PREFACE
DU
Os), deocu Xcc&uò I
XJes écrivains célèbres , et le nombre en est grande ont discouru, avec intelligence , sur la noblesse, Fimpoitance, le charme et Tavanr tage de Tëtude des antiquités. Mais nous n'eii connaissons pas qui ayent cherché à démontrer sa certitude ; cette certitude était cependant un sujet digne de leur génie: car quelqu'estimable que soit un art qui se glo« rifie d'avoir pour adeptes les premiers coryphées du savoir grec et romain j de prêter à l'histoire^ et à ses deux bases fondamentales (/a Oéographie et la Chronologie) le plus ferme secours; de satisfaire
agrëablemeot la curiosi të des gens ërudits; d'être la sauve-garde des arts j et des plus aiioableSy ainsi que des plus austères institutions j si, malgré tout enfin , cet art^ encore^ s'enveloppe de conjectures , de doutes, et d'opinions mensongères, ce n'est pas tout-à-fait une injustice qu'on lui ait reproche d'être vain et léger, et ce n'est pas non plus à tort que l'on blâme les antiquaires de tant se fatiguer pour s'appauvrir. Mais il est faux que leur art s'entoure perpétuellement des plus faibles indices, et qu'il lui manque cette certitude , sans laquelle toute étiide humaine est superflue. Ainsi que toute autre science , l'archéologie a *( autant que le permet la faiblesse de l'iatellect humain) son irréfragable sentiment de vérité, et elle est elle-même susceptible aussi de cette évidence qui fait l'orgueil des sciences que l'on appelle philosophiques et naturelles. A quoi se réduisent, en effet, ces démonstrations si estimées des philosophes, si non à découvrir une vérité incoonue , par le moyen d'autres vérités déjà connues ? Voilà précisément; , ce qu'obtient le pénétrant archéologue y alors qu'il répand
TU
2a lamière sur un sujet encore obscur , qui^ cependant j dans d autres monumens y se dë« montre à lui y plein de clattë. Et de la même manière que la yéritë s^ofTre au philosophe y considérant les phénomènes y qui se prësen*tent , les uns spontanément y les autres soumis à son industrie , la véritable signification des moDumens se fait voir aussi clairement à l'archéologue y eh les confrontant soit avec d'autres semblables qu'il a sous les yeux^ soit en les recherchant dans les Musées les plus riches. De la réunion d'observations les plus disparates y très-souvent le philoiophe voit naître les causes de beaucoup d'ef-^ fets, qui jamais ne se seraient y d'une autre façon y manifestées à ses yeux; et le même incident arrive à l'antiquaire scrutateur qui^ dans la réunion des monumens que le temps et les lieux ont entièrement désunis^ décou* vre Tâge, le style, la destination , l'usage et la valeur de ceux qu'en ce moment il soumet à son examen.
Ce qui servit autrefois à faire connaître aux anciens les événemens de leur temps, peut nous être aussi fort utile, suus le même rapport. C'est que le langage qui parle aux
yeux est unique et immuable pourvu que Toa sacbe et que Ton veuille apprendre ce langage qui n est pas sans difficultés. 11 n'est pas, nous en convenons 9 donné à tous lés hommes la faculté de pouvoir les .vaincre. Tous en effet n'ont pas reçu de la nature le jugement et la pénétration nécessaire, tous ne possèdent pas la masse de connaissances , la grande quantité de livres et d'objets ' rares et précieux qui sont indispensablement utiles pour arriver à la possession de ce langage. Mais parce que très-peu de personnes jouissent de cet avantage ( ce qui rend cette science plus recommendable) il n'en résulte pas que la voie qui conduit à Tacquérir, et qui donne les moyens d'expliquer les antiquités avec une évidente clarté ^ ne soit droite et très-sûre. Ainsi, quand il veut calculer le coursd'une nouvelle planète qui apparaît sur l'horizon^ ou la direction que prend la lumière, ou le volume d'eau et la rapidité avec laquelle il parcourt une partie déterminée de quelque fleuve, le philosophe n'a recours à rien autre qu'à quelques théorèmes qui , appliqués aux questions qu'il se propose d'éclaircir, séparent en elles ce qu'il connaît, de ce qu'il ne cou-
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naît pas : et s'avançaot ainsi dans le chemin difficile^ mais sûr, de l'analyse , il arrive enfin à d'exactes conséquences. De même l'antiquaire qui yeut expliquer une médaille, une statue , un buste , une inscription, ne s'attache pas à d'autres objets qu'à ceux qu'il connaît déjà parfaitement, et qui sont prou* vés pa: d'autres antiquités incontestables ; et les appliquant à ce qui^ d^ns celles qu'il examini , lui est inconnu , il note les ressemblaces qu'il y découvre, et il sépare les diiférenes qu'elles lui offrent. Il parvient ainsi SOS Fescorte de rapprochemens judi<» cieux à e déterminer, avec assurance, Fiden* tité. La lanière de raisonner est pour tous deux la néme ; elle ne change jamais , ne peut jancis varier j l'objet du raisonnement étant enl3 eux le seul point qui diffère.
