‹ Monumens du musée Chiaramonti, décrits et expliquésChapitre 32 sur 55 · PLANCHES XVIII, XIX, XX, XXI · texte numérisé non relu

PLANCHES XVIII, XIX, XX, XXI

Autel avec huit Divinités \

En nous assu)eü&sant aux dénominations les plus précises, et nous pourrions même dire à des minuties grammaticales, nous devrons toujours appeler un autel le monument que nous avons sous les jeux (i). Servius distingue Yaltare de Tara : Val-

* Cet autel a quatre palmes dix onces de hauteur. Le marbre est grec-dur. Il n'y a eu aucune restauration , mais il est un peu endommagé. Il fut placé dans le jardin Aldobrandiu au Quiiinal. Ou l’a publié la preniière fois dans les Monum. ont. ined. , ou Solive suite antichità e bette uni di Koma , an i-8ü, janvier , pl. II et III.

(i) LYt\niologie du mot ara est différemment indiquée par les ancien» écrivains. Vairon croit que Y ara s’appela d’abord a sa. Macrobe en dit autant, en parlant de la propriété des tenues employés par Virgile , et & propos de ce vers

Talibus or ante tn dictât, arasque tenentem.

Il observe liv. III , chap. II, page 4*4- Multifariam enim legimus , ijuod litare sola non posât oratio , ni si et is qui deos precatur etiam aram nvmibus appréhendai. Inde F arro div inarum libro quinto dicit aras primum osas dictas ; quotl esset necessarium a sacrijicantibus eas teneri , ansis ont cm teneri solere vasa quis dubitet ? commutatione ergo litterarum aras dici coeptas , us Valesios , et Fusios dictos prias nunc F alerios et Furios dici. Cependant Varron lui-même fait dériver ce nom de la pureté et de l'ardeur. Ubi frumenta secta terantur et Orcscant Area. Propter horum similitudinem loca in urbe para areae , a quo potest etiam Ara deum esse , quod pura. Sis i potius ab ardore , ad quem ut sit , fit ara , a quo ipsa area non abest quod qui arefacit , ardor est solis.

tare , dit il , était consacré seulement aux Dieux supérieurs , et l'ara était élevée en l’honneur de toute espèce de Divinité (i). l^ous voyons sur ce monument quatre Divinités supérieures , deux que nous nommerons allégoriques» et les deux autres peuvent être regardées comme des Dieux de la terre. Les autels consacrés au culte divin ont leur origine qui sc perd dans les temps avant la construction des temples. Les offrandes que Ion offrait aux Dieux sur les autels étaient les prémices 'des fruits de la terre (a). Des pierres, ou arae , quarrées furent de-

(i) Servit!» ('exprime ainsi dans son commentaire sur le vers G6 de l'Êgloguc VI de Virgile

en quatuor aras:

Ecce duos tibi , Daphni , duos altaria Phoebo.

Feci inquit aras quatuor : tibi , o Daphni , duat ; et duas aras ApolUni , quae tint altaria. Hovimus enim , aras Dits esse stifteris , et inferis couse cr a tas : Altaria vero superorum tantum deorum .... Varro Dûs superis altaria i terrestribus aras ; inferis focos dicari ad/ir mat. Nom voyons sur beaucoup d inscriptions antiques, qu’on appelle arae les cipprs funéraires , et cela se disait convenablement, parce que les cippes étaient des arae , autels , dédiés aux Mânes des défunts , comme on l’y indiquait généralement dessus, ou comme le signifiait la sigle ordinaire D. M.

tu) Dans l'Ücrilurc Sacrc'c l'autel sur lequel Noé sacrifia en sortant de l’arche , est le plus ancien dont nous ayons une description. Il devait cire fort grand , si on considère le grand nombre de victimes qui furent immolées dessus. Voyer la Genèse , ch. VIII , v. ao. Le Dr. Barthélémy Mcsny , dans sa dissertation sur les Altaria et les Arae des anciens, imprimée it Florence en 1*63, in-4;

