PLANCHE XXV
Vénus *.
La charmante statue que nous voyons ici, con^ YÎent fort bien à la mère de l'Amour , à la Déesse
voir k la pl*L, num. 21^ 24- La couronne que Ton voit dans les autres médailles sur la tête de Neptune j peut être faite de toute espéce de feuillage en usage parmi les vainqueurs des jeux ëquestres^ comme Pache ^ le laurier^ l'olivier. Pascalîo^ page 44o ; assigne à Neptune /particu* lièrement, une couronne de pin , mais nous ne nous rappelons pas d'avoir vu d'anciens monumens qui noii^ la montrent telle. Quoique le très-savant Spanhemius ait répandu tant de lumières surJa numismatique^ etdan^tous les genres d'ëmdition y il s'est cependant trompé eh prenant pour une tête de Neptune un hennés de satyre y page 396 du tome I du liv. précieux ^ de usu et praest». Numism.
(1) Beaucoup de médailles des familles romaines qui portent la tête de Neptune se trouvent dans Morelli^ Thés, fam. Rom. CREPEREI A, n. l, page i45 5 POMPEI A ^ pi. Il, n. TV, page 338. Vaillant offre différentes figures de Neptune parmi les médailles des colonies romaines ^ comme dans celles de Patras y de Corinthe y de Berjtu , de Troas y etc. On les voit spécialement dans lès médailles romaines sur les revers de celles d'Agrippa et d'Adrien.
(i) Winckelmana , Pierr. grav> de Stosck., du n. 436 au 451.
* Cette statue a de haut six palmes. Elle a été formée par la réunion de trois morceaux antiques > c*cst-à-dîre
Musée Chiar. y ol I. 14
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des Plai^rs , à la souveraine des Grâces. On a rétabli ce simulacre par une resianration adroite*» meut faite, qui n'a ni outré laction, ni altéré le mouvement dans aucune partie. Aussi nous allons en parler comme si elle était entièrement antique > puisque les parties qui la composent le sont 9 et que toutes avaient appartenu, avant d'être placées ici^ à ^'autres statues antiques de Yénus (i).
d'une tête en marbre grec, d'un torse ^ etd'uuebase en* marbre pentëliquei à laquelle étaient jointes des cuis* BtSj des jambes, et une draperie: tous ces fragmens appartenaient k des statues de Vénus. Les bras sont modernes ainsi que les pieds , et il reste des tasseaux à la draperie. Elle appartenait à M. Camille Pacetti, sculpteur acadëmîcieu^ et directeur de l'acadëmîe royale de Brera a Milan, (i) Notre opinion est que ce marbre ne représente pas Vénus naissant de la mer^ car Vénus Anadyomène est ordì* nairement représentée ayant les cheveux entièrement cpars, et non en partie ajustés comme dans cette statue. Les anciens poètes nous ont dépeint tons les soins que cette Déesse apportait k sa chevelure, et nous en avons indiqué quelques-uns k la page 35 de ce volume. Nous avons beaucoup de monumens antiques qui la représentent occupée de sa chevelure. Il y en a dans la CoUectanea de Borioni f pL 35. Dans le Recueil des Antiquités de Caylus, dans le tome II, pi. XLllI, n. II, on trouve une très-belle gravure d'on travail grec , dans laquelle Vénus, sortant du bain^ arrange ^^t cheveux^ devant une base qui soutiefit un vase de parfums. Gorî, dans le tome second des Gemmae Musei Fiorentini , a donné dans, la pi. XLI, num. Ili, une Vénus nue^ qui avec* les deux mains pare sa chevelure, tandis qu'un Amour lui présente un brasselet , et nn autre vase à parfums»
ait Dans cette figure la Décâse est représentée sortant d'un bain , et répandant des paifums sur ses cheveux, qui étaient ornés avant par des bandelettes, et peut-être méoie s^occupeH-elle à répan* dre ces parfums sur ses membres délicats (i)» On retrouve sur sa figure ces traits aimables , sous lesquels les artistes grecs se plaisaient h la re* présenter (â). Les cheveux, noués sur le haut de la tête, conservent le même ajustement qui lui est particulier , quoique plusieurs tresses tombent sur ses épaules; et elle en soulevé une agréablement >' pour la couvrir du parfum odoriférant dont est plein le vase qu'elle tient de la main gau« che (5).