Il estan fait constant, que dans les se* crets de^a Nature il existe un grand nom* bre de hénomènes , dont les philosophes n'ont jaaîs découvert et ne découvriront jamais lesa uses; paruri le dédale de la science de Fantiuité, il existe aussi un grand nombre de <oses très- obscures qui, sans doute^ sesteronéternellement inconnues. Mais il est
vrai cependant ( laissant pour un moment les philosophes) que si les antiquaires avalent toujours employé le jugement que nous avons de'duit^ ils n'auraient pas reconnu^ pour ainsi dire, l'histoire de la franc-maçonnefîe étrusque dans les mystères et les orgies de Bac* chus peints sur des vases campaniem. Ils n'auraient pas cojtestë l'architecture dori« que du temple de Pestum j ils n'auraicnt pas cru de Tordre toscanique le piUeél Capi* tolin des douze Dieux, ni d'un ci eau grec la statue du Sommeil, ouvrage de'Algardi| ni d'un artiste moderne le busti antique d'Isis en bronze que possède monsig. J. B« Casali , et beaucoup moins le traiiil de Donatello, la très-belle tòte de cheti, qui est d'une indubitable antiquité^ que bn voit à Naples dans la cour du palais Craflfa des Ducs de Matalona. Ils n'auraient p vu non plus une Aspasie dans la Minerve q'Aspasius représenta sur une pierre prëcieuî , ni cru que les figures de Germanicus e d'Agrippine fussent Alphëe et Aréthus; encore bien moins imaginé voir un Scipiii Nasica dans le portrait d'Auguste sur lesionnoies de Loharre en Espagne. On ne 2 fût pas
avise de restdurer un grand nombre de statues y d'une manière qui les a rendues toute différentes de ce qu'elles avaient été. On n'au* rait pas mis non plus un violon moderne à uu simulacre antique d'Apollon; on n'eut ni venere , ni cru l'image de la sainte Vierge une Isis y ni celle de S. Louis roi de France un Valentinien III^ ni d'Adam et Eve celles de Neptune et de Pallas, Les monumens ne perdent jamais de leur valeur^ devant celui qui ingénument confesse n'avoir pas assez de lumières pour les expliquer ^ ils restent les mêmes pour celui qui, pourvu de certaines connaissances^ converse avec eux autant qu'il faut y les étudie avec affection et patience, et qui compare, dans d'autres semblables, le plus petit rapport^ jusques à ce qu'il arrive à saisir le vrai auquel ils correspondent.
Le plus sûr moyen de les expliquer clairement, et de les faire apprécier même aux personnes non instruites , c'est de les leur expliquer , par d'autres qui leur soient semblables^ et dont le sujet et l'intelligence n'admettent aucun doute. Ce moyen détermine les justes confins qui séparent les sito-
pies conjectures des dëmoiistrations évidentes. De cette façon, chaque objet antique^ cha* que classe , chaque pièce est appréciée selon son mérite, selon Tusage qu'on en peut faire, et selon l'avantage qu'on en peut retirer» On sépare l'intéressant de l'inutile, le certain de l'incertain , tout se met dans le lieu qui lui convient; ce que nous tâcherons de faire connaître plus simplement par un petit nombre d'exemples ou familiers, ou tirés des ouvrages que nous avons sous les yeux , et que pour l'amour de l'art nous allons reproduire. Comment se fait-il que le Conseiller Bianconi, dans un joli petit poëme où il suppose qu'il accompagne, jusqu'à Rome , une dame veronaise^ lui dit^ entre autres choses, de la manière la plus positive (i):
Per me saluta in Campidoglio il vii^o Spirante Bronzo equestre delVim^itto Filosofo e guerrier: sofferse anch' egli Per un* empia infedele affanni e pene.