«tmces même du temps des Patriarches à perpétuer la mémoire des prodiges et des bienfaits du ciel (i). Les autels étaient aussi fort souvent en* vironnés d’arbres dans tes forêts sacrées , cl l’ora-

p. 4, observe que cet autel avait peut-être été construit par Noé, selon l’usage antédiluvien , comme il fit en conservant l’exercice des arts. Mai» si nous voulons conjecturer que la construction des autels commença avec l'usage des sacrifices, nous devrions la reportera une époque anterieure de beaucoup , puisque Caïn et Abel offrirent à Dieu leurs holocaustes , à la ve’rité nous ignorons s'ils les placèrent à terre ou sur quelque chose d’élevé. Nous voyons plusieurs autels dressés par Abraham , par Melchisedech , et on ne parle jamais de temples à cette époque. Nos lecteurs auront du plaisir s’il» consultent la dissertation indiquée , où ils trouveront ce sujet traite' avec méthode.

(i) Abraham éleva plusieurs autels où il reçut les promesses divines ; un près de Sichem , comme on le voit dans la Cénèse , ch. XK , v. 7 j l’autre à l’occident de Bélhel , 1. c. , v. 8 i dans la vallée de Matubré , id. , ch. XIII, y. 18. U parait que ces autels ne furent élevés par lui qu’eu mémoire de ce qui s’était passé , puisque le texte sacré ne dit pas qu’on y eut offert des sacrifices. Jacob, après sou songe miraculeux , cousacra comme un autel la pierre sar laquelle sa télé avait reposé pendant sou sommeil. Genèse, chap. XXYIII , v. 18. Le même Jacob en éleva un autre à Bélhel aussi ; ce fut là qu’il reçut de Dieu la seconde promesse. J lie vero erexit tindum lapideum in loco , tfuo locutus fierai ci Dru » libans super eum libamina , et effundens oleum , etc. , Gén. , chap. XXXV, v. 14* L'n autre autel fut eucore consacré par lui dans le lieu où il se sépara d’ £saü , Gén., XXXIII, v. 3o. Moyse suivit l'exemple de ces patriarches ; il construisit un antcl dans l’endroit où il délit Amalcch. , Exode, chap. XVII, v. i5 et 16. Jo-

bre dont ils étaient couverts inspirait pour eux plus de vénération (i). Veuant à considérer la

sut*’ plaça doute pierres au fond du Jourdain en mémoire du passage miraculeux de ce fleuve. Josué , ch. IV , v. g. Il dressa sur le mont G»ébal un autel avec doute pierres qu’il avait fait emporter du lit du Jourdain., 1. e., ch. VIII , v. 3i. Lorsque les tribus de Manas.se* s’établirent au de-U du meme fleuve, elles y élevèrent un grand autel, lequel avant cause du déplaisir et de* soupçons inquiets aux autres tribus , ils déclarèrent qu'ils n’avaient eu, en l’élevant, d'autre intention que de conserver la mémoire de leur union. Aon holocau.ua , neque ad victimas ojjerendas. Sed in testimonium inter nos , et vos , et sobolem nostram , vestramijue progeniem , Ios, chap. XXII, v. aG.

Si uous passons ensuite à l’histoire prophanc , nous ne manquons pas d’exemples d'autels qui furent élevés pour le souvenir d'évenemens singuliers. Selon liérodote, 1. II, 4> page 90 , les Égyptiens enseignèrent les premiers à construire des autels et des temples aux Dieux. Leurs divinités principale» étaient le Soleil et la Lune, les autres Planistes furent des divinités de seconde classe. De-là il parait vraisemblable que leurs adorations s’adressant aux astres, ils leur élevèrent des autels en plein air, en leur présence, ce qui est d'autant plus probable que, suivant ce que dit Pausanias , les premières images de ces Dieux ne furent qae sept colonnes, Lacon, liv. III, ch. XX, page aGa. Gécrops fut le premier qui, suivant le même écrivain, construisit un autel à Athènes, Arcad. , liv. VIII, cb. XX, page Goo ; il y rut ensuite les autels des Euménides répandus dans les champs. Diog. Lacrtc, liv. I , cb. too, page 71. A Home l'autel d'Évandre, consacré à Jupiter par Iletcule, était célèbre, et on pensait qu’il l'avait élevé en mémoire de la mort qu'il avait donnée à Cacus. Lorsque Tatius et Homulus formèrent une alliance ils élevèrent au lieu où elle fut jurée deux autels, selou Dénis d'Halycarnasse, liv. II , cb. 5o, p. 100.

