait la cour, que vous n’aviez recherché ma main que pour éviter le duel.
COSTAS.
Si ça avait dû finir par un déjeuner, j’aurais accepté, mais