(i) Athéaëe , liv. XV ^ p. 687 ^ dit que Sophocle appelle Vénus :' Unguento perfusam : et observe de plus que Venus se distingue en cela de Pallas , puisque celle-ci ne se frottait pas d'huile ^ comme les athlètes , et que Tau* tre ne se servait que de parfums odoriférans.
(2) On donnera dans l'explication de la pi. XXVII plu-^ sieurs notions générales sur Vénus et sur ses images.
(3) On appelait les vases qui renfermaient des parfums alabûstraf parce que très-souvent ils étaient fabriqués avec ce marbre que l'on croyait plus propre à les conserver^ conune dit Pline ^ Hist. Nat. y liv. XIII «sect. XlI^t.III, page 60 9 1. a5. Unguento optime servaniur in alabastris. Le même en parle plus longuement ^ liv« XXXVI, sect. XII y tome V j page sqS , h g y en traitant de l'Ouychite -y non la pierre précieuse y mais le marbre. Hune alii/ui lapi^ dem alabastriten vocant y quem cavant ad vasa unguen^ taria quoniam optime servare incorrupta dicitur. Strabon parle de ce marbre au liv. XII, p. 54©. Dicitur etiam crjrstalli tabulas^ et Onyahitis lapidis y prope Galatiam in-
SoQ corp* 'e*t entièrement nu; mais une dnperie flottantej qu'agite un léger léphir Ini couvre par derrière les cui&ses et les jambes, et en avant elle est rattachée par un noeud , qui rend la figure décente , sans rien òter aux formcE itt hanches, des cuisse» et des jsrabes, qu'elle remavre à peine. Cette draperie (t), sert ausnde support
ventas fuisse ab us , qui Archelao m»taUa effoàiehaïa. II semble cependant que lo carrières de ce marbre él»i»l en Egypte; auMÏ le très-savant Blasîus Ctriophilutdaiu» Ì3ÌMertation de antiguis mamtoribus , findohtnuu iix, page 93, le met au nombre des marbrei del'^p>*,t( aote que les vatei d'albitre étaient regardas conaïc luu choce trèï-recherchrfe ^ puisque Gambise , selon BiioòeU, liv. III, ch. ao, mit parmi les don» qu'il enYoyiiniM d'Ethiopie an unguenti alabastmm. Il j avait dïni I« Troade une ville appel<fe AUthastrum , qui donna , «l»» Pline , ton nom k celte pierre. Cependant la Crèce et nrfw l'Italie , de nos jours , donnent de trii-beans albltrti , C pour indiquer seulement ceux qui sont tire» dam «» "•' virons de Rome, nous parlerons de celui d'Orteqai P^*' rivaliser en beante tout l'albltre qai vient de l'OrieBi; celui du mont Circ^, qui est propre à la scalpine ' ^ )ni de Civitavecchia, qui produit des masses d'aoctragrande étendue- On voit dans le Mus^e du cardinal B^ fpm beaucoup d'aoinanx et de coupes d'un alblire w brillant, maïs barbarement exécutas en Orient- Bfaiip°*' en revenir aux vasea d'albitre destinés ^ conserver M parfnms, nous ajouterons que le voyageur tris***" M. Edouard Dodwell a apporté avec lui, dese»voT»ï« en Grèce et en Aiie, beaucoup de ces petit* vaK>"* 4rii-bel alb&tre, qu'il a fait retirer des tombeaux aa|"""
près d'Athènea et aillears, et peut-être y avaieoi
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enferme* avec des cadavres de femmes grecqoes-
(1) Cette draperie parait, tuivaut U manière
dont*!'*
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ìl cette statue , sdi^s qu'on ait eu besoin d'autre , et la grande quantité de plis fait ressortir davai^ tage les contours du nu. La masse de la draperie, en s'élargissant vers la partie inférieure, donne un air de légèreté bien plus grand aux bras , qui sfins cela sembleraient un peu lourds.
