TC." TE
50 JEAN D'OMÉDÉS.
D'Omédès, né en Aragon, avait fait preuve de courage au siége de Rhodes, où il avait perdu un œil. Mais il était naturel de prévoir qu'avec lui l'ambition, l'iniquité, l’avarice, tous les détours de la fourberie espagnole, allaient se partager le pouvoir suprème. Dès-lors, en effet, Charles -Quint put se regarder comme roi de Malte, et ces intrépides Hospitaliers , passionnés pour la gloire quand la vertu seule nommait leur chef, ne sem-— blèrent plus qu'un corps de milice espagnole destiné à verser, son sang en tribut. D'Omédès arriva au milieu d’eux le 21 janvier 1538. Cette même année les vit se faire égorger aux assauts de Suze, en Afrique, sous la conduite d’un Sicilien inexpérimenté; attachés au sort de la flotte de l'Empereur , ils la suivirent en 15/14 à la fatale expédition d'Alger, où ils débarquèrent le 26 octobre. Toujours au premier rang, selon leur glorieux et terrible privilége, ils furent aussi les plus maltraités. En un seul combat ; l'ordre perdit quatre cents soldats et près de quatre-vingts chevaliers, qui firent en vain des prodiges de valeur. Une tempête dispersa la flotte chrétienne; sans vivres, sans munitions, sans équipages, la retraite eut l'air d’une fuite; on s’embarqua sous le feu de l'ennemi, et de cette armée, si brillante à sa sortie, il ne rentra au port de Malte que trois galères à demi brisées. Mais ces nobles guerriers empor-
JEAN D'OMÉDÉS. 5 taient avec eux d'éclatans souvenirs. Un d'eux le
chevalier de Villegagnon *, blessé au bras gauche par un cavalier maure, l'avait poignardé en s'é-
: Villegagnon (Nicolas Durand de), ou Villegaignon, né à Provins vers 1510, d’une famille illustre, était neveu de Villiers de l’Ile-Adam, qui le reçut chevalier en 1531. Après la campagne d'Alger, où il avait été blessé, il vint à Rome, et y écrivit la relation de l'expédition d'Afrique. Ayant volé au secours de Marie-Stuart, dont le royaume était menacé par les Anglais, il eut honneur de commander le bâtiment qui amena en France, en 1548, cette infortunée princesse. En 1550 , il arriva à Malte, dont les Tures préparaient le siége, et rendit les plus grands services. [1 publia ensuite la relation de la prise du fort de Tripoli, où il s'était couvert de gloire, et dont Jean d'Omédès imputait la perte aux Français. Henri IT le nomma vice-amiral de Bretagne ; mais il quitta ce commandement pour aller fonder une colonie en Amérique, appuyé par l'amiral Coligny. Ce devait être un asile pour les protestans, et, la colonie étant formée, Calvin y envoya Pierre Richier, Guillaume Chartier, ministres, et Jean de Lery. Villegagnon ne tarda pas à abandonner le parti des réformés, et se prononça, avant son retour en France, contre Calvin, qui l’accusait d’athéisme; il se défendit avec beaucoup de vivacité. En 1568, il eut l’honneur de représenter l’ordre à la cour de France ; il se démit de cette dignité en 1570, et mourut l’année suivante, le 9 janvier, dans sa commanderie de Beauvais, près de Nemours. On a de Jui : Caroli W imperatoris expeditio in Africam ad Arginam. 1542, in-8, Paris. — De Bello melitenst et ejus eventu Francis imposito. 453. — Ad articulos Calyinianæ, de sacra-
mento Eucharistiæ, traditionis responsiones. 1560, in-{.
(Biographie universelle, t. XLIX, p. 13.)
52 JEAN D'OMÉDÉS.
lançant sur la croupe de son cheval. Ponce de Savignac, porte-étendard de l'ordre, avait enfoncé son poignard dans la porte d'Alger; puis, blessé d’une flèche empoisonnée et se sentant mourir, il rendit le dernier soupir en tenant toujours son étendard levé.
