‹ Montréal et ses principaux monuments [microforme]Chapitre 5 sur 9 · ÉGLISE ST. PATRICE · texte numérisé non relu

ÉGLISE ST. PATRICE

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Ses dimensions étaient primitivement de 132 pieds de front sur 80 pieds de large. Attenant au Séminaire sont de spacieux jardins.

Le collége ou Petit Séminaire de Montréal est situé au faubourg des Récollets, à peu de distance de la rue McGill, et près d’un mince filet d’eau appelé Petite Rivière. Ce collége est un spacieux édifice dont le corps de logis principal a 210 pieds de front et est terminé par deux ailes qui ont chacune 186 pieds de longueur. Il renferme des appartements destinés aux professeurs, une jolie chapelle, des dortoirs bien aérés, deux salles de récréation et plusieurs salles d’étude. On peut y loger commodément 150 pensionnaires.

L'église de Notre-Dame de Bonsecours, rue St, Paul, à côté de la somptueuse halle qui porte ce nom, fut fondée en 1658, par la célèbre Marguerite Bourgeois. La première messe y fut dite le 15 août 1675, jour de PAssomption. Elle fut réduite en cendres en 1754. On la reconstruisit quelques années après (1773). Il n’y a que depuis peu de temps que les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, à qui elle avait toujours appartenu, en ont fait cession à la fabrique de la paroisse.

La belle église St. Jacques est située rue St. Denis. Construite en 1824 par Mgr. l’évêque de Telmesse, elle fut détruite par l'incendie en 1852. Rebâtie quelque temps après par la fabrique de Montréal, le feu, il n’y a que quelques mois, en consumait toute la charpente. On a cependant depuis réussi à la restaurer de façon à faire

disparaître les traces qu’y avait laissées l’élément destructeur.

Lors de l’extinction de leur ordre au Canada, les biens des Récollets étaient devenus la propriété du gouvernement britannique ; ce dernier échangea ceux qu’ils possédaient à Montréal et qui renfermaient leur monastère contre l’île Ste. Hélène, appartenant à l’honorable M. Grant. M. Grant fit plus tard cession de ce monument à la fabrique. On le convertit alors en église,

laquelle a Jongtarape été mise à la disposition des Irlandais catholiques de Moutréal. Depuis que l’on a construit les églises St. Patrice et Ste. Anne, elle ne sert plus que de chapelle.

L'église Ste. Anne, au Griffintown, est assez grande pour contenir 3000 personnes ; elle est d’architecture gothique, et est le plus bel édifice du quartier.

L'église St. Pierre, faubourg Québec, rue Visitation, est construite en pierre de taille. Elle peut renfeimer 3000 personnes.

Sa Grandeur Mgr. l’évêque Bourge! a construit sa cathédrale et son palais épiscopal, rue St. Antoine, à l'endroit autrefois occupé par le cimetière catholique.

L'église St. Patrice est dans le style gothique du 15e siècle. Placée sur une hauteur, rue St. Alexandre, elle fait face à la rue Lagauchetière, et est le premier objet qui frappe le regard, dès qu’on approche de la cité. Elle a 240 Loi de long sur 90 de large. La hauteur de son clocher est de 225 pieds.

A côté de leur couvent, rue Notre-Dame, les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame viennent d'élever une belle église, qui a été ouverte au culte dans les premiers jours du mois d’août 1860. Elle est consacrée à Notre-Dame de la Pitié.

