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COLLÈGE DE MONTREAL, — LES PROFESSEURS. UN VOYAGE EN CALIFORNIE

Je crois intéresser mes lecteurs en leur donnant, aujourd'hui, quelques extraits d’une lettre d’un septuagénaire à un de ses amis acontant des faits qui se rattachent au bon vieux temps: “Je suis entré au collège de Montréal, le ler septembre 1819. J'ai suivi, deux ans, le cours Latin, sous la direction de feu M. Roque, directeur de l'établissement (M. Roque était un ancien militaire qui avait quitté l’armée pour entrer dans les crdres. 1! avait reçu dans une bataille un coup de sable sur la figure qui lui laissa une balafre. )

es confrères de classe, au meilleur de mon souvenir sont tous morts. Je ne mer voici quelques-uns :

Récollet, le docteur langes, M. 1] è ire à 1] -38 qui monta sur l'échafaud, M. Euscher, M. deLorimier, un autre patriote de 1837 ence.

Sais ont été faits sous la direction m'a été enseigné par un M. Macecclésiastique qui est devenu plus tard aut-Canada. Mes trois ans de latin sous la direction de M. Weilbrenner, ecclésiastique de Boucherville et M. Viau, de Sainte-Geneviève,

Il y avait au collège, en ce temps-là, MM. Houdet et Rivière, deux prêtres venus de France avec M. Roque. Ces deux messieurs faisaient le cours de philosophie.

J'aurai soixante-scize ans le 3 avril prochain. .

Vers 1826, j'ai commencé à étudier la profession de notaire chez feu le notaire Bellefeuille qui tenait son bureau avec fou le protonotaire Coffin.

J’ai abandonné Ja profession pour l’agriculture et, en 1848, je me suis établi à X... comme hôtelier et huissier audiencier, J'étais de plus chantre dans l'église.

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Avant la rebellion de 1838, je me suis jeté dans ce tourbillon avec les autres. J'ai été arrêté, on m'a fait mon procès à la cour martiale par laquelle j'ai été condamné à être pendu. Ce n’est qu’au bout de 10 à 11 mois que j'ai été gracié sur cautionnement de £4,000.

Quelques mois plus tard, j'ai eu mon pardon de Notre Souveraine, écrit en date du ?3 septembre 1839, sur parchemin de 30 pouces de longueur et 20 de larguer et signé en tête par J. Colberne et Dely, pardon que je conserve soigneusement.

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En novembre 1849, n'ayant pas assez d’affaires pour employer mon temps, je me suis décidé à faire le voyage de Californie avec cinq amis.

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À Panama, nous nous sommes embarqués à bord d'un voilier le Charlestown. Nous sommes partis le 6 janvier, jour des Rois, pour San-Francisco, trajet qui a duré 51 jours par les vents contraires et pénibles, par la mauvaise nourriture qui nous était fournie à bord.

Durant la traversée, sont morts sept hommes dont le dernier était le docteur Roger Daoust, père de feu Charles Daoust, avocat, autrefois député du comté de Beauharnois. Comme tous les autres qui sont morts avec lui, il a été enseveli dans un morceau de voile avec un sac de sable aux pieds et déposé sur un madrier élevé à la hauteur de l’entourage du vaisseau. Dans ce moment, trois ministres américains se sont approchés du mort, mais deux frères portant le nom de McBean, d’origine écossaise, natifs du Canada, protestants eux-mêmes et que je connaissais d’ancienne date, dirent à ces ministres (dans le seul but de les mortifier, car ils détestaient les Américains) qu’ils n’avaient aucune cérémonie à faire sur le cadavre d’un catholique, alléguant que les catholiques étaient assez nombreux à bord pour arranger leurs affaires. Très surpris de cette injonction, ces ministres se retirèrent de bonne grâce, en s’excusant même,

Après cette grossièreté, pour se venger, bien entendu, ces McBean viennent me dire qu'ayant toujours été chantre et presque prêtre, il me fallait chanter ce service.

Il a fallu me rendre à leur demande et chanter le service, aidé d’un jeune Morrison, frère du curé de Saint-Valentin.

Nous étions trois cents Passagers à bord, la grande partie était des protestants, tous les Chapeaux bas. J'ai entonné le Requiem et le plus grand respect a été observé durant toute la cérémonie.

Ainsi, pour la première fois, j'agissais à un service comme chantre et prêtre. J'en étais fier et de plus, outre les morceaux ordinairement chantés, je n'ai pas passé un seul Oremus ou un Dominus vobiscum.”

84 mars 1885.

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LA COUR DU RECORDER, CE QU'ELLE ÉTAIT IL Y A QUA. RANTE ANS. — L'AUGMENTATION GRADUELLE DE SES POUVOIRS.— LES MAGISTRATS QUI L'ONT PRÉSIDÉS DEPUIS SA FONDATION.

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