L'année d'auparavant (15/40) les biens de l'ordre ayant été abolis en Angleterre, furent usurpés par des mains étrangères, tandis que le Grand-Maitre, absorbant tout ce qui restait de revenu, l’employait À en enrichir sa famille. Cependant Tripoli était sans ressource, et la garnison demandait des renforts ou la permission d'abandonner cette cité. Plusieurs gouverneurs quittèrent même successive ment une charge où le péril était sans honneur; le seul Commandeur Jean de la Valette, trouvant dans son génie les secours qu’on lui refusait, se chargea de défendre la ville.
En 1546, la guerre civile ayant éclaté de nou veau à Malte pendant que la flotte était avec Charles-Quint, le chef de pirates Dragut faisait impunément des courses jusque dans le canal qui sépare Malte du Goze. La flotte de la Religion, en 1550, aida les Espagnols à s'emparer de Souza, de Monester et d’Africa (l’ancienne Adrumette). Irrité des plaintes des corsaires et de rencontrer partout les Hospitaliers, Soliman résolut de les détruire sans retour. Cent dix galères, trente flûtes, et une mul-
JEAN D'OMÉDÈS. 53
titudé innombrable de vaisseaux de transport, furent réunis par ses ordres, et de toute part arrivaient des avis certains que l’île allait être attaquée; néanmoins l’escadre maltaise alla encore se joindre à celle de l'Empereur. Enfin Villegagnon, chargé d'un message secret transmis par un ministre de France, révéla le danger au conseil assemblé, en émettant l'opinion de secourir Tripoli, de raser le château du Goze, et de citer tous les chevaliers. L'opiniâtre Grand - Maître , affectant de mépriser cet avis, affirma qu’il avait confié la forteresse du Goze à un gouverneur capable de s'y maintenir, et, secondé par les langues d'Italie et d'Espagne, qui craignaient de voir ruiner le trésor par des dépenses inutiles, il se contenta d'envoyer à Tripoli vingt-cinq chevaliers et deux cents Calabrois, soldats nouveaux et sans courage. Il ne fit passer à Goze ni troupes ni canons, et refusa même de recevoir les femmes et les enfans que les malheureux habitans de cette île voulaient mettre à l'abri : il prétendait qu'ils combattraient mieux sous les yeux de gages si chers.
D'Omédès objectait à toutes les supplications, que la flotte turque n’était point destinée contre Malte, mais qu'elle allait se réunir aux forces navales du roi de France, qui, disait-il, soudoyait des Infidèles pour combattre des princes chrétiens. Il fut honteusement désabusé le 16 juillet 15541,
US JEAN D'OMÉDÉS.
