PLANCHE XL
GANIM£I)E^
La jolie statue que nous donnons dans cette gravure , doit certainement être placée au nombre des monumens de l'art grec. ElUe représente un jeune garçon presque entièrement nu , s'appuyant légèrement du bras droit sur un tronc d'arbre y et tenant un vase de la même main. Cette statue fut trouvée par M. Fagan dans les fouilles qu'il fit faire
(i) ... i Et ad vigilem ponendi Castora nummi JuY.^ Sat. XI V^ y. aGot L'ancien scoliaste de cet a a leur à propos de ce vers dit qne l'argent des sénateurs était d'abord àépoué dans le forum de Mars^ et qa'ensuite il le fut dans le temple de Castor. Antea solebant areas ferratas facere , et ihi mittere pecuniam suam senatores p et sic in foro Martis ponere. Verwrn per noctem spoliatae sunt arcae ; et coeperunt ex eo ad templum Castoris ponere^
(a) Yojez Tes notes (a) ^ (3)^ page 97 , du discours pré* cèdent.
* Cette statue a de hauteur six palmes 5 elle est seul* ptée en marbe grec. Ce qui se trouve de moderne c'est la moitié des bras avec les maîns et le vase.
à Ostie (i)^ cil efle était encore dans sa niche oroéé de mosaïque , e telle servait d'ornement à un étuve {caUdarium) d'anciens thermes. Le vase percé, dont il restait une indication sure , et de pins le canal qai traversait le tronc auquel ce vase était adhérent, indiquent assez que la figure servait comme de fontane 'y en outre la terrasse est consommée dans beaucoup d'endroits ; cela aononce que c'est par l'effet des gouttes d'eau qui tombaient dessus (2). Tout est admirable dans cette figure , en corn* mençant par la tête. Ses cheveux naissans de l'oc- ' ciput retombent en partie sur ses épaules en longues boucles, tandis que l'autre partie, qui a été coupée, vient se jouer en couvrant le finont à moi-* tié. Sa physionomie est pleine de douceur, et une grâce simple est répandue sur tout le coqps nu»
■^P^P—— >— — ^■^— ■ I I I II ■ ■ Il ——1 I II I n ■
(r) On trouve sur ces fouilles faites par M. Robert Fagan, peintre et amateur des Antiquitës, quelque notice daus la lettre de M. Tayocat Charles Fea , qui se rapporte à son voyage à Ostie ^ imprimé en i8o5. On place ici cette statue parmi les mopumens trouves en 1800.
(a) Il est facile d'observer que l'usage des statues pour orner les fontaines, fut employé par les anciens qui y placèrent non-seulement les figures des eaux , comme • des Tritons^ des Fleuves, des I9ymphes^ mais encore avec les Silènes , les Faunes , puisqu'ils comparaient au vin l'eau que ces fontaines versaient. L'auteur de notre statue a voulu comparer l'eau qui sortait de la fontaine qu'elle devait orner ^ au nectar des Dieux. Ovide , Metam. V , v. 356 , fait dire à Latone tourmentée par la soif dans les came pagnes de la Lycie :
Haustus iUfuae mihi nectar erit , vUamque fmehor
Accepissc sùnulj vitam dederifis in unda*
io5 La cUamycle agraffée sur l'épaule droite , dont les pfis nombreux interrompent le nu , en recouvrant tout le bras gauche , est exécutée ayec une franchise sublime , car quoiqu'elle forme des masses riches en se repliant , on se rend compte de chaque pli, même le phis petit, depuis son origine jusqu'à sa fin , sans ' y trouver ni sécheresse ni roi<* deur. La souplesse de l'attitude eir s'appuyant sur le tronc , fait briller dans toute la figui^ une àé^ licatesse surprenante , et dispardtre dans toutes les parties le caractère, prononcé avec force, de quelques muscles , qu'eut occasionné l'attitude du personnage, s'il était obligé de se soutenir seul (i)«
■ III ■ I ■ I I I mil II — — 1— ■■ III 1— p^ Il I ^
(i) yfxtkxXAm^xxxï a9JisVHist.de Tort f tome I, p. â55, parle très-au-long de cette attitude ^ et il dit qae les jambes croisées étaient regardées par les Grecs comme une attitude contre les convenances^ et qui se trouve seulement dans les statues d'Apollon et de Bacchus y dont on veut par-la indiquer la mollessey et c'est par cette raison que cette attitude convient au jeune Ganimède. Winckelmann la regarde encore comme moins convenable aux figures de femmeS; et à cet effet il juge que la médaille de Marc-Aurèle où Ton voit la Providence dans cette attitude , est un ouvrage moderne. lïous ne croyons pas cependant que son observation soit juste^ car on voit souvent la figure de la Sûreté, quand elle est représentée debout ayant les jambes placées de cette manière^ et quand elle est assise son bras est appuyé sur sa tête , ce que l'on pourra remarquer dans les Dialogues sur les médailles de Ant. Agostini^ page 4^^ et 49« De sorte que nous pensons que ces deux attitudes conviennent pour exprimer la tranquillité et le repos, et pro~ près à l'inuge de la Félicité , pour la représenter stable et ferme, Y. Agostini^ 1. c, p. 6o: et qu'elle peut cou* Teair aussi à la Providence j qui le pins souvei;it ne re«
Nous hii trouTODs une certaine ressemblance avec le fameux Faune BcM-ghèse (i) et le beau Ganimède coiffé du bonnet dans le Musée Pie-Clémentin (3). Mais nous ne pourrions décider laquelle de ces augures 'offre une attitude plus agréable et mieux conçue. L'artiste qui a exécuté ceUe<-ci a eu raison d'y graver son nom , car il pouvait ùrer vanité d'une si charmante cempositiop, l'ayant ornée de si belles, formes et traitée avec tant d'habileté.
