‹ Monumens du musée Chiaramonti, décrits et expliquésChapitre 41 sur 50 · PLANCHE XXXVI , XXXVÏÏ , XXXVIII ; XXXIX · texte numérisé non relu

PLANCHE XXXVI , XXXVÏÏ , XXXVIII ; XXXIX

Authìl ^Avec Vénus et Men ades dansant *.

Cet autel quatre, qui a été retiré des ruines de la ville de Gabiuiu^ devient très-estimaUe à cause

* Cet «ttlel eçt haut de deux palmea, onze onces. Large de deux palmes ^ onze onces ; et il est sculpté en marbre pentelique. Comme il est très-gâté et maltraité par 'le temps , il y a différentes parties des réparations en stoe et de petites restaurations*. Dans la face principale , qnet Fon voit pi. XXXVI , ce qui est moderne c'est la main gauche et la jambe droite, avec partie de la cuisse de la Bacchante qui est derrière Ye'nus. L'autre Bacchante a de moderne la moitié, avec la tète du quadrupède , et plusieurs parties de sa draperie. A la pL XXXVII il n'y a de moderne que quelque pli de la draperie de la première Bacchante, et la pointe du thyrse de la seconde. A la pi. XXXVIII la figure qui tient le tambour. flsi|tnque.&. moitié ; de même celle avec un thyrse, il laquelle manque aussi la main gauche ; elle a d'antique la moitié de la jambe droite. A la pi. XXXIX les deux Bacchantes avec un thyrse sont modernes, depuis la ceinture en haut La troisième n'a rien d'antique que la tête avec le commencement de la poitrine.

Cet autel avait été acheté par le chev. Vincent Pacetti / et il fut découvert avec d'autres morceaux antiques de Gabium , dans la ferme de Pantano des Griffi , par le célèbre peintre écossais Gavin Hamilton^ infatigable et heureux dans ses reeherches d'antiquités. Il garda ce fragment comme une chose rare p parmi tant de mooumens trouvés dans les fouilles^ et il le donna au chev. Pacetti en signe d'estime pour les fonctions d'expert cona-

des. figures dont il est oVoé, et il confirme plusieurs obseryatioDS érudiies, en même temps qu'il répand des lumières sur les arts anciens.

B faut d'abord remarquer que la Vénus, que l'on Toît sur la première face de Tautel, est trii- ' Taillée' de ce style dur et recherché , qu'on ap* ' pelait autrefois étrusque , et qu'on a reconnu dé- ' puis être une manière grecque , remontant à des ' temps très-éloignés. La ville de Gabium ne fut jamais crue d'origine étrusque \ au contraire tous les anciens écrivains qui en ont parlé lui ont donné une origine et un culte grec (i). De-là nous apprenons, par ce monument religieux , qu'on y a découvert que ces peuples avaient adoré , en outre d'une Junon très-antique (a), aussi une Vénus y sculptée dans la manière la plus ancienne.

mis par lui et par le prioce D. Marco Antonio Borghese jpour évaluer tout ce qu'on avoit découvert dans les excavations j et pour régler ainsi les conditions et la vente que ce prince, mécène des artistes , fit de tous les Mona« mens de Gabium.

(i) Gabium est regardée comme d'origine grecque par Volpi dans sa description du Latinm antique , et quoique cela ne soit pas confirmé par Strabon y liv. V^ p. a5*^ , cité généralement dans ce cas^ cependant Denis d'Halycarnasse l'assure dans le liv. I^chap. LXXXIV^ tornei, page 69^ 1. 39^ et cela est plus clairement indiqué par Solin ch. H, page i5^ G: Notum est . * . Gabios a GalatOy et Bio Siculis fratrihus constitutos. Il croit que le nom de Gabium dérive des deux noms abrégés.

(a) Le culte de Junon, très-ancien à Gabium; a été chanté par "Virgile , Eneld, VII , v. 68a ;

Musée Chiar. Vol. L 19

ago

Nous pensons que les images les plus ancien^

nés de Vénus la représentaient vêtue de longs ha<-

billemens , car telles elles se trouvent sur les mo-

numens , que nous possédons encore , du s^le le

plus antique. La Yénus du célèbre puits du

Capitole (i) est mnsi figurée, de même que. celle du

célèbre autel du palais Borghése (3) : c'est ainsi que

Pausanias nous décrit quelque antique simulacre de

Vénus (5); et il parait que c'était même l'usage

du temps de Praxitèle , puisqu'il en sculpta une

Quicumque arva Gahinae JunoniSj gelidumque Anienem y et roscida rivis Hernica saxa colunt.

On lit aussi dans Sîlius Italiens^ liv. XII ^ y. 557 :

Juxta Junonis iecta Gabinae.

Il existe peut-être des raines de ce temple de Junon, célébré par les poètes, dans ce qui reste de cette ville k la ferme de Pantano , comme on peut le yoir dans les monamens de Gabiom de la ville Pînciana ^ décrits par £nnius Quirinus Visconti. Le monde devra ces monument à la ffëpérosité du prince fiiarco Antonio Borghese, qni après les avoir fait tirer de dessous terre , les fit encore publier, (i) V. Mus. Copie, tome ÏV, pi. XXII.

(2) Visconti , Monum, Gahinif^h de supplément , 1. b.

(3) Pausanias , décrivant nne statue de Minerve qn'il dit très-antique, nous apprend qu^il avait la tête , les mains et les pieds de marbre , et que le reste élait en bois : yenerem lîgneam , et ipsam prisci operis Demophon fe* Cit» yeneris mamis , os, et imi pedes e lapide sunt. Paosanias , liv. VHI , ch. XXXl , page 665 ; on n'ajoutait des extrémités d'une autre matière qu'k des figures vêtues.

vêtue, et une autre nue, et que ses concitoyeus de Coos choisirent, de préféreuce à l'autre^ celle qui était habillëe ( i ) ^ ce qui peut faire croire que la seconde s'écartait davantage de Tusage ordinaire. De plus 9 on pourrait dire que l'on représentait particulièrement Vénus habillée lorsqu'on voulait la présenter dans son état paisible de divinité, tandis que les Yénus nous exprimaient toujours quelqu'une de ses actions , comme de sortir des eaux , de se laver les cheveux , de se retirer du bain , ou de se mirer dans une fontaine. Quoique les monumens grecs , de même que les médailles impéxiales (â), nous offrent quantité d'images de Vénus vêtues , cependant à dire la vérité , s'il n'était pas resté à cette figure un amour voltigeant autour

(i) Pline, au liv. XXXVI ^ sect, IV , § 5 ^ tome V, page 375 y raconte ce fait en parlant de Praxitèle. Duos fecerat simulque vendebat , alteram velata specie , quant ob id quidam praétulerunt , quorum conditio erat Coi , cum alteram etiam eodem praetio detulisset , severum. id et pudicum arbitrantes : Rejectam Griïdii emerunt immensa differentia famae.