(i) « Salué en mon nom y dans le Capitole, la suce tue équestre, en bronze , qui respire 1a vie , de ce a guerrier philosophe et invincible : il fut aussi ac* « cable de peines et de chagrins par une infidèle sans « honneur» »
xm Qui a assuré le poète que c'était le simulacre équestre de l'empereur Marc-Aurèle ? Oq dira , peut-être , la tradition de cinq ou six siècles : mais ces traditions, répondrons 9 nous, ne convainquent plus les savans, depub qu'ils les trouvèrent très-fausses, en une infinité d'occasions. Maintenant celles-ci, et beaucoup d'autres y cessent d'être fausses quand on peut ^ comme dans noire sujet, confron* ter le tranquille aspect , la barbe touHue et le port majestueux de ce meilleur des Ce* sars avec ses nombreuses médailles, d'indu* bitable certitude y qui en portent le nom ; dans r une desquelles , publiée par le Vaillant, on voit sur le revers le même bon Marc- Aurèle à cheval, en costume militaire, avec la main droite étendue^ dans l'action d'accueillir les acclamations des Romains, l'applaudissant^ tel qu'il parait dans la statue. En effet il se présente un simulacre de bronze ou de marbre dont vous ignorez le s^ujet. Si cette même figure avec les mêmes attributs et symboles, et encore avec le même nom se trouve répétée dans une peinture antique, et que mise l'une à côté de l'autre vous les trouviez égales , peut-on même ba-
lancer à croire que le nom de la peinture ne convienne également à la statue? On voit les Muses sur les monnoies de la famille Pom* ponia 9 sur le bas^ relief de Tapothëose d'Homère, sur le Sarcophage Capitolin, on observe les statues du Musëe du Vatican j et elles se rapportent toutes avec les fresques d'Herculanum, où chaque Muse a son nom , et qu'ensuite on nous vienne dire si les attributs et les symboles, qui sont le caractère distinctif de chaque Muse, ne sont pas démontres jusques à 1 évidence.
On découvre un buste d'un personnage inconnu. Ses linéamens sévères ou sereins excitent notre curiosité. Qui pourra nier qu'il est recx>nnu dès le moment^ qu'avec les linéamens les plus scrupuleusement semblables , ce même visage sera répété, avec son nom, sur une pierre ou sur une médaille^ Que l'on considère , pour parler des bustes les plus connus, et des plus faciles à reconnaître, ceux de Numa Pompilius , de Lucius Junius Brutus, du Grand Pompée, de Mar* eus Brutus, de Marc- Antoine , d' Agrippa et d'autres grands hommes de l'invincible peuple conquérant de l'univers^ et qu'on
les compare avec les médailles , qui pourra ensuite nier que la démonstration de ces bustes n'ait pas Tëvidence des plus sévères dé* monstrations ?
L'histoire celebre à Tinfini le bon prince d'Agrigente, le conquérant d'Imera^ l'hôte de Simonides , l'ami de Pindare y deux fois vainqueur dans la lice olympique , et qui délivra sa patrie du joug de Garthage. Le Paruta s*est complu à en donner Fintérèssante image, tirée de médailleSi mal lues, auxquelles les numismatographes les plus recommendablés doivent ajouter foi. Mais personne ne les a cependant jamais vues, si ce n'est en dessin. Tous convinrent qu'en tel lien qu'elles fussent j elles ne pouvaient être contemporaines de ce prince. En dernière analyse, ces dessins confrontés avec les vraies médailles conser^^ vées dans plusieurs Musées, on a vu le pré-* tendu Théron dans les types , dans 1» fabrique, et enfin jusque dans le module et le métal mêmes, totalement différent des médailles des autres rois de Sicile , et au contraire tout-à-fait semblable à celle de Terina des Brutiens. £n conséquence ce n'est donc pas OEPA ^ qui a JËté dans Vendeur les plus sa-
rvi \ vans, ni TEPO, ni eHPûN; mais on a dû
I lire dans ce revers TEPUoêoif , et reporter le
portrait du Thëron parmi les images à désirer encore. On peut à cet ëgard lire les Actes de la Société Poatanienne, et là les observations de notre très-savant ami et collègue le chevalier Avellino.