Une statue d'une proportion plus grande que nature « qui réunit à la beauté idéale la perfection des formes, ne peut représenter qu'une divinité, ou au moins un personnage qui tient à ce rang. En nous rappelant la fable de Ganimède , nous y trou* vous tous les moti& qui peuvent faire croire que cette statue le représente.
On raconte que ce jeune Troyen, descendant
presente que les soins du. Prince pour l'ecoDomie publique en approvisionnant la cité des grains qui lui sont nécessaires ^ soit en les faisant venir de la Sicile et de l'Egypte , ce qu'on peut prouve^ par diftérentes médailles ^ et ce qui est généralement indiqué par le vaisseau ou le ti« mon que Ton voit très-souvent près de la £gnre d'An* nona. V, Agostini , 1. e. , p. 70.
(i) On peut voir les sculptures du palais de la Villa Borghése , tome II , chambre V , num. 8,
(a) Musée Pie-ClémenUn ^ tome II , pi. XXXV. Cette statue ressemble beaucoup à celle que nous expliquons \ elle a^ à la vérité^ le bonnet phrygien sur sa tête 1 que l'on ne voit pas à la nÂtre. Mais on voit très-fréquemment Ga« nimède sans cet attribut sur les pierres gravées publiées par GroAovius , voyez tome 1 1 lettre Y.
xo5 de Dardanusj ëtaii sur le mont Ida ^ s'occupant & chasser les bétes féroces, qnaod l'aigle de Jupiter, ou Jupiter luiHDQéme transformé en aigle, le ravit et l'enleva au ciel , parce que , dit Homère , ce Dieu voulut placer dans l'Olympe un ornement dont la terre n*était pas digne (i). Ganimède étant
(i) Virgile décrit ainsi renlevement de Ganimède:
Jntextusque puer frondosa regius Ida ydocis jaculo cervos cursuque fatîgat Acer , anhelantî similis : quem praepes ah Ida SuhUmem pediius raptùt Jovis armiger uncis.
Aeneid. V, v. a5a.
Sur une pierre gravée citée par Ma£fei ^ tome IJ , plan. XVIII^ Ganimède enlevé par l'aigle y tient de la main droite nne arme de chasseur. Ovide est d'avis que Jupiter lui-même se transforma en aigle pour enlever Ganl* mède :
Rex Superum Phrjrgii quondam Ganjrmedis amore Arsiti et inventum est aliquid, quod Jupiter esse p Quam quod erat y mallet , nulla tamen alite verti Dignatur ; nisi quae posset siHt fulmina ferre. Née mora : percusso mendacihus aere pennis Ahripit Iliadem,
Metam* X, v. i55.
Lucien aussi dans les Dialogues des Dieux ^ Jupiter et Ganimedesy tome I^ page 190 ^ il a la même opinion lorsqu'il fait dire k Jupiter : At neque homo sum ego quem vides y adolescentule , neque aquila , sed omnium, rex Deo* rum hic sum, comode matata forma.
Quoique ApoUodore et plusieurs poètes disent que Ganimède fut eolevé à cause de sa beauté . . . . et Gany-^ modem. Hune autem oh corporisformam raptum per aqui- Uun , Jupiter Di^onan pincemam constituât , page atii , *^o, cependant Cicéron dans le livre I des Tusculanes,
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ainsi divinisé , devint l'échansoii de Jupiter , le ministre des Dieux , et fut alors substitué k Y ulcain et à Hébé. Eustase, dans ses annotations sur Ho«* mère, crcHt que Ganimède servait Seulement Jupiter y et qu'Hébé conUnua k servir les autres divinités (i).
Ce sujet gracieux a été différentes fois traité par les sculpteurs grecs. lïous pouvons reconnaître celui de Léocare , qui est enlevé par un grand aigle , dans le petit marbre du Musée Pie-Clémentin (a). Mais indépendanunent de celui- ci, qui nous représente précisément Tinstant de son enlèvement , il nous reste encore beaucoup d'autres monumens anûques qui nous donnent Timage de cet échauson chargé de verser le nectar des Dieux. Moui^
•cbap. a6, et d'autres veulent qu'il fàt conduit au ciel k cause de sa vertu. Ce qui a fait dire k Homère dans l'hymue de Vénus , v. ao3 :
Ergo Jlavum Ganjrmedem consulter Jupiter
Rapuit , suam propter pulchritudinem , ut cum diis esseti
Ceux qui se plaisent k trouver dans la mythologie des histoires inconnues , disent qu'un roi de la Paphlagonîe enleva Ganimède^ et que parce qu'on le transporta sur un vaisseau qui avait peut-être un aigle pourenseigne^oa inventa cette fable qui supposait un enlèvement surnaturel. On a imaginé également plusieurs significations allégoriques de cette aventure de Ganimède : on peut les voir dans Vossius , de idoL , page 470 > b.
(i) Eusi^se,ad Homer, , liv. IV, A, VIII ^ tome III^ page 961 , edit. Politi^
(a) Musée Pie^Jlémentin , tome III , pl. XLIX > Gnat* tani, Moiium. (ned., tome III, page 47-
le voyons souvent sur les pierres gravées ( i ) , sur
les marbres (2), et outre un bas-relief du Musée Pie-CIémentin, nous trouvons deux statues du même sujet (3). Ces figures se reconnaissent à leur air de jeunesse , à leur longue chevelure , à l'aigle , à la coupe ,' et au vase. On voit dans notre statue ces caractères , les . formes agréables de la jeunesse , et cette longue chevelure bouclée chantée par les poêles. L'artiste a travaillé les cheveux du jeune gardon avec un art admirable^ et il y a mis tout sou talent. Il a craint de donner quelque chose de lourd k la tête, s'il la garnissait, de même que les épaules , par de longues tresses, alors il s'est contenté de quelques boucles de cheveux qui se répandent sur le dos , et de cette manière il a indiqué cette parure naturelle du jeune honuue sans surcharger le nu, et sans rien ôter à la pureté de ses con^ tours.