(3) Nous ne connaissons pas de Venus nues sur les médailles impériales latines; la Vénus Victrix est seulement demi-nue , ainsi que celle avec Mars/sur les médailles de Julie , de Titus y de Faustine , de Caracalla , et d*autres empereurs postérieurs. Sur les médailles que de Bie a ajoutées aux Dialogues d'Agostini , traduits en, latin y et imprimés à Âuvers en 1617 , a la pi. 4o > °* ^» ^^' ^°^ Vénus entièrement habillée, au revers d'une Sabine , telle elle est ^ pt. 4^ ^ aux num . 3 et 3 ; sur les revers de Faustine^ pi. 5i , num. ^5 ; sur le revers de Crispîna; çt d'au^ très médailles postérieures.

d'elle ) et une fleur dans la main , on aurait pu la prendre pour un Bacchus en halit de femme, se reposant au milieu de ses compagnes qtû da&« sent. Mais le temps ne lui a pas heurensemeot enlevé ses symboles , et nous a laissé une repré- - sentation très-facile à connaître , et qui nous apprend quelques cérémonies peu communes de IW tiquité.

• Nous croyons qu'on peut reporter l'usage de cet autel à deux fêtes qui se célébraient en Thooneur de Vénus» ce sont les Adonies el les Tmades. Les premières étaient peut-être célébrées par les Grecs habitans de Gabium. C'était aussi pour ks Gabiens une mémoire de leur ancienne origine et de leur première religion. Les secondes fêtes pu* rent avoir lieu lors de la restauration de ceue ville, quand les Romains y firent construire tant de maisons de plaisir , et la rendirent brillante , après qu'elle avait été abandonnée et presque détruite (i]» Nous voyons dans les livres sacrés qu'il estqœs-

(i) Eddìus Quîriaus Visconti prouve jusqu'à révîdence, clans la description des monumens de Gabium dans b ville Pinciana , au commencismeût ^ que la ville de Gabium était revenue à son ancienne splendeur depuis le temps d'Auguste ^ et la conserva jusqu'il Gordien le ?iev^ Les images d'Agrippa , de Tibère , de Germantcas , ^^ Claude^ deNëron^ d'Adrien, de M. Aurèle^ de Sepliw* &?vère, de Caracallà ^ de Plaulilla , de Geta ^ de Gordîw le Pieux qu'on y a découvert, prouvent qu'elle reprit»* état florissant î de méiiie qu'en font foi les inscriptions a< Oabiuir» qui portent l'époque de Tibère^ citées dans loa* vrage dont nous parlons.

ùon 4^$ Adonies (i), et soit chez les éetÎTaîas (2)

(i) On lit dans Ezechiele selon la vulgate^ eh. Vllf^ V. i4 : El ecce ibi mulieres sedebarU plangentes AdorUdem. Si quelques-uns font rapporter le mot hébreu Thammuz à Osiris, cependant ^ comme nous le remarquerons, cela ne change pas la nature de la chose, puisque les Pajens eux-mêmes confondaient Osiris et Adonis. Théo- 4or«t avait également interprété le mot Thammuz par Adonis. Thammuz secundum graecam linguam Adonis est. V. tome 11^ page 34i ^ C.

(2) Quelques auteurs confondent les cérémonies de ces fêtes avec les fêtes d'Eleusis ; comme Tavance Wolfangus Lazi us dans la Grèce antique du Très, de Gron. , t. V(., p, 3555, D^ d'après l'autorité de Plutarque. Gio. Falsoldo parle très-au-long des fêtes d'Adonis , Defestis GraecQrwn înGron. Thés. , tome VII , page 537 ^ F; Pietro Castellano traitele même sujet dans le Trésor cité ^ tome VII, p. 610^ A. Meursius aussi dans sa Graecia feriata , Gron. Thes*^ . tome VII, page 706 , G, rapporte plusieurs passages d'auteurs grecs qui enparlenty comme de Théocrite^ de Mu- «eus, de Cratinus, de Dyphile ^ de Plutarque , d'Hésycbius. Ce savant écrivain conclut cependant qu'il y avait deux fêtes d'Adonis , Tune était de deuil, l'autre de joie. On dit qu'Adonis resta après sa, mort six mois avec Pra« serpine, et six mois avec Vénus» On célébrait à son rer tour des enfers la solennité du jubilés Procope Gaxea» l'explique ainsi dans Isaie , page 258 : f^erum cum ei ibî.ettam a P.ltUoms coniuge adamari eandem contigis^ se$ , anno in duo tributo, ut adolescente sex mensibus Divae alternis potirentwr intereasdem^ convenisse. Postesi vero cum id reversa amicis narrasset -, instituta festorum celebritate , sicut antea desiderium ahsentis luetu testati fuerant , eosd^m revertenti esse gratulatos. Cyrille d'Alexandrie, au même livre II d'Isaie, confirme cette opi^ nîon* Graeci hinc taie festum excogitarunt , ut se cum Venere , jvopter Adonidis mortem moesta condolere e%

grecs, soit chez les latins (i), elles se rapportent à la moit d'Adonis , tué par la dent du sanglier dans les forets dldalie. On les célébrait aree des signes de douleur , en poussant des hurlemens , et par toutes sortes d'actions désordonnées (2). Ces

' iugere : Redemtti autem ex orco , et inventum esse centi y quem guaesiverat gratuiari, et una exultare sintularent. V. tome II , page 275.

(1) Ammien Marcellîn^ liv. XXII^ ^^-Qy fait mention de ces fêtes. Lampridiiis aossi dans He'Hogabale , Vf ^ page 807 j dit : Salnmkoneni etiam omni pianeta et jactatione Sjrrmci cultus exibtiit. D'ailleurs nn passage de Macrobe pronre ce qui a été dit par les écrivains cbretiens cités dans la note precèdente ; il dit : Eitu eorum 'Catabasi Jinita j stmtdationeque luctus peracta caelebra» tur loetitiae exordiutn a. d, octavwn aprilis. Y. Satur,<, liv. I y ch. XXI y page 326. En cet endroit Macrobe parle d'Adonis qu'il a précédemment fait remarquer qu'on confondait avec le Soleil.

