‹ Monumens du musée Chiaramonti, décrits et expliquésChapitre 12 sur 55 · OSSA • HIC • SITA • SYMT · texte numérisé non relu

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peut-on alors nier que la signification do ces siglcs ne soit pas évidemment démontrée ? Publicae eruditionis , dit le Maffei , ea fuit uniformitas et Constantin ut quae in Africa , in Galliis , in Dacia marmoreis aut aérais labulis commillebantur , iisde/n tic quae Ronute contraclionibus perscripta videamus eodemque sensu adhibitis .

Les caractères mêmes des anciens peuples d’Italie furent jugés par de distingués érudits, comme puniques, égyptiens, chaldécns, tant on connaissait peu le langage étrusque. Ou savait qu'après la guerre de Troie, beaucoup de colonies grecques étaient venues se fixer en Italie ; que Rome fut d’abord une réunion d’étrangers, qui y étaient arrivés des pays voisins, et avaient formé une masse de plusieurs peuples, et que beaucoup d’arts, de jeux, de rits, de cérémonies civiles et religieuses de l’Étrurie avaient été apportés dans le Latium. On conjectura de cela, que beaucoup de vestiges grecs et latins, devaient se trouver dans les restes étrusques; et beaucoup d’étrusque dans le latin le plus antique- Alors on a commencé à

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déchiffrer d’une manière plausible ces caractères qui se présentèrent à 1 oeil , sur les images des Dieux et des héros, avec les noms propres en étrusque , peints aussi sur d’autres monutnens avec des noms en grec et en latin. Qui ne voit pas que les paroles d’un scarabée en agalhe qui est dans le Musée de Bologne; AsoMjm, V41/1 d’une patère du Musée Rirckerien ; MftavW d’un autre qui fut autiefois dans le Musée de Velletri, sont les mêmes que VLVXE, Ulixes ; MEN RFA , Minerva ; APLV, A polio-, M Vil A N , Motion, Moîpa, c’est-à-dire Parque? Qui peut douter que les paroles ,

3JM3M , KAdVr près d’autres figures bien connues , ne soient les mêmes que Hélène, Menelaus, Ta Urania, c’est-à-dire reine, épithète ordinaire de la déesse du plaisir, arbitre et souveraine de tous les êtres animés ? Et si les images se ressemblent entre elles jusques à l’évidence, et sont alors les mêmes, pourquoi les noms ne seraient-ils pas aussi les mêmes, étant identiques? Les éle’mens du langage étant découverts, on a pu aussi douuer raisou de beaucoup d’expressions , en fixer l’ orlographe , et , nous dirions

presque, la grammaire. De-là dans le plomb dont nous donnons le dessin ( planche F. 3), et que nous avons vu chez un marchand d’antiquités , nous lûmes avec le trèsëclairé Vermiglioli ARNTH VHTAFE FEL- CHEI , Anms Octavius Velcia ( natus J.

les paroles MI CANA qu’on lit dans beaucoup de statues s’expliquèrent Sum Donum ; TVRCE répété plusieurs fois dans les donaria étrusques signifia donum dedi ; TECE voulut dire posuit ; CLEN, votum ; et ainsi d’autres à l’infini. Si l’on ne comprend pas entièrement les rituels Eugubécns, nous savons au moins de quoi ils traitent ; et puisque l’art, quoique dirigé par dés mains savantes , est encore dans l’enfance , peutêtre il arrivera qu’en dérobant à la terre une plus grande quantité de monutnens , et les confrontant avec ceux qui sont déjà connus, de cette étude attentive , il résultera, qu’un jour nous pourrons les lire, comme nous lisons les Grecs et les Latins. Il en arrivera de même , peut-être , du phénicien , du punique , de l’égyptien , et mêmes des hyéroglyphes, dont, avec la méthode que nous avons indiquée, on a commencé à en déchiffrer

Musée Chiar. VoL l à

plusieurs avec certitude. II est fatal pour les choses humaines que l’on doive passer pendant long-temps à travers beaucoup d’erreurs, qu'ensuitc il naisse une lueur, et que ce n’est qu’au fur et mesure qu'elle croit , que le jour paraisse- C’est ce qui est arrive au caractère courant grec et romain, tracé par des tachygraphes sur les pnpjrri , car on était si loin d’en avoir pleine connaissance, que même les plus courageux, seulement à le voir, restaient immobiles, comme s’ils eussent vu la Gorgone. Il s’en trouva même qui jugèrent ces caractères latins et grecs, comme Arménicnsct Chinois, Oschéens et Sabins. Si l’on pouvait mettre à exécution l’idée qu’IIeyne imagina , de réunir dans un ouvrage tous les raonumens antiques connus déjà, de les classer selon l’usage et les sujets et lige auxquels ils appartinrent, les lieux, d’où on les tira, et les artistes qui les exécutèrent , les progrès de notre art seraient infiniment plus rapides, et l'avantage qu’en retireraient tous les autres serait bien plus sûr et plus général.