(1) L’autel sur lequel Agamemnon offrit une bée a-

réunion des Divinités qui sont ici représentées , ainsi qu’une certaine négligence dans le travail , nous

tombe, et qu'Homère nous décrit , «fuit couvert par l’ombre d’un platane, iliad., liv. II , v. 3o 5, page 44 :

• Hrous offrîmes aux immortels cent sacrifices de victimes pures et belles sur les autels sacrés que couvrait de son ombre un superbe jeune platane.

Le mime poète place 4 Paphos un autel consacre' k Vénus dans une forêt :

A Paphos où se trouve un bois odoriférant ,

et un autel qui lui est consacré.

Hymne k Venu*, v. 58, page 583.

Nous pouvons ajouter ici quelque exemple pris dans l’Histoire sacrée. Abraham entoura d’arbres le lieu prés de Béthcl où il avait sacrifié à Dieu pour céle’brer son alliance avec Abimélecb, Genèse, c. XXI, ▼. 33. Il fut ensuite défendu au peuple he'breu de planter des arbres autour des autels, parce qu’on ne voulait pas introduire dans le culte rien qui ressemblât au paganisme , c’est ce qui est dit dans le Deuteron. , ch. XVI , v. 4* Pline nous apprend que les forêts furent les premiers temples des Dieux , Hist. Hat. , liv. XII , ch. I. Lucien conteste cette opinion, totne I, page 367 , De sacrif, en disant : Primum quidem sjrlvas comecrarunt , montes dedicarunt . Il semble qu’un passage de l’Oedipe de Sophocle indique que toutes les forêts étaient consacrées aux Dieux , parce que ca prince aveugle demande k Antigone sa Aile qu'elle le fasse reposer dans un L'eu prophane ou dans les forêts sacrées des Dieux. En voici la traductiou ; « Mais toi , 6 ma fille ! si tu aperçois quelque siège dans une enceinte prophane , ou dans les bois consacrés aux immortels , conduis moi , vers ce lieu que je puisse m'y reposer. » ( Oedipe Colon. , vers 9 et suiv. ) Scrvius , au 4 ver* du neuvième livre de l'Enéide fait celte remarque numquam est ltu:us sine religione. Tacite, dans le liv. I des Annales y ch. 61, rappelle qu’il y avait chez les Germains beaucoup d'autels qu’il uomme

sommes portés à croire que cet autel même a pu avoir été placé anciennement dans un lieu découvert de la campagne , dans quelque bois sacré , où l’on reconnaissait pour protecteur de ces contrées et de tout ce qui en dépendait peut-être , ces Dieux , qui présidaient & la fécondité de la terre , ou qui étaient chargés de conserver les champ» fertiles et les forêts. Apollon , qui est en même temps le Soleil, est la source de la fertilité universelle (i)j

barbares, lesquels riaient placées dans des forêts comme monument des victoires que les fîrutteriens avaient remportées sur les Romains. Le savant Checcozxi académicien de Corloue, a cheiché à prouver avec beaucoup de soin , et une grande connaissance des langues, dans sa dissertation sur l'ancienne idolâtrie k l'égard des bois, 1. 1 , p. II, Saggi dtir Accadetnia , page y8 , que l’autel d* disse près de Asliiburg devait avoir clé placé dans une foret , et pour cela il interprète le nom de cette ville ainsi Aras nemûris. Plusieurs autres villes prirent aussi leurs noms de quelques autels célèbres ; comme Ara Ubiorum , Arlun , comme voulant diic Ara lunae. V. Rau , De Ara L'biurum f page 5y. Le très-docte Vau-Dale dans ses dissertations , De on'g. et progressa ùlolatriae , p. 37, n’a pas voulu décider si les forêts étaient regardées comme sacrées, ou k cause des arbres consacrés aux Dieux, ou k cause des autels et des images de ces Dieux qu'on y avait placées.

