SIX
double , le collier et ie ch^^ielet , et nous donnons ce dernier nom à ce tour en pierreiies qui ayant été passé par-dessus la tête descend majes* tueusement aux cotés du yoile de notre Déesse. On voit des chapelets parfSûtement Semblables à celuici dans le bas-relief de rArchigalle CapitoUn (i) et dans l'autre de Yallicelien représentant un Bellonaire , publié par Gori (2). Beaucoup d' auteurs anciens nous parlent de riches chapelets ou de colliers placés sur la tête des divinités , ou pour accomplir un Yoeuj ou par ornement Pausanias nous dit souvent que les têtes des Dieux sotit ceintes de couronnés et de pierreries. Il raconte qu'une statue de Ifémésis avait pour ornement un chapelet garni de cerfs et de petites figurés (5). Le même nous décrit une statue de Junon en or et en ivoire , ouvrage de Policlete , laquelle avait sur la tête une couronne ou Ton voyait les Grâces travaillées avec beaucoup d'art (4)* Galba ofTrit il Ténus Capitoline un riche collier, qu'il avait d'abord destiné pour sa Fortune à Tusculum (5). Très-souvent nous trouvons dans les pierres gravées (6) et dans d'autres monumens antiques ,
«l^rl.
(i) Foggiai y Mus. Cap. y tome lY, pi* XVI ^ p. 67. (a) Gori us , a^ Inscriptiones Donianas^ p). YIII^ n. I et II j page LX.
(3) Pausaoias, liv. f , ch. XXXII, p. 81.
(4) Le même y liv. 11^ ch. 148.
. (5) Sv^tone^ in GaUba^ ch. XYIII, 5. Monile marga* ritis gerhmisqu^ consèrtum ad ornandam Fonunam suant Tusculanam ex omni gaza secreverat ; id repente quasi augustiore dignius loco Capitolviae Veneri dedicavit. (6) Mariette^ Traité des pierres gravées , toineU;p. I«
des figures qui placent des guirlandes , des ban-* deaux, des couronnes à quelque image de divinité. C'est donc avec raison que notre figure est parée de ces omemens qui conviennent à une Déesse exposée à la vénération publique. Tout ceci pourrait avoir quelque fondement de vérité , en supposant que nous regardions ce collier comme un de ceux qii'on appelait godronnés. Mais nous som-* mes portés à croire que c^est tout autre ebose, c'est- à-diré que nous le croyons une infula. Ce qui est clair de soi-même , et ce qui fut décou* Tcrt habilement par le chev. Canova, qui jugea que ces espèces de graines devaient être formées par le voile même de la Déesse , comme cela se faisait pour les infulae ou vittae sacrae ; ce qui fut remarqué pour la première fois par le savant antiquaire qui a expUqué le Musée Pie-Clémen* tin (i), et nous lui devons l'idée juste que nous en avons présentement. C'était , comme il le démontre, une quantité de fils de laine, ou d'autre substance , liés et resserrées avec symétrie à certaines distances, par des fils de différentes couleurs; et nous les voyons employés dans les cérémonies des sacrifices. Cependant cet ornement est reconnu dans notre monument pour être , au Ueu de fils , un voile très-léger , lequel est lié de même d^espace en espace , de sorte qu'il se forme comme des figures de graines , Ce qui donne à tout le morceau un air de légèreté qu'il n'aurait pas sans cela« On pourrait encore ajouter quelques réflexions sur
(i) Visconti; Museo PioClem., t. IV, pi. I-VIII,
le Tètement très-léger , à plis serres , qui couvre , au dessous du cou , la déesse : mais comme nous avons à parler , à propos d'une figure isiaque , des dîfierens yétemens d'Isis^ nous n'en dirons pas da* Yantage ici ; et nous nous contenterons d'avoir mon<tré aux amateurs un simulacre colossal de la Divinité de Memphis , qui n'avait pas encore été reconnu pour le sien, et très-estimable aussi par soil travail qui annonce nn ciseau grec^
P L AN CHE IL Pompe Isiaque \
Ce beau bas-relief avait déjà été connu du public par une gravure qui Tavait placé au rang des monumens les plus admirables de Rome (i): et après avoir occupé l'attention de plusieurs savans écrivains sur les antiquités (a), il fut publié parmi
* Le bas-relief a six palmes de long et deux palmes qaatre onces de haut. Le marbre- est de notre pays ou de Carrare y il était autrefois dans la coar du palais Mattei. Les petites restaurations qu'on lai a fait n'ont' été que pour le rendre complet enee qui manquait dans peu de chose ^ qui se trouvait indique par les restes de Tautique^^ et qui peut-être existait encore quand il fut dessmë la première fois par Sante— Bartoli. C'est un des premiers mo- Diimens que notre prince a fait placer auVatican;en as«* surant ainsi k Rome la possession enviée.