Et c’est précisément pour servir aux progrès de la science que nous nous avons

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pris le soin de diriger cette nouvelle e'dition du Musée Chiaramonti : car après avoir vu dans le Musée Pie-Clémentin divers monuraens, qui de leur réunion avec ceux récemment découverts, et expliqués dans le Musée Chiaramonti , recevaient de plus grandes clartés et une démonstration évidente; d’un autre côté, après en avoir reconnu, dans le Musée Chiaramonti, plusieurs autres qui à l’aide de ceux qui sont dans le Musée Pie-Clémenlin , offraient la certitude désirée, il nous a semblé rendre un service à quiconque a de l’inclination pour les beaux arts et pour la vénérable antiquité, en reproduisant ce Musée sous une forme pareille , et avec la même méthode que nous avons employée pour l’édition des Oeuvres d’Ennius Quirinus Visconti , afin qu’il leur fût réuni comme le supplément le plus nécessaire.

Est-il personne qui ayant lu les observations de Visconti sur Neptune, ne doive être infiniment ilatté d’en avoir aussi , en gravure , la tête la plus belle et la mieux conservée qui nous soit parvenue de toute l’antiquité? Quel est celui qui ayant admiré

]a Vénus de Gnide , ouvrage divin de Praxitèle , ne verra pas avec plaisir la Vénus Anadyoraène d’Apelle, imitée par un célèbre ciseau grec? L’Amour, en .plusieurs monumens, présente son miroir à Vénus, tandis que les Grâces ornent sa chevelure ; mais c’est ici lui qui fait le métier de coifeuse, dans une attitude unique et des plus gracieuses. Nous avons vu Silène, à pied, modérer par le son de sa lyre les affections du Dieu qu’il a élevé : on ne connaissait pas encore à ce Dieu champêtre la qualité que lui donne Diodorc de Sicile d'auteur et de maître d’excellentes études. Nous en avons ici, peutêtre, l’unique simulacre: ce n'est plus ce gros corps velu, mais un homme robuste et musculeux. Le Bacchus barbu, reconnu par une autre eftigic, sur un sarcophage du Vatican , se trouve ici répété dans une trèsbelle tête qui le confirme, et toujours de plus en plus l’explique. Pour bien décrire les formidables combats des Céans avec Jupiter, Visconti cita un bas-relief de la ville Mattéi , dont on désirait un dessin exact : nos auteurs le donnent ici et en font la description avec une érudition peu or-

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dinaire. Le môme grand antiquaire reconnut une Victoire dans la figure de femme d'un antique bas-relief, représentée dans l'action de soulever un trophée: ici l’on démontre par de doctes observations et d'ingénieux rap. prochcmens que c’est une Bacchante- En parlant de Ménelas , Visconti à indiqué rapidement l’habitude d’offrir aux Dieux, dans leurs temples , les dépouilles des vaincus- Et nous apprenions en effet de Laerce que l’on croyait communément que ce héros avait consacré à Apollon le bouclier d’Euphorbe tué: nos savans auteurs rapportent de cet usage des preuves sans nombre et très-lumineuses , tirées de l’Histoire sacrée et profane , et même de la fable.

Nous serions diffus beaucoup plus que ne le permettent les limites d’une dissertation , si nous voulions parler séparément de tous les lieux dans lesquels les monumens des deux Musées , qui en effet n’en font qu'un, s’entraident et concourent à l’cnvi , pour nous découvrir la vérité. Qu’il nous suffise seulement d’avoir indiqué, qu'où Visconti à réuni la théorie fondamentale de la confrontation, avec les témoignages des

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poètes et des prosateurs grecs et latins , et surtout des anciens scoliastcs, nos auteurs ont également ajoute à ce même moyen le très-fréquent usage des médailles, fidèles dépositaires de la plus profonde et de la plus sûre érudition. C'est pourquoi nous ne savons comment les louer suffisamment , et il nous en coûte assez , car nous le ferions avec plaisir, si l’intime conviction que nous avons de notre incapacité ne nous rendait prudemment réservés. Des hommes dont le nom est si connu dans l’Europe, attendent des applaudissement, non de nous, adhuc hospites in anlii/itilale, mais bien ceux des vrais savans. Osons plutôt déclarer que le tribut respectueux que nous avons cru digne d'eux, et qui pouvait n'èlre pas au dessus de nos forces, fut de mettre le plus grand soin à ce que la réimpression de leurs nobles travaux présentât le meilleur hommage que notre faiblesse puisse offrir ainsi au bon et grand Pontife heureusement régnant, à qui l'on doit la réunion de ces très-rares monumens , ainsi qu’à ces deux célèbres antiquaires que sa haute sagesse , lui fit choisir pour expliquer ces

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trésors. C’est pourquoi nous avons rois la plus scrupuleuse exactitude dans la réduction des dessins, qui bien que nous ne les donnions qu’au trait , rendront , nous l’espérons , les formes des originaux , de manière à ce que chacun puisse s’en former une idée suffisante- Nous avons revCt dans les originaux presque toutes les citations à l’effet de relever les erreurs qui se sont glissées dans la magnifique première édition: et quant au texte , nous nous flattons que l’on ne nous reprochera pas de graves erreurs. Et puisque les Tables de matières dans les livres d'érudition sont, pour ainsi dire, lame de ceux-ci , nous avons pensé devoir en créer une tout à fait nouvelle, qui sera comprise dans celle que nous préparons pour les Oeuvres d’Ennius Quirinus Visconti , dont l’édition arrive à grands pas vers sa fin.

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