SE AR
oubli, nous dirons qu’elle en a élevé deux à la royauté, mais à plus d’un siècle d'intervalle. Il ne faut pas gâter les bonnes, choses évidemment. (1)
Le premier était un buste de Georges III, don de Sa Majesté elle-même qui savait être généreuse à l’occasion ; le second est la statue de la reine Victoria placée de la façon la plus avantageuse possible dans la rue McGill et que l’on a cependant peine à reconnaître sous la métamorphose que lui a infligée le temps.
Un jour (le premier mai 1775), des sujets ingrats et dé- Joyaux ont peint en noir le buste de Sa Majesté Georges III et lui ont attaché une pancarte qui acheva, avec la peinture, de lui enlever toute la majesté qu'il aurait pu avoir d’abord. (2)
l'es auteurs de ce crime pendable ne furent jamais découverts.
Ce monument fut le premier que Montréal ait possédé. Plus tard, vers 1805, presque immédiatement après la mort de l’amiral Nelson, on ouvrit à Montréal des listes de souscriptions pour ériger le monument au vainqueur de Trafalgar.
Dans l'expédition du Nil, l'amiral Nelson avait eu le bras droit enlevé par un crocodile et l'on a eu l’idée de rappeler cet accident par l’image d'un crocodile reposant sur le piédestal du monument.
Dans la première pierre, a été placée une plaque de plomb sur laquelle sont inscrits les noms et titres du héros, la date de sa mort, 21 octobre 1805, les noms des membres du comité qui a fait ériger le monument, celui de l’architecte, un M. Mitchell, de Londres, de l’entrepreneur Wm. Gilmore, et enfin la date de construction, 17 août 1809.
Les gros canons de la place Jacques-Cartier qui relèvent l’apparence de la colonne et dont les affuts ont été déjà plusieurs fois renouvelés viennent d’être transportés sur le Champ-de- Mars pour y subir encore la même opération.
(1) Depuis 1884, Montréal a secoué son apathie et la liste de ses monuments s’allonge d’une façon notable, nommons les À ro ed l’obélisque aux pionniers, les statues de Jacques Cartier, Maisonneuve, Iberville, Jeanne Mance. Chénier, MacDonald, Crémazie, Young, des volontaires d'Afrique, d'Edouard VII, et l’on nous promet des monuments à Sir G.-E. Cartier, Dollard, Lafontaine, etc.
(2) L'inscription sur la pancarte dont il est ici question se lisait comme suit : Voici le pape du Canada et le sot de l'Angleterre. Quelques mois plus tard, les Américains, en s’emparant de notre ville, décapitaient le buste et le jetait dans un puits. Sur ce buste voir le Bulletin des Recherches Historiques de 1915.
Un autre vieux monument Moins connu et qui existe encore à Montréal est celui que ies héritiers MeT'avish ont érigé à la mémoire de ce riche citoyen, qui avait commencé la construction d’un immense château sur le versant de la montagne, Cette construction se trouvait à l'endroit où est aujourd'hui la maison princière de MM, Allan [Ravenscrag],
On voit encore le monument en passant par le chemin du parc. Bien que le corps de M. MeTavish ait été transporté en Angleterre, :n n’a pas songé à faire disparaître la vicille colonne de pierre grise,
Beaucoup de personnes savent que toute une légende se rattache au château de MeTavish dont le toit recouvert de cuivre a longtemps brillé au soleil entre les bouquets d’arbres qui l'entouraient.
Ses proportions immenses, sa construction abandonnée, la mort soudaine et mystérieuse de son propriétaire, ses histoires de revenants, etc., constituent un épisode que les romanciers pourraient exploiter avec profit. (1)
ler décembre 1884.
(1) Simon MefTavish avait acquis une immense fortune au moyen de cette fameuse compagnie des traiteurs du Nord-Ouest dont il était l'âme, Il avait épousé une Canadienne, fille de Charles Jean-Baptiste
rue Peel. Aujourd’hui, il est recouvert par des arbres qui l'entourent et ce n’est pas sans peine qu'on réussit à Papercevoir.