(i) Admiranda, Rom. Antiq.j pi. XYL
(2) Montfaucon^ Antiq. Explic. ^ tome 11^ part. II; pi. CXVI ; fig. I ^ page 28&
le» monumçna de la eoIlecUon Mattei : alors M. Ama* duzxi y ajouta ses obsenradons (i).
Mais avaòt d'entn^endre de Texpliquer , il est utile de dire quelque chose sur le style de son travail , lequel a été jugé différemment par les érudits et par les artistes. Quelques^ns ont voulu y trouver la manière étrusque : une certaioe roideur dans le mouvement des figures , dans les plis des draperies, leur en a fait porter ce jugement Mais depuis que l'immortel Winckelmann et le très-éclairé abbé Lanzi , ont, par leurs écrits savans, déterminé et classé les. différens styles des anciens dans Fart, nous ne pouvons rapporter ce morceau à aucune des manières Toscanes; mais nous devons Tattii* buer à la troisième époque de la manière égyptienne^ c'est-à-dire à celle dlinitation ; manière à laquelle nous devons fixer le plus grand nombre de rao* numens qui nous en restent et qui est du temps d'AdrieUé Cette roideur que l'on remarque dans les figures de notre bas-relief ne ,peut, par cette rai* son, avoir eu d'autre motif que Tintention de se conformer^ autant q^é possible , dans cet ouvrage, au mode des figures égyptiennes ^ et aux usages dont on voulait donner la représentation. Mais Far* tisté en s'assujettissant à cette manière, y a mis tant d'inteUigence ^ qu'il n'a point privé son ouvrage ni de ce qu'il devait aux convenances, ni des gradées dans les formes j je dirai plus , en leur con« servant le caractère , la roideur de ce style , il a
(i) Monum. Mauhej\, u IIl^ pi» XXYI^ fig. a, p. 49.
m le rendre agr^I^le par un travail de goAi , et par une sûreté d'exécation qui prodoit, un Leau simple et qui fait régner dans, le morceau un ton tranquille trèsHremarquaUe.
Sans nous étendre longuement il parler des pom* pes sacrées qui se pratiquaient chez les peiqples anciens, et spécialement chez, les Egyptiens (i), sans Vouloir répéter ce que^ tant d'éciirains ont écrit sur les pompes Isiaqueè, nous dirons que Ton Yoit dans ce bas-relief la représentation d'une ponipe ou d'une procession^ de celles qu'on exécutait ea rhonneur d'Isîs , et nous expliquerons les symboles et les ornemens de diaque figure^ et comme la mardie de cette cérémonie sacrée se dirige de la gauche à la droite du spectateur, la première £«• gure que nous examinons , sera la figure de femme qui précède les autres.