Le couvent des Sœurs Grises ou l’Hôpital-Général, destiné à donner asile aux malades et aux infirmes, et aux enfans trouvés, fut fondé en 1692, par une société composée de quelques habitans de Montréal, à la tête desquels était un M. Charron, natif de Normandie. On Pa longtemps désignée sous le nom de société des Frères Charrons. De leurs mains, cet établissement passa, vers 1747, en celles des seigneurs de l’île qui en firent bientôt après cession à des religieuses dont la célèbre Madame Youville était la supérieure. En 1765, le feu détruisit la plus grande partie du couvent. Aidées des produits de leur industrie et des dons des amis de Pinstitution, elles la reconstruisirent promptement,

mais en lui donnant cette fois des proportions beaucoup plus vastes qu'auparavant. Éuelques années après cet incendie, Madame Youville acheta de ses propres deniers la petite île de Châteauguay, et ensuite la seigneurie entière de ce nom. C’est en partie au moyen des revenus de ces biens et de quelques autres qu’elles possèdent dans les environs de Montréal, que les Sœurs Grises subviennent aux besoins de leur maison qui ne renferme pas moins de 200 personnes, non compris les serviteurs dont les gages se montent à une forte somme.

Le couvent et ses dépendances sont situés près de la halle ou marché Ste. Anne, dans le quartier de ce nom.

L’Hôiel-Dieu, rues St. Joseph et St. Paul, est destiné à recevoir les personnes des deux sexes atteintes de maladies. Il fut fondé en 1644, par Madame de Bouillon. 1l a 324 pieds de front sur la rue St. Paul et 468 sur la rue St. Joseph. Il est dirigé par 37 religieuses. Sous la domination française, le gouvernement l’approvisionnait de tout ce dont on y avait besoin. Il se soutient aujourd’hui à l’aide des revenus de la communauté et d’une subvention que lui accorde le parlement provincial. Cet établissement a un air de propreté et d’aisance remarquable. Avant la fondation de l’Hôpital- Général protestant de Montréal,en 1821, tous les malades, à quelque religion qu’ils appartinssent, y trouvaient asîle. Le couvent a sa chapelle sur la rue St. Paul ; elle est en pierre et sa façade est ornée de deux pilastres d'ordre toscan.

Le couvent des Sœurs de la Congrégation de Notre- Dame fut fondé par Marguerite Bourgeois en 1653.

Outre son pensionnat, ce couvent, comme nous l’avons dit, possède une magnifique église à laquelle les ouvriers viennent de mettre la dernière main. La Congrégation se compose de soixante religieuses et d’une supérieure. Toutes se dévouent avec un zèle digne d’éloges à l’éducation d’un grand nombre de jeunes filles. Cette institution a aujourd’hui plusieurs succursales dans les pa-

roisses qui environnent Montréal, et dans la ville même. Celle de Moriavilla, située à environ trois milles de Montréal, occupe ie site délicieux où résidait autrefois le Gouverneur Général, lorsque cette ville était la capitale de la Province. Celle du Mont Ste. Marie, faubourg St. Antoine, est aussi avantagement placée. De l'endroit où ce couvent est assis, on domine la Cité, et l’on en a une vue superbe. Le nombre d’élèves qui ont fréquenté leurs écoles de la cité de Montréal, en 1859, a été de 3187.

Le Couvent du Bon Pasteur, rue Sherbrooke, et l’Asile de la Providence, rue Ste. Catherine, qui vent les personnes du sexe dont l’âge ou les maladies ont éteint les forces. On en élève un autre, rue Labelle, où les vieillards indigens et infirmes recevront également les soins empressés des Sœurs de la Providence.

Le Séminaire de Montréal vient de construire, dans le magnifique domaine qu’il possède sur la montagne, un grand édifice de forme quadrangulaire, avec ailes le dépassant à chaque bout. L’aile orientale renferme une chapelle de 100 pieds de long sur 40 de large, et une bibliothèque. Les cuisines et le réfectoire se trouvent dans l’autre. D’immenses corridors et d’élégants escaliers donnent accès à toutes les parties de l'édifice. On n’y reçoit que les élèves qui se livrent à l’étude de la théologie, dans le but d’embrasser la prêtrise. En face de ce palais, s’élèvent deux petites tours rondes dont la construction remonte presque à l’origine de la colonie. Elles flanquent d’anciens murs qui servaient autrefois à protéger les habitans de la Ferme des Prétres contre les incursions des Iroquois. L’une de ces tours, qui sert encore de chapelle, possède les restes de plusieurs individus de cette race.

