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L'OPERA FRANÇAIS À MONTRÉAL, EN

Les dix cloches qui sont suspendues dans la tour de l’Est de l'église Notre-Dame ont été posées dans le mois de juillet 1843.

La bénédiction de ces cloches s’est faite le jour de la Saint- Pierre, jeudi 29 juin 1843, avec une pompe extraordinaire, au milieu d’un grand concours de personnes de tout âge et de toutes croyances.

Un journal de l’époque dans son compte rendu de la cérémonie dit :

Bientôt la musique se fait entendre, les parrains et les marraines sortirent de la sacristie, précédés des habillements des cloches que portaient des enfants de chœur et tous furent se placer vis-à-vis leur cloche respective.

Les habillements consistaient en magnifique velours et drap d’or fleuri, importé de France, pour chapes, chasubles, dalmatiques et en tulle et dentelle brodées à l'aiguille où au tambour.

Une des cloches porte des habillements de deuil et annonce, hélas! que le donateur n’est plus. Le Rév. M. Roupe fit un sermon approprié à la cérémonie qui commença immédiatement après le chant des psaumes et un air d'orchestre.

Voici la liste des parrains et des marraines :

1ère cloche : M. Quiblier, seul, représentant le séminaire de Montréal :

2ème cloche : M. et Madame Furniss ;

3ème cloche : M. et Madame Donegani ;

4ème cloche :’M. et Madame Berthelet :

5ème cloche : Madame Veuve Quesnel était représentée par M. Fred Aug. Quesnel et Madame A. Laframboise ;

6ème cloche : M. et Madame Hubert Paré;

ème cloche : M. L. S. Parent, curé de Repentigny, seul :

Sème cloche : M. Jean Bruneau ne pouvant assister, s'était fait remplacer par deux de ses jeunes enfants : :

9ème cloche : M. Maurice Laframboise et Dlle Elmire de Rocheblave ;

10ème cloche : M. Augustin Perrault, représentant M. et Madame Bouthillier qui n’ont pu venir de Kingston pour cette cérémonie.

Les habillements des cloches coûtaient 81,600 partagés entre les donateurs. Ta cloche de M. Quesnel, en deuil de son donateur, portait en outre un échantillon de velours coupé d’après une pièce, dont la veuve avait fait cadeau à la fabrique. Les cloches ont coûté avec leur battant et leur monture près de £1,000. Si on y ajoute le fret, l’assurance, l’échange, frais de douane, les emblèmes et les lettres gravées sur leur surface et enfin les habillements, tout cela doit en porter le prix à près de £2,750.

Quand on sonne les dix cloches de Notre-Dame, elles forment une harmonie si complète qu’on peut s’e servir pour exécuter les airs de musique les plus variés.

La lère du poids de 6011 livres sonne do ténor CL1

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Le gros bourdon dans la tour de l'Ouest pèse 24,780 livres, il est. haut de six pieds et à son ouverture, son diamètre est de 8 pieds, ? pouces. L'histoire de cette grosse cloche est écrite dans la légende suivante :

Anno Domini 1847 Fundatae Marianapolis 202 Pü P. P. IX, Pontificatus I.

Regni Victoriae Britanniarum 10.

Ex Piüissimo Mercatorum Agricolarum Artificumque Marianopolitanensium Dono.

C'est-à-dire que j'ai été fondu l’année 1847 de l'ère chrétienne, le 202ème depuis la fondation de Montréal, la 1ère du pontificat de Pie IX, le 10ème du règne de Victoria, Reine d'Angleterre, je suis le don des marchands, des agriculteurs, et des artisans de Ville-Marie.

Il est orné des images de la sainte Vierge, de saint Jean- Baptiste et d’un médaillon portant l'emblème de l’agriculture, du commerce et de l’industrie :

Plus bas on lit :

Carolus & Georgius Mears Londini fecerunt

Charles & Georges Mears m'ont fondu à Londres. (1) * * +

Dans le bon vieux temps, nos pères assistaient aux représentations de l'Opéra Français. Les artistes venaient très rarement à Montréal, mais à chacune de leurs soirées le Théâtre Royal était bondé.

N'alle: pas ajouter foi aux personnes qui nous disent que lOpéra Français était inconnu à Montréal avant l’arrivée d’Aimée. (2)

Ouvrez les journaux de 1843 et vous verrez que le 13 et le 14 août de cette année, les dilettantes se sont portées en foule à la représentation des Diamants de la Couronne et du Chalet.

1 y avait deux prima donna de l’opéra comique de Paris: Mademoiselle Calvé et Mme Lecourt; deux ténors : Lecour et Richer; 2 basses: Blés et Bernard; deux ténors comiques : Mathieu et Dessonville.

La compagnie d’opéra français eut à Montréal un succès éclatant. La Minerve du temps parla des artistes dans les termes les plus flatteurs et annonça les représentations trois semaines d'avance par des réclames à quadruple détente.

6 février 1885.

(1) Un premier bourdon, pesant 16,352 livres avait été placé dans la même tour en novembre 1843, mais s'étant brisé en 1845, on l’expédia en Angleterre Pour être refondu. Le second bourdon, celui dont il est question ci-dessus, arriva À Montréal en 1847. Il ne fut, cependant, bénit et placé qu’au mois de juin 1848, à cause du fléau qui ravageait

(2) Fameuse chanteuse francaise qui vint à Montréal dans le cours de la décade de 1870,

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LA PREMIERE SOCIÉTÉ FRANÇAISE À MONTRÉAL. — LA TERREUR À BYTOWN EN 1835. — LES VAPEURS DE 1835, ETC. ETC.