(Q) Lucien a décrit les irrégularités de ces fêtes : Atqne in rei memoriam singulis annis ( mulieres Bjrhli ) verberantur y et lamentantur , ritusqtie sacros peraguni , magnique luctus per regionem ipsts indicantur j et posteaquam verherandi et plorandi finis factus est , primum. quidem Adonidi tamquam defuncto inferias agunt. Postea 'vero altero die cum vivere fabulantur , et in aerem miitant y et capita detondent y ut in Aegxpto y quuvn fnar^ tous est Apis, Quaecumque autem mulieres detonàeri nolunt y talem poenam exolvunt. Diem unum ad quaestum corpore faciendum prestante Forum illud autem solis peregrinis exihetur : et quod itule mercedis auferunt , Aoe generi in sacrificium datur, Lucian. , de Dea Sjrria^ tome II y page 658. Que l'on ne soit pas étonné si dobs rapportons quelques femmes dansantes aux transports qiM éclataient dans les fêtes d'Adonis y nous troBvons qa*il

fêtes ressemblaient aux sdlennitës funèbres par lesquelles on pleurait en Egypte la mort d'Osiris; et ce fut pour cela que ce Dieu fut confondu avec ie Soleil ou Adonis (i). Ijes anciens fsiisaient al*lusion par les amours de Vénus et d'Adonis , ht la puissance fécondante qu'ik attribuaient à Yénus et au Soleil (^). Les secondes fêtes ^ c'est-à-dire les

en est parle dans les auteurs grecs euiL-mémes. Aristophane^ Lysistrate^ v. ogS: »

Saltai iixor interim, Eheuque Adoni dicit.

Prudence , Hjrmne XIV ^ Peristeph. , v. îia8 ^ e'crît :

Meretrix Adoxicm vulneratimi scaenica Libidinoso plangit affecta palam.

Et plus clairement Arnobe dans le )iv. YII^ page a58^ reproche aux Payens la manière licentieuse avec laquelle ils pleuraient Adonis : Obliterahit offensojn Venus , si Adonis in habita gestum agere viderit saltatoris in motibus pantomimum» De manière qu'il parait clairement qu'il y avait une danse ^ appelée V Adonis j qu'on exécutait en sa mémoire pendant ses fêtes.

(i) Y. Macrobe dans les liv. I des Saturnales j c. XXI , au commencement. Fornute , ch. uSy page liio des Opuscules Mythologiques de Gales , s'accorde avec x:ette opinion.

(a) Natalis Conti dans sa mythologie , liv. IV ^ ch. XIII, page 5g5, appuyé des opinions de Virgile ^ de Lucrèce ^ d'Euripide ; prouve ceci très-clairement , puisque Véuus comprend toute la puissance productrice de l'univers, et qu'Adonis et le Soleil sont une même chose } et que soq séjour de six mois dans le ciel et de six autres aux enfers^ s'applique aussi à lui, si on le prend pour le Soleil. Ceci , selon Macrobe , 1. c. , ch. XXI ^ liv. I , Saturn, ^ ne figure que le signe du Zodiaque, dont six sont infë-^

yipdesj étaleot célébrées anciennement an momem où l'on goÛLait le vin Dôuyeau, que Ton conser* Tait dans des tonnes; elles étaient appelées ches les Grecs Ihâoêfk», ÇPithoegia)^ et pendant qu'elles, duraient, les esclaves et tous les gens à gages, étaient appelés par leurs maîtres à goûter ces vins.

rieurs , et six supe'rîeurs, qui se rapportent avec les prétendus séjours d'Adonis. Comme le Soleil en paraissant sur notre horizon, dans le printemps, ranime la terre et les plantes , cela a fait imaginer Funion de Vénus et d* Adonis.

Fulgence en donne une antre explication allégorique , liv. III j ch. YIII. Il prétend qu'Adonis en grec signifie suave ^ et parce que la gomme que Ton retire de la myrrhe a une odeur agréable^ c'est pour cela que Myrrha changée en arbre engendra Adonis, et que comme le suc qui découle de cet arbre est de nature assez échauffante, on a feint que Vénus aima Adonis : Ideo autem eum^ Venerem amasse dîcuni , quod hoc genus pigmenti sic vaille fervidum. Unde Petronùts Arbiier ad libidinïs, ûtcitamentum mjrrrhinum poculum bibisse referti Nom et Suirius comoediarum Scriptor introéucU Glrconem meretricem dicentem, mjrrrhjrnum mihi adferSy eie, V. Myru hat» , tome II , page ia4« £n parlant si au long d'Adonis, il nous est venu l'idée de décrire un beau monum.ent qui en représente la mort. G*est un bas-relief en stuc^ retiré des ruines antiques d'une voûte, dans la vigne Moroni près de la porte S. Sébastien. On y voit Adooîs tenant une lance, se retournant vers Vénus, tandis que l'amour est occupé à guérir sa playe. La Déesse deminue est près de lui, et s'apprête à le couvrir. Le basrelief a dans son exécution un noble abandon et quelque chose de neuf. Quoiqu'il doive être publié dans le supplément des Monumens inédits , nous avons cru faire plaisir d'en donner un dessin à Ja fin de cet ouvrage»

On tennînait cette cerimonie par un sacrifice solennel (i). Chez les Romains on les célébrait, selon Pline , deux fois l'année , et on l6s appekit Vi" natia priora et Vinaìia altera (2). On leur donnait aussi , selon Yarron , le nom de VinaUa rU" ^ stica; elles étaient consacrées à Vénus (5). Les

(i) Voyez Dalecamp dans les notes Varîorum, sar Pliae^ Hist. Nat* , liv. XVIII , chap. 2g ^ tome II; page 5oi , cdit. Lagd. Bat. 1668.

(a} Plîne parle longuement de ces fêtes dans le 1. XYlIf, , ch. XXIX ^ sect. LXIX^ § 3 et 4 > page 5s^7 , tome III. Il les disiingae en yinalia priora et Vinalia altera. Il place les premières vers le a3 avril , et il dit qu'elles étaient destinées seulement à l'essai des vins , et qu'elles n'avaient pas de rapport avec la fleuraîsoa des vignes et des oliviers^ qui commence à paraître au printemps : Vinalia priora f quae ante ho$ dies sunt IX calendas maii degustandis virus instituta, nihil ad fructus attinent i nec qtme adhunc diximus , ad vites oleasque , {juoniam earum conceptus exortu yirgiliarum incipit a* d» FI idus maii, ut docuimus f $ 4 • - • Vinalia altera , quae aguntur a, d, decimumtertium calendas septembris.