(1) Les Grecs et les Latius empruntèrent des Égyptiens leurs systèmes philosophiques et religieux, comme le prouve Jablouskj, Panthéon Aegjrpt. Prolog, t page XLV. Or les Égyptiens attribuaient entièrement au Soleil cl à la Lune le soin de l'uuivcrs. C’est ainsi que s’explique Diod. de Sicile, liv. I, page 10 et suîv. : V etustissimi in Acgypto mor taies , mundum supra se conicmplad , et non sine stu -

Diane ou la Lune est la Déesse des bois (i); Mercure est le Dieu du commerce ; il préside aussi aux campagnes (a) ; Mars est le Dieu pani-

pore demirati universi naturam, duos esse Deos existimarunt , aeternos et primos Salem } et Lunam . . . Ho s Deos tnundum universum gubernare statuant , nutr tentes et awfentes omnia . . . hor iunque naturam Deorum plurimum conferre ad generationem omnium. Il n’est donc pas hors de vraisemblance qu'on ait élevé des autels au Soleil et à la Lune dans les bois. Hésiode, dans son poème intitule le Bouclier d’ilcrcule, parle d’un bois consacre' k Apollon , V. 58 •*

« Invertit enim in luco longe sagittamis Apollinis. •

(i) Outre que Diane est la même que la Lune , elle est appele'e continuellement la Déesse des forêts , parce qu’elle présidait à la chasse. Horace, liv. III; Carm. , od. XXII , v» I :

Montium custos , nemorumque virgo.

î.e même porte invoque an commencement du poème séculaire , Phébus et Diane , comme Déesse des forêts: Phoebc , sjrlvarumque potens Diana Lucidum coeli de eus , o colendi Sem per et culti , etc.

Virgile, de même, l’appelle Déesse des forêts, dans le neuvième livre de l'Enéide, v. <$o5 :

Ast rorum decus , et nemorum Latona custos.

Un vers du même poète nous montre aussi la Lune comme vivifiant les bois:

. . . . Saltusque reficit jam roscida lima.

Géorg. , III , v. 537.

(a) Vives dans son commentaire du livre de la Cité de Dieu de $. Àugu>tîn, dans une note du ch. XI, p. 4 j8, aux mots ( In mer ce Mercurius ) dit : ha dicBim volant a

Musée Chiar. Vol. I. a a

culier du pays romain (i); l’Espérance et la Fortune (a) ont le pouvoir de satisfaire les vœux des propriétaires dans les campagnes. C’est sous ce point de vue général que nous croyons pouvoir réunir les huit divinités que l'on voit sur ce bas-relief , et nous allons à présent indiquer leurs attributs symboliques, et parler de leurs diverses actions.

Diane et Apollon sont près d’un autel rectangulaire , et sur le fond du bas-relief on voit un édifice construit avec de larges pierres ; au milieu s’élève un arbre qui parait être un laurier (3). Il

mercibu», eo quod neçoiiatoribus praeesse existimatur. Le» terme* que l'on plaçait dans les campagnes étaient consacrés li Mercure.

(i) Home fut non-seulement consacrée à Mars, mai» même avant sa fondation il y avait sur la rive du Tibre une foret qui était consacrée au même Dieu,, où Sylvie fut surprise par lui. Déoys d’ Halles ruasse s’exprime ainsi , Antiq. Rom. , t. 1 1 page 6i , ch. LXXII1 , ]. 2o>' Vcrum quarto post annum lliam in sacrum Mar lis lucum projectam . . . nescio qui s eo loco stupraric . . . ad plerique fabulant ur spectrum dei , cujus is lucus erat. D’après le même auteur la vaste étendue du Champ de Mars était aussi consacrée i ce Dieu, mais ayant été usurpée par les Tarquins, on la lui consacra de nouveau. Hune enim Marti eoruni majores publico decret o consacrarant , pratum equis ac jurent ut i in tir nus exer rendis gj-mnasium aptisfimum. Sed anlequam his usibus inserviret , jampri dent is campus huic deo sacer erat , et Tarquinius eum usurpa rat , 1. c. , I. V , c. XIII, page 376, I. 35.

