PUBLIÉS PAR MONSIEUR
Le Dicont à <. de Dilleneuve-Bargemont.
D F w . TOME PREMIER. ‘ F # * + L . L > " « * : + ” PARIS > J.-J. BLAISE, LIBRAIRE, | ÉDITEUR DU VOYAGE PITTORESQUE DE LA GRÈCE, * RUE FÉROU, N. 2/.
Introduction.
Parmi les institutions du moyen-âge que les siècles semblaient vouloir respecter , une des plus célèbres fut sans contredit l’ordre connu d’abord sous le nom d’Hospitaliers de Saint-
Jean de Jérusalem, ensuite de chevaliers de Rhodes, et enfin de Malte : les notices que nous publions sont destinées à en reproduire les principaux traits.
Cet ordre paraissait devoir ne jamais périr, tant son origine se liait à ce qu’il y a de noble,
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de grand, de sacré sur la terre. Un sentiment céleste, la pitié pour Pinfortune, inspira son humble fondateur dans le siècle qui vit monter sur le trône la troisième race de nos rois. Marchant à pas de géant dans la carrière de la puissance et de la gloire, les Hospitaliers, protégés par un héros de France, se mesurent d’abord avec les colosses de l'Orient sous les bannières de Godefroy de Bouillon; livrés à leurs propres forces, la Palestine devient ensuite le théâtre de leurs exploits, et leur renommée, se répandant dans l’univers chrétien, excite un si merveilleux enthousiasme, enflamme tellement les jeunes courages, que la phalange des Hospitaliers forme à elle seule une armée invincible. Bientôt une admiration mêlée de rage pénètre lame des Saladin, des Mahomet, et, plus tard, des Amurat, des Bajazet, des Soliman, dont les gigantesques efforts échouent devant des remparts défendus par quelques centaines de chevaliers. A cette époque, qu’on peut appeler les temps héroïques de l’ordre , ses jours de triomphe, ses jours de deuil sont empreints d’une si glorieuse célébrité, que limagination la moins
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ardente s’exalte au récit de la valeur surnaturelle d’une poignée de guerriers séparés du monde par les mers, et appuyés pour ainsi dire sur leur future immortalité.
Des abus inséparables d’une civilisation imparfaite changèrent insensiblement sur plusieurs points, on ne peut le nier, l’institution de frère Gérard, le gardien des pauvres ; mais, en lisant l’histoire de la plupart de ses successeurs, on n’en est pas moins frappé de la mâle vertu qui leur donne une physionomie si particulière... Combien de ces preux ne préféraient-ils pas expirer au fond des cachots, plutôt que de voir souillées de deéshonneur la cotte d'armes émaillée de gueules, et la croix blanche des Hospitaliers? Sous les créneaux des forteresses, sur les nefs chrétiennes , dans les temples saints, appelant toujours les pauvres Zeurs seigneurs, ils consacraiïent leurs mains généreuses, si habiles à manier l’épée, aux humbles soins de servans des blessés, et leur mission sur la terre devenait l’accomplissement rigoureux de tous les devoirs. |
Aussi, avec quel respect les chevaliers de