A moe ginseng tnmanranene es eu æ « + an + ÿ *
Sn A
Dern tatin
en. ras »
Sn 4 per ET mer th
FH ns ER nas bertamnat nus me eo
COMMENT ON S'ÉCLA'RAJ; - LA ‘HANDELLE À L'EAU — LA PREM'FRE USINE DU YAZ.
Si de dix-neuvièn:… siècle , Mu si cie de lumière, cette lumière ne paraît pa: à on & bit cyan brillé d'un éclat bien vif dans les rues et les maison 4 : uX Montréal, En 1818, nos rues étaient éclairées par des fenaux ininés avoc une huile fumeuse et nauséabonde.
En feuilletant les archives l'aôtei de ville, nous voyons
que samedi, le 11 avril 1818, la cour des sessions spéciales de la paix (l’édilité du temps) présidée par l'honorable Chartier de Lotbinière, avait résolu qu'un comité composé de MM. Thonas MeCord, Louis Guy, François Rolland, Etienne Saint-Dizier et Jean-P. Leprohon serait chargé de préparer un estimé des dépenses probables des lampes nécessaires à l'éclairage de la ville. Avant cette époque, les lampes étaient posées et entretenues par des particuliers.
Le comité présenta à la séance suivante de la Cour, le 18 avrii, l’état qu'on lui avait demandé.
Voici l'estimé présenté aux magistrats :
Faire et fixer 100 lampes à 30 chelins chacune... .. ,, 150.00 375 gallons d'huile pour 12 mois à Da ner CE Echelles, coton, savon... Aude À sens so 1000
2 hommes pour alluiner et nettoyer les lampes à 30 chelins par mois., ., ., .. .. sos sel AR 00
Le rapport fut adopté et le premier système d'éclairage municipal entra peu de temps après en opération à Montréal.
Le premier entrepreneur qu département de l'éclairage fut un nommé Joseph Carmel qui devait fournir l'huile de baleine, de loup-marin ou de morue de première qualité à raison de quatre chelins et demi par gallon, le savon à 15 sous par livre et la mèche, importée d'Angleterre, à 5 chelins par livre. Le
rabais gré" 5
ge ibn gas,
TS pret
sen gts
jh pus,
faubourg Saint-Laurent n’eut es lampes qu'en 1820 et la rue Saint-Antoine n'en eut qu’en 1826.
Ce ne fut que le 27 mars 183% que la première proposition d'éclairage au gaz a été faite à notre corporation par M. Albert Furniss, secrétaire de la première compagnie du gaz à Montréal. Ê
L’année suivante, on commença à poser dans les rues des reverbères à gaz.
La première compagnie du gaz construisit son usine en 1836,
au coin de la rue Sainte-Marie et Parthenais, là où sont aujourd’hui les ruines de l’ancienne manufacture de verre. Le coût fi du bâtiment était de £15,000. Le projet d'une compagnie de gaz avait été lancé dans le public par un M. Armstrong. Les principaux actionnaires de la première compagnie étaient MM. A. Furniss et John Ostell.
Le 23 novembre 1837, on alluma paur la première fois, le gaz
: dans quelques magasins de Montréal. L'expérience eut un succès de peu de durée, car les ingénieurs avaient fait leurs calculs sans compter la rigueur de nos hivers, Il fallut faire subir des modifications considérables au plan de l'ingénieur avant qu'il fut praticable à Montréal.