Avec ces images désirées y on unira dorénavant aussi l'effigie de Pindare> quoique répétée dans plusieurs lieux, et mise à la tête de presque toutes les plus belles éditions de ses célèbres poésies. Puisque l^prosoff&y c'est-à-dire le masque^ de celui-ci étant comparée avec le visage de Sophocle du bouclier Farnésien , qui porte son nom^ et ayant vu que tous deux non-seulement concordent tout-à-fait entr'eux, mais que de plus dans le profil du front , du nez , de la bouche , et dans la frisure , ils ressemblent parfaitement à un autre buste du Vatican de Sophocle^ dont Tinscription est encore d'une indubitable antiquité, il faut absolument être aveugles^ pour né pas se persuader que TefBgie que l'on crût être celle de Pindare est un Sophocle. Cette absolue certitude s'acquiert, en sachant que ses traits étaient très-connus dans
la Grèce y les Âthënîens ayant gardé sa statue conjointement avec celle de Monandre et da fils de Mnesarcbide^ jusquau temps de Pausanias.
Si les médailles de Terina bannirent de
Ficonographie le faux Therone^ si le vrai buste et le bouclier, de Sophocle nous privèrent du portrait de Pindare ; que dironsnous de ceux qui voulurent trouver le divin Platon dans une image du Sommeil avec les ailes aux tempes ^ avec une barbe soignée et pointue y et la chevelure bouclée d'une manière tout-à-fait bacchique et féminine? Envain le bon sens leur disait qu'une recherche si apprêtée ne convenait pas à un homme , et notamment à un philosophe ; envain le Sommeil ailé et barbu se faisait connaître de lui-même et dans le sarcophage du Vatican^ où Endymion est endormi sur son sein , et dans un bas-relief Capitol in , et dans divers morceaux d'art^ où l'on voit le Sommeil avec des cheveux semblables et les mêmes ailes. La fausse idée que ces ailes ne pussent indiquer le vol léger de cette paisible Divinité^ mais qu'elles signifiaient lame humaine, dont l'immortalité fut démontrée par ce phi^ Musée Chiar., VoL I b
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losophe, avec tant de pënëtration , fermait leurs yeux à ce vrai qui se présenta sous son jour plus favorable, alors que Ton confronta les formes idéales du Sommeil , avec le front spacieux^ les sourcils arqués , et avec la vénérable majesté du portrait véritable de Platon , en marbre y dans la galerie de Florence y jugé sans réplique par Tépigraphe qui y est apposée ^ et parce que plusieurs académiciens , élèves de ce grand maître, nous ont laissé relativement à sa physionomie. On sait qu'un autre portrait de lui, sculpté sur une médaille grecque^ fut publiée par Patin. On sait encore que le susdit buste est d'un ciseau grec ; Gerolamo da Pistoja, qui le céda pour un grand prix à Laurent le magnifique, l'ayant eu dans Athènes. On sait enfin que la tète imprimée sur les médailles et le buste, portent la même inscription et représentent une même personne. Quecherche-t-on donc de plus pour rester pleinement
convaincu ?
