‹ Monumens des grands-maitres de Saint-Jean de Jérusalem ... Accompagnés de notices historiques sur chacunChapitre 23 sur 105 · TRE · texte numérisé non relu

TRE

mere

3 té Tnp Lit. de ML Formentn, rue des SEeres, 10

. pe \ 4 GARCES .

MARTIN GARCÈS,

Œinquante-Mnième Grand - ÆHaître,

A la mort de Verdale, la brigue des Espagnols emportant enfin, ils réussirent à placer sur le trône un chevalier de leur nation. Martin Garcès :, de la langue d'Aragon, quitta le titre de châtelain d’Emposte pour celui de Grand-Maitre, le 8 juin 1595 ?, et Le calme fut aussitôt rétabli.

Le nouveau chef de l’ordre avait alors plus de

1 Ou Garzez.

? L’Art de vérifier les Dates place l'élection de Garcès le 7 février 1596 ; mais comment expliquer un interrègne de huit mois ? Naberat dit le 8 janvier 1595, ce qui est une faute d’impression, car, d’après le calcul de Naberat lui-même, il faut lire Le 8 juin, puisqu'il assigne à ce magistère une durée de cinq ans, huit mois, vingt-neuf jours.

128 MARTIN GARCÉS.

soixante-dix ans, et son gouvernement parut, en général, se ressentir de sa vieillesse pendant les cinq années que dura son magistère. Toutefois la paix régna au-dedans et au-dehors, et il défendit même par un édit les courses particulières, alléguant que les chevaliers, enrichis par leurs captures, manquaient notoirement à leur vœu de pauvreté. Le trésor s’accrut cependant de cette inaction, et les gabelles furent abolies dans toutes les îles de la religion.

Mais, tandis que la valeur des Hospitaliers résidans se trouvait comme enchaïnée, d’autres, plus avides de gloire, accouraient défendre la Hongrie contre les Turcs, leurs éternels ennemis. Garcès favorisa néanmoins ce noble élan, en décrétant, en 1597, que les campagnes contre les Infidèles seraient comptées aux chevaliers comme autant d'années de résidence. Il fournit à l’ordre une nouvelle pépinière de guerriers, en donnant le droit d’y être admis à tous les Suisses, quoique issus d’un sang roturier, « pourvu qu'ils fissent preuve qu'ils étaient nés d’aïeul et bisaïeul catholiques légitimement unis, que le travail des mains n’eût point déshonorés, et qu’auraient ennoblis les honneurs et les récompenses de la guerre. » Cette mesure, prise par Martin Garcès, devait tourner à la prospérité de l’ordre, en le rendant à la fois plus riche et plus populaire : elle semblait annoncer,

MARTIN GARCÉS. 129

dans le Grand-Maître, un politique habile, capable de grandes et généreuses conceptions; c'était enfin un exemple qui méritait de n'être point perdu de vue, si jamais, après l’anéantissement de l'ordre, on voulait le faire renaître sous une forme plus appropriée aux besoins comme aux idées dominantes du dix-neuvième siècle.

Sous le règnede Garcès, qui mourut le 7 février 1601 , âgé de soixante-quinze ans, commença la lutte des inquisiteurs contre la puissance souveraine. Chaque jour de nouvelles prétentions tendaient à rabaisser l’autorité du Grand-Maitre et du conseil; ces moines en vinrent à un tel degré d’insolence, « qu’ils furent bientôt, dit Vertot, odieux et insupportables. » Ce n'était cependant encore qu’un essai.

On lisait sur le tombeau de ce Grand-Maître :

A DIEU, TRÈS-BON ET TRES-GRAND, ET A L'ILLUSTRE FRÈRE MARTIN GARCÈS, QUI A GOUVERNÉ AVEC AUTANT DE BONHEUR QUE DE GLOIRE, PENDANT SIX ANNÉES, LA RÉPUBLIQUE SACRÉE DE L'HOPITAL DE JÉRUSALEM, MAINTENUE DANS SA PROSPÉRITÉ AU—DÉDANS ET AU—DEHORS, TANT DURANT LA PAIX QUE DURANT LA GUERRE.

IL MOURUT LE 6 DES IDES DE FÉVRIER, L’AN 1601, A L’AGE DE SOIXANTE-QUINZE ANS:

130" MARTIN GARCÈS.

Page 1