La première société de bienfaisance française a été établie à Montréal, samedi, le ler août 1835

Nous copions le compte-rendu de la première séance, dans un journal du temps :

Français qui sont dans la province, se trouvant en très petit nombre, se sont joints à tous les peuples qu‘ firent partie de l’empire afin de former une union qui a pris le titre de “ Société Française en Canada”. Les membres de cette association sont, en conséquence, une réunion de Français, Italiens, Piémontais, Belges, Hollandais, Alsaciens, Allemands, Suisses, et de toutes les nations qui composaient l'Empire français en 1814, ainsi que les hommes qui servirent dans l’armée de l’empereur.

La société s’est placée sous le patronage de Napoléon et elle doit célébrer sa fête par un banquet qui aura lieu le 15 août, au café Français de Montréal, tenu par M. Augier.

Les statuts de la société sont sages et calculés de manière à étendre la bienfaisance,

non seulement parmi ses membres, mais encore parmi les étrangers qui auraient besoin d’assistance.

Les officiers de la société sont: M. Mariotte, président: MM. Genand et Fay, vice présidents; M. Lequin, secrétaire général ; M. Montanari, secrétaire ordinaire: M. Seraphino Giraldi, tréscrier ; M. Tonnet, archiviste : MM. Lalu, Hurie, Volfredo, et Torget, officiers visiteurs; MM. Augier, Raymond D’Autel et Schwarts, membres du comité d’administration.

Vers la fin du mois de juin 1835, il se forma à Bytown (aujourd’hui Ottawa) une ligue parmi

les hommes de chantiers

re 44 LE BON VIEUX TEMPS

orangistes dont le but était d'empêcher les Canadiens-Français de travailler dans les chantiers de ce district. Il y eut plusieurs rencontres sanglantes entre le orangistes (Shiners, les brillants,) et nos compatriotes.

La journée la plus terrible a été un mercredi dont le souvenir est gardé parmi les anciens résidents d'Ottawa sous le nom de Stony Wednesday, (le mercredi pierreux). Il y eut dans les rues de la basse-ville des batailles en règles où les combattants étaient armés de fusils, de pistolets et de haches. Les pierres ont plu dru comme grèle, ce jour-là. C‘est pour cette raison qu’on l’appela Stony Wednesday.

Un journal parle dans les termes suivants des atrocités commises à cette époque par les Shiners. Nous avions déjà entendu parler des scènes horribles qui se sont passées à Bytown, mais nous nous refusions à croire que tant de cruauté puisse passer dans l’âme d’hommes qui appartiennent à l’époque de la civilisation. Cependant, les bruits se confirment et nous ne pouvons passer sous silence un crime qui prouve jusqu’à la plus grande évidence, ce dont les orangistes sont capables pour assouvir leur passion de vengeance et leur soif de sang de nos compatriotes. Des Canadiens étant allés comme d'habitude Pour chercher du travail dans les chantiers dans le district de Bytown, furent saisis en différents endroits par des bandes de scélérats qui se ruèrent sur eux, à l'exemple des bêtes féroces, les battirent et leur firent subir le supplice que Combabos s’infligea à lui-même... Notre plume s’arrête, car elle se refuse à tracer ce que notre indignation nous inspire. On fait mettre le nombre des victimes jusqu’à vingt-quatre, dont plusieurs seraient morts de leurs blessures.

Les auteurs de ces horribles attentats contre nos compatriotes n'ont jamais été arrêtés.

Ta raison de ces haines était que les maîtres de chantiers accordaient généralement la préférence, et conséquemment des prix plus élevés aux Canadiens pour leur adresse et leur infatigable assiduité dans ce genre de travail.

On disait que plusieurs maîtres de chantiers avaient fourni eux-mêmes aux orangistes les armes dont ils se servaient contre nos compatriotes.

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Plusieurs maisons ont été la proie des flammes, celle entr’autres de M. Galipeau, citoyen respectable qui s'était fixé à Bytown et qui faisait le commerce de bois, ce qui lui avait déjà procuré une honnête aisance.

On avait déjà tenté d’incendier ses propriétés, parce qu’on était jaloux de son industrie, de sa prospérité et principalement parce qu'il avait souvent donné asile aux malheureux Canadiens qu'on poursuivait, Il a failli même être la victime d’un de ces furieux et il se vit réduit à décharger un pistolet qu'il portait presque toujours sur lui. Le Coup toucha la mâchoire de son assassin, blessure qui n’eut pas de conséquences sérieuses.

Après cette affaire de coup de pistolet, M. Galipeau fut emprisonné plusieurs jours, d’après l'ordre de deux magistrats orangistes, mais deux autres plus humains, l’admirent à caution. Il crut alors prudent d'abandonner sa maison et ses belles propriétés évaluées à £700 qui, peu de jours après, devinrent la proie des flammes.”

En avril 1835, il y eut une fusion de lignes rivales de vapeurs faisant le service entre Montréal et Québec et sur le Richelieu afin de détruire un Concurrence désastreuse entre les deux compagnies.

Les vapeurs appartenant aux deux Compagnies étaient le Canada, Y'Aigle Canadien, le Saint-Laurent, le Saint-Patrice, le John Molson, le John Bull. le British America, l’Hercule, le Varennes, le Saint-George et. le V. Oyageur.

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