Tout ce que nous venons d'assurer par rapport à des personnages grecs et de la Sicile^ peut aussi s'appliquer également à ceux de Rome. Le prince des antiquaires moder-
nés a fait des recherches fort iogëoieuses pour nous convaincre que la tête gravëe sur les monuoies de la famille Ldi^ineja est le portrait du célèbre Âttilius Regulus. Dans aucune monnoie citée 9 cependant^ on ne lit le nom dësirë d'Âttilius. Il n'y a point d'emblème^ de symbole, ou de signe quelconque qui fasse allusion ou à son tribunat , ou au consulat, ou au triomphe des Salentins , ou à toute autre de ses entreprises militaires, qui donnèrent lieu à Cicéron, a Sénèque, à Valére Maxime de faire de ce héros le modèle idéal de la constance la plus ferme et la plus sublime. Aux épigraphes îmcîus LIVINËIVS REGVLYS on voit joint tantôt le muid avec les épis, tantôt le combat avec les bêtes féroces, tous deux symboles de l'édilité eurule. Avec Imcius REGVLVS PRaetor on réunit la chaise et les deux faisceaux, emblèmes de la preture urbaine. Finalement avec la même inscription , on unit une chaise et six faisceaux, signe distinctif du propréteur, ou bien du gouverneur d'une province. Or Attilius Regulus ne fut pas édile curule, il ne fut ni préteur^ ni propréteur, et si le seul surnom dans le^ antiques suffisait pour dé-
terminer Fidentitë de$ sujets j n'ayant égard ni au prénom , ni au nom y peu de portraits Testeraient à désirer dans les galeries antiq[ues et modernes. Ayant alors confrontée cette médaille avec beaucoup d'autres, et vu par une infinité d'exemples et de preuves que la légende gravée autour d'un portrait indique toujours^ quand il n'y a pas de puissantes raisons contraires , quel est le personnage représenté, instruits en outre qu'il exista ;Un Lucius Li vinej us ReguluS| préteur dans un temps assez voisin de celui où ces mon** noies furent frappées y nous répéterons avec assurance, l'opinion qu'a émise le savant Borghesi, savoir que le portrait gravé sur ces pièces n'est plus celui du célèbre Attilius Regulus y consul dans l'an de Rome 49^ f mais bien celui de Lucius Livincjus Regulus, préteur dans les dernières années de la république , et nous croyons cela avec d'autant plus de sécurité, que d'après ce qui nous est connu , c'est son propre fils qui Ta fait graver^ dans le temps qu'il eut ^ avec dautres, la préfecture de Rome, sous la dictature de Jules César.
Dans un cas contraire, nous trouvant armés
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de victorieuses raisons j nous nierons avec le susdit Borghesi que Teffigie imprimée sur les monnoies des Magnésiens du Sipyle^ soit celle de l'orateur Marcus Tullius Gicëron y quoiqu'à Tentour de sa tête on lise ces trois noms MAPKOS TïAAIOS KIKEPûN.
Nous savons que le célèbre Cicéron eut un fils qui avait les mêmes noms que son père^ et qu Auguste ut ai^erterei a se Ciceronis proditi dedecus , fiUum ejus augurent Je-' cit j et paulo post consulem , postremo Sj^ riae propraetorem. Ce fils passa de la propretore de la Syrie , ajoute Sénèque j au gouvernement de V Asie ^ Asiam oblinuit , et Marcus Tullius Cicéron^ fils du Marcus , gouverneur de la Syrie et proconsul de l'Asie, est mentionne honorablement dans une inscription trouvée à Arpinum Tan 1809. La province d'Asie comprenait aussi , entre autres peuples^ les Magnésiens du Sipylej et plusieurs médailles ( pour ne rien dire des cistophores) nous démontrent clairement que ces proconsuls avaient l'usage de faire graver leur propre nom sur les monnoies frappées dans les villes de leur j urisdiction* Pour* quoi donc s'obstiner k croire que les noms
MAPKÛ2 TTÀAIOS KIREPAN soient ceux da père mort depuis si long-temps y et non ceux du fils vivant et présent, qui en avait tout le droit et toute Tautoritë? Ayant exerce cette autorité vers l'an de Rome 7809 cela vient se retrouver précisément dans les temps où non-seulement on voyait depuis plusieurs an-^ nées sur les monnoies la tête d'Auguste , mais où Ton ne pouvait y en graver d'autres, que celle d'Auguste ou d' Agrippa son gendre. De façon que cette médaille confrontée avec d'autres, battues dans ce temps en Asie avec la permission des proconsuls, ayant vu, pour en passer sous silence beaucoup d'autres, qu'une de Cesaree de Bi^ thinie porte 0THIAI02 nOAAIûN ; que sur une autre des Geropolitains de Pbrigie il y a «ABIOZ • O ' MASIMOZ ; ' et sur une troisième des Tamitains de l'Eolide , ACINIOG TAAAOC, et que les noms dislinctifs de ces trois proconsuls sont gravés à l'entour de la tête nue d'Auguste; nous affirmons, avec sécurité, que sur les monnoies des Magnésiens du Sipyle on doit aussi trouver le nom du
proconsul Marcus Tullius, et que le portrait^ dont on voit l'empreinte, est celui d'Auguste.