Cette figure est une prétresse, ou, pour mieux dire, une fenune initiée aux mystères d'Isis, qui porte les symbdies de sa Déesse. Ses cheveux longs et tombant en anneaux avec art de sa tète , sont tels qu'on les voit ordinairement à des statues d'Isis ellemême. Apulée (:2), décrivant la pompe dont s'en*
(i) Ipsi c^rie Aegyptii extitenmi principes eonventuum sacrorum , et pomparum ^ et abductionum ^ et ai eis Graeci didicerunt. Hérod. , liv. II , 58 , {^age 1 1 f •
(a) Tune influant turbae sacris divinis initiatae , viri , foeminaeque omnis dignitatis f cmnis aetatis , linteae vestis candore puro luminosi ; iiiae limpido tegmine crines ma* didos obvohune , hi capillum derasi funditus, vertice prae* nitentes. Apul. , Métam., liv, Xï^ p« ^^^} ^^*
toura Isîs lorsqu'elle lui apparut ^ dit , qbe des hommes et des femmes de tout &ge et de toutes con* ditions , précédaient la Déesse , au culte de laquelle tous étaient initiés ; les femmes couvertes d' une robe blanche, les cheveux oints de parfums, les hommes ayant la tète rasée, précisément comme nous le verrons dans la figure de l'homme. Clément d'Alexandrie aussi (i) nous décrit très-longuement une pompe égyptienne , . et jette ud grand }Our sur nos observations. Cette prétresse a orné sa tète d'une fleur de lolhos ,■ dont on voyait pa<* rées toutes les divinités d*Egypte , de même que leurs ministres. Elle porte dans sa main droite un seau, instrument en usage dans b» nts Isiaques. liC seau que les Grecs appelaient xdÀ^TCf^ oa-MOkÀ^ ^C, auquel les Latins donnèrent le nom de si" tuia ou sitella , indique , selon Servius , l'abondance des eaui dans tous ses réservoirs (a) ; k moins qu'on se veuiUe le rapporter à ce vase> plein d'eau qui, comme dit PI utarque , était porté avec vénération dans les pompes sacrées d'Osiris (5). Diodore da
(0 Strom. VI, 4.
(a) Isis autem est genius Aegxpti , qui per sistri moium ^ qiAod gerit in dextera , Njrli accessus , recessusifue significata per siteUanty t/uam sinistra manu retinet, os» tendit adfluetìtiam omnium lacunarum. Senr. ad Virg. , Aeneid. , lìv. Vili , v, 696.
(3) Voy^z Pluurque , de Iside et Osir. Que l'on ne croyd pas que ce soit une confnsion de méler ce qui appartieni à Osiris avec les choses d'Isis, qui était sa mère , sa sœur et son épouse ; puisque le cultç de l'une était réuni to*
Sicile BOUS rappelle aussi que roii^ortait dans les pompes Isiaques des Tases remplis de semeoces' d'orge , en mémoire des découyertes uiOes faites par la Déesse (i).
Le bras gauche de cette figure est entouré par xm serpent , symbole de la santé , et par la même raison d'Isis (s) , ccmmeie nous l'attestent tant din-
talemcnt avec celui de l'autre. Il sufYira de citer des monumens sculptés^ la célèbre table dite de EeMbo^ qui était corn* muDe k tous deux. Il y a un graad nombre d'inscriptions et d'autels consacres h. ces deux divinités. Apulée après avoir été initié aux mystères d*Isis ^ se fit initier à ceux d'Osiris ^ et il s'exprime ainsi : Deae quidem me tantum sacris imòutum j ac magni Dei , Deumque summi parentés invicti Osiris necdum sacris iUustratum , quamquam enim connexa, immo unita ratio numinis^ religionisque esset . . • ApuLy Mét> Ti\, page aSg^ i5.
(i) Dîod. Sic. B. I. p. m. i3. Apud nonnulkts quòque urhes , cum Isea ffestàm IsidisJ celebrantur , in pompa tritici et hordèi voscuîa etrcuntfefri , ad primitus Deae industria , rèper.torum memoriam.