(i) Mariette^ Pier, grav.* , tome II y pi. LU > MafTef ^ Gemme y tome 11^ plan. XXTIII et XXIX 5 Gor., Mus. Fior, y tome I, pi. LVï, num. V et "VI j et tome II, pi. XXXYII; Winckelmann y Pier. grav. de Stosch^ p. 58, num. i63 an 173»'
(2) Winckelmann y 1. c. ; rappelle une statae de Gani- .mède placée dans le palais Yerospi. Dans l'Indicateur de la Villa Albani y seconde, édition y n. 607 , on a décrit un bas-relief qui représente la même chose : comme au numéro 444 7 on a publié un cippe déjà rapporté par Bois-* sard ^ part. III ^ pi. 85. Il paraîtrait aussi qu'une peinture du Musée d'Herculanura, tome III;, pi. XXIV, n. 2, a rapport à Ganimède.
(3) Musée Pie-Clémentin , t. H, pi. XXXV et XXXVl j tome V^ pi. XVI.
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La chlamyde qui Toile légèrement l'épaule gauche , et partie de la poimoe de cette figure , est attachée avec une boucle sur Tépaule droite. Il parait qu'on peut l'appeler chlamyde phrygienne , telle que la lui donnent toujours les poëtes. Apulée dépeint un jeune garçon avec la chlamyde éphébi^ que ; on croirait alors qu'il décrit notre statue elle* même : il dit que son corps était entièrement nu , et qu'il portait seulement une chlamyde éphébi* que qui lui couvrait l'épaule gauche (i). Ce vê« tement pourrait être aussi la chlamyde àe» chas* seurs , qui convient également à Ganimède (s).
(i) Adest luculentus puer nudus^ nisi quod éphehicA ehUunjrde sinistrum tegebai humerum, Apal. ^ Metam. , lîv. X y page îi33 , 8. Bien que la chlamyde éphéhique puisse convenir à Ganimède , nous trouvons simplement appelée phrygienne celle de notre statue ; parce que les poêles lui donnent constamment cet hahit en usage dans son pays. Uëpithète Intextus que nous lisons dans Virgile note (i)y page gsi, ne signifie pas autre chose , se* Ion les commentateurs, que la chlamyde phrygienne tis^ sue on brodée de différentes couleurs , que portait Ganimède. Virgile donne aussi au jeune Ascagne la chlamyde phrygienne :
Et Phrigyam Ascanio eUamydem*
Aeneid* III , v. 4^4* A quoi Servius observe ti Aut acu pictam. Hujus enim * artisperitos Phrjrges dieimus secundum Plauiunu Les Académiciens d*Herculanum| tome III , pag. m , distinguent la chlamyde éphébique souï le nom ÒìaUcula^ selon Ul* picn. Hesychius appelle de même les chiamydes thessaliennes. Mais nous observerons que ce nom peut convenir davantage aux chiamydes qui s*at tachent sur la poi- ' trine, qu'a celles qui s'attachaient sur une épaule.
(2) Le savant écrivain du Musée Fie-Giémentin appelle
log Le vase et la tasse dont se sert Ganimède pour
verser k boire aux Dieux , quoique une restauration moderne , mais dont on avait des vestiges suffisans dans l'antique, sont tellement propres k Ganimède, qu'ils forment son attribut distinctif^ comme cela s'observe constamment dans les monumens an-* tiques que nous avons déjà cités.
S nous semble que tout ce que nous avons fait observer jusqu'ici, doit suffire pour prouver la ressemblance de cette statue avec Ganimède , au lieu que de le nommer Hylas , comme l'ont fait quel* ques-uns, ce ne serait pas une conjecture vraisemblable. Hjlas portait de l'eau à Hercule tourmenté palla soif, et il ne peut en prendre, ni la lui verser. Conmient donc accomoder ce sujet avec une figure qui a un vase plein d'eau qu'elle répand? Nons n'ignorons pas que l'on trouve sur Iesrac« d ailles grecques quelque figure d'un fleuve débout versant de l'eau, et qu'il est représenté sous la forme d'un jeune homme , comme le sont tous
les cblamydes des figures de Ganimède chiamydes de chasseurs; ou en voit revêtues toutes les figures de chasseurs sculptées sur un bas-relief; entre autres monumens à citer I donné par Dempster^ pi. XLVII. Comme on voit presque toujours Ganimède portant cette chlamyde^ de même que d'autres héros qui^se donnaient k la chasse, en en tire encore plus la preuve que Ton se servait de la chlamyde dans cet exercice. Ganimède est appelé continuellement chasseur par les poêles :
Hinc Phygùis fulvis venator tolUtwr alis.
Stat. > Theb. Ij y§. i48.
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les fleaves non navigables (i). Maïs ncms ne con<* naissons aucun de ces fleuyes dont la beauté soit devenue assez célèbre pour pouvoir imaginer qu'on l'ait représenté dans notre statue.
n nous reste quelque chose à dire des caractè* res grecs , qui sont gravés sur le tronc qui soutient la statue; ils sont assez incorrects et trèseffacés. Si nous voulons les considérer tels qu'ils paraissent, c'est-à-dire par ce mot OAIArMOD, nous ne savons h quel nom l'appliquer; mais supposant la cinquième lettre altérée et la réduisant à un I, on pourra lire OAIAlMOSy et croire que Phédime est l'artiste qui a £adt cette figure (3). Quelques recherches que nous ayons faites
(i) Pour dire en passant quelques mots sar un sujet,
dont nous aurons occasion de nous entretenir ailleurs, nous renvoyerons nos lecteurs pour les images des Fleuves débout, et sous la figure de jeunes garçons, aux notes du traducteur de la mythologie de Banier^ imprimée à Napies, tome I, page c65 , où Ton verra les fleuves Ipsa et Grisa. repre'sentës débout, et le fleuve Acis sous la forme d'un jeune garçon couché^ comme aussi d'autres tctes également de fleuves , étant des jeunes garçons.
