LE GRAND-MAÎTRE
Porto di Fermo, le 7 mai 1801.
Pace 319.
Il chercha à s’attirer les bonnes grâces du général Murat.
Lettre du général Murat au Grand-Maitre.
20 mal 1801.
Le général en chef de l’armée d’observation du Midi, à S. E. le Grand-Maître Hompesch, à Porto di Fermo.
« J'ai reçu les lettres que Votre Éminence m'a fait Photaué de m'adresser , les 4 et 8 mai. J'ai accueil M. le Bailli de Suffren avec l'intérêt que trouvera toujours chez moi tout ce que vous m'aurez adressé, et avec celui qui doit accompagner les sentimens d'estime que je lui porte. Il a continué sa route pour Paris. Je lui ai donné une lettre pour le premier consul; il trouvera certainement le gouvernement français rempli de dispositions amicales à l'égard de Votre Éminence. Je désire que les sentimens particuliers que j'ai exprimés au premier consul, contribuent au succès de la mission dont vous l’avez chargé.
» Je prie Votre Eminence d’agréer l'assurance de ma trèshaute considération. »
ET PIECES JUSTIFICATIVES. at
Pace 320.
... Soit dans la correspondance privée.
Lettre autographe de Hompesch au baron de Mayer-Knonau.
\ 4 Gortscharh , 29 octobre 1799.
«... Vous me parlez de l’état de mes finances. Après avoir dépensé tout ce que j'avais pour mon entretien , et pour aider à la subsistance des chevaliers qui étaient avec moi, j'ai engagé la moitié de mon argenterie, pour fournir l’argent nécessaire pour le voyage de MM. le Bailli Neveu, comte Schauenbourg et Prépaud; et, un jour avant mon départ de Trieste, j'ai engagé l’autre pour deux mille sept cents florins; de cela vous pouvez comprendre où j'en suis. Le bijou qui me reste et que vous me connaissez, m'est trop précieux, et prouvera toujours ma respectueuse soumission et mon dévouement, que j'ai cherché de témoigner en tout temps pour l’auguste personne de qui je le tiens.
Lettre autographe du méme au méme.
Gortscharh, 31 mars 1800.
« Moi aussi, j'ai lu dans les Gazettes la lettre dont vous parlez dans votre dernière. Je me rappelle d’avoir dit, quand j'étais pour partir de Malte, d'écrire au général en chef Bonaparte pour lui demander une escorte, pour m’accompagner jusqu’au bâtiment sur lequel je devais m'embarquer pour n'être pas insulté par les soldats de son armée , qui avaient inondé la.
ville et mon palais, et pouvoir passer sans difficulté au milieu de son escadre qui était mouillée dans le port; et pour le prier de faire ouvrir les portes de la ville de nuit, ne voulant pas avoir l’humiliation de la traverser comme prisonnier en plein jour. Comme je n’ai pas un duplicata de cette lettre qu’on a écrite à Bonaparte, je ne puis pas vous en envoyer copie. Vous n’hésiterez pas à croire, quand je vous dirai que dans ces derniers momens où des sujets fidèles, de braves chevaliers de qui il me fallait séparer, venaient par leurs larmes, m’arracher le cœur; où des créanciers insolens et en grande partie rebelles, m’obsédaient à chaque instant, et quand tant de chagrins et d’aflliction m’accablaient de tous côtés, je n’ai pas fait assez d'attention à ce qu’on avait écrit pour me rappeler les expressions contenues dans cette lettre, que j'ai dit qu’on fasse parvenir au général Bonaparte par un aide-de-camp, ne voulant pas lui rendre une seconde visite. »
Le méme au méme.
Citta di Castello, 25 février 1804.
« L'existence de l’ordre depuis long-temps n’a dépendu que de la position de Malte. Elle n’est que secondaire et dépend entièrement du sort de cette île; si pourtant des vues à nous étrangères et des inimitiés particulières n’y avaient pas mis la division , et n’avaient pas bouleversé la constitution, l’ordre aurait pu se soutenir et se sauver du naufrage.