en voyant paraître l'armée ennemie dans le port de Marsa-Muscet, et y débarquer presque sans résistance; car, par suite de son aveugle opiniâtreté, rien n’était prévu. Les habitans des hameaux s’enfuirent dans le bourg ou gagnèrent la cité Notable, où ils étaient tellement pressés qu'ils couchaient sur les places et au milieu des rues. Toute la campagne ayant été livrée aux flammes, les Turcs, s'approchant de la cité, moins forte que le château Saint-Ange , commencèrent à battre des remparts dépourvus de troupes et de munitions. Cependant, avec le secours des paysans qu'ils disciplinaient, une poignée de chevaliers soutint les assauts, et un soldat déterminé se chargea d’aller demander du renfort au Grand-Maitre. Mais, tremblant pour sa propre sûreté, d'Omédès ne voulut laisser sortir du château que six chevaliers et le Commandeur de Villegagnon, digne neveu de l’Ile-Adam, en qui les troupes avaient toute confiance. Il pénétra la nuit dans la place, répandit le bruit qu'un puissant secours marchait sur ses pas, ranima les courages, et des cris de joie, mêlés aux décharges d'artillerie, ayant appris aux Infidèles la nouvelle espérance des assiégés, les travaux furent repris avec ardeur. Néanmoins le siége ne se ralentissait point , et le canon ottoman tonnait sans cesse aux oreilles du Grand-Maitre sans pouvoir l'arracher à sa coupable inertie, quand une lettre écrite à d'O-
JEAN D'OMÉDÉÈS. 55
médès par le Receveur de Messine, et que ce dernier avait fait tomber à dessein entre les mains des Turcs, fit présumer à leur général que Doria, amiral de Charles-Quint, était prêt à fondre sur eux avec sa flotte. Il en fut saisi d’effroi, et, comme Tripoli était le but de son entreprise, il embarqua ses troupes en toute hâte. IL résolut pourtant en passant d'opérer une descente dans l’île du Goze ; Galatéan, le gouverneur si vanté par d'Omédès, se cacha d’abord dans sa chambre, d’où il ne sortit que pour signer une lâche capitulation et devenir esclave. Le conseil voulait le mettre en jugement; mais le Grand-Maître, craignant qu’une partie de la honte ne retombât sur lui, étouffa les plaintes, fit répandre le bruit, en Europe, que ce chevalier s'était bravement défendu, et voulut faire accroire que sa mort seule avait livré Goze aux Infidèles.
De-là, le pacha Sinan (ou Sinam), amiral de l'escadre ennemie, se dirigea vers Tripoli, où Gaspard de Valier, de la langue de France et Maréchal de l’ordre, avait succédé à La Valette. Il répondit avec une noble fierté aux sommations du Musulman , et la tranchée fut ouverte. En vain d'Aramon, ambassadeur de France à Constantinople , voulut-il engager, au nom de son maître, le commandant turc à lever le siége; celui-ci montra au ministre l’ordre exprès de Soliman, et
56 JEAN D'OMÉDÉS.
le retint même en son camp jusqu’à la prise de la ville, qui tarda peu à tomber au pouvoir des Ottomans. Les deux cents Calabroiïs, qui formaient la majeure partie de la garnison, épouvantés du bruit de l'artillerie, entourèrent leur chef l’épée à la main, et demandèrent qu'on rendit la place sur-le-champ. Trois Espagnols, en haine du Francais de Valier, entretenaient sous main la sédition, et il fallut capituler. Mais en déposant ses armes : « Mon frère, dit avec calme de Valier au chevalier de Montfort, son ami, répétez à mon lieutenant et au Commandeur Capier qu'ils ne me comptent plus au nombre des vivans, et fassent ce que leur devoir et l'honneur exigent d'eux en cette occasion. » Sinan signa d’abord une capitulation honorable, puis refusa de tenir ses promesses; mais, ayant appris que les Hospitaliers avaient résolu de faire sauter Tripoli et eux-mêmes, il jura d’accorder la liberté à tous les chrétiens. Jamais serment ne fut si indignement violé; cependant, à force de présens et de prières, l'ambassadeur de France obtint qu'on lui remit les principaux d’entre les chevaliers; il racheta ce qu'il put des autres avec ses propres deniers.