(2) Ce Phédime n'est pas dans le nombre des sculpteurs dont parlent Pline ^ Pausanias , ou d'autres écrivains, de sorte qu'en conséquence il n'est pas question de lai dans les ouvrages des modernes qui ont compilé les noms in-» diqués de tous les anciens artistes ; et c'est la première fois qu'on le trouve gravé sur une sculpture.
€e nom de Phédime en langue grecque ne signifie que Illustris, Clarus. M. TavocatFea^ déjà cité, a rapporté^ dans sa relation de son voyage à Ostie, page 54 ; n» i , plusieurs exemples de ce nom^ par ex., dans un poète
Ilf parmi les noms des ardstcs , nous n'en avons pu trouver un pareil , quoiqu'il fût en usage chez les anciens d'écrire le nom , et qu'on en trouve quelque mémoire dans les inscriptions grecques. Nous pourrons donc seulement, d'après ce modèle charmant de sculpture , ajouter un nom nouveau dan» le catalogue des anciens sculpteurs grecs.
Addition des Auteurs.
Nous ne pouvons trop nous arrêter sur une sta* tue qui se fait remarquer par son élégance grec* que , et on ne nous fera aucun reproche si nous ajoutons quelques observations à ce que nous avons déjà dit sur son sujet. Nous avons observé eu lisant Eratosthènes (i), dans le chapitre 26, que selon quelques-uns ^ le Verseau , signe * céleste , était le même que Ganimède : Nonnulli volunt hune ( Aquarium ) esse Ganjrmedem. Il dît en outre qu'il ressemblait dans son image à quelqu'un qui verse du vin : Simulacrum ^idetur simile vinum fundenti. Il ajoute enfin une par^ ticularité qui convient à notre statue , en disant pardcuKèrement , que de la main gauche il versait de l'eau: Effusio vero aquae a sinistris fit.
grec dont parle Fabricias ) sur diverses incriptions de Gruter^ de Fabretti , de Maratori ^ enfin sur les inscriptions du Musée Gabino.
(i) V. Opuscula mythologica physica et etica, gr. lat. iHwmaê Gate) page 121.
lia
Après avoir parle d'un morceau antique si bien exécute , et «f uû sujet que tant d'artistes célèbres de la Grèce ont traité avec grâce , il n'est pas hors de propos de dire , que nos artistes modernes ont aussi déployé leurs talens sur le même su-» jet. Nous ne parlerons pas du Titien, qui s^est distingué par son style sublime dans son tableau qui représente l'enlèvement de Ganimède ; mais nous ferons l'éloge d'un artiste de nos jours , auquel nous tenions par les liens de l'amitié, et à la mémoire duquel nous sommes attachés. Dans le tome II des Memorie enciclopediche romane sulle belle artiuntiche, etc., page £55, on parle d'une charmante composition de feu Gaspare Capperoni, graveur en 'pierres fines, laquelle représente le jeune Ganimède assis , donnant ii manger à l'aigle de Jupiter. Cet habile professeur des beaux-arts , réuni au sculpteur, M. Antonio d'Esté , coopéra àia pubblication des monumens de ce Musée , dont l'explication a été remise à nos soins. S'il n'a pas eu le plaisir de voir mettre au jour ce premier volume, nous nous empressons de remplir un triste devoir en plaçant une couronne sur sa tombe , et en faisant partager au public toute la douleur que saperte nous cause.
Gaspare Capperoni naquit à Rome le 17 décembre 1756: son père, Dominique, de Civita reale , tenait un commerce de Droguerie. Le jeune homme , après avoir terminé ses études , se livra à ceUes du dessin chez le chev. Vincenzo Pacelli. U y fit des progrès si rapides, qu'après avoir ob-
ti5
tèâii qaatre fois le prix dans ^Académie du bu , il remporta en 1785 le premier prix de sculpture au concours Clémentin. Sa complexion délicate ne lui permit pas de se donner au travail du marbre , il choisit la gravure en pierres fines ^ et il prit Sv^ leçons de Francesco Alfieri sculpteur et graveur r sous ce maître il ne tarda pas à acquérir une réputation méritée. Ayant ensuite formé une liaison d'amitié avec Gavin Hamilthon, peintre écossais^ il sut, quoique jeune encore ^ se faire diriger par cet savant connaisseur des arts et de Tantiquiié; et ayant diaprés ses avis fait une étude profonde des médailles grecques, il parvint , nous pouvons le dire , à être inimitable dans le talent de la gra-* Ture , et à graver en relief des portraits et des té« tes idéales avec une grande perfection ( t ). Adonné & un travail assidu , il vécut concentré dans sa fa^^ mille ^ loin du tumulte de la société. L'étude qu'il avait faite du dessin le rendit aussi excellent con-* ìiaisseur en peinture , de sorte qu'en exerçant sa profession , il fit l'acquisition d'un grand nombre de tableaux , la plupart d'un rare mérite , et dont il retira beaticoup de profita
Après une longue maladie, contre laquelle ne purent rien les secours de l'art médical et le changement d'air^ il cessa de vivre le 1 5 décembre 1 808^
(i) Ou pourra lire Tindlcatioa de ses beaux ouvrages, et des curiosités qu'il possédait, dans les Memorie En^ ciclopedicke j dont on a parle ^ t. III; p. i36 j t. IV ^ p. 1^5.