La nouvelle compagnie de gaz fut constituée légalement en | 1847 et, peu de temps après avoir commencé ses opérations, elle dut se fusionner avec l’ancienne, Les Montréalais, avant 1847, payaient 85 par mille pieds cubes de gaz. Après la fusion des compagnies le prix fut diminué de moitié. Dans les maisons, on s’écluirait avec des lampes ou avec des chandelles de suif à l’eau ou des chandelles moulées, importées d'Angleterre. système d’Argand, dans lesquelles se brflait une huile d’olive ne brûlaient que dans la demeure du riche, La classe aisée importait d'Angleterre de magnifiques lampes construites sur le système d’Argand, dans lesquelles se brûlait une huile d’olive raffinée. Ces lampes étaient supportées par des volonnes en bronze cannelées d’une hauteur d’environ deux pieds et demi. Le brûleur était entouré d’un large abat-jour plat en verre dépoli ou en porcelaine. (Ces lampes qui sont encore conservées dans nos vieilles familles s'appelaient des “ Sun Burners ”,
Dans la classe moyenne, on se servait de chandelles de suif qui étaient fabriquées à Montréal.
b. + Les pauvres s'éclairaient avec des lampes à l’huile de baleine, de loup-marin ou de poisson.
ee ———
À la campagne, “ l'habitant ‘ avait un systèm: des plus primitifs pour s'éclairer. Primitif est bien le mot, car jes lampes dont il se servait ressemblaient à celles qui étaient en usage dans les temps bibliques, en Egypte, sous les premiers pharaons. C'était des vases en fer ou en ferblanc munis d'un bec et accrochés à la crémaillère du foyer. La mèche reposait sur le bec et trempait soit dans l'huile de poisson ou dans la graisse fondue, La flamme de cette lampe répandait une lumière blafarde et fumeuse et exhalait une odeur nauséabonde dans la maison. Les plafonds étaient toujours noircis par la fumée et jamais on ne les nettoyait. Les cultivateurs se servaient aussi de lampes portatives qui avaient les mêmes inconvénients. Souvent, la mère ou la fille du cultivateur filait ou tricotait à la porte du poêle pour ne pas être incommodée par l’odeur des lampes. Disons aussi que nos ancêtres se couchaient à une heure beaucoup moins avancée de la nuit et on s’en portaient pas plus mal.
L’habitant riche s’éclairait avec de la chandelle à l’eau qu’il fabriquait lui-même par le procédé suivant: I] faisait fondre une grande quantité de suif dans un gros chaudron qui devait avoir une profondeur égale à la longueur des mèches de la chandelle, Ces mèches étaient toutes attachées par une extrémité à une baguette un peu plus longue que le chaudron. Elles étaient trempées dans le suif et ensuite plongées dans un baquet d’eau froide, ce qui avait pour effet de faire figer le suif sur la mèche. Chaqne fois que l’on trempait le cnton il 8’y déposait une couche de suif fort légère. On répétait l’opération jusqu’à ce que la chandelle eut la grosseur voulue. On fabriquait de la sorte en une seule journée une soixantaine de livres de chandelles, de six ou de huit à la livre.
Il y a cinquante ans [c’est-à-dire vers 1830], les rues de Montréal étaient si mal éclairées que les citoyens qui sortaient le soir emportaient toujours un fanal afin de pouvoir se diriger dans les ténèbres. Pour aller à la messe de six heures et demie, en hiver, les paroissiens portaient presque toujours un fanal.
Aux collèges de Montréal et de Saint-Hyacinthe, nous dit un ancien élève, les salles d’études et de récréations étaient éclairées par des lustres en bois à six branches portant des chandelles de suif. Un élève qu’on appelait le suiffier était choisi, chaque four, pour moucher les chandelles. Los lampes à pétrole furent introduites dans nos établissements d'éducation comme ailleurs, il Va tout au plus une trentaine d'années,
2 décembre 1884.
> nant a ;
ge re S
net cnamaarere Fi -
Le Pagiiettisen meer han bé ae es CR DE) 4 .
RÉ UNoU < d er eee es de remer
on, mors
COMMENT ON FAISAIT DU FEU — LES PREMIÈRES ALLU- METTES — LES GAGES DU BON VIEUX TEMPS.
Nous avons donné hier, quelques détails sur le système d'éclairage usité à Montréal, dans le bon vieux temps. Nous serons peut-être intéressants aujourd’hui si nous expliquons la manière dont nos grands-pères obtenaient le feu.