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Ce qui reçoit encore plus de cerdtude, parce €pxe les traits de ce visage , quant il est ëloi^é du buste antique de Gicëron qui porte le nom , e( de la pierre gravée du*Mu^. sée Worsleyen, quon prétend représenter Gicëron, ressemblent d autant plus à ceux d'Octavien y à qui conviennent parOaîtement la maigreur , les ossemens délicats y et Tâge. On tombe pareillement dans l'explication des emblèmes numismatiques assez souvent dans de graves erreurs y sans le secours que nous avons proposé. Dans quelques médailles de la Campanie et de la Sicile on voit répétée souvent une figure monstrueuse tauriforme avec un visage humain. Spanhemius la prit pour un Minotaure, Mazzocchi pour un NeptunCi quelques-uns pour un Fleuve, d'autres pour Âchéloûs. Ce type étant comparé avec les monnoies Béotiennes y sur lesquelles on voit la tête de Bacchus barbu , ayant des cornes de taureau; et de plus ses masques que Ton nomme minotauresques, étant ornés d'un diadème bacchique, ayant été aussi confronté avec une petite statue de la galerie de Florence, et avec deux pierres gravées, sur l'une desquelles on observe non Europe enle-
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vée, mais bien une Bacchante avec le thyrs^ assise sur le monstre, et dans l'autre la même Bacchante y avec une grappe de raisin y il ne resta plus de doute à personne que ce type ne soit Tembléme de Bacchus y et beaucoup moins ensuite lorsque la description nous en fut faite parNonnus dans les Dyonisia-* ques.
Il y a été de même prouve y il n'y a pas long-temps y en examinant les^types les mieux conserves y et en les comparant entr'eux, que très-ëvidemment la figure de femme gravée sur les médailles romaines de Sextus Julius, et de Gajus Memmius n'était plus la figure de Rome couronnée par la Victoire, mais bien plutôt celle de Vénus à qui son fils Gupidon ofTre une couronne. Ce sujet est placé dessus là première médaille , parce que Sextus et sa famille se vantaient de descendre de Julus fils de Vénus. Dans la seconde il indique que Vénus fut la Déesse protectrice des Memmii , et c'est pour cela que Lucrèce l'invoque en leur offrant son poëme.
Et pour parler des statues , la Vénus que le pape Jules II plaça près de l'Apollon et du Laocoon dans le jardin du Belvédère^
et maintenant dans le Musëe Pie-Glëibentin. est un chef-d'œuvre de beante. En vain les amateurs du beau cherchaient à connaître quel en était l'auteur. Après avoir examiné deux grandes médailles de Caracalla et de Plautilla frappées à Gnyde, qui ont au revers la Vénus de Praxitèles , et après avoir vu que la £gure de celle-ci est la même que celle du Vatican , il ne fut plus douteux que ce ne fût une copie de ce simulacre si célèbre, d'autant moins, que d'ailleurs on savait qu'un incendie arrivé dans le palais Lausiaque de Consta ntinople, sous l'empire de Basilîscus ^ avait détruit l'original.
Puisque nous venons de parler de la fameuse statue de Vénus, nous pensons qu'il sera agréable à nos lecteurs que nous l'occupions aussi d'une autre non moins célèbre y trouvée à Milo , et dernièrement don^ née à S. M. Louis XVIII par M. le marquis de Rivière , ambassadeur de France près la Porte Ottomane. Cette statue, d'un artiste grec, comme chacun le voit par l'exact dessin que nous en donnons (pi. A) , a les bras de moins^ elle n'a ni symboles , ni emblèmes ; ni épigraphes qui puissent indiquer
sous quelle dénomination elle fut adorée ^ et pour quel usage elle fut d'abord sculptée. Les traits du visage , et sa nudité jusqu'à la ceinture^ nous disaient ouvertement que c'est la Déesse des Amours. Mais après cela y tout était incertitude et obscurité. M. Quatremer de Quincy y l'ayant examinée avec sa prudente et profonde doctrine^ et son esprit de critique éclairée^ a bientôt expliqué chaque partie^ en nous mettant devant les yeux la pierre gravée, dont nous donnons aussi le dessein ( planche B. i ) et le groupe du Mu« sée Florentin ( planche B. n), et plus que tout y le revers d'une médaille de Faustine la Jeune ( planche B. 3 ). Tous ces monumens nous offrant le même ensemble des figures 9 la même nudité jusqu'à la ceinturci la même disposition des bras , le môme mouvement de la jambe gauche y et jusqu'aux masses pareilles des plis du vêtement , chacun a pu reconnaître dans la statue de Milo, le simulacre d'une Vénus Victrix y la même que celle de la médaille citée y c'est-à-dire, cette Déesse qui reçut un culte et des hon« neurs en commun avec Mars; et elle dût faire originairement partie d'un groupe avec cette Divinité guerrière»