(3) Varron parle aussi de ces fêtes VinaUa j et il donne aux secondes le nom de Vinalia xtistica* "Sty^tz le même de Ldng. Lat. , liv. Y^ page tfi , liv. 8; Festns aussi eu > parle au mot Rustica Vinalia , page GCXXVIIl , F. Cependant tous ces auteurs disent que ces fêtes étaient consacrées à Jupiter , plutât qu'à Venus , et qu'on faisait dans ces joi^rs des dédicaces de temples élevés à cette Déesse. Macrobe l'affirme plus positivement sur l'autorité de Meuraius :' Musurius fastorum secundo Vinaliorunà dies inquit Joyi Sacer est^ non ut quidam putant Veneri. Satum,, liv. I^ ch. IV, page 318. En réunissant ce doute que nous trouvons dans Macrobe avec les vers d'Ovide , qui -, en parlant des Finalia^ décrit Tallégresse à laquelle st

anciens artistes pouvaient bien les caractériser symboliquement par plusieurs Ménades qui dansaient autour de Ténus , puisque les danses de femmes étaient consacrées h Bacchus et à Yénns (i).

livrent les jeunes gens , et appelé ces fêtes sacrées i Vénus, il semblerait qu'on peut en conclure que ces fctes J^inalia ont él4 représentées sur notre autel e'ievë à Vénus y comme étant la Déesse qui prësîdait aux jardins , et à laquelle , selon Varron y on en offrait les prémices dans ces solennités : Vînalia Rustica . • . quod tum Ve' neri dicata aedis , et horti ejus tutelae adsignantur , de Ling, Lat. , liv. V , page 4^ , 1. 8. Nous citerons encore les vers d'Ovide qui indiquent des fêtes que àes jeunes filles doivent cëlëbrer k l'occasion des f^inalia y comme étant des jours consacres a Venus :

Nomina vtdgares Veneris celebrate Puellae

Multa professarutn quaestibus opta Venus. Cumque sua dominae date grata sisjrmhria mjrrto

Textaque composita juncea vincla rosa.

Cut igitur generis festum y inalia dicant

Quaeritis ^ et quare Jo^is sit illa dies ?

Fast. IV, V. 865.

Les écrivains ërudîts sont divisés d'opinion lorsqu'il s'agit de décider laquelle des deux fêtes était consacrée à Vé* nus ; et quoique les auteurs cités précédemment semblent penser que ce soient les secondes , et non les preaii^ies^ cependant ils inclinent en général à vouloir fixer les pte* miires qui se célébrant en avril , mois de Vénus ; psraitraient plus convenablement lui appartenir , et surfont ils s'appujent des vers d'Ovide qui parlent des fótes d'avril. Il nous suilit d'avoir prouvé avec assez de probabilité <pi0 les fêtes V inalia étaient consacrées à Vénus, que des jeunes filles les célébraient, et qu'étant destinées à Baccbus et an vin , les anciens artistes ont pu les représen* ter par divers femmes dansantes à l'instar des Ménades* (0 Nous avons suffisamment prouvé dans la note àls

^99 Après avoir eitpUqué , pour ainn dire y le sujet

de ce très-rare bas-relief, sculpté sur l'autel que nous voyons ici , nous allons examiner , Tune après l'autre , les figures qui le composent, et nous commencerons par ceUe de Vénus qui en est le sujet principal. Nous en avons dit assez déjà , au commencement de ce discours , sur les habiQemens longs dont elle est revêtue \ alors nous observerons plutôt ses attributs plus particuliers. D'abord nous voyons un amour ailé qui vole auprès d'elle , comme le dit Horace (i). Quoique l'on retrouve ce Dieu l'accompagnant sur beaucoup de monumens antiques, nous le voyons différemment ici , soutenu en l'air , et avec im gracieuse invention, s'occupan ta ajuster les cheveux bouclés de la Déesse , et remplissant l'office de coeffeuse, Ornatrix^ qui était réservé près de Vénus aux Grâces (3) , et c'est peut-être la

page 273 y pi. XXXIV de ce tome j que les danses de femmes étaient consacrées k Bacchus ; noiu aurons encore occasion d'en parler dans les notes suivantes.

(i) Le vers suivant d'Horace semble pouvoir aussi de'crire cet Amour:

Quem j'ocus circumvolat et Cupido.

Carm. I , Od. 1 1 , v. 34* Lucrèce fait voler Zephir au devant de Vénus : Veneris praenuntius ante Pinnatus graditur Zeffirus vestigia propter.

Lib. V^ v. 737.

(2) Winckelmann donne ^ Monum, ined, , n. 3i , une pierre gravée, où les Gr&ces arrangent la chevelure de Vénus ) et comme les (ïrâces sont décrites par les anciens poètes ou vêtues^ ou nues^ nous croyons qu'on peut

Soo

seule figure de rAmour que Ton Toye dans ceus

altitude (i).

On pourrait aussi remarquer dans notre figure la ceinture 9 tant célébrée par Homère (2)1 laquelle renfermait tons les attraits et toutes les grâces de la Déesse. Cette ceinture, appelée le Cestum de Vénus, orné de superbes broderies, d'après les observations savantes de Winckebnann (3), devait être autour des flancs de Ténus , et non pas au-Klessous du sein: mais comme les poètes an-

trouver le mdme sujet de Venus parmi les GrAces^ qai apprêtent sa toilette dans le second tablean, planche h, du tome V des Peintures d'ilerculanum.

(i) On voit dans beaucoup de gravures un Amour qui tient un miroir devant Venus* V. Venuti j Collect, Antiq* Rom, Ant. Borioni ^ tav. 35. Mus. Florent. 9 tome H , pi. XLI , n. 5^ et particulièrement dans le bronte antique à deux faces, grave n. SnS du Musée Stosch, expliqué par Winckelniann ^ Pier. Grav. de Siosch, , p. 120. On voit dans ce bronze Cupidon qui tient dans la miin droite un miroir, et dans la gauche une couronne àt fleurs qu'il présente à Vénns^ pour qu'elle en pare sei cheveux.

(2) C'est ainsi qu'Homire décrit la ceinture de Véoas^ liv. XIV de m., v. ai4:

Dixit y et a pectoribus solyit acupictu cingulum Variumi in eo autetn delineamenta omnia inclusa erant: Ibi inerat amor, inerat desiderium , inerat et amanti^

[ colloqmum.

Blandiloquentia quae furtim surripit mentem prudfntiu^

I licet :

(3) Wiockelmann , Storia delle Arti ^ tome I ; page 3i 7 y et Monum. Ant* Jned. , tome II ; page 37.

Soc' cieos et leurs interprètes en ont parlé de tant de différentes manières , on peut dire que les artistes anciens eux-mêmes n'ont pas su très^-souvent où la placer. Si un poëte grec a , dans les ëpigram- * knes de rAnthologie ( i ) , fait ceindre Vénus soûs la gorge , il ne faut pas s'étonner qu^un sculpteiir ' ait fait la même chose. Le reste du irêtement de Vénus, quoique n'offrant pas d'autre obsenFatiòn erudite, ne laisse pas d'intéresser sous le rapport de l'art, parce qu'on découvre sous ThabOlemént^ avec décence cependant, quelques parties de sou corps, et que la richesse de sa draperie , dont le mouvement est tranquille, forme un contraste avec les attitudes agréables et vives , exécutées avec habileté, par les deux danseuses qui l'environnent Les attributs symboliques que Vénus a dans les mains, sont les mêmes qu'on lui voit dans beaucoup de ses statues , et qui lui sont particuliers. Une fleur, soit de lys, soit de pavot, ou tout autre , lui convient toujours comme à la Déesse des

(i) Ce poëte a placé la ceiotiire de Vênui, nue, tombant de dessos une épaule sur le côté en forme de bau- . 'drier, comme on la voit, selon Winchelmann , à une - statue de Vénus armée dans la galerie Borghese , pitfiliée • parmi les sculptures de la ville Pinciatia, salle V, n. 7^ tome II, page 26. Voici quelle est Tépigramme dei' Anthologie:

In Venerem, 19, Uh. V.