» Je n’ai pas connaissance de la bulle dont vous me parlez, du 26 septembre ; je sais que quelques individus particulièrement ont été relevés de leurs vœux. |
» Mon honneur a toujours fixé mes démarches. Je n'ai cherché ni mon bonheur, ni mon agrément; mais j'ai tâché
d'accomplir, autant que les circonstances me le permettaient,
ce que le devoir, la conscience et la religion me traçaient; et je puis dire d’avoir tout tenté pour sauver l’ordre. Vous avez bien raison de dire que j'ai été cruellement trahi. Je puis dire que l’histoire de mes malheurs n’est qu'un tissu de trahisons et d’intrigues inouies contre ma personne, en dépit de toute justice et équité ; les Maltais font tout ce qu'on peut désirer pour que le public soit, par leurs démarches , instruit de leur amour pour ma personne. Je sais que vous n’ignorez pas la députation des Maltais pour Pétersbourg. Par une lettre de Sicile du 15 septembre dernier, on m'avait averti qu'il était parti de Malte, les derniers jours d'août, pour Pétersbourg, des attestations et un Mémoire fourni de toutes les signatures de Malte ; que, dans le Mémoire, il n’y avait rien contre l’ordre, et qu'entre autres la nation faisait connaître son amour pour ma personne avec les expressions les plus fortes. Toutes les intrigues et les cabales n’ont pu, mon cher chevalier, me ravir l'amour de ce peuple. Il est bien satisfaisant, dans le malheur, qu’une nation entière, de son propre mouvement, avoue et parle hautement le langage de la vérité; ilfournit , par des témoignages continuels et éclatans, les preuves les plus évidentes contre les calomnies forgées par mes ennemis. »
Le méme au méme.
Montpellier, 12 mars 1805.
« Je me félicite d’avoir pris la résolution de passer quelques mois à Montpellier. J'en ai tiré le plus grand avantage pour ma santé. La tranquillité d'esprit après des malheurs inouis y contribue beaucoup. L’ingratitude n’a pas été ce qui m'affecta le moins. Quant aux ingrats, le souvenir peut me les rappeler , mais sans me causer aucune sensation. Je leur ferais du bien si l’occasion se présentait. Adorons, mon cher cheva-
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lier, les décrets de la Providence. Il y a des événemens qui semblent inattendus et qui peuvent néanmoins réparer les torts qu’une mauvaise combinaison a causés.
» Le Saint-Père passa le Mont-Cénis un mois après moi. Sa Sainteté continue à manifester les dispositions les plus favorables à mon égard; il y a eu un moment où on a parlé de paix. Mais les espérances qu'on avait conçues se sont évanouies. |
» [l y a long-temps, mon cher chevalier, que je vous aurais donné des preuves réelles de ma gratitude, si les circonstances m’avaient mis à même. J'écris à mon chargé d’affaires à Paris, de tenir à votre disposition et à votre ordre douze cents francs, sur la pension que je recevrai aux premiers jours de juillet prochain. Mes anciens et nouveaux engagemens et des dépenses indispensables, bornent de beaucoup pour le moment mes moyens actuels. » |
Du Bailli de Montauroux au méme.
Trieste, 15 juin 1709.
« Mon ame est véritablement en souffrance, et je crains que tant de vertus sociales et civiles soient dépourvues d’une certaine énergie qui nous serait si nécessaire. C’est m'a plus grande crainte, je vous l’avoue avec amertume. Je plains notre homme, qui d’ailleurs est excellent : « La Valette, lui ai-je dit l’autre jour, se coiffait plus souvent de son casque que de son berreton ; l'un et l’autre sont et doivent être à l’usage des Grands-Maîtres. Vous saurez bien vous en servir, Monseigneur, » lui ai-je ajouté. Cette idée, toute hardie qu’elle m'a paru, ne lui a pas déplu. Je désire qu’elle germe dans son cœur et dans son esprit, mais je n’ose l’espérer autant et ausst fort que je le voudrais. »
D’'Emmanuel Gavagne au méme.
Montpellier, février 1805.
« Nos lettres précédentes vous auront instruit du voyage heureux que Son Altesse Eminentissime a fait jusqu’à Montpellier, sans altérer l’état de sa santé. Je crois vous avoir dit que nous sommes entrés sur le territoire de l’empire français ; les ordres du gouvernement étaient de rendre à Son Altesse Eminentissime les honneurs dus à sa dignité, sielle ne voulait, pas garder l'incognito. S. M. l’empereur Napoléon, toutes les fois qu’il parle de Son Altesse , la qualifie de prince souverain. Ila même denné une décision sur les titres à lui donner... Il est superflu que j'ajoute que c’est pour la première fois que la cour de Paris donne aux Grands-Maîtres le sérénissime, que S. M. l'Empereur des Français traite Monsei-
gneur Hompesch notre Grand-Maïître, de pair avec les électeurs, »
Lettre autographe du chevalier Beker au chevalier de Mayer.
Gortscharh, 18 mars 1800.
« Vous voulez des détails sur cette infernale lettre (au général en chef). Que puis-je vous dire? Pleurer avec vous la fatalité qui poursuit notre malheureux prince. X.... en est l’auteur. C'est à lui que j'en attribue tout l’odieux.