Les allumettes chimiques n'étant que d'invention moderne, le feu, comme du temps d'Adam se prenait dans les veines du caillou.
À Montréal, en 1820, on battait encore le briquet comme le voisin de Pierrot de la chanson “ Au clair de la lune ”.
Dans la cuisine, on trouvait la boîte à feu renfermant l'ama. dou.
Cette boîte était en tôle d’une hauteur et d'un diamètre d’environ cinq pouces, Le couvercle se glissait dans l'intérieur et étouffait l'amadou lorsque l'allumette souffrée avait pris feu. L'amadou était préparé en faisant brûler du vieux linge et l'étouffant avant qu'il fut enticrement consumé, Lorsque le feu était éteint dans le poêle ou dans le foyer on avait recours au briquet.
On battait un briquet d':cier contre un moreeau de silex ou de pierre à fusil au-dessus de lPamadou de la boîte à feu jusqu'à œ qu'une étincelle l’enflammôt. Alors on prenait une longue allumette souffrée et on la plongeait dans la boîte jusqu'à ce qu’elle prit fen. En hiver, les poêles ne s'éteignaient jamais et en été des tisons couvaient Presque toujours sous la cendre de l’âtre,
On ne recourait au briquet que lorsque les feux étaient complètement éteints dans la maison. Le fumeur portait toujours son briquet de poche avec un morceau de “tondre ” s’est conservé encore dans nos Campagnes,
Lers 1830, des briquets phosphoriques furent introduits en Canada. C'était de petites boîtes cylindriques en ferblanc s’ouvrant aux deux extrémités. Dans la partie inférieure étaicnt une centaine d’allumettes souffrées ou trempées dans une com-
, Usage qui
—————— 82 LE BON VIEUX TEMPS ES ie
position chimique. Dans la partie supérieure se trouvait une très petite fiole bouchée à l’émeri contenant du phosphore préparé. On trempait l'allumette dans le phosphore et elle s’enflammait aussitôt. Un briquet phosphorique se vendait deux chelins.
Les allumettes souffrées, taillées dans le cèdre, jusqu’en 1845, se vendaient dans les rues par des gamins qui criaient: Bonnes allumettes! trois paquets pour deux sous !
L'allumette chimique à sa première apparition à Montréal s'offrait au publie sous la forme d'un petit peigne. Nous croyons que ces allumettes chimiques primitives se fabriquent encore à Charlebourg, près de Québec.
Vers 1840, on vendait des allumettes chimiques importées d'Angleterre. Ces allumettes étaient très minces ot on. les enflammait en les frottant entre une feuille double de Papier sablé.
L'allumette chimique ordinaire a été vulgarisée à Montréal vers 1847 ou 1848,
Un mot, maintenant, sur les gages des ouvriers et des employés du bon vieux temps.
En 1825, le plus riche cultivateur de Deschambault, celui qui passait pour payer le salaire le plus élevé à ses employés, M. Bouchard, donnait à son garçon de ferme, $12 par année avec sa pension. I] lui donnait aussi une paire de souliers de “ beu 3 une paire de culottes d'étoffe du pays et une paire de mitaines!
Il y a cinquante ans, un journalier s'engageait pour 15 à 20 sous par jour et nourri, pour faire les travaux les plus durs sur une ferme,
Un bon commis, dans un magasin de campagne de première classe, gagnait un salaire insignifiant la première année. Lorsqu’il recevait un traitement annuel de £25, c'était le maximum du salaire.
À Québec, les meilleurs charpentiers de navires ne recevaient que 50 à 75 cents par jour.
Un des premiers employés de la corporation de Montréal, l'inspecteur les chemins, avait un traitement de $100 par année.
Les salaires dans toutes les classes de métiers, étaient à peu près les mêmes proportions.
3 décembre 1884.
PT CEE D
rédésenane
habite,