(a) Il plaira à nos Ucteurs que nous rappelions ici une nouvelle étymologié du nom d'Isis , quoiqu'elle soit contraire au sentiment de Servius cité k la planche précédente. Blasius Ganophilus (voyez Oliva ^ Marm. Isiac. , page 36) est d'avis que c^iest le moi Asa qui^ en langue arabe^ laquelle a des rapports avec Tégyptienne, signifie foi^/i^r. Isis apparaissant aux malades en songe leur apportait des médicamens. Df odore assure^ liv. l; ch. %5 , p. 29: Jsin multa sanitati hominum pharmaca invenisse, Aegjrptii tradunt y utpote quae j scient iae medicae fuerit peritissima , adeoque solerter multa excogitasse. Quant oh causant nunc quoque ad immort€ilitatem elata , sanatione hominum maxime gaudeat y et in somniis, si quis opem expetierit ^ manifestant numinis praesentiam , promptafnque indigentibus benemerendi facultatem exibeat.
scripùoDS yodves . et dressées à cette Déesse (i). Tibulle lui demande sa goérison , étant assuré qu'elle pouvait la lui accorder en voyant tant de tablettes votives, sur cet objets suspendues dans des semples (a). Ce serpent a des ailes à la tAte qu'il dent élevée , attitude que le peuple égyptien re-* gardait comme d'un heureux présage (3). L'habil-* lement de cette femme n'est pas tel absolument que celui qu'Hérodote donne aux femmes égyptiennes (4) qui 4 dit-il , n'avaient qu'une seule robe ; et les neutres en ont deux. Cependant si l'usage dont il parle était général , nous ignorons si dans les pompes sacrées on ne se servait pas d'une seconde robe. D'^ûlleurs Hérodote parle d'usages très-anciens , et notre bas-relief nous ramène au temps d'Adrien. Peutêtre que cette cérémonie est exécutée par des per« sonnages romains, qui ne s'assujetdrent à l'usagé . égyptien seulement qu*en ce qui était rigoureusement prescrit par le rit Suétone raconte qu'Otr bon observait publiquement la religion d'Isis , se revêtant d'un habit de lin blanc, pardculier au rit
(i) Voyet Grater, p. LXXXIt, 5,6; Reiiies«| class. I, num. GXXXII5 Fabret. y Inscript* j page ^^Op n. m, JI2 , ii3.
• (a) Nunc Dea, nunc sucurre mihi , nom posse mederî ^
Pietà docet tempUs multa tabella tuis* Tibul. ^ liv. I^ éleg. III^ page ao5.
(5) Et movisse caput visa est argentea serpens, Xuve'naly liv. 11^ sat. 6, v. 537.
(4) •^^gXP^^^ binas vestes habent , foeminae singulas» Uétiyi» , liv. It^ 56; p« 102.
Ae cette refigion (i). Commode aussi se' rasa }a téle et porta l'image d'Anulns , ayec la tête duquel îl frappait d'une fSsiçon étrange les suivaus de la eéréinonie isiaque qui étaient auprès de lui, à ce que rapporte Lampridius (2).
La seconde figure de la pompe est celle d'un homme , et représente un prétare. Sa tête est rasée ^ comme l'a décrit Apulée, et comme le rappelle Héro-^ dote, en disant, que c'était parmi lés prêtres un usage , et que quelques-uns se rasaient tout le corps pour entrer plus purs dans les temples (3). Sa tête est ceinte d'un cordon , ou d'un ruban , auquel sont attachées deux aileà ou plumes: les érudits cro^ y eut que ce sont des plumes d^éper^ier, qui par cette raison se rapportent k Osiris (4) , auquel on rendait des honneurs dans le même temps qu'à Isis. Diodore nous prévient dans sa bibliothèque que les écrivains des mystères égyptiens avaient autour
(i) Svéton.y m Othone , ch. Xfl, 5^ p. 597. Sacra etiam Jsidis saepe in Untea reli^iosaque veste propalam cele" trasse.
(2) Sacra Isidis colute , ut et caput raderet ^ et Anubin portaret . • . quwn Anubin portaret y capita Isiacorum graviter ohtundehat ore simulacri é Lamprìd. , V. Hist. Aug, Seriptor. Commod, , cap. IX ^ tome I; page 497-
(3) Sacerdotes tertio quoque die totum corpus eraduntf ne quii pediculus Deo cotentibus y aut aliud quid sordidunt 4tdsit. Hérod. ^ lîv. II ^ 5^ ^ pag® 102.
