PIERRE DE CORNILLAN
| L'AN 1396, LES CITOYENS DE RHODES, RECONNAISSANS , ONT ÉLEVÉ CE MONUMENT.
Armes : de gueules à une bande d'argent chargée de trois merles de sable.
Li. de Vilar
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Dingt- Guitième Grand - Maître,
À RHODES
Roger de Pins succéda à Pierre de Cornillan en 1355; il était issu de l’illustre maison de ce nom en Languedoc, à qui l’ordre devait déja Odon, l'un de ses Grands-Maîtres, et Gérard, le vainqueur d'Orcan. |
Poursuivant ses projets de transférer les Hospitaliers hors de Rhodes, le souverain pontife voulut que Roger de Pins fût représenté par deux Prieurs au chapitre fixé plus tard à Avignon, et rien ne semblait pouvoir mettre obstacle à sa volonté, quand tout-à-coup il changea d’avis, et pensa que l'établissement des chevaliers en Morée serait une barrière plus sûre pour l'Europe. Mais il fallait auparavant acquérir des princes
chrétiens les droits qu'ils faisaient valoir sur ce malheureux pays; des difficultés imprévues entravèrent les négociations, et le pape les abandonna.
Il semblait à cette époque entièrement gouverné par Hérédia, chevalier de Rhodes de la langue d'Aragon, auquel, de sa propre autorité, il conférait les plus riches Prieurés, ainsi que les dignités les plus éminentes de l’ordre, et qui déjà semblait regarder avec mépris l'autorité du Grand- Maître. Ce fut en vain que Roger de Pins députa à Rome deux chevaliers qui, en présence même d’Innocent VI, vinrent accuser Hérédia. Le favori fut absous par deux cardinaux, et son insolence s'accrut en raison de l'impunité. Un chapitre général ayant été alors convoqué à Rhodes, afin d’y prévenir désormais des usurpations de ce genre, on y statua qu'aucun frère servant ne pourrait porter la croix ni le titre de chevalier, et l’on établit des receveurs particuliers dans chaque Prieuré.
Un an après, 28 mai 1365, mourut Roger de Pins, auquel les pauvres donnèrent le beau nom d’aumonier; dans une peste affreuse qui désola Rhodes, et tout l'Orient, et qui fut suivie d’une famine horrible , on vit le Grand-Maître, se réduisant au plus simple nécessaire, vendre jusqu’à son argenterie , ses joyaux et ses meubles, pour venir au secours des indigens.
De son temps, les statuts de l’ordre commencèrent à être rédigés en latin. Comme la plupart des Grands-Maïîtres avaient été des Français, leurs instructions se trouvaient écrites dans leur langue maternelle, et les Hospitaliers des autres contrées s'excusaient de ne pas les observer, faute de les entendre.
Roger de Pins les fit traduire en latin et en envoya des copies à chaque Commandeur.
La première des inscriptions du tombeau de Roger ‘, moitié grecque, moitié latine, signifie :