À cette nouvelle, d'Omédès sentit qu’on ne pouvait imputer qu'à lui seul la perte d’une ville laissée sans défense. Il voulut détourner les reproches, et osa accuser de perfidie le généreux am-
JEAN D'OMÉDÈS. | 57
bassadeur de France. D'Aramon, revenu à Malte L exposa simplement sa noble conduite; mais la calomnie ne se tut alors un moment que pour distiller ses poisons avec plus de force après son départ. Quatre Hospitaliers furent arrêtés comme prévenus d’avoir rendu Tripoli sans résistance , et l’on se refusera à croire que le Maréchal de Valier fut confondu et jeté dans les fers avec les trois Espagnols instigateurs reconnus de la rebellion. D'Omédès choisit lui-même le procureur et le juge, dès long-temps corrompus par son or. Il défendit que personne osût solliciter en faveur du Maréchal , ordonna qu’on recüt toutes les dépositions, sans confronter les témoins avec les prévenus. On entendit donc, contre un des premiers dignitaires de l’ordre , les dénonciations de faussaires, d’esclaves, de renégats, rebut de la société. Villegagnon seul osa élever une voix courageuse au milieu de ce débordement d’infamies; toutefois ce fut en vain qu'il publia hautement la vérité, démasqua la turpitude du juge et des témoins, et prouva l'innocence du Maréchal; les accusés furent condamnés à perdre l’habit. Mécontent de cet arrêt, d'Ornédès, qui n’en voulait qu’à de Valier, exigea que sur l'heure la sentence fût rétractée. Mais l'injustice devint si évidente, que le juge, chargé d’ignominie , refusa de s'occuper une seconde fois de cette criante affaire.
58 JEAN D’OMÉDÉS.
Sur ces entrefaites, une lettre de François Ier arriva au conseil de l’ordre pour demander des renseignemens positifs sur la conduite de son ambassadeur. On opina unanimement que d’Aramon avait bien mérité des chevaliers, et cette réponse eût détruit à jamais les odieuses imputations répandues par le Grand-Maître; mais il en retarda perfidement l'envoi, gagna de nouveau le juge, lui ordonna d'appliquer le Maréchal à la torture, et d’en tirer l’aveu que l'ambassadeur avait trahi. Instruit de ce tissu d’horreurs, Villegagnon sut en même temps que l’inique juge avait souscrit à d’Omédès un dédit de cinq cents écus d’or. Muni de ces preuves, il vole au conseil, et demande pourquoi on se hâte aussi peu de répondre à un roi de France. Le Grand-Maitre lui réplique avec aigreur, mais le noble Commandeur, poussé à bout, lui oppose une vive résistance , et dévoile ces odieuses intrigues : un cri d'horreur s'échappe alors de toute part. On ordonne que la lettre parte sur-le-champ, et comme d'Omédès y avait encore changé des termes honorables pour d’Aramon , Villegagnon la porte devant le conseil , la fait écrire de nouveau, et signer enfin au Grand- Maître. Quant aux quatre accusés, ils furent mis en prison; mais, par le crédit de d'Omédès, les trois Espagnols recouvrèrent bientôt leur liberté.
Dès ce moment, le respect qu’on était habitué à
JEAN D'OMÉDÈS. 59
porter au souverain de l’ordre fit place à un mépris qu’on s’efforçait en vain de déguiser. Ce chef avili, semblant vouloir de plus en plus braver l’opinion, avait, sans aucun prétexte, refusé l'entrée du port au célèbre Léon Strozzi, Prieur de Capoue. Appelé par tous les chevaliers admirateurs de son courage , off le vit paraître dans la ville, le 3 janvier 1552, et, accompagné de trois Commissaires, en visiter les fortifications. Strozzi prévit dès-lors que la pointe du mont Sceberras, qui séparait les deux ports, deviendrait le poste le plus important de l'ile. Il résolut d'y faire élever un fort appelé Saiënt-Elme, et, comme le trésor était épuisé, les dons du peuple et des Hospitaliers y suppléèrent.
Jaloux de toute grandeur qui pouvait porter ombrage à la sienne, le Grand-Maître chercha à éloigner le Prieur de Capoue. Il lui confia donc la conduite d’une entreprise sur Zoare, ville d'Afrique, enrichie par un commerce considérable. À peine ce projet et le nom du chef étaient-ils connus, que l’ordre des Hospitaliers se présente en masse. Strozzi en choisit trois cents, y joint neuf cents soldats, tous gens de cœur, et s'embarque, prenant pour le guider quelques esclaves qui connaissaient le pays. On marcha la nuit entière dans un profond silence, et sans rencontrer d'obstacles. Les portes de Zoare étaient ouvertes;
