‹ Monumens des grands-maitres de Saint-Jean de Jérusalem ... Accompagnés de notices historiques sur chacun (volume 2)Chapitre 58 sur 84 · L’'AN DU SALUT DES HOMMES · texte numérisé non relu

L’'AN DU SALUT DES HOMMES

Armes : de gueules à trois pommes de pin d’or.

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Dingt-Meuvième Grand-Maître,

A RHODES

Raymond Bérenger, chevalier de la langue de Provence , était originaire du Dauphiné, d’une maison aussi ancienne qu'illustre, qui comptait même des têtes couronnées parmi ses aïeux.

Il descendait, dit-on, de Bérenger, comte de Provence, et fils du célèbre comte de Barcelone, qui défendit en duel l'honneur de Mahaut d'Angleterre, femme de l'empereur Henri V, qui prit l’habit de l’ordre de Saint-Jean en 1130, et qui mourut en 1139. Raymond Bérenger était Commandeur de Castelsarrasin en 1366, quand, à la mort de Roger de Pins, tous les suffrages étant tombés sur lui, il fut élevé à la dignité de Grand- Maitre. |

- La guerre contre les Infidèles, ou comme on l’appelait plus communément alors la guerre sacrée, qui, depuis Dieudonné de Gozon, avait paru se ralentir, fut reprise avec une nouvelle vigueur sous un chef nouveau. Enhardis par l’inaction des Rhodiens , des corsaires d'Égypte parcouraient les mers, insultaient tout pavillon qui ne portait pas le Croissant, et se réfugiaient à Alexandrie, s'ils éprouvaient la moindre alarme. Raymond Bérenger résolut d'en délivrer l'Orient, et de brûler les pirates dans le port même qui leur servait d’abri.

Le roi de Chypre entre dans ses vues; tous deux se liguent, réunissent une flotte de près de cent bâtimens de diverses grandeurs, et, en cinq jours, ils apparaissent inopinément souslesmurs d'Alexandrie. Le débarquement s'opère sans obstacle, et des vaisseaux on court aux murailles. Surpris d’abord, mais bientôt rassurés par les remparts qui les défendent , les assiégésemploient tous les moyens que l’art possédait alors pour la sûreté des places. Avec des quartiers de roche, ils brisent les échelles, ils versent des flots d'huile bouillante, lancent des artifices enflammés sur les plus proches assaillans, et leurs flèches vont chercher au loin ceux des chrétiens qui s’avancent vers les murailles. Les chevaliers, mettant leur unique espérance en Dieu et leur épée, redoublent d’ardeur. Leur héroïsme se com-

munique à l’armée entière. Les échelles rompues, les combattans blessés, font place à d’autres. Ils s'exhortent, s’aident, se soutiennent mutuellement. Enfin on les voit escalader les remparts, se précipiter dans la ville, et livrer Alexandrie au meurtre et au pillage. Ainsi une des plus fortes places de l'Egypte fut aperçue, assiégée et emportée d'assaut dans la journée du 10 octobre 1365, et sa garnison passée au fil de l'épée. Peu après, les alliés, apprenant que le sultan s’avançait contre eux avec des forces formidables, mirent le feu à Alexandrie, incendièrent tous les vaisseaux ennemis qui remplissaient le port, et ne s'éloignèrent qu’en emmenant un butin immense.

Bérenger accompagnait , en 1367, le pape Urbain V, qui se rendait d'Avignon en Italie, et s'embarqua avec lui à Gènes, ainsi que l’atteste une inscription posée d'abord sur le mur du monastère de Saint - Benoît , et placée ensuite (dit l'historien qui le rapporte), ainsi que la justice l’ordonnait, dans l’église des Hospitaliers de Saint- Jean ‘.

! « Le très-saint père le pape Urbain V, se rendant à Rome, s'arrêta dans cette église de Saint-Jean, et y célébra au maîtreautel une messe solennelle le jour de l’Ascension de Notre-Seigneur. Il était accompagné de huit cardinaux, du Grand-Maïitre des Hospitaliers de Jérusalem , du Prieur de Rhodes, et de beaucoup de frères du même ordre. Sa Sainteté accorda le pri-

Deux ans plus tard, les Génois s'étant joints aux Rhodiens et au roi de Chypre, Tripoli fut pris comme Alexandrie; Tortose, Laodicée, Bellinas, tombèrent au pouvoir des alliés, et l'approche de l'hiver put seule interrompre le cours de ces rapides conquêtes.

Tant d’affronts ayant exaspéré au plus haut degré l’orgueil musulman, Rhodes , avec qui la guerre était éternelle, la paix impossible, et dont le Grand-Maître venait d'offrir un asile à des familles arméniennes, chassées de leur patrie en 1374

vilége des indulgences plénières à tous les fidèles qui désormais visiteraient ce saint lieu, et c’est pour perpétuer le souvenir d’unesiinsigne faveur, que le Précepteur Anselme de Linguilie, après en avoir rendu grâces à Dieu, a fait placer cette pierre

l'an M CCC LXVII, le vingtième jour de mai. »

URBANUS SANCTISSIMUS PAPA QUINTUS EUNDO ROMAM IN HAC ECCLESIA BEATI JOHANNIS HOSPITATUS FUIT. ET IN DIE ASCENSIONIS DOMINI; IN MAGNO ALTARI MISSAM SOLEM-— NEM CELEBRAVIT. ERANT CUM EO OCTO CARDINALES, ET MAGISTER ORDINIS HIEROSOLYMITANI, CUM ADMIRATO CONVENTUS, ET PRIORE ECCLESIÆ RHODI, CUM MULTIS FRATRIBUS DICTÆ RELIGIONIS. PRIVI- LEGIA DICTÆ ECCLESIÆ MAGNARUM INDULGENTIARUM VENIENTIBUS AD EAM RELIQUIT. EX QUIBUS HARUM ANSELMUS DE LINGUILIA DICTÆ ECCLESIÆ PRECEPTOR GRATIAS DEO EGIT.

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