LES MODES -— LES CEINTURES FLÉCHÉES — L'ANCIEN AQUEDUC ET LE NOUVEAU
Dans le bon vieux temps, il n'existait aucun journal de modes,
L'aristocratie suivait la fashion de Londres où elle faisait confectionner ses habillements, Sa mesure était prise par le père Gibb de la rue Saint-Jacques. (1) La commande s’exécutait dans la mère-patrie et il va sans dire que la façon coûtait un peu cher.
Le premier tailleur canadien-français qui ait acquis quelque célébrité a été M. Joseph Boulanget (2) qui tenait son établissement sur la rue Notre-Dame, près de la rue Bonsecours, la porte voisine de l’aïcien hôtel Donegana, [coin nord-ouest de Notre-Dame et Bunsecours].
Il y a cinquante ans, la mode exigeait que les gens de profession, les gros négociants et les rentiers considérables portassent le gilet et le pantalon blancs, une cravate haut montée avec un faux-col blanc s’élevant jusqu'aux orcilles. Les gentilhommes se promenaient toujours sur les rues avec l’habit à queue, garni de boutons en cuivre doré. La classe pauvre s’habillait avec l'étoffe du pays et portait des Chapeaux en laire mous, de forme pointue. Le feutre n’était Pas connu de nos ancêtres. Le chapeau de castor de la classe riche était autrefois confectionné avec la peau de vrai castor. (3) Plus tard, il fut fait avec de la p'uche dont les poils avaient une longueur d’un pouce. Ces chaneaux étaient très larges du haut et portaient le nom de “Waterloo ”.
(1) Benaiah Gibb, vint à Montréal en 1774, À l’Age de 19 :n:. En 1775, il fonda cette fameuse. maison de commerce qui existe ex.core, Il mourut en 1826.
(2) Joseph-Charles Boulanget figure dans l’Almanach des adresses de 1842 à 1866. Il avait débuté rue Saint-Paul.
(3) C’est avec le poil de castor et non avec la peau qu'on fabriquait ces chapeaux.