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commençait à six heures du soir et durait jusqu’à six heures du f matin. Les gardiens de la paix étaient relevés toutes les quatre A: heures en été et en hiver, ces changements dépendaient de la ! température. | Cette police, qui coûtait £6,000 par année, était entretenue | aux frais du gouvernement impérial.
: La juridiction de la police en 1839, à part la ville, les faubourgs et le hâvre, s’étendait aux paroisses de Laprairie de la Madeleine, Longueuil, Boucherville, Varennes, Repentigny, Lachenaie, Saint-Vincent de Paul, Saint-Martin et l’île Perrot.
9 décembre 1884.
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LA PUNAISE DE TROIS-RIVIÈRES. — UN PETIT VAPEUR EXTRAORDINAIRE. — UN VAPEUR PÉRILLEUX.
Un souvenir de jeunesse sera, aujourd’hui, le sujet de ma causerie sur le bon vieux temps.
Si ma mémoire ne me fait pas défaut, c'était pendant l’été de 1855.
J'étais alors collégien et je passais mes vacances à Trois-Rivières. Un jour, en me promenant sur le quai, un peu plus haut que l’ancien Hôtel Farmer, je vis le plus drôle de Steamboat que j'aie jamais vu de ma vie. Ce petit vapeur ne portait pas son nom sur la boîte aux roues, mais tout le monde l’appclait la Punaise.
La Punaise était un de ces anciens bateaux servant au commerce des pommes, comme on en voit encore beaucoup sur le Richelieu et le Saint-Laurent. Ce bateau avait élé revêtu d’un pont, et avait reçu dans sa cale une machine à vapeur à engrenage comme celle dont on se sert sur nos quais pour décharger les navires d’outre-mer.
La machine qui était posée horizontalement, pouvait avoir trois ou quatre chevaux de force. Lorsqu’elle était en activité elle faisait un petit trin-trin des plus comiques. La bouilloire n’avait pas des proportions considérables attendu que le tuyau était en ferblanc ordinaire comme ceux qui sont actuellement en usage dans les maisons. Le bateau à pommes qui avait subi cette métamorphose avait tout au plus 40 pieds de long et environ cinq pieds de large.
La Punaise avait des roues à aubes dont l’utilité cessait du moment que le petit navire oscillait le moindrement à droite ou à gauche, Aussi fallait-il voir le soin qu’on apportait à arrimer le fret et à placer les voyageurs à bord afin de préserver Péquilibre.
Ta Punaise était amarrée au quai par une corde à linge. Elle n’avait ni cloche, ni sifflet à vapeur. Son départ était annoncé par le capitaine qui embouchaïit une longue trompette en fer-
blanc et faisait entendre une de ces fanfares familières aux oreilles des vaches dans les champs.
L’équipage de la Punaise était composé de deux personnes, le père et le fils, tous deux habillés en droguet avec tous les tenants et aboutissants d’une toilette de cultivateur. Le père cumulait les charges de capitaine, de pilote et de commis; le fils était mécanicien, chauffeur et matelot.
La Punaise faisait le service entre Trois-Rivières et la rivière Godefroi. J'avais six sous dans ma poche et je m'étais dit: “ Voilà un petit steamboat qui a l’air assez apprivoisé. Si je faisais un voyage dessus!” Je m’approche du capitaine et je lui demande s’il y avait moyen de faire avec mes six ÉTAT ER un petit voyage de plaisir sur son bateau. Le commandant de la Punaise prit mon argent et me dit d’embarquer sans perdre de temps.
Le bonhomme fit résonner sa trompette une troisième fois, sauta sur son navire et se mit à la barre. Son fils, armé d’une gaffe, éloigna du quai la proue de la Punaise. Le capitaine, après avoir recommandé plusieurs fois à ses voyageurs de ne pas bouger de leur place, donna de vive voix à son fils l’ordre de faire machine en avant :
—- Envoie encore un peu! Arrête! Recule un peu! Arrête, envoie en avant! Envoie fort!
La Punaise s’avançait au Jarge. :
Une commère s’était levée de son siège pour aller prendre quelque chose dans son panier de l’autre côté du vapeur. Ce mouvement dérangea l’équilibre de ia Punaise, ses aubes se mirent à battre l’air à tribord, pendant que ses roues de babord se noyaient jusqu’à l’essieu. Le capitaine lança un juron formidable et demanda à la femme si elle voulait faire périr tout le monde à bord.
Le capitaine de la Punaise était un homme très complaisant pour ses voyageurs. '
Nous étions à une couple d’arpents du rivage lorsque la brise qui était un peu forte emporta le vieux chapeau de paille d’un des passagers. De nos jours, dans une pareille circonstance, un voyageur aurait fait son deuil du couvre-chef, mais dans le bon vieux temps il en était autrement. Le capitaine dit à l’ingénieur d’arrêter la machine, la Punaise recula jusqu’à ce qu’elle fut à proximité du chapeau, alors le matelot le repêcha avec sa gaffe et le donna à son propriétaire.