(■a) Le culte qu’on rendit à Rome à l'Espérance et à la Fortune était très-ancien , comme nous l’indiquerons plus au long dans l’explication de ce côté de l’autel.

(3) Daphné ayant été changée au laurier , cet arbre fut toujours cher à Apollon :

At conjux quontam me a non potes esse t

parait que les deux dmuités , frère et sœur, se rejouissent de leur victoire. Apollon a derrière lui le trépied qu'il a repris k Hercule (t). Diane a près

Arbor cris cerie , dixit , mea semper habehunt

Te coma f te cithurae , te nostrae , laurc , jdiaretrae.

Ovid. , Met. , liv. I, v. 557.

(1) Hercule n'ayant pas eu de réponse de la Pythie qu'il était allé consulter, tout couroucé, enleva le trépied du temple d'Apollon. Apollon le poursuivit pour reprendre ce trépied, mais Jupiter d’un coup de foudre mit fui à leur combat et les força de te réconcilier. Celte fable est racontée par Hygin, fab. XXXII. Ou la voit représentée sur le grand candélabre qui fut donne ^ S. S. Clément XIV par le défunt cardinal de Zelada qui le fit graver ; il fut ensuite accompagné d'une savante explication par monseig. Gaetano Marini préfet de la Bibliothèque du Vatican et des Archives pontificales: on l’inséra dans uue disserta* tion particulière publiée dans le journal de Pise , t. III, p. 176. On voit souvent sur les médailles grecques Apollon appuyé sur le trépied , dans une position très-ressemklante à celle que nous lui voyons sur l'autel. Dans l'intéressant Ragguaglio del viaggio compendioso di un dilettante antiqaario sorpreso da’ corsari , e condolto in Btirberia , imprimé à Milan en i8o5 et i8oti, à la page 240 de la seconde partie , on cite uue médaille de Pcrinte publiée dans cette partie , pl. IX et X , n. 3 ; on y voit un Apollon dont le coude gauche est appuyé sur le trépied, autour duquel est un serpent -, le Dieu tient dans la main une branche de laurier dont il se sert pour faire la lustration de l’autel qui est devant lui. Nous avons cité avec plaisir ce livre , que nous savons être du P. D. Félix Caionni barnabite, homme distingue' dans la science numismatique, dans les arts, dans l'histoire, dont il a public plusieurs mouunieiis inédits , les enrichissant de son érudition dans des notes qui contiennent des choses neuves dont la connaissance lui est venue par ses malheurs et par son habileté.

d’elle à ses pieds le chien qui l'accompagne dans scs chasses , et un sanglier qu'elle a tué : elle remet ses flèches dans le carquois , et Apollon lui présente une branche de laurier , comme un prix de scs combats contre les animaux féroces ; ou bien plutôt , il veut faire une libation sur l’autel placé entre eux.

Nous avons peu de chose à faire remarquer dans la figure de Diane , car elle ressemble à celle que nous venons de voir dans le combat contre les Géans. Nous indiquerons seulement le nœud qui retient ses cheveux derrière sa tète avec simplicité , dont les poètes nous donnent la description,

Si nous voyons sur la médaille en question le trépied sans vase , nous le retrouvons à d'autres médailles , place dessus , cl formant comme un globe. Pour eu citer une, nous renvoyons k celle d'Antinous , qui a été frappée 4 Delphes , publiée par Pellerin , Troisième supplément aux six volumes des Médailles des Rois et des Villes , pl. VI, n- 6. Buonarroti nous offre une grande médaille du même Antinous de Taisis , sur laquelle le trépied est de la même manière. Nous pourrions indiquer ici d’autres exemples de marbres antiques, mais nous rappelcrons seulement k la mémoire l'Apollon assis sur le trépied, interprété avec beaucoup d'érudition par RafTei dans la première dissertation sur 1rs monuineus de la collection Albani. Dans ce simn* lacre on voit le vase sous les pieds du Dieu , et le commentateur dit qu'il est ceint d'une couronne renversée, mais nous pensons plutôt qu'il est orne d'une converturc k franges ou plutôt taillée k dents, comme on le voit aussi sur notre marbre, du côté qui correspond sous le bras d'Apollon. L’extrémité du vêtement d’une figure étrusque placée dans la préface du tome II des Bronzes d’/Ier^ eulanum, p. IX, est terminée par un ornement pareil.