Musée Chiar. Vol. I. 8
au milieu des larmes de sa nombreuse famille , pleuré par tous ceux qui le connaissaient et qui avaient admiré ses vertus et ses talens. La pureté de ses mœurs , ses soins pour élever sa famille y le rendront toujours un exemple à donner aux pères de famille et à ceux qui cultivent les arts.
PLANCHE XIL
MiNERTE Pacifere *.
En suivant l'ordre des divinités supérieures , après avoir parlé de Jupiter, de JTunon et des objets qui ont des rapports avec eux , nous allons nous occu* per de Minerve » née du cerveau de Jupiter (i).
Pbilostrate décrit une peinture antique où Ton vovait Pallas sortir tout armée du cerveau de Ju-* piter , que Yulcain avait ouvert d'un coup de hacbe, pour lui donner passage (2). Nous avons beau-
* Cette statue est de marbre pentélique de grandeur naturelle : ses bras sont modernes. Elle était placée dans les jardins de messieurs les comtes Giraud àMontorico, derrière la fontaine de V Acqua Paola. M. le chev. Vincent Pacetti l'acheta ^ et en fit la restauration avec beau^ coup d'élégance.
(1) Çallimaque^ in lavacr. Palladi, v. 334:
« La Déesse ne fut pas mise au jour var une mère ^ car elle sortit du cerveau de Jupiter ».
(a) Palladem autem armatam horrent, quae e Jovis capite nupererupit, Vulcani machinis aâhihitis ^ est enim ex earum numero securis. Philostrat. ^ Opera ^ ton^e II; page 83:^; Icon., liv. II, ch. XXV L
istìtip'de monumetis qui se rapportent à cette nais^ sance âiogulière. Elle est représentée sur une pa-^ tère étrusque , où chaque figure est distinguée par son bom(i). On la voit de même sur plusieurs lampes antiques (2)5 ainsi que sur divers bas«re-« Kefe (3>
Cette étroite union entre Jupiter et sa fille' fit que dans l'ancienne Grèce oh réunit très-^souvent leur culte ; selon Pausanias (4) > on voyait dans plu«
(i) Cette belle patere se voit dans Gori ^ Mas. Etr. ^ ti5me I^ pL CXX 5 dans Dempsteti de Etrun Reg., t. î^ page I y interprète' par Passeri , Paralip, ad Demp. , p. 19 j comme dans Fabretti y Inscript, y page 558. Monseigneur Pierfrancesco Foggini l'a expliquée dans une dissertation particulière^ insérée dans les essais de TAcadëmie de Cor-^ Ione , tome II y page 95. Finalement Tabbë Lanzi Ta reproduite dans son ouvrage savant sur la langue étrusque^ tome 11^ page 191 ^ 6t il a fait les plus beureuses observatloùs sur les caractères qu'on y voit graves.
(a) Passerius Lucetnae FictiL , pi. LU. On voit sur cette lampe rare , Pallas en l'air^ au moment où elle vient de sortir de la tête de Jupiter. Gé Dieu est assis entre Vulcain qui tient la bacbe , et utie autre divinité; qui est peut-être Junon y surprise et admirant cette naissance.
(5) Winckelmann, Mon. ant. ined,, tome II, page 5, parle d'un sarcophage ëtràsqne sur là face duquel ëtaît de même reprësente'e la naissance de Pallas : et il fait Ve'Ioge d'un bas-relielf existant dans là lUaisòn Rondinini sur lequel se voit le même sujet.
(4) Pausanias décrit plusieurs témj^les comniutis à Ju-' piter et Pallas. In Piraeo vero quae spectdntur haec sunt Jovis et Mi'neryae janum. Pausan. , liv. I , ch. I , p. 3 j le même^ liv. Il, chap. XXIV ^ page i65 5 et lir. V,
1 IÇ
sieurs lieux le simulacre de Jupiter uni k celui de Minenre. Comme la religion payenne donnait à Pallas diverses, attributions , et qu'on l'adora dans tant de villes plus que toute autre divinité , on observe une grande variété dans ses simulacres très-multipliés, et elle fut de même vénérée sous beaucoup de noms (i).
XJn des simulacres de cette Déesse , le plus ancien ) dont parlent les poètes et les historiens, ce (ut le Palladium de Troye. On a beaucoup varié dans
rh. XVII, page 4^9 > ^t Ht. X^ ch» V ^ page 808^ et ddtis d*autre6 lieux.
Horace place Pallas aux càle's de Jnpîler
Proximos ilU tamen occupavit Pallas honores.
Horace^ liv. I^ Carm.jOà» XIT; v. igv
On voyait aussi k Rome dans le temple de Jupiter Gapitolîn la statue de ce Dieu au milieu de Pallas et de Junon.
(i) Si Ton veut consulter Pausanias seulement^ on trouvera que Minerve eut beaucoup de noms qui prenaient leur origine ou de différentes villes ou des attributions qu^on lui donnait. Beger^ tome I du Musëe de Brande* bourg, cite beaucoup de ces noms ^ Noël Conti en a rapporté beaucoup k la page 5o5. Les diverses manières dont Pallas est représentée sur les anciennes médailles grecques ne sont pour la plupart que des images de cette Déesse qui ont rapport aux lieux 011 elle était adorée. Il existe aussi quantité de figures de Pallas^ différentes entre elles^ sur les médailles romaines ; et qui avaient des rapports avec les différens temples qui lui étaient consacrés. Le nombre considérable des statues et de bustes de cette Déesse y qui nous sont parvenus ^ donnent la preuve de la justesse de l'observation.
les descriptions de cette image ; quelques-uns assurant qu'elle était assise , d'autres débout lançant sa pique d'une main, et de l'autre tenant la que« nouOle et le fuseau. Il paraîtrait cependant que généralement tous les artistes anciens l'ont représentée avec une lance et un bouclier rond ou argolique^ dans une position roide et dure, et qu'elle semble se terminer presque dans la forme d'un hermës, comme étaient tous les dmulacres religieux des Ta^ yens Ae l'antiquité la plus reculée (i).