*^ Aliam vero cîaro pafre Yiótam i>£d£ àurêam Venerem Nudam omnibus apparentent. In pectore vero deae Cervice ex summo fusus volvehatur cestus.

5oa

Jardins (i), et eomme présidant à i'ëpanouisse*

ment des fleurs (a). Le lys rivalisait la blancheur

(i) On a déjà cité dans la note (5) de ce discours, page 097 , on passage de Vairon qui attribue à Véaus le soin des jardins , ce que Festus a confirmé aa mot Vinalia Rustica. Piaule encore ^ suivant ce que dit Pline dans l'Histoire naturelle, assure la même chose en disant, lîv. XIX ^ chap* IV , sect. XIX , page 5^6 , tome III : Quamquam hortos tuteice generis assignanie Plauto. Hardouin, dans les notes sur ce passage, rapporte a cette protection de Vénus le temple qui lui était consacré dans les jardins de Salluste , temple qui nons est connu par une ancienne inscription. Mais si tout ceci prouve que Vénus,chei les RomainS; était protectrice des jardins, plusieurs autres écrivains grecs démontrent que dans ces contrées elle avait aussi cette fonction. Philostrate dans les images, liv. If n. 6 ^ page 773 ^ dit que les Amours offraient à Venus les premiers fruits ^ pour pouvoir tranquillement jouir des productions des jardins. Plutarque rapporte à cela deux épithètes de Eamoû^oç seu fructifera , et de TiBiiêpoÇ seu fertilis données à Vénus. Les académiciens d'Hercnlanum observent que Pausanias et Lucien font mention de Vénus dans les jardins evHOfùTColÇ» ^* tome II des Peint. , pi. XLIX , page a65 , n. :i.

(3} Lucrèce commence par l'invocation à Vénus, v^ parlant de la nature des choses. Ovide, à propos de Vénus ^ a écrit ainsi ^ liv. IV des Fastes^ ▼. 96:

Illa saiis caussas arboribusque dedU } Apulée fait une exclamation à Vénus dans le IV lir. des Métamorphoses^ page 84^ 7 : £n rerum naturae prisca parens , en elementorum origo initialis , en orhis totius aima Venus. Le petit poème intitulé PervigiUum generis est appelé aussi Carmen de Vere , par ce qu'il y a beaucoup de rapport entre Vénus et le printemps* Voyez les notes d'André Rivin dans l'édition de ce poème , page 43.

5o5 de sa peau , et par cette raison il lai était consacré (i). Le pavot, selon Pausanias, se voyait sculpté dans la main de Venus à sa statue faite par Canacus de Sycione (â). La rose prit sa cou-

(i) On trouve communément cite à ce propos le scoliaste de Nicandre^ v. 4o4 ; Alexipharm. , mais et le poëte et son commentateur, en parlant du lys, disent qu'il était odieux h Venus , parce qu'il osait lui disputer la blancheur de la peau. Voici les paroles: AeipioévTB «dpi^. til» leepaXf^v rov xpivov. rovro 9è kéyei épurai t^ ' A^/90- 9itf^ iftepï j(fioiàç» riiv 9è òpyia^eìaay ^ Ofioiof^ ÔMoio ixoii^otn ovov : ( Et liliaceum caput ). Caput scilicet liliù Hoc autem dicit certasse cum Venere y de corporis colore: Atque hanc ira succensam illud asini pudendo si' mile fecisse. V. page i56, editionis Parisiensis, an 1557. Toutefois Aihënëe prétend que cette fleur était agréa* ble a Venus , liv. XV , page 685 , D.

(2) Pausanias dépeint ainsi cette statue de Venus assise : Ejus efjfigiem sedentem fecit Canacus Sjrcionius. Venus ipsa ex auro et ehore facta capite apicem , qui polus dicitur y gestat , manu y altera papayer , citera ma" , han tenet» Pans. , Corynt. sive liv. II , ch. X , page 1 34* Kous ne pouvons ajouter d'autre exemple de monumens antiques à la description de Pausanias, selon les érudits^ qu'une pierre gravée publiée par Maffei , répétée par Moutfaucon., Antiq. ExpL, tome l, pi. GV, n. 1 , sur laquelle on voit une jeune fille très-légèrement vêtue d'une robe attachée par une ceinture ^ jouaht avec un Amour^ et tenant dans les mains des pavots j mais cette , figure n'a pas de signes certains à pouvoir l'appeler une Vénus. Il nous semblerait assez probable de prendre pour .Vénus avec des pavots la sixième figure de l'autel Albani que Winckelmaon a publiée dans les Monum, ined» j^'^f et qu'il appelle Gérés ^ car cette figure se rapporterait fort bien avec la statue décrite par Pausanias au lieu cité,

leur du sang que versa Adouîs, selon Théociìie ( IdiL a 3 ) ; on pourrait trouver ainsi les allusions

ayant sur la tète le poiufn, que 'Winckelmann regarde comme 1* ornement de tele de cette Déesse. Le dëfaat de figures laisse notre conjecture indecise , mais noas pouvons toutefois ajoater que vraisemblablement la première figure avec des flambeaux est Cërèi , qoe ce savant écrivain a dit être Diane ^ parce que les flambeaux conviennent également & Cérès , à Diane ^ et k d'autres divinités. Mais ne trouvant point la demi-lune sur sa téte^ nous sommes prives d'un motif pour la regarder comme Diane Lucifetaf qui porte toujours cet ornement ^ dans les monamens anciens.