» Le Grand-Maître fut, après la reddition de la place, pressé vivement par les chevaliers français pour obtenir de Bonaparté un passeport qui les sauvât de l’'émigration et leur assurât l'entrée en France. Son Altesse fit exprès une visite au
général qui promit. Mais les chevaliers, voyant qu’on ne leur
délivrait pas le passeport, députèrent au Grand-Maître pour le forcer à retourner chez Bonaparte; sur le refus que fit le prince de consentir à une seconde démarche, on murmura; on fit plus même. Ce fut donc alors que, pour soustraire S. A. à la répugnance qu'il avait déjà montrée à la première visite, on se servit du prétexte de son départ pendant la nuit et de la demande qu’il devait faire de l’ouverture des portes, pour renouveler au général sa promesse. J’avoue, avec vous, que l’on doit être révolté des termes humilians que l’on mit dans la bouche du Grand-Maître. Mais que dire, sinon que la situation affreuse de Son Altesse ne lui permit pas de peser les mots ; qu'il ne vit dans la lettre que l'expression du sentiment qui l’obligeait à parler et à rappeler la promesse de Bonaparte en faveur des chevaliers français... C’était à X.... à ménager l'honneur du Grand-Maïître, lui qui savait que le général, le soir de son entrée , envoya dire au Grand-Maïître qu’il viendrait souper avec lui; que le prince, pour éviter un si pénible tête-à-tête, refusa en se disant malade : lui qui savait que la première visite ne se fit qu'après bien des combats, et que, si ce prince infortuné la fit, il s’oublia lui-même pour servir sa religion.
» Cette lettre, cette infernale lettre, a été pour moi un coup de foudre; mon premier mouvement fut de demander à Son Altesse si elle existait. Malheureusement, sa réponse ne me donna pas même l'espérance de la réfuter. »
Extrait d’une lettre du Bailli des Barres au Grand-Mattre.
Malte, 6 octobre 1800.
« Vous recevrez, Monseigneur, le désaveu authentique du Bailli de Tigné , que j'ai adressé à M. le chevalier de Dienne, pour vous le faire passer. Ce bon vieillard a été indigné d’un
procédé digne de vos ennemis. Votre Eminence lui rend trop de justice pour le soupçonner d’avoir jamais été capable d’un pareil écrit contre elle. »
Idem du chevalier de Dienne.
De Messine, 28 octobre 1800.
« Il paraît effectivement miraculeux que M. le Bailli de Tigné ait été conservé par le ciel, jusqu'au moment qu’il eut signé sa protestation. [lest mort le 16 du courant. Il a fini avec cette résignation d’un véritable religieux; il a emporté les regrets de tous ceux qui le connaissaient , continuant à protester contre l'acte impie qu’on lui attribuait. Il a supplié, jusqu’à son dernier moment, ceux qui l’assistaient de rendre public, qu'il n'avait jamais fait ni même pensé à faire un acte aussi irréligieux ; que l’on pouvait le croire, puisqu'il était au moment de rendre compte à son juge suprême. »
(Les Baillis de Clugny, d'Auray de Saint-Poix, de Belmont et de Rabastens, s'empressèrent de déclarer que la rétractation
du Bailli de Tigné était véritable.)
Pace 3929.
Nomma, au mois de septembre 1801, le Bailli Ruspoli.
Le bref d'élection du Bailli Ruspoli est trop long pour le rapporter ici; il commence ainsi :
. Dilecto filio, Bartholomeo Ruspoli, Hospitalis sancti Joan-
nis Hierosolymitant Magno el Pius P. P. VII, ete. IL est daté de Rome, Sainte-Marie Majeure , le 16 septembre 1802 , la deuxième année du pontificat de Pie VII.
Il y est dit « que ni le Grand-Maître de l’ordre qui a été élu, nile chapitre général, ne devront examiner si toutes les formes et les lois prescrites par les statuts, se trouvent observés dans tout ce qui a été fait lorsque l’état et la condition de l’ordre étaient tels, qu’il était absolument impossible ou trèsdifficile d'agir suivant les lois des statuts. Que si dans la suite, à cause des effets qui pourraient naître des choses. qui ont été faites de cette manière, 1l fallait ou éclaircir des doutes, ou donner des interprétations, ou pourvoir à propos sur tous ces objets, nous voulons être consulté seulement nous-même, et qu’on s’en rapporte à nous, qui sommes le chef suprême de tout l’ordre, et que par la plénitude de la puissance qui est en nous, nous n’aurons pas de plus grand soin que, toutes les dissensions éteintes, nous fermions toutes les ouvertures à de nouveaux troubles, etc., etc. »
Choisit pour Grand-Maitre Jean de Tommasi.
Bref adressé au Bailli Jean-Baptiste Tommasi, par Pie VII. ( Traduction. )
« Cher fils, salut et bénédiction apostolique.
» Notre cher fils Barthélémi Ruspoli (lequel par toutes les raisons que vous devez connaître par notre bref du 16 septembre dernier, avait été nommé par nous Grand-Maître de l’ordre
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