(4) L'ëpervier ëtait regardé comme un symbole du So« leil à cause de la rapidité de son vol ^ et par cette raison celui d'Osiris : on peat voir dans Pigqoriu^ d'autres raisons : Mensa Jsiaca, pa^e 62 et 72.
de la tète un cordon ronge et des plumes d'éper* vier, en mémoire de ce que ces oiseaux avaient apporté un livre contenant ce culte mystérieux, et qu'il était lié par un fil rouge (i). Clément d'Alexandrie, déjà cité, met k la tête de ceue pompe un chanteur, et il décrit ensuite l'écrivain des mystères ayant des plumes sur la tête (3). Notre pré-» tre élevé sa tête , il tient un livre dans ses mains , et parait chanter des hymnes aux Dieux , auxquels on repondait par des chants à voix haute cooune le dit la note ^3). Son habillement est mysjtérieuxj il est nu du haut jusqu'à la ceinture ', le reste du corps est recouvert d'un habit qui tombe sur ses jambes. On prétend que les prêtres égyptiens exprimaient par cette manière de se vêtir la partie supé-
(i) Nonmdli tradunt, vetustis temporibus librum fila punico circumligatum y in quo Deorum cultus, et honores scripti p ab accipitre sacerdotibus Thebas allatum esse. Quant ob causant Notarii Sacri nunc quoque licium pur* pureum , et accipitris pennam in capite gestante Diodor, p Sîcul. liv. I , ch. 88 ^ p. 98.
(a) Primus omnium procedit cantor , unumaliquod afferens ex Symbolis musicae . • . Deinceps autem upo~ Ypafiiia/T€V^ f id est p scriba sacrorum pinnas hàbens in capite , et librum in manibus. Giem. Alex. , Stronu YI >
(3) Nous aprenons dans Apulée que le cbœar accomr pagnait « Eas amoenu» lectissimae juventutis, veste nivea ^ et cataclista praenitens sequebatur chorus^ carmen vêtustum itérantes : quod Camoenariun favore solers poeta ntodidàtus edixerat* » Apul.^ 1. XI ^ p. a4.5 ; 1.
ûeure celeste et divine , et la partie inférieure ter-^ restre et mortelle (i).
Dans la troisième figure nous voyons le secret le plus sacré de la pompe. L^eau renfermée dans le vase sacré n'était pas le symbole de la Divi* nité , mais la divinité elle-même. Suivant Topinion de Yitruve y l'eau étant Torigine de tant dé biens ^ propre à tant d'usages , et de découvertes néces? saires aux hommes, c'est avec bien de la raison, dit-il , qu on l'a regardée comme une divinité aussi ; à Faspecl de ce vase , bien qu'il fût couvert , tous se prosternaient à terre avec respect, et élevant les mains au ciel, ils. rendaient grâces aux Dieux de tant de bontés (a). Nous ne pouvons nous dispen* €er de rapporter la description qu'Apulée donne de ce vase mystique , de sorte qu'on croirait qu'il eut , en écrivant, notre bas^relief lui-même sous les yeux. // jr en aidait un qui portait dans ses bras la vénérable image du Dieu suprême : elle n était pas sous une forme emprumtée des bestiaux, des oiseauœ , des bêtes féroces , ni même sous les traits de V homme; c'était une image qui mèri-
(i) V. Bellor.y Admir. Rom. Antiq. ad tab. XVL il) Aqua vero non solum potus ^ sed infinitas usui prae» iendo nécessitâtes gratas praestat utîlitates. Ex eo etiam qui Sacerdotia gerunt moribus Aegjrptiorum , ostendunt cmnes res e lìquor îs po testate. Itaque cum hj-driam te^ gunt quae ad temphan aedemque casta religione refertur, tune in terra procumbentes , manibus ad caelum sublatis, intentionibus gratias agunt Divinae benigtiïtatis. Vitr. , liv. VIII ^ Proem. à la fin , page i5i.