11 y a beaucoup de motifs pour qu'on dise que le pivot (était consacré à Venus. Porphyre y dans Easèbe, dit : Papdveriòus , quae magna Jecunditaiis sjrmhola sont. y . Praep* Eyang. , page 109^ B , à quoi fait ^ peut-^tre, allusion le vers d*Ovide , Metam, ^ XI , v. 6o5 :

Ante fores antri foecunda papof^f era fiorente D'où provint aussi que les jeunes époux se couronnaient de pavots , comme l'assure Patinus , Numismata Imff» Rom. ex aere , page 85. Porphyre dit dans un antre endroit que le pavot était le symbole de la population des tilles: Urbis enim symbolum papaver est* Euseb.^ 1. C; page Jf3'. D'autres ont cru que le pavot étant un ornement de jardins ^ estimé chez les anciens , il était plu* particulièrement consacré à Vénus , parce que les poëtei grecs et latins eu font l'éloge , et le réunissent avec les fleurs les plus agréables. Properce dans sa dernière élégie du liv. I , V. 37 , page 591 :

Et circum irrigua surgebqnt lilia prato

Candida purpureis mista papaveribus* l)e même Ovide^ décrivant la mort de Hyacinthe; se tcrt de la comparaison avec de belles fleurs :

Ut si quis violas ^ riguoye papaver in horto ,

Liliaque infringat , fulvis haerentia virgis j

O^id.f Metam. X^ v. i6a«

5o5 de plusieurs autres fleurs. On voit aussi sur d'autres mouumens antiques la lance que cette Vénus lient dans sa main droite. • Le dégât qu'a éprouvé .ce marbre , ne nous permet pas de décider si c'est une lance simple , hasta pura , ou un sceptre , ou une lance dont la pointe est en bas , car l'un et l'autre sont également des attributs disdnctifs de Yé^ snu. Pour citer un exemple de la première , nous indiquerons une peinture antique d'Herculanum(i)

Théocrite fait offrir à Galathëe par un Cyclope uii bouquet de flears^ et il y place le pavot à cAtë du lys, v. 56 :

ferrem autem. tibi yel lilia al^ ,

yel papaver tenerum rubra folia habens* Le bruit que fout les feuilles du pavot rendait auèsi des •réponses amoureuses ^ ce qui nous est indiqué par divers écrivains grecs. Ainsi dit Suidas^ Platagoniam, Id esi , res vana et nihìiì. Proprie vero sic vocatur foUum pa* paveris et anémones. A xXatatJfinw , strepere vel sonum edere .... Ex hoc autem platagoniq , pollici et digito inàid imposito , et adversa manu percusso , conjiciebant f Amantes J an ah amasiis amarentw, Y. tome III^ p* itiS. JLe pavot fut encore employé dans la boisson que Von donna k Vnlcain le jour de ses noces ^ ainsi que nous le dit Ovide :

Nec pigeât niveo tritwn cum lacté papaver Sumere , et expressis mella liquata favis,

Cum primtan cupido Venus est deducta marito j Hoc bibit , ex ilio tempore nupta fuitm

Fastor. IV, i5a.

(i) Voyez dans les peintures d'Herculanum ; tornelli, la pi. XXXV ^- elle represente un Gënie tenant une coquille et un sceptre, et les académiciens ont cru sage-» ment que citait le Génie de Vénus comme ils le démon* trent à la page 174 , note (8).

Musée Chiar. YoL I. ao

et une autre du tombeau des NasoD5(r)i Pourk seconde, nous rappelerons à la mémoire les pie^ re s gravées du Musée de Stosch obserrées par 1/Vinckelmann (3). Il y aurait quelques remarqaes à faire sur les pieds de la Déesse qui sont nos, mais conmie on trouve cet usage dans les moaunumens antiques , nous ne nous arrêterons pas sur cet objet.

Ayant h présent à nous, occuper des Ménades (5) nous dirons qu'elles sont toutes représentées dansant ^ que toutes ont une robe large, et sans être resserrée par une ceinture , et que leurs symboles chez les anciens se bornent aux thyrses , aux tam-

(i) Tombeau des Na sons , pi. XXXEV. Dans cette peinture qoi représente les trois Déesses devant Plris , tontes ont le sceptre et la lance.* Le mutîf ponr lequel ou donnaît des sceptres aux Divinités est pris dans Joilin^ liv. XLIII, ch. 3: Reges hastaspro diademate hahehant, quas Graecî sceptra dixere. Nam et ab origine pro Dui immortaUhus veteres , hastas coluere: ob cujus reli(i(n^ memoriam adhuc Deorum simulacris hastae adduntur, U très-savant Vossins considère le sceptre comme une distinction particulière à la Vénus Céleste ou Cjpris, If quelle était Astifera. V. de Orig. IdoL , liv. H; ch.rit page i63, A.

(a) Sur plusieurs pierres gravées du Musée Stosch on trouve une Vénus ayant les lances et les sceptres ayec la pointe renversée. Pier, Grav. de Stosch, page 117 n. S5n , 558^ et page ic8^ n. 56^.

(3) Les Ménades sont appelées suivantes de Bacchns P^ le mot grec uaif0ua4 ( insinuo ) \ c'est pour cela ^< nous avons désigné comme des Ménades ces Jgnres ^ sont dans les transports des fureurs Bacchiques.

5o7 Bon» , aux couronnes , aux couteaux et aux animaux qu'elles ont dans les mains , et à quelque particularité dans leur coiffure.

La danse était le divertissement ordinaire des jeunes filles dans les fêtes de Vénus. Le poëte (i) dit 9 que séparées en différens chœurs, elles passaient ta nuit dans Fallégresse. Il y avait même une danse qu'on appeloit la Kénus ^ à laquelle Amobe reproche la lubiîcité indécente (s). Notre opinion n'est pas détruite parce qu'on voit ces fenmies vê« tues de tuniques si larges et longues, pubque c'était aux femmes les moins honnêtes, à celles qm se con-

mmm

(i) L'auteur ioconna du petit poème intitulé Pervigi* lium VeneriSj décrit tfiusi les fêtes de Vénus ^ au commencement du printemps^ au vers 4^:

Jam tribus choros videres feriatis noctihus Congreges inter catervas , ire per saltus tuos Floreas inter coronas , myrîeas imer casas.

André ftivin observe judicieusement dans les notes ^ p. 88: {Ire) toties hic répétition non deamhulationem modo , sed saltationem innuere y itaque et choris additum , ad choragium indicandum. Horace aussi a parlé de ces fêtes nocturnes :

Solvitur acris hiems grata vice Veris et Favonii

Jam Çjrtherea choros ducit P^enus , imminente haia*

Lîv. I, Carm., Od. IV, v, x, 5.

(a) Amans saliatur Venus ^ et per ajfectus omnes mere triciae vilitatis imfSidicaexprimitttr imitatione bacchari, Arnob. , advers. Gent. IV ^ page i5i. On peut lire ce que dit Meursius, de Saltation. Veter. , dans Gron. Tbes f tome VIII, page ia4a, A^POAITH.

sacraient aux plaish^, que convenait particaHère-

ment la tunique sans ceinture et flottante (i). Les

(i) Les robes non attacbëes ëtaîieat an signe de motlesse^ tant pour les hommes qae pour les femmes. On reprochait ^ à ce que dît Pedo Albinovanus , à Mécène de porter sa tuniqae sans ceinture^ ^ par cette raison le poêle s'adresse ainsi k ses envieux :

Invide , qtUd tandem tunicae nocuere sohOae ?

Eleg. II , y. 35.

he même Àlbiao^anns décrit Bacchns vainqueur des Io- 4iens^ vêtu avec une double tunique non attachée*

Ei Ubi securo tunicae fluxere solutoCy

Te puto purpureoT tune habuisse duos.