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La Punaise reprit sa route vers le sud et lorsqu'elle fut rendue au milieu du fleuve elle faillit périr dans une tempête. Il ne fallait pas qu’Eole déchaînât le plus fort des ouragans du Nord pour troubler les flots du Saint-Laurent au point de les rendre dangereux pour le petit navire.
Cette fois, le vent ne s'en était pas mêlé. Les vagues avaient été soulevées par le passage de l’Alliance, le plus grand remorqueur du temps, l’Alliance, avec ses quatre gros tuyaux ‘ ses deux balanciers. Nous étions une dizaine de passagers à bord de la Punaise. Lorsque la houle causée par les roues puissantes du remorqueur eut imprimé à notre frêle embarcation un sérieux mouvement de roulis et de tangage, la terreur se peignit sur toutes les figures. Il n’y avait à bord ni canot, ni ceintures de sauvetage. Il nous semblait que le Saint-Laurent était pour engouffrer la Punaise corps et biens.
Le capitaine eut beau nous rassurer par des paroles d’encouragement, pendant qu’il virait la barre de manière à éviter les vagues sur le flanc, nous crûmes que notre dernière heure était arrivée. Les femmes poussaient des cris de désespoir et recommandaient leur âme à Dieu; moi, je disais mon acte de contrition. Après avoir été balancée pendant cinq ou six minutes par la houle, la Punaise entra dans les eaux calmes. Une demiheure plus tard nous étions à une vingtaine de pieds du petit quai de la rivière Godefroi, une couple de madriers posés sur des “ pattes ”, lorsqu'il y eut un nouvel anicroche. La Punaise venait de s’échouer.
Le capitaine et son matelot armés chacun d’une gaffe, firent des efforts héroïques pour nous remettre à flot. Peine inutile! Il fallut que quatre ou cinq hommes ôtassent leurs bottes et se missent à l’eau pour pousser le sfeamboat jusqu’à son quai, en s’enfonçant dans la vase jusqu’à mi-genoux.
On procéda, ensuite, à décharger le fret composé d’une trentaine de boîtes vides de bluets, de cinq ou six cruches et d’une douzaine de paniers.
En mettant le pied sur le quai de la rivière Godefroi vous pouvez croire que je poussai un profond soupir de satisfaction. Mon retour à bord de la Punaise s’opéra sans accident, mais en arrivant je jurai que je ne ferais plus d’excursions sur des petits “steamboat apprivoisés ”.
11 décembre 1884.
LA MAISON DU DIABLE. — LE PREMIER SIFFLET À VAPEUR. — LES COURSES DE VAPEURS.
Il n’y a pas bien longtemps, le pic du démolisseur s’attaquait à une vieille maison en bois vis-à-vis la prison. Le Paci. fique faisait raser cette bicoque afin de continuer sa voie jusqu'à ses ateliers par une ligne diagonale Passant sous la rue Notre- Dame, [entre la prison et la rue Parthenais].
Cet antique bâtiment, construit sur la rive escarpée du fleuve, était connu autrefois, des navigateurs sous le nom de Maison du
iable, Le plus grand mystère voile l'origine de ce nom terrible. Peut-être, nous dit un vieux capitaine de goélette, lui avait-on donné ce nom, parce qu'il existait alors, vis-à-vis d’elle, dans le courant Sainte-Marie, le plus violent des tourniquets. Ce tourniquet était à une centaine de verges de la grève et formé par la batture des Fourneaux ainsi appelée parce que les premiers fourneaux à Chaux, il y a cent ans, étaient situés près de cet endroit.
La commission du hâvre en prolongeant ses quais jusqu’à la prison a dragué le batture qui est disparue presque cuiplètement aujourd’hui avec le grand tourniquet.
rsqu'une goélette remontait le courant Saint Marie à la voile, le moment psychologique du pilote était celui où il passait devant la Maison du Diable. Si le vent était assez fort Pour faire passer ce point à une goélette, le navigateur était sûr e se rendre au quai Bonsecours.
Le Maison du Diable était le pont aux ânes des bœufs qui remorquaient les bateaux. Si la corde était trop longue le navire s’engageait dans le tourniquet et les bœufs étaient entraînés à l’eau, si la corde était trop courte on courait le risque de s’échouer ou de donner de la proue sur quelque écueil.
La Maison du Diable n'existe plus, mais son souvenir restera longtemps dans la mémoire d* nos marins d’eau douce.
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PURETS