irm On aurait aussi dû examiner avec* la même
attention scrupuleuse la statue vulgairement appelée Y Arrotino j le rémouleur , dans laquelle lea érudits croyent reconnaître^ et plusieurs encore retrouvent Tadroit barbier qui découvrit à Jules César la conjuration ourdie contre lui^ par Achille et Potitus, Les raisons que cesérudits allèguent pour preuves , ne peuvent paraître que très-subtiles ; elles ont été d'ailleurs détruites de nos jours par la critique^ qui ayant examiné avec soin le style de cette sculpture ^ lui trouva ui| caractère supérieur à celui qui se fait remarquer daî^ celles du temps de César. E a voyant des moustaches à cette figure^ on décida que ce ne pouvait être ni un Grec^ ni un Romain. Le regard féroce , Fair barbare de ce visage ayant été bien observés, on fut persuadé que tout cet ensemble était plutôt le propre d'un bourreau que d'un fidel aflranchi. Après l'avoir confronté finalement, avec d'autres tout-à-fait semblables, qui sont ré« pétés dans deux bas-reliefs^ où le bourreau Scythe y qui écorcha Marsyas , se trouve avoir la même position^ le regard terrible tourné vers le patient, et dans l'action d'aigui-
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ser sur la pierre , le fer homicide destio^ £l ëcorcher le malheureux rival d'ÂpolIoa ^ oa inféra de-là) avec une evidente certitude, que ce prétendu Arrotino ëtait le bouireau Scythe , et qu'il devait dans Torigine faire partie d'un groupe avec Marsias y et avec d'autres statues j qui conviennent à la composition de cette fable.
Une statue très-gracieuse représentant une jeune fille qui tient un fleur dans sa main gauche^ qui de l'autre lève sa robe comme pour hâter le pas, fut appelée tantôt Venus, tantôt Flore. Parmi les types les plus distincts et les plus beaux de Claude, on voit la même figure, dans la même position, avec la même fleur et avec un nom; et voilà, à n'en plus
douter , la plus facile de toutes les Déesses ^
l'Espérance, toujours prompte à s'approcher des mortels.
Un simulacre d'un travail parfait, qui fut autrefois placé dans le jardin du Belvédère, a été successivement jugé pour représenter un Antinous, ou un Hercule imberbe, ou Méléagre^ ou Thésée. La chevelure gracieusement frisée^ l'air suave de la figure , la douceur du regard^ la complexion vigoureuse
des membres qui annonce l'inventeur de la lutte, ainsi que le manteau entortillé sur le bras 9 indice de celeri té ^ et la tête gra-cîeusement penchée^ sigoe naturel des Dieux bienfaisans, firent soupçonner au grand Visconti que c'était le messager des Dieux. Enfin le soupçon devint une certitude lors qu'où trouva dans la Galerie Farnese la copie anti* €[ue du même simulacre avec les ailes aux pieds et le caducée.
Un groupe rare, appartenant à la ville Pin* ciana j sembla représenter Castor et PoUux, d'après Montfaucon ^ d'après Winckelmann, c'était Oreste et Pilade. Aucun d'eux n'avait observé que sur le tronc , mis entre les deux figures, pour leur servir de soutieo, il y a une hache et un caducée. Mais si de tant de monumens de tout genre, il apparaît évidemment que le caducée est le sceptre , Fembléme du fils de Maja; que la hache est celui de l'époux de Vénus , pourquoi ne jpas reconnaître dans ces deux divinités consanguines Mercure et Vulcain ? Nous ferions tort au savoir de nos lecteurs en faisant les frais de paroles inutiles pour leur démontrer que le caducée appartient à Mercure ^
et pour indiquer Vulcain sous un aspçct de jeunesse avec la hache, ainsi qu il est dans la patere ëtrusque dernièrement expliquée par le célèbre Schiassi , et qui représente la naissance de Minerve, et sur le couvercle du puteal Capitolina II n'est donc aucun doute que les Dieux susdits ne soient représentés là; Vulcain étant le Dieu des arts , Mercure celui des sciences et des lettres , parce que ces moyens réunis renferment toute la culture du genre humain, tout le nœud de la société , et tous les germes primordiaux de la république.
