TES CHARRETIERS DE 1811 — LES COCHERS, LES CALÈCHES, LES CABS DE
Dans la première décade de ce siècle, les voitures à quatre roues étaient inconnues à Montréal. Le roulage des marchandises se faisait sur des charrettes et des cabrouets. On se promenait et on voyageait dans des calèches construites sur le modèle de celles qui sont actuellement en usage à Québec. Lorsqu’un Canadien se mettait en voyage, il se servait d’une calèche à un seul timon avec deux chevaux. (1)
Avant 1830, il n’y avait qu'un endroit où stationnaient les cochers de calèche ; c'était sur la place du vieux marché, aujourd'hui la place de la douane. (2) Plus tard, on leur assigna des stations sur le bord de l’eau, au pied de la place Jacques- Cartier, sur la rue MeGill, sur la place Dalhousie et sur la place d'Armes.
A cette époque, comme nous l’avons déjà dit, il n’y avait pas de quais à Montréal, excepté les deux qui se trouvaient au pied de la rue Saint-Sulpice, Les charretiers qui se chargeaient de bois de chauffage, reculaient leurs voitures dans l’eau jusqu'aux radeaux qui étaient amarrés à quelques verges de la grève. Le bois de chauffage arrivait de Beauharnois, de Châteauguay et autres endroits sur des radeaux de pin et de pruche. Un dessous de “ cage ” contenant sept ou huit cordes de bois, se vendait $4, 85 et 89. Les charretiers qui transportaient le bois de chauffage se servaient de deux chevaux attelés en flèche à leurs charrettes. Le cheval qui était en avant n’avait pas de guides et il obéissait à la voix de son maître qui le faisait tourner à droite ou à gauche en lui criant hue! et dia!
En lisent les anciens règlements municipaux nous voyons qu’en 1811 une ordonnance obligeait ceux qui déchargaient
(1) L'auteur a probablement voulu dire : “à un seul brancard avec de”. chevaux placés l’un devant l’autre,” 4) Maintenant, place Royale.
leurs marchandises aw port d'employer le premier charretier qui se présentait. Ce fut en 1815 que les magistrats qui composaient l’édilité de Montréal, passèrent un règlement ol eant les charretiers et les cochers d’attacher, en hiver, des .. schcs ou des grelots à leurs chevaux.
En 1817, on adopta pour la première fois, à Montréaï, un règlement obligeant les charretiers à se pourvoir d'une licence.
Les charretiers du bon vieux temps étaient tous des hommes vigoureux. Tous étaient assez forts pour soulever au bout de leurs bras un quart de lard pesant 300 livres et de le placer sur leur cabrouet. (1)
Le roulage des marchandises, en hiver, entre Montréal et le Haut-Cai :da n’était pas bien lucratif. Les charretiers pour transporter à Kataraqui (2?) (aujourd’hui Kingston) une charge da 2,000 livres sur une “ traîne ” attelée d’un seul cheval, recevait $7 ou 88. Il fallait quatre jours au charretier pour se rendre à destination.
Le premier cab à deux roues fut importé d'Angleterre par M. Charles Clément Sabrevois de Bleury, un membre distingué du barreau (3) quelque temps avant les troubles de 1837. À cette époque, les voitures à quatre roues commençaient à s’introduire à Montréal. Les voitures étaient toutes importées d’Angleterre et coûtaient fort cher.
Les cochers de place vers 1842 s’achetèrent des cabs sur le modèle de celui de M. de Bleury. Cette année-là, il n’y avait que deux cabs et une douzaine de calèches.
Parmi les noms de cochers de 1842 on nous a donné ceux de François Vadeboncœur, J. Smith, C'adieux, Eusèbe Senez, A. Dumaine, François Vermette, Eusèbe Fleurant et Romuald Racicot.
Les cabs disparurent avec les dernières calèches vers 1858. Les cochers de place ont commencé à faire leur service avec des voitures à quatre roues vers 1851.
14 novembre 1884.
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(1) Evidemment, l’auteur exagère un peu.
(2) On écrivait autrefois communément ‘“ Cataracoui ”.
(3) Admis au barreau en 1819, il fut député de Richelieu, de 1829 à 1838, membre du Conseil législatif en 1837-38 ; député de Montréal de 1844 à 1847 : mort en 1862.
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