‹ Monumens du musée Chiaramonti, décrits et expliquésChapitre 27 sur 55 · PLANCHE XIII · texte numérisé non relu

PLANCHE XIII

Minerve armée *.

Fort heureusement les différentes statues de Minerve , dont ce Musée est enrichi , nous offrent

que celle-là n’est pas retenue par la ceinture , mai* qu'elle est libre et Üollaute , et qu'on dit qu'elle était de feu* tre , par conséquent peu propre 3» former des plis fuis cl souples comme on les voit dans notre statue. Nous a jouterons seulement que Goridilque la ceinture de Minerve était de laine, parce que cette Déesse était l’inventeur des ouvrage* en laine.

(t) Winckelmanu , Monum. ined. , tome I , pl. lit.

(a) Winckelmanu, 1. c. , tome I, pl. 5, |5, 17, etc.

* Cette statue a sept patine* de hauteur} elle est de ntaibrc pcnlélique. Sa tête est antique, mai* rapportée; les bras, le bouclier et le* pieds sont modernes. Elle fut

ia4

toutes des particularités dignes d’être observées, et qui ne sont pas communes dans les monumens anciens. La Déesse guerrière se montre ici avec simplicité comme la première : on voit sur sa figure un air plus fier , mais cependant elle conserve encore cette tranquillité qui annonce une divinité exempte de passions ; alors ccttc ficnc devient noble et même divine.

Le casque est ample, la lance et le bouclier étaient indiqués dans le mouvement du bras et par beaucoup de monumens antiques semblables. Les mauebes de son vêlement sont attachés sur les bras par des agrafles. Nous avons déjà dit ailleurs qu’Elien attribue cette manière de se vêtir (i) à la délicatesse des femmes athéniennes. Mais en voyant les manches ainsi attachées à Pallas et à plusieurs Muses, nous croyons que cette mode était généralement en usage chez les femmes grecques , car on n’accusa jamais Pallas d’avoir un esprit porté à la légèreté.

Mais la singularité la plus remarquable dans notre figure c'est la bande qui descend de dessus l’épaule droite sur le flanc gauche. Ce doit être le baudrier qui soutient le parazonium , l’épée ,

autrefois dans la Ville Montallo , ensuite dans celle Negroni , et elle passa ensuite avec d’autres morceaux dans les mains de M. Jcnkins , duquel M. Carlo Albanie! en fit l’acquisition , ce fut lui qui la restaura avec intelligence.

(i) Elîen , lîv. I, ch. XVIII, roye* la pl. VII, P.<56, note (8) de ce volume.

et que Ion voit quelquefois ceindre Pallas. Sur deux pierres gravées du Musée Stosch Pallas est armée du parazonium , et c’est alors , que , selon Winckelmann, on doit la dénommer Pallas armée, car, ajoute ce savant écrivain , cette épithète ne peut s’appliquer au casque , à la lance et à l’égide , (pii sont ses attributs toujours indispensables (i).

11 n’y a que très-peu de différence dans l'habillement de cette figure avec la précédente, n’ayant toutes deux qu’une robe longue , et une tunique courte par-dessus. On remarque la même légèreté gracieuse dans les formes , et cette simplicité , qu’on ne peut trop admirer, dans la composition des plis , enfin cette expression juste qui indique avec peu de chose tout ce qu’il est nécessaire d’exprimer dans le sujet Qu’on lise la description que Maximus Tirius nous a donnée de Pallas , en parlant de la

(i) Winckelraann , P ter. grav. de Stosch , page 6a , remarque que Pausanias , liv. IX, chap. XVII, page donne à une Pallas le nom de £ Offxr>pla9 ce qui veut dire Ac cingens se, ou qui s'arme, et il croit avec raison devoir appliquer cette épithète aux figures de Pallas qui ceignent le parazonium , telles que les deux qu'il décrit dans cette collection sous les numéros 19- et 198. Quoique ces monuraen» anciens suffisent à prouver que Pallas quelquefois porte le parazonium ou l'épée , nous pouvons cependant la démontrer par un passage d’Albricus qui dit, ch. VIII, de Minerva, page 3n : Haec enim pingebatur a poetis in similitudînem uni us dominas arma tae lorica , et gladio accinctae • Ccsius , Coel. Astr. Poet ., page i3i , donne sans aucun fondement k Pallas le surnom d’ Année lorsqu'elle tient un foudre.

statue de Phidias , et l’on y trouvera la description de notre statue. Il dit que cette Déesse est une belle vierge d’une stature haute, ayant un casque, une lance et un bouclier (i).

Tout bien considéré dans cette figure , nous sommes persuadés qu'on doit la regarder , comme la précédente, pour un monument des ans de la Grèce. La fierté sévère, mais noble, de sa physionomie, son maintien majestueux , le jet grandiose et naturel de sa draperie , tout peut offrir à bon droit , dans cette figure, un modèle à imiter pour les artistes.

Page 1