Mais il serait trop long de parler de toutes les statues de Pallas dont nous trouvons quelque souvenir dans les anciens écrivains, ou sur des moli umens encore existans , restes des arts de la Grèce, et de Rome. Toutefois nous pouvons assurer à nos lecteurs que cette première statue , que nous leur présentons , est ornée de beautés peu communes.
La pureté de ses formes, la noble simplicité de ses vétemens, doivent la placer indubitablement parmi les ouvrages grecs , au moins pour l'invention: sa tête est année d'un casque simple, sans crinière, sans autres omemens qu'un rameau d'olivier délicatement travaillé (a). Quoiqu'en général
(i) Noos parleroni plus amplement du Palladium dans les discours sur la planche XX de ce volume*
(a) Apulée^ liv. X des Metam. , page ^53 .... Mi" neryani , caput contecta fulgenti galea, oleagina corona tegebatur ipsa galea, Pascal.^ dans son traite De Coronis assure , liv. YI ^ ch. XVII , p. 594 / que l'on offrait les sacrifices à Pallas avec le front couronné d'olivier , et cela fut observé par Domitièn. Selon Yalerius Flaccus^
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les statues de Pallas soient revêtues d'une tunique courte et relevée , cependant on les voit rarement éans la formidable égide , comme dans la statue présente ; de sorte que si sa tête ne lui était pas conservée , on eût eu des difficultés à l'attribuer à ( I ). Mais aussi cela nous £aât croire que ce
lîv. lU , y*^ 4^4 > la couronne d'olivier était le signe de la chasteté :
Tempora tum i^ittîs , et suplice castus oliva
JrnpUcat»
Et par cette raison Tolivier convenait à Pallas.
(i) I^ous avons déjà rapporte' quelque exemple de Pallas sans armes ^ dans nos explications discours VIII^ p. ^a, n. (3). Il nous suffira d'indiquer présentement d'autres juonumens qui ne nous offrent cette Déesse qu'avec le casque pour arme. On peut les voir dans la Galerie Giustiniani ^ toqae I ^ pi. 4 y ^ î su tome II ^ pi. 65^ i3i ^ '1403 dans les Monum, ined, de Winckelmann ^ n. 18 et D. 1 1 1 ; dans le Musée Pie-Clémentin , tome III , planche •XXXVII. Quoique le commentateur ait supposé que .dans cette figure et dans d'autres l'égide ^tait sous le vé« temente elle nç manque pas cependant dans notre statue , et hieii souvent les poètes décrivent la Péesse se couvrant de cette arme pour combattre.
Mais ce qu'il est bon d^observer pourtant, c*est que la Minerve Pacifere représentée sur les médailles impériales est également sans égide ^ comme on peut le voir sur la grande médaille de Glodius Albinus citée par Vaillant, Num. Imp. Selectay tome II, p. 161 , de même que sur celles de Marc-Aurèle, de Commode , de Septime^ publiées par Agostini^ Dial, , page i43, quoique sur ces dernières Pallas ait encore la lance et le bouclier. On voit sur une médaille de Marc-Aurèle, encore jeune, une Mi* nerve casquée , avant une chouette dans la main droite, |ine lance dans la gauche ; à ses pieds est son houcliery et ce|>eQdant c'est encore une image de Minerve Pacifere,
"9 marbre reprësente xxùt HCnerw Pacifere , la protectrice des sciences , et non la Déesse terrible de la guerre. Aussi est-ce avec discernement que Tar^ liste ne lui a pas mis dans les mains la lance ni reçu, mais la chouette, symbole qui convient à la Déesse de Tétude.
Tout le monde sait que Pallas ayant chassé la corneille à cause de sa loquacité, fit choix pour son favori de Toiseau de la nuit , parce que ce temps est propice aux études sérieuses des sciences. Athènes la savante mettait sur ses monnoies , et partout, la chouette de Pallas; et on la voit très-souvent ou aux pieds de la Déesse , ou dans ses mains , sur les bas-reliefs et sur les médailles anciennes , quand le temps n'a pas détruit les symboles , ce qui n'arriva que trop souvent aux sta^ tues (x).
(i) Qu'on ne croye pas que ce soit inutilement que nou$ nous occupons de la chouette , symbole mis k notre figure dans des temps modernes , cela serait en effet inutile si ce symbole n'avait pas été copié d'après d'autres monumens antiques., et s'il ne convenait pas h Minerve, JLe savant écrivain du Muse'e Pie-Clementin en a déjà dit assez sur les motifs qui avaient rendu cet oiseau cher k Minerve ^ il avança pour cela des raisons qui avaient été inconnues jusqu'alors , mais qu'il puisa dans les anciens auteurs. On voit une chauve-souris volant au dessus de la tête de Pallas dans la très-jolie figure du Musée Florentm, tome UI , pi. ^llj, et encore mieux dans le Musée Étrusque, tornei; pi. XX^UI^ où le monument semble donner l'explication d'une expression d'Aristophane j, -qui dans sa comédia intitulée Aves, p. 3^^ v* 5i4; ^i^
L'olivier , cet arBre que Pallas a fait naître pour
que les oiieaux consacre» aai diriniiés se voyaient ^urla tête 4c« Dieax eux-mêmes.
Jupiter illô qui nunc regnai
AquUam avem gerît in capite , ut qui rex sit j, Ejusquô filia noctuam , Apollo vero ^ tamquam famuhis accipitrem.