60 JEAN D'OMÉDÉS.
les chevaliers y pénétrèrent par trois routes différentes et se rangèrent en bataille sur la grande place. Le bruit des tambours, des trompettes et des armes, réveille alors les malheureux habitans ; le soldat se précipite dans les maisons, garrotte les Africains , et se livre au pillage. Déja La Valette, chargé d’embarquer les prisonniers, faisait appro-— cher les galères, quand'un Maure, qui avait servi sous lui, le reconnaît et vient lui parler en secret. I1 l’informe qu'auprès de la ville, sous des tentes qu'on avait prises de loin pour une caravane d’Arabes, étaient campés quatre mille Turcs, vieux soldats, sous les ordres du gouverneur de Tripoli, et qui allaient tomber sur les chevaliers. La Valette fait aussitôt sonner la retraite; mais le pillage empèche de l'entendre, et les Turcs, promptement avertis, marchent en bon ordre dans la ville. On se rallie toutefois; la mêlée devient terrible : Strozzi y tombe atteint d’un coup de feu; et, emportant leur chef blessé, les Hospitaliers reculent jusqu'à la mer. Malgré les efforts des Turcs, le général regagne sa galère; les Commandeurs de Verdale et La Cassière sauvent l’étendard de la Religion, et tout ce qui restait de combattans se disperse le long du rivage ou se jette dans les chaloupes. De quinze cents prisonniers, on nen emmena que deux cents, seul fruit de lexpédition. Mais la gloire de Strozzi n’en souffrit
JEAN D'OMÉDÉS. Gi
point. Nommé général des galères avant la fin de l’année, il avait déjà, quoique souffrant encore de sa blessure, parcouru en dominateur toute la mer Méditerranée.
En 1553, un ambassadeur vint à Malte de la part de Marie, reine d'Angleterre, annoncer que les biens de l’ordre allaient lui être rendus, et demander des commissaires pour en prendre possession. Ce fut, après la prise d’Africa, le seul événement heureux de ce règne. D'Omédès ne vit pas la fin des négociations entamées. Il mourut le 6 septembre 1553, et sa dernière action fut encore une fraude, car il fit passer sous main à sa famille tout ce qu’il possédait, et qui, selon les statuts, devait revenir à l’ordre. Sa succession n’offrit même pas de quoi payer ses funérailles. Aussi , plusieurs Hospitaliers, indignés, étaient d’avis d’en laisser le soin à ses parens. Mais un avis plus magnanime prévalut, et le conseil fit inhumer d'Omédès aux frais du trésor et avec la pompe accoutumée.
On regrette qu'une épitaphe mensongère ait en quelque sorte voulu tromper la postérité sur le compte d'un Grand-Maître dont la mémoire était si peu digne de ménagemens :
FRÈRE JEAN D'OMÉDES, APPELÉ DU BAILLIAGE DE CAPSE AU MAGISTÈRE DE LA MILICE DE JÉRUSALEM,
62 JEAN D'OMÉDÉS.
GOUVERNA EN CETTE DIGNITÉ DIX-SEPT ANS, AVEC TANT DE BONHEUR ET DE GLOIRE QU'IL A LAISSÉ UNE FOULE DE REGRETS ; CAR LA NATURE ET L'EXPÉRIENCE EN AVAIENT FAIT UN HOMME TRÉS-PRUDENT, REMARQUABLE PAR SA MAGNANIMITÉ, SON AFFABILITÉ, SA CHARITÉ ET SA CLÉMENCE. LES YEUX TOUJOURS OUVERTS POUR MAINTENIR LA TRANQUILLITÉ DE SON ORDRE ET LA LI- BERTÉ DE SES SUJETS, IL ÉLEVA LES FORTS DE SAINT- ANGE, DE SAINT—ELME, DE SAINT-MICHEL, ET AUTRES BOULEVARDS CONTRE LA PUISSANCE DES TURCS.