Même Eleg*, v. Sg.

Phèdre j hV. T , Fab. i , v. i^ , parlant de la maniere efféminée dont Mënandre ëtait velu , dit:

Unguento delibutus , vestitu adfluens.

Mais pour en venir avec pins de précision k notre sojet, nous dirons, ce que les Académiciens d'HercuUnum ont remarqué aussi , que la tunica recincta et soluta était particulièrement affectée par les femmes sans honoear^ dont Ovide parle souvent dans les Amours et dans Y Art d^ aimer. Cette sorte d'habillement, qui ressemble beanconp k celui des célèbres 4anseuses des fresques d*He^ culanam, peut-être appelé aussi tunicae palliatae ,htiÀi qui tenait de la tunique et du pallium ^ comme nous Taprennent Hesychius et PoUux au mot Exomides , qu'on prétend ainsi nommé parce qu'il ne ' couvrait pas les t'paules, chose que l'on remarque dans les deux Mena- .des de la pi. XXXVI. Voyez les Peintures d'Herculahnm, tome \, page 12a, n. 6. Ce sujet se trouve encore appuyé par un passage d'Ovide , dans les Fastes Ilf , v. 771 '

Restât , ut inveniam , quare toga libera detur Lucifero pueris , candide Bacche, tuo

Siye quod es Liber ^ vestis quoque Ubera per te Sumitur , et vitae libérions iten

5o9 imcieiis exprimèfâiit souvent l'ivresse du plaisir par

des personnages de la suite de Bacchus comme Tattesie Porphyre (i), et c'est par cette raison aussi que les fêtes de Yénna sont représentées sur cet autel par des Ménades.

Les thyrses, les tambours (a)^ som des armes et des instrumens de musique qui servaient à ceux qui accompagnaient Bacchus y comme les couronnes sont particulièrement attribuées aux fêtes Bacchiques et à celles en l'honneur de Vénus (5). On

(i) Eusèbe^ éaas la Préparation ëvangëlîque^ donne plusieurs passages de Porphyre et d'autres philosophes ^ et •parmi ces opinions il nous apprend que les anciens Pa« yens exprimaient par des Bacchantes le delire des passions amoureuses» T. liy. II[ ^ ch» XI ^ page m.

(a) On a parlé des thyrses k la note (3) , page :i38 j» pi. XXVIIL On volt fréquemment des figures de Satyres , de Faunes e^ de Bacchantes avec le tjrmpanum^ cet instrumeat étant propre à Cybèle et à Bacchus. Lisez la note (a) de la page a3i du tome lY du Musée Pie-Clémentin ^ où ceci est prouvé par un passage d'Euripide. Parmi les poètes latins Valerius Flaccus l'indique clairement ^ Argon., liv* II, page 49» v. 8.

aeraque circum,

Tympanaqu0y et plenas tacita formidine cistas. • (5) Nous avons parlé plusieurs fois des couronnes Bacchiqaes. Maintenant en suivant Topinion de Pascalius nouai dirons que Ton donnait à Vénus une couronne de roses de deux couleurs , ce qui a faite dire à Valeria^ Flaccus j, liv. VIII des Argonautes , page 179 y. t3.

. . • Ipsa suam duplicem Çytherea coronam Donat , . et arsuras alia cum virgine gemmas» Selon Philostrate Bacchus se présenta à Ariane avec une couronne de roses. Cependant il 7 avait beaucoup d!an.-

Sto

trouve leé couteaux employés dans les orgies de Bacchus , pour tuçr les victimes ; ib servaient aussi quelquefois k se blesser soi méme^ tant dans les transports des BacdiaDales(i), que dans la célé«

très fleurs consacrées à Vénus ^ comme nous ravons fait remarquer ailleurs. Nous voulons parler ici des couronnés qui sont sur )a tête de ces figures , parce que celle que l'on voit dans la main d*nne figure à la pi. XXXIX est une restauration moderne.

(i) Tite-Live , en nous parlant , lîv. XXXIX, ch.XIÎ, fie la défense que fit le consul Postumîns de célébrer îei Bacchanales k Rome, nous apprend les ^meurtres et lu crimes qui se commettaient dans ces filtes de Bacchns, et même comment on excusait ces excès par la fureur qu'on supposait inspirée par le Dieu Dionysiaque. Mais sans parler de cela^ voici ce que nous dit Arnobe, <;of!tra Génies, liv. "V» p. 169, que les Ménades déchiraîeot avec fureur les victimes , et qu'elles se barhouiHaieut le visage de leur sang^ se glorifiant ainsi de leur cruauté» Bacchanalia etiam praetermittimus immania , qidbus no* men Omophagtù Graecum est. In quihus furcre mentùo..» ut vos pienos Dei nwnine , et maf estate doceatis , car prorum reclamantium, viscera cruentis oribus dissipàtii» Clément d'Alexandrie , Cohort. ad Génies, ch. II^ p*i^ tomel, confirme cet usage ^ en disant: Ai primum ecce tibi homines Juroris oestro perdit Bacckum Maenolânsolemnibus Orgiis célébrant, crudarumque eamium hellua' tione , sacram insaniam peragenies , caesarum victif^A* rum, partes dividimi , etc. C'est à quoi Catulle fait alla* sion, de Nupiiis Pelei et Thetidis , LXV^ v. $5S , page i83^ quand il dit :

Pars e devulso jaciabani membra juvenco. Par la même raison Sénèque, Phenis , v. 565, appela 1«* Jdénades , Maenas cruenta -, et le même tragique^ Troad.; V. 674:

5it bratioD des mystères de Cybèle ou de Bellone. Le travail fort négligé, joint au dépérissement qu'a subi le marbre , ne nous permet pas de décider queb sont les animaux coupés par morceaux que Ton voit dans les mains de nos Ménades. Mais si ce sont des cbèvres ou des chevreaux (i)» ce sont précisément les victimes les plus communes offertes k Bacchus : si c'était des lièvres , alors on pourrait les regarder comme des victimes particulièrement consacrées à Vénus, selon ce que nous appren* nent les anciens écrivains (s).

L'espèce de coiffure de ces fenunes, jointe à leurs tuniques larges , nous fait croire qu'elles

aut (jualis Deo

Percussa Maetias, eniheo silvas gradu Armata thjrrso terret, atque expers sui Vulnus dédit , nec sensit»

(i) On voit souvent des petits chevreaux sacrifiés k Bacchus par des Satyres ou des Bacchantes > mais en outre ^e ces exemples une épîgramme de l'Antologie nous l'iudique clairement^ liv. IV^ ch. V^ epigr. 5 :

Tkjrrsnm habens Heliconias : et pênes ipsam Xantippe : Glauca vero jamjam accedens

Ex monte descendant , Bacco vero feront Hederam , et uvam , et pùtguem kaedum.

