‹ Monumens des grands-maitres de Saint-Jean de Jérusalem ... Accompagnés de notices historiques sur chacun (volume 2)Chapitre 69 sur 84 · ER · texte numérisé non relu

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génieur, il fut nommé surintendant des fortifica— tions de Rhodes, et, par ses soins, les fossés furent creusés et élargis; une muraille de trois à quatre cents pieds de longueur protégea la ville du côté de la mer.

On se hâtait, car Mahomet ne dissimulait plus ses projets. Retenu à Constantinople par une maladie, il expédia, comme une espèce d'avant-garde, trente galères chargées de porter le fer et la flamme sur toutes les îles de la Religion. Mais le Grand-Maître avait tout prévu, et, à l'approche des Turcs, les habitans et leurs troupeaux s'étant réfugiés dans les forts, laissèrent le pays désert devant l'ennemi qui s’approchait avec confiance. Une sanglante défaite fit justice de sa témérité. L’espoir de la vengeance pouvait seul consoler Mahomet d’un tel affront fait à ses armes. Bientôt il eut rassemblé une armée de cent vingt mille hommes et une flotte de trois cents vaisseaux. Effrayée d’un tel armement, la république deVenise proposa à l’ordre un traité d'alliance qui n’eût été qu'une honteuse servitude. Aussi fut-il rejeté avec mépris. Néanmoins, informé que le Sultan attaquait l’île de Négrepont, appartenant aux Vénitiens , Jean-Baptiste des Ursins leur envoya plusieurs galères, sous le commandement de Cardone et d'Aubusson. Ces deux chevaliers , unis à la flotte de la république, voulaient rompre le pont de bateaux par lequel

Mahomet recevait ses convois de la Terre-Ferme ; mais l’amiral vénitien recula devant ce hardi projet. L'ile fut prise, et le Sultan, irrité d’avoir vu l'étendard de la Croix à huit pointes flotter parmi les pavillons de Venise, déclara aux Hospitaliers une guerre à mort, jurant même d’égorger le Grand-Maître de sa propre main.

Peu ému de ces menaces, des Ursins, conjointement avec ses alliés, opéra une descente dans la Samphylie, s'empara des faubourgs de Satalie, et, ayant ravagé tout le pays sans avoir reçu d'échec, les chevaliers rentrèrent chargés de butin.

Ce fut vers ce temps qu'un ambassadeur d’'Ussum-Cassan , roi de Perse, passa à Rhodes pour se rendre à Venise, afin d’y conclure une alliance contre Mahomet. Cette guerre entre les Turcs et les Persans permit d’ajouter aux fortifications de Rhodes. Le commandeur d’Aubusson , devenu grand-prieur d'Auvergne, fit construire trois nouvelles tours et ferma le port par une chaîne neuve. Toutes les galères furent mises à flot, et l’on plaça des sentinelles sur les divers points élevés. On fit également le recensement de tous les Rhodiens en état de porter les armes. Pour couvrir le trésor épuisé par tant de dépenses, on prit, dans la sacristie de la cathédrale de Saint-Jean, deux cents marcs de vieille argenterie, marquée aux armes du Grand-Maître Hélion de Villeneuve, en promet-

tant d’en remettre la valeur dans des temps plus heureux. Dès cette époque, 1475 , tout le faix de l'État reposait sur d'Aubusson, car le chef des Hospitaliers, vieux et infirme, demeurait presque étranger aux affaires. Il présida cependant le chapitre général tenu à Rhodes le 6 septembre de cette année; mais, le 12 avril 1476, il fut atteint subitement d'une syncope qui le fit croire mort. On se disposait à l’ensevelir, quand il revint à la vie. Toutefois il vécut peu, et l'hydropisie dont il était affecté l’emporta le 8 juin. Son corps fut enseveli dans l'église des Hospitaliers.

Trois inscriptions décoraient le tombeau de Jean-Baptiste des Ursins. La première , en grec, signifiait :

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