taii la vénération par sa nouveauté eUe^même » par son ingénieuse Jni^ention , objet dune re-- Ugion ineffable çue l'on doit em^elopper dans le plus profond silence^ O était une petite urne façonnée a^ec beaucoup dort ^ brillante dor^ ronde dans' le fond^ et sur la face de laquelle étalent représentés de belles figures égyptien^ nés. Sa partie supérieure s^ élevait peu et enferme arrondie ; elle se terminait par une petite em* bouchure qui saillait en avant De C autre côté était attachée une anse qui ^écartait en s'oT'* rondissant, et sur laquelle était posé un serpent à replis tortueux élevant en haut son cou ecailleuac ( f ). Voilà la descriptioa du vase couvert que tient notre prêtre; nous ne pourrions rien ajouter à ce qu'en dit le philosophe de Medaure, si non qu'il est orné d'une fleur du lothos , laquelle, si elle se voit placée sur la tête de la Déesse , peut bien aussi orner son image symbolique. On peut
(f) Gerebat alius felici suo gremio summi soi numinis venerandam effiçi^m^ non pecoris^ non avis ^ non feraCf ac ne hominis qiUdein ipsius cotisinUlem^ sed solerti re^ pertu j etiam ipsa novitate reverendum , àlt{oris utcumquep et magno silentio tegendae religionis argwkentum ineffa^ bile : sed et ad istian plane modum , fulgente auro figu* rata urnula faberrime cavata , fondo quant rotundo, miris extrinsecus simulacris Aegyptiorum effigiata ^ ejus orifi* cium non altiuscule elevatum in canalem porrectiim longo rivolo prominebat ; ex alia vero parte multum recedens spatiosa dilatione adhaerebat ansa, quant retorto mo* dtiLo supersedebat angitis , squammatae cervicis striato tumore snhlimis, Apnl. ^ liv. XI, page îxj6, 17.
âYèc raîsot) appeler cette figure le prophète, d'après Clément d'Alexandrie, puiaqull nous assure qu'on Toyait^ après tous les autres le prophète portant une urne appuyée sur son sein (i).
n y a pourtant diverses choses '& remarquer dans les vétemens. de ce prêtre; et laissant la tête rasée dont nous avons déjà dît assez, nous observerons seulement ce voile qui lui couvre la tête> lequel descend ensuite sur ses épaules, se répandant d'une manière large sur ses bras, et dont il se sert pour cou* vrir l'image de la Divinité qu'il porte» Cet usage de voiler les choses mystérieuses , comme pour exciter plus de respect , était suivi par les grands prêtres qui couvraient le rational. Le peuple se cou- Trait la tête et les épaules lorsqu'il priait. Le très* savant Buonarroti (3) appelle ces voiles stolae ou pallae , et croit qu'ils étaient semblables à ceux dont les matrones romaines se Couvraient quelquefois la tète , comme c'était particulièrement dans la Grèce un usage pour les nouvelles épouses (5)»
Nous n'oublierons pas de faire remarquer que cette principale figure a des chaussures particulières faites avec des feuilles. Hérodote (4) nous apprend qu'il
riM
(i) Post omnes exit Propheta gui propatuÎam in sirtu gest€U Hjrdrianu Clem> Àlëx. , Strom. Vl^ 4> 9 y p- 7^^*
(a) Baonarrotî , Osserv. sui vetri Cimit. di Roma, p. 78.*
(?) Winckeìmann ^ Mon. ont. ined. , tome II, p« i3a.
(4) Jidem CSacerdotes ) vestem tantummodo linteam , €alceos hihUnos gestant , nec aliam vestem nec alios cal* ceos sumere eis fas est. Hërod. , liv. U, 37 ; p. loa.
Musée Chiar. Vol. L 3
n^était pas permis aux prÂtres égyptiens d^avoir d'antres chaussures que çeHes de papyrus : notre ba^relief nous en indique la forme.