Cependant Tancien scoliaste dans la note sur ce rer», fait le conimentaire de notre statue , en disant que c'était la costume de représenter Jupiter avec un aigle surmontant son sceptre , et que la statue de Pallas , appeie'e Ductrix j avait dans sa mains la chouette : voici ses pa-rôles : Opfiv BjlJOf ix r^ç n6(pa^tiç. Avem gerens in capite* » Oportuit dicere s in sceptro s Ita enim Pin* darus » £t>^£i Y a irnïixlpm Aioç. « Dormit kaec in sceptro Jovis. » yel quod in capite cujuscumque Dei eas aves f quae Us consecratae erant ^ constituere solebcuit^ Minervae at^tçm Archegetidis simulacrum noctuam hahebat in manu. Apollo contra accipitrem tenebat , utpote scilicet divinatoriam avem. , et ipse tamquam, Jovis famalus 'j quum accipiter aquila ipsa minor est.
Une Pallas en bronze du Musée KIrcker, citée par Winckelmann ^ Pier. grav. de Stosch , page 65 , est représentée de la même manière ; elle est de même sur la cornaline que l'auteur indique annnm. aio. La jolie petite statue de Pallas également eq bronze que l'on voit dans la Collect, Ant. Rom^ de Borioni ^ que Rod. Yenutî^ à la pi. XlXy pensa être une Agrippine Hfinor sous la figure de Minerve^ a aussi une chouette dans la main. Sur une médaille d'Athènes publiée dans V Histoire de TAcad. A. des Iscr. et Belles lettres , tome I ^ page agi , num. VI, éd. in-i 2^ Pallas est représentée avec une branche d'olivier dans la main droite, et la chouette dans la gauche. Pâma les médailles grecques impériales de Vaillant sur les mé^ daiiles des ha^itai^s d'Alga ti àt Cotiaeum daps Agri|^
être utile aux hommes (i), est, eomme on sait , le symbole de la Paix (a) j et le rameau qui orne le easque de cette statue , nous a dëcidtSs , en outre des autres motif» dont nous avons parlé , à lui donner le nom de Minerve Paeifère«
Il est nécessaire de faire quelque remarque sur le casque de cette Déesse. Il a la forme du crâne ^ il est garni de deux ouvertures conune les yeux , afin qu'on puisse l'abaisser en avant et former la visière. Ces casques si simples se trouvent dans les images de Mnerve et sur les figures militaires d'un travail grec (3)r
pine Major j page i5^ est indi<J[iiëe de même. On peut en voir d'antres exemples dans Pellerin y tome II , Peup. et ViL y pi. XLVII , n. 7}. Mélange y tome I , pL XIY^ nam* 8.
(t) Qaoifne les anciens ayant raconté de différentes manières le combat entre Pallas et Neptnne ^ cependant tons conviennent qae Pallas fit naître l'olivier. Pansanias^ Kv. I^ cb. 24 > psgeS? y décrit une figure de Pallas |^ et dit : Prima olêae plantam Minerva proferens.
(a) Nous citerons ^ ce snjei quelques vers des anciens^ poètes
Circuit extremas oleis pacalihus oras
Ovid, ^ Metam.-yi, v. loi.
Paciferae^pie ramum praetendit olivae
"Virg, , Aen. Vili > v. 1 16.
(5) Ott voit généralement dans les ouvrages grecs Pallas anec le casque dans la même forme qu^ celui de notre statue. Le buste colossal de la même Déesse ^ qui a été autrefois dans la Yilla Albani ^ et qui se trouve lAaîntenant au Musée de Paris ^ avait le casque dans le Tl^^ine g<nre , et on le yoît de la même forme daps plu*
Quelques ^erìvaiiis ont cru, êk Ferrari (i)^ pou* iroir donner le nom de tunica pectoralis au vé*
«îenrt grtvtires de monumeas grecs ^ comme dans celle d'Antiochus rapportée par Gorî , Inscript. Etrur, , tome I , pi. \ , n. IV 5 dans celle rapportée par Mariette y Pier, ^av. , tome II , p. II ^ n. 4 ; dans celle d*Aspasie citëe par Winckehnann , Mon. ined. ^ tome H, page i43. Ge même écrivain remarque que cette partie du casque qui était saillante sur le front , s'appelait subgrundium ^ parce que cette partie faisait au casque et à la tête le même effet que là goutière fait pour un toit. Dans un autre endroit il prévient^ p<^ge i8i^ que Ton rabaissait ces casques sur le front, ce qui formait ainsi la visière. Nous ne nous rappelons pas d'avoir vu aucun monument qui nous démontre cet usage , et nous ne pouvons qu'indiquer une très-petite statue en bronze du Musée Obisi da Calai j qui nous l'indique. I^ons produisons dans la planche du supplément ce combattant^ d'un travail asses médiocre y dont la tète est couverte d'un casque de la 'forme dont il est question ; il s'en sert puor visière , e€ les yeux de ce casque lui donnent la facilité de voir en se .battant. Dans le Journal des Monumens inédits^ 17^7^ mai y tome lY , pi. III f on voit le dessin d'une terre cuite ou est un combattant dont le front est couvert d*une visière 'y mais il semble plutôt être un combattant d'amphitéà* tre qu'un guerrier ^ comme l'a indiqué l'éditeur^ pi. XLIII. (i) Ha plu à monseig. Bottari de lui donner ce nom, dans le discours sur la planche VII du tome III du Musée Gapitolin , mais Ferrari parle plus des habillement d'hommes ; et romains^ même du bas empire; que des habillemens des Grecs > d'où il parait avoir mal à propos donné ce nom k la tunique supérieure de Pallas. lïous ne croyons pas non-plus devoir l'appeler Colascium comme celle que Winckelmann a remarquée sur le vase où est représenté le jugement d'Oreste , tornella p, 307^ parce
ia5 teroent supërienr; mais il nous paraît que ce n'est que la tunique courte ordinaire dont nous voyons revêtues Pallas et les autres divinités du même sexe. l/Vinekelmann nous montre un vêtement pareil dans la Pallas du bas-relief des noces de Thëtis et Pélëe ( I )• Cette tunique supérieure , et celle de des* sous, sont travaillées à petits pHs ^ conmie dans les figures d'un ^tyle grec ancien (s).