A quelques pas de là, est la maison d’été où les élèves du collège de Montréal vont, une fois la semaine, durant la belle saison, savourer les douceurs de leur grand congé hebdomadaire. Ce site est un des plus beaux que l’on trouve aux environs de la ville.

Le collége Ste. Marie, entre les rues Bleury et St.

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Alexandre, appartient aux R. P. Jésuites. 11 fut fondé en 1649, par Mgr. Bourget ; c’est un magnifique monument qui, lorsqu'on l’aura terminé, contribuera à embellir le quartier St. Laurent. 11 est surmonté d’un dôme d’où la vue embrasse un immense horison, et renferme une jolie chapelle.

Le vieux château ou l’ancien Hôtel des gouverneurs a été construit dans les premières années du dernier siècle, par Claude de Ramezay, écuier, seigneur de la Gesse, de Bois Fleurent et de Monnoir, chevalier de l’ordre militaire de St. Louis, ancien gouverneur des Trois. Rivières, gouverneur de Montréal, et père de J. Bte. Nicolas Roeh de Ramezay, qui signa la capitulation de Québec. Le château demeura la propriété de sa famille jusqu'en 1745, époque à laquelle il fut cédé à la compagnie des Indes et converti en magasin. Il passa successivemment entre les mains d’autres possesseurs qui le vendirent, après la conquête, au gouvernement anglais. On le fit alors servir de résidence au gouverneur du Canada. Il y a 30 ans environ, on le répara de façon à en rendre le séjour plus agréable à ce fonctionnaire. Vers 1830, la législature provinciale vota une somme de £1700, dans le but de le faire restaurer à neuf; mais cette somme ayant été trouvée insuffisante, on ne put alors donner suite à son désir. Après l’incendie de notre ancien palais de justice, l’hôtel en reçut les divers tribunaux qu’il a conservés quelque tems. On y a, en 1856, installé les bureaux de l'instruction publique. Dans les grandes constructions qui y attiennent a été ouverte l’école normale Jacques-Cartier, inaugurée le 3 mars 1857. Cette école dont l’importance ne saurait être mise en doute, est fréquentée par de nombreux élèves-maîtres catholiques, qui s’y forment à l’art difficile de l’enseignement,

Outre les institutions d’éducation catholiques, que nous venons d’énumérer, Montréal possède encore plusieurs écoles dirigées par les Frères de la Doctrine Chrétienne et fréquentées, en 1858, par 2697 élèves. Il s’y trouve également un grand nombre d’autres écoles, appartenant à la population catholique de la cité, ent’au-

tres l’Académie Commerciale de la rue Côté, dirigée par M. Archambeault, ancien élève de l'Ecole Normale Jacqnes-Cartier, aidé de cinq autres professeurs.

Montréal a de plus deux Salles d’Asile Catholiques, l’une, rue Bonaventure, dans le quartier St. Antoine, et l’autre, dans le faubourg Québec. ‘On sait, disait en 1858, l’honorable Surintendant des écoles du Bas-Canada, M. Chauveau, que le mérite de cette bonne œuvre revient aux MM. du Séminaire de Montréal, et, particulièrement à M. l'abbé Rousselot et aux dignes citoyens qui non seulement ont doté la ville de cette utile institution, (la Salle d’Asile du faubourg Québec n’était pas alors fondée) mais qui ont par là introduit dans le pays un système nouveau dont l’influence ne tardera pas à se faire sentir dans tout l’enseignement élémentaire.”

Montréal possède en outre deux instituts, l’Institut- Canadien et l’Institut Canadien-Français, qui comptent un grand nombre de membres. On trouve l’un, rue Notre-Dame, et l’autre, petite rue St. Jacques.

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