Euripide d'ailleurs met des petits chevreaux dans les mains des Bacchantes. Bacchae , y» 698 :

jillae vero in ulnis capream , aut catulus luporum Feras gestantes,

(si) Philostrate, Icon. , liv. I, Amores^ page 77a, B^ dit: Lepus Veneri carissimam hostiam.

Sia

pniieot le5 Ménades, plutôt que de Tètre en et fet , parce que nous voyons très-souvent des danseuses faire usage de ces bandelettes dans leurs cheveux , où de ces bonnets ou coiffes , Inen plus que les Bacchantes elles-mêmes, qui conservent presque toujours dans leur habillement la sîmpUciié qui convient à leur origine champêtre. Nous pouvons comparer cette coiffure à celle de beaucoup de danseuses: peintes dans les tableaux dUercnlanum (i) , et aux femmes Thyméliques dansam, que M. Zoega a expliquées pamû les bas-relie& de la ville Albani (a). Cependant toutes les danseuses n'ont pas le même bonnet sur la tête, car on en voit avec des couronnes , d'autres dont h chevelure est abandonnée au vent (3), et enfin quel-

(i) Il y a diverses figures de danseuses^ parmi les Peintures d'Herculannm ^ qui ont ub semblable bounet poor coiffure: yojtt tome I les pi. XVIf et XXIV; dans le tome II , pi. XXVII -, dans le tome III , pi. XX.

(a) Zoega ; BassirUievi antichi di Roma , tome I ; pi. Xll; page 109.

(3) La chevelnre éparsef selon Pascalius, de Corih '^ I P>ge laS^ signe de virginité: était cependant propre aussi aux Baccbantes. Ovide l'indique dans les Ui' tamorphoses , lib. IV ^ v. 6 :

Pectora pelle tegi , crinales solvere vittaSf Serta coma, manibus frondentes sumere thjrrsos.

Virgile s'exprime de la même manière , liv. VII de V^ ndidé^, V. 4o3 :

Solvile crinales vittas , capite orgia mecum et précédemment au vers 394 ^ il a dit: . . Ventis date colla y comastjue.

ques^unes ont les cheveux réunis et rattachés ; ce qui provient , à notre avis , plutôt de la fantaisie du sculpteur, que pour indiquer quelque mystère secret. D'autant plus que très-souvent, les anciens artistes imitaient dans les actions de leurs 6gures les mouv^mens et les gestes des danseuses ( i ). Enfin la nudité des pieds nous rappelle aussi un usage lascif, que les Pères de TËglbe ont reproché aux

Claudien ^ de quarto Consulatu Honorii , v. 608 ^ d:t à propos pour notre sujet :

.... Satjrrî circum , crinemque soltUae Maenades.

T. Lîve dans le récit qu'il fait de la prohibition des Bacclianales; déjà citée ^ dit que dans la céle'bration des fêtes de Bacchus on imitait les manières des Bacchantes , Ma* trônas Baccharum habita ^ crinihusque passis y etc. Nos Ménades n'ont pas cependant les cheveux totalement éparsy car ils sont liés sur la téte^ et ensuite volent li* brement de la manière qu'on les voit a une jeune Bacchante qui court à cheval sur une centauresse^ pi. XXVI du tome I des Peintures d'Herculanum ^ et cette ligature se remarque répétée dans les mêmes peintures, t. V^ pi. XXXII , XXXIII et XXXtV , à quelques Bacchantes surprises par des Satyres. Les Acadénuciens d'Herculannm observent à ce sujets tome I des Peintures, page i58^ note 4 7 V^^ ^^ noeud est peut-être celui qne Martial appelle, in Amphit^^ ^P^S* ^^^ crines in nodum tortos j et il ajoute que quelqu'un pensa que le nœud était plus propre aux Bacchantes , parce qu'il resbcmblait au nœud de la vipère qu'Horace leur donne, liv. 11^ od. XIX, V. J9.

(1) Athénée^ liv. XIV, 6, page 6*29, dît, que les artistes pour donner à leurs figures des attitudes gracieuses et agréables copiaient les mouvemens des danseuses.

femmes (i) , auquel quelquefois ou élaît aasujeuî

dans des cërëmonies religieuses (a).

(i) Clément d*Alexand. y Paed. , 11^ c. XI, page 240, fait Toir combien il est indécent qne les femmes mmtrcnt lenr pied an , ajoutant que cela lenr était exprèsflëment défendu. Id. ^ 1. c. , ch. X , page a38.

(a) Gallimaque appelle discalceatae au v. laS de l'hymne à Cérès lef prétresses de cette Déesse. Quand Moyse fut en présence de Dieu | il ola êes souliers , Exod, , c. III ^ T. 5. Plusieurs fois les rits superstitieux prirent leur origine de l'ancien culte hébraïque. Jamblique raconte dans la vie de Pithagore , ch. XXIII , que parmi les ordres de ce philosophe était celui-ci : Discalceatas sacrifica et adora. J Silius Italiens confirme cet usage y liv. III , y* 26 .*

Discintus mos thura dore , atque e lege parentum Pes nuduSy etc.

Chez les Romains , selon ce que dit Prudence , les personnes les plus distinguées se déchaussaient pour marcher nus-pieds devant le char de Gybèle^ Peristeph, , Hym. XI V^ V. i54:

Nudare plantas ante carpentwn scio Procures togatos , matris Ideae sacris,

La même chose s'observait , selon le même auteur^ dans les fêtes Lupercales. Ovide ^ dans le liv. VI des Fastes, V. SgS y raconte que les matrones romaines se rendaient nus-pieds au temple de Vesta, quoiqu'il en apporte une cause j différente. Solin , ch. XVII , p. aa ^ dit qu'on n'entrait dans le temple de Diane que nns*pîeds : Aedeni Nvr minis ( Dianse ) praeterquam nudus Vestigia , mdlus Uciio ingreditur. Si cela se pratiquait par respect pour la pré* sence de la Déesse , on pouvait aussi le faire dans les mystères de Bacchas , oh la divinité était dans les pei^ sonnes elles-mêmes ; et les danses étant une des cérémonies sacrées de Bacchus ou de Vénus qui se célébraient pendant plusieurs nuits^ et qui avaient beaucoup d'nsages

Après avoir indiqué ainsi tout ce qui est repré* sente sur cet autel , nous ne devons pas në-^ gliger de payer un tribut de louanges à l'invention de ces quatre bas-reliefs , dans lesquels on re-* marque une très-grande franchise d'exécution» Ce n'est pas une chose facile que de donner de la légèreté à des figures enveloppées dans de si larges draperies, comme sont celles de nos Ménades. U n'est pas moins difficile de donner aux figures seul* ptées en marbre, une certaine transparence duna sans risquer de les rendre sèches et roides : et tout cela se voit exprimé par quelque morceau sur cet autel , ce qui nous fait regretter d'autant plus les dégâts que le temps lui a fait

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