La chaussure de la statue n'a rien de particu* lier , ses pieds sont presque en entier couverts par cette longue robe qui est propre à cette Déesse, laqueUe dans toute sa personne conserve ce maintien virginal , qui est son caractère distinctif,
PLANCHE XIIL
MhHERVB ARMEE \
Fort heureusement les différentes statues de Blinerve, dont ce Musée est enrichi j nous offrent
que celle-] k n'est pas retenue par la ceinture , mais qu'elle est libre et flottante^ et qu'on dit qu'elle était de feutre , par conséquent peu propre à former des plis fins et souples comme on les voit dans notre statue. Nous ajouterons seulement que Gorî dit que la ceinture de Minerve était de laine ^ parce que cette Déesse était l'inventeur des ouvrages en laine.
(i) Wincl^eliiiann ; Monum. ined. , tome I > pi* m»
(a) Winckelmann ^ Le, tome I, pi. 5, i5, 17, etc.
* Cette statue a sept palmes de hauteur ; elle est de
marbre pentéiique. Sa téle' est antique^ mais rapportée ;
les braS; le bouclier et les pieds sont modernes. Elle fat
toutes des partictilaritës dignes d'être <^servées , et qui ne sont pas commiuiei dans les monumens anciens. La Déesse guerrière se montre ici ayee simplicité comme la première : on voit sur sa iGgure un air plus fier , mais cependant elle conserve encore cette tranquillité qui annonce une divinité exempte de passions ; alors cette fierté devient noble et m£me divine.
Le casque est simple, la lance et le bouclier étaient indiqués dans le mouvement du bras et par beaucoup de monumens antiques semblables. Les manches de son vêtement sont attaché» sur les bras par des agrafTes. Nous avons déjà dit ailleurs qu'Elien attribue cette manière de se vêtir (i) à la délicatesse des femmes athéniennes. Mais en voyant les manches ainsi attachées à Palla$ et k plusieurs Muses , nous croyons que cette mode était généralement en usage chez les femmes grecques , car on u accusa jamais Pallas d'avoir un esprit porté à la légèreté.
Mais la singularité la plus remarquable dans notre figure c'est la bande qui descend de dessus l'épaule droite sur le flanc gauche. Ce doit être le baudêier qui soutient le parazonium ^ Tépée»
autrefois dans la ViUa Montalto^ ensaire dans celle Ne> groni , et elle passa ensuite avec d'autres morceaux daos les maÎDS de M. Jenkins , duquel M. Carlo Albanici eu fit l'acquisition ; ce fut lui qui la restaura avec intelligence.
(I) Elien, liv. I, ch. XVÏII^ voye* la pi. VII, p.6fi; note (8) de ce volume*
£t que Ton voit quelquefois ceindre Pallas. Sur deux pierres gravées du Musée Stosch Pallas est armée du parasonium , et c'est alors , que , selon Winckelmann , on doit la dénommer Pallas armée , car, ajoute ce savant écrivain, cette épithète ne peut s'appliquer au casque, à la lance et à l'égide, qui: sont ses attributs toujours indispensables (i).
II n'y a que très-peu de différence dans l'habillement de cette figure avec la précédente, n'ayant toutes deux qu'une robe longue ^ et une tunique courte par-dessus. On remarque la même légèreté gracieuse dans les formes , et cette simplicité , qu^oa ne peut trop admirer, dans la composition des plis , enfin cette expression juste qui indique avec peu de chose tout ce qu'il est nécessaire d'exprimer dan» le sujet. Qu'on lise la description que Maximus Tirius nous a donnée de Pallas , en parlant de 1»
(i) WinclLelmann , Pier.grav, de Stosch ^ pag€ 61^ remarque que Pausanias ^ liv. IX ^ chap. XVIl^ P^gc ?4^> donne à une Pallas le nom de ^QaTTipta^ ce qui veut dire Acclngens se , ou qui s'arme j et il croît avec raison devoir appliquer cette ëpithète aux figures de Pallas qui ceignent le parazonium , telles que les deux qu'il décrit dans cette collection sous les numéros 197 et 198. Quoi* que CCS monumeas anciens suffisent à prouver que Pallas quelquefois porte le péirazonium ou l'épée , nous pouvons cependant la démontrer par un passage d'Albricus qui dit y ch. VIH^ de Minerva^ page 5ii : Haec enim pin* f^hittur a poetis in sinUlitudinem unius dominae arrrutr tae lorica y et gladio accinctae* Gesius j CoeL Astr. Poet,, page i3i ^ donne sans aucun fondement à Pallas le sur-, nom d'Armée lorsqu'elle tient un- foudre.
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statue de iPhldias , ei Ton y trouvera la descriptioit de notre statue. Il dit que cette Déesse est une belle vierge d'une stature haute ^ ayant un casque , une lance et un bouclier (i).
Tout bien considéré dans cette figure , nous som-* mes persuadés qu'on doit la regarder, comme la précédente, pour un monument des arts de la Grèce. lia fierté sévère, mais noble, de sa physionomie, son maintien majestueux , le jet grandiose et naturel de ' sa draperie ', tout peut offrir k bon droit , dans cette figure 9 un modèle à imiter pour les artistes.