Que n'a-t-on pas dit du fameux Pasquin? L'un le prit pour un héros grec , l'autre pour un gladiateur, un troisième pour Alexan* dre. Une tète tout-à* fait semblable, trouvée à Tivoli , et confrontée avec le groupe du palais Pitti à Florence, a fait reconnaître, jusqu'à l'évidence , que c'est Ménélas qui soutient le corps inanimé de Patrocle. Ainsi la femme endormie avec le petit serpent \ Feu tour du bras gauche, n'est point Cléopatre, comme l'ont voulu faire croire Castiglioni et Favoriti , mais bien la princesse de Crète abandonnée , et surprise dans l'Ile de Naxos
par Bacchus qui en devient ëprîs. Ainsi ce n'est point Mitras, maisEon (ou le siècle) qae represente le simulacre Leontocephale ^ et enveloppe de serpens que Ton voit dans plusieurs Musées j et sur lequel nous avons nous^méme publie un essai dans la Bibliothèque Italienne. Au contraire de Mitras ou d'un de ses ministres y est la statue acquise par le comte de Fries, qui Ta fait transporter à Vienne , restaurée et déclarée pour être un Paris* Ainsi ce n'est pas un Mars le biiste casqué du Musée Worsleyen y mais bien ce* lui d'Achille ^ puisque mis à côté d'un au* tre très-semblable^ que possède le duc de Kemi^ et tous deux étant confrontés avec la statue de la ville Borghesi y où le héros, dont les traits sont semblables et avec le même casque en tête y porte une bandelette ou un anneau à l'en tour du talon droit , il n'y a plus rien à douter; tous les trois étant pareils , tous les trois ne doivent représenter que le fils de Téthis y qui, nous le savons par la fable y ne fut vulnérable que dans cette partie.
Mais il semble particulièrement singulier que les interprètes des bas^reliefs y cette
classe la plus riche , la plus curieuse , et la plus certaine de toute l'antiquité figurée , soient tombés dans des erreurs bien plus graves. Dans les bas-reliefs y les images conservent plus facilement leurs symboles et leurs attributs ; les figures sont , pour ainsi dire , mises en conversation entr'elles^ et elles se révèlent et s'éclairciSsent. L'artiste y représente ou une coutume antique, ou une scène que probablement nous avons lue dans les au* leurs, ou il y copie une célèbre peinture décrite autrefois par les prosateurs, ou il exprime une fable connue par des poètes épiques et cycliques, des mythologues , et interprétée par les scoliastes. Il semble donc que les sujets devraient être moins exposés à des doutes , et que leur explication devrait être plus prompte et plus facile : cependant dans cette branche , ainsi que dans les autres par« lies de la science archéologique , que nous avons notées^ ce n'est qu'avec le secours que nous avons proposé y que l'on obtient l'évidence , et que Ton peut déterminer les sujets représentés.
£n effet les quatre anaglyphes appartenant à la ville Albani , et un cinquième que
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ynt Hadrava dans Capri y tous trois semblables entr'eux y et du mode le plus délicat que Ton coanaisse^ sont très*cëlèbres« Ils reprësentent quatre figures, et Morcelli les a reconnues pour être quatre femmes sacrifiant; Winckelmann y a cru voir la libation faite par une figure BÎlée à une Muse y suivie de Diane et de Vesta ; Zoega crut que cette figure ailëe ëtait une Iris; et M. Uirt y a va une Hebë , deesse de la jeunesse. Toutes ces opinions disparurent et furent mises à Tëcart, aussitôt que chaque figure , soumise à Fexamen, avec la plus grande attention ^ et toutes confrontées avec de semblables , que l'on voit sur les pierres gravées , sut les statues, et sur les médailles^ on a re* connu, jdsqu'à la certitude, que les cinq bas-reliefs sont lès copies antiques d'un beau monument chora^gue, ou théâtral, dédié dans le temple d* Apollon Licius par un Joueur de lyre, vainqueur dans les jeux solemnels au combat du chant. Celui-ci enflé de son succès, pour se glorifier lui-même^ a fait représenter , par un artiste de mérite^ Apollon Musagètes dans l'action de recevoir la libation que la Victoire, tenant ua vase,
Musée Chiar., YoL !• c