et qnc nous avons déjà remarqué à d'autres monumens (t). On pourrait dire que cette Diane a une double ceinture , comme la dépeint Claudien (2), à moins qu'on ne veuille. Nous ne parlerons pas ici ni des cothurnes , ni de ses autres veteraens (3), les ayant suffisamment examinés ailleurs. On pourra seulement prendre garde à la gracieuse attitude de cette figure , et nous pouvons croire que l'ingénieux sculpteur, en lui donnant ce mouvement vif, a voulu faire une opposition à la figure d'Apollon , qui est débout fixement , et presque appuyée sur son trépied (4).

(1) .C'était l’usage des filles vierges de nouer leurs cheveux avec beaucoup de simplicité, Pausanias , livre X , Phoc. , ch. XXV , p. bti'j , décrivant Polixcne peinte par Polygnote , dit: Polixena virginum more colle cto in no ~ dum crine , etc. Cest par cette raison que pareille coiffure fut particulière à Diane, qui fut toujours regardée comme une vierge.

(a) Kous avons déjà parlé ci-dessus de la ceinture de Diane. Buonarroti , page XXVII de la préface de ses Observations sur les grandes médailles du Musée Carpegna , a expliqué une image en ivoire de Diane ayant deux ceintures ; elle est à 1a page 294 avec les vers suivans de Claudien :

Crispatur gemino vestîs Gortynia cinctu Poplité fusa tenus .

Claud. , De Rapt. Pros., liv. II, v. 33. On reconnaît plus clairement celte double ccintorc de Diane, mieux que sur tout autre monument, dans deux statues de la Ville Pamfili, publiées par de Rossi, pl. 19 et 4^.

(3) y o j et les notes (t)et(i) de la planche précédente, page 1 54 et 1 55.

(4) En voyant sur cc monument Apollon représenté dans

U nous resterait à parler de l'autel qui est placé entre les deux Divinités » mais comme sur trois côtés de notre marbre il a la même forme , et que sur tous ou voit les mêmes choses déposées , nous en parlerons ailleurs. Nous dirons aussi que le mur formé de grosses pierres qui est dans le fond peut représenter l'extérieur d’un temple auquel peut convenir ce genre de construction , fabriquée par de grandes pierres bien travaillées et disposées symétriquement (i).

Sur une des faces de Tautel sont sculptés Mars et Mercure devant un autel quadrangulaire , comme

l'action de quelqu’un qui écoute, et Diane avant plus de mouvement , il nous sembla au premier aspect qu'on pouvait y reconnaître les deux divinité’! qui se préparent à détruire les enfans de Niobé. Mais comme Ovide , ensuivant les traces des plus anciens poètes , nous dit que Eatonc raconta à scs enfans les outrages qu'elle reprochait à Niobé de lui avoir fait éprouver , qu'elle les excita il la vengeance , et qu’ils s'y déterminèrent immédiatement , il paraîtrait qu'il ne peut y avoir de dialogues entre eux. Et d'ailleurs cela ne nous semble pas un sujet convenable pour un autel destiné à la paix.

(i) Ce genre de construction se conserva presque toujours dans les murs extérieurs des temples, et il fut en usage dans les temps les plus anciens soit grecs , ou romains, comme nous pouvons en donner un exemple daos le temple de Vénus Paphia sur les médailles de Gnide , et celui de Janus sur les médailles romaines de Néron. Postérieurement encore on façonnait les murs en forme de grosses pierres, comme on peut le voir au temple de la Fortune Virile, aux anciens murs de l’église de saint Adrien , et peut-être à ceux du Panthéon.

le précédent Mars , le Dieu terrible de la guerre , est représenté sous la forme d’un jeune homme et sans barbe; tel qu’on le trouve dans d’autres sculptures anciennes ; et entre autres dans la belle figure assise de la Ville Ludovise , ouvrage d’un artiste grec