Les statues de Vénus sont très*multipliées et variées entre elles; mais toutes se trouvent répé-. tées par les anciens artistes mêmes, qui se sont disputés entre eux pour représenter la Déesse de la beauté , et pour faire briller tout leur talent. On en trouve un si grand nombre , que Ton pçut croire qu'en outre de celles qui ornaient les temples, chacun avait lé désir d'en avoir une dan^ son habitation ou dans les Lararia paiticuliers (i). La nô-
est nouée , de forme carrée ^ d'oii elle se rapporte avec celle qu*oat cru semblable ceux qui ont écrit sur les vétemens des anciens. Selon Ferrari^ de Re Vest* j liv. f, c. XXXI ; in Graev. Tkes,,, tome VI, page 67a., on l'appelait SjrnthèreSj qui était un babit cenatorium , et qui se confondait avec le pallium , la iaena , la lacerna , la gau^ sapa y r endromides ^ la sindon , e(;c. Ces vétemens , dont on se servait autrefois pour les soupers étaient très-ricbes et ornés de la pourpre ^ spe'cialement selon le luxe des Romains, puisque Pétrone, page gS, les appelle t/e^/Zmenf^z Tyria 'sine duìno : ceux qui cependant servaieat à s'essuyer devaient être plus simples, quoique de la^méme forme que les babillemens cenatovi, et on peut les comparer à nos draps.
(i) Dans le traité érndit d'Emundùs Figrelius on parle de la quantité des statues^ même des Dieux^ que les anciens. B.omains avaient V usage de placer dans leurs maisons et dans les lararia domestiques. Gicéron dans le IV livre.
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tre n'est pas ordinaire; nous n'en connabsons qu'une
seule de ce genre, une polite en plomb assez ressemblante , que Caylus publie dans son RecneS d'Antiquités (i). La grâce particulière qui brille
contre Verres dénombre les chefs-d'œuvre des arts greci qa*il aTsit enlèves à C. Hjus Mamertinas pour les avoir en sa possession. Pline dans le XXXVI livre de YBist, nat. ^ cb. 4 et 5, décrit beaucoup de belles statues distant chez des particuliers dans les maisons et dam les campagnes. Yénus mère d'Enee était une divinitë particulière aux Romains , et par cette raison on avait pour elle une grande ve'nëration. Dans la maison antique qaeloo trouva dans la ville Negroni ; il 7 avait deux chambres ornées de peintures qui se rapportaient à Venus \ on peat en voir la description dans la Rome antique de Venub au tome I, page laS de la seconde édition. Il est àr^ marquer que dans la même maison on trouva tatt Vénus sculptée si parfaitement, et £un style si gradeux,^ MENGSf en étant amoureux^ voulut à toute farce en restaurer de sa propre main les parties manquantes» Oeavies de Mengs publiées par D. Giuseppe Nicola d* Asari; page LU de l'édition de Parme. Tacite aussi dans le livre I des Annales, ch«75, tome I, p. lag, prouve Tusap qu'on avait d'orner les campagnes et les maisons de stitues des honunes illustres et des Dieux. Il raconte qs^ Falanius fut mis en accusation pour avoir vendu ensemble une statue de l'empereur, avec celle d'un mime^ et an jardin , et Tibère repondit : Nec contra religiones feri, quod effigies ejus , et alia numinum simulacra, venditix^' bus hortorum , et domuum accédant.
(i) La figure citée ici est en plomb , haute de os^s pouces, trois lignes, dn peut la voir dans €ajlus; <»' cneil dAntiq. Bgypt. Etrus. Graeq, Rom. Gaul.f t. Hl; pi. XLIY , num. II. II pense que cette image avait seni k lin lararium d'enfant ^ y. page i68.
ai5 dans cette figure , nous fait juger qu'elle provient d'un orignal grec antique qui a été parfaitement bien imité par des sci^pteurs romains.