La dernière figure , dont les ohereux longs sont ^pars , tient dans sa main droite un sisure ^ et dans la gauche la capeduncula* Le sistre , instmment de musique dans les cérémonies sacrées , était aussi , sdon Servius, un symbole, qui, par ta quaKté de ses mòuiFemens, indiquait l'accroissement, ou Tabbaissement des eaux du Nil(i). On peut voir à ce sujet beaucoup d'allégories diverses dans Bacchini qui a consacré une dissertation uniquement pour les expliquer (a). On possède dans le Musée Borgia plusieurs pedts sistres , parmi lesquels il y en a un en ivoire plus petit que tous les autres , mais tous ont au sommet un anneau, au moyen duquel, à ce qu'il semble , on les suspendait sur le corp^. La capedine^ oa oapeduneula , était un instrument propre aux sacrifices, comme le prouve Aruntius (5). On la retrouve toujours parmi les vases des pon-* tifes , sur les médailles et sur les marbres. Elle était faite autrefois de terre ou d'autre madère , assez souvent ayec un manche de bois, et ayant pris son nom a capiendo. On ^ trouvé de notre temps sous^terre, dans les marais Pondus, une de ces çapedunculae d'argent trèsrpetite^ et on la conserve à présent daqs le Musée de la Bibliothèque Yaûcane.
(i) Voyez, pag. 26 , note a.
(a) Bacchîni, de Sjrstris înGraev. ^ tome VI, p. 407»
(3) Putsch.^ Gram. Lut. in Priscim^, Uv. T|; p..7oa
On peut ajouter ici une observation générale qui s'applique à toutes les figures de cette pompe sa«^ crée ; elle est tirée de la description qu'Apulée a faite de cette cérémonie ; elle a été rapportée dans la note (a), page ^5. Cet écrivain assure que tourtes les personnes qui faisaient partie de cette pompe^ avaient un vêtement que Ton appelait cataclistaf c'est-à-dire clos tout autour. Beroald en parle fort longuement dans ses annotations sur Apulée (i). Mais il pense que c'est un habit coupé » sans man-f ehes , et que son nom peut être dérivé de Mara* nÀw; si cela était, on devrait appeler ce vête<» ment cataclasta^ d'oh il parait certain que le nom qu'il eut, prend son origine dans naroMXekçom ^ concluderei ou parce qu'il était fermé tout au* tour, oulnen parce qu'on le gardait serrée enfermé avec soin cooune ne devant pas sc^rvir souvent. Il est vrai que les habits de toutes les figures qui sont représentées ici sont tous sans manches^ ce qui ferût croire que le nom ne signifierait pas autre c)iose que vêtement que l'on garde enfermé , comme éuût celui que Tibullo (a) appelle seposita , lequel est précisément la même chose que eataclista. Nous terminerons par une réflexion , laqueUe ,
(i) Apal. ^ Opera omnia cum comment. Beroaldi Ster* vechii , Gasanboni ^ et alior carante Jano Gratero^ Lagd.
i6i4^ in*8.^i page 10^4* (a) Sed nitidjùs, pulcherque veni, nunc indue vestem
Sepositam , longas nttnc bene pecte comas.
TibEL; liv. 11^ Eleg. V^ V. 8; page !io4.
quan<l elle lie parahraît pas ofirìr de traisemUàfice à DOS lecteurs, leur expliquera toujours pourtant les rites égyptiens , sur lescpiels nous nous sommes entretenus jusqu'ici. Ces pompes sacrées annonçsdent le plus souvent des circonstances de deuil, comme celles que Ton institua pour la mort d'isis et d'Osiris» Hérodote en décrivant les rites funèbres égyptiens , dit que les femmes de la famille du défunt couraient par la ville, se frappant de leurs propres mains , ayant les cheveux épars et les mamelles nues , comme nous voyons en effet cette dernière Çgure Isiaque (i). Et si le présent basrelief a été sdé de quelque sarcophage, s'il ornait quelqu'ancien sépulcre , il n'est pas impossible de croire qu'on aura voulu à la mort de quelque personne illustre retracer le souvenir de la mort de ces Dieux , en l'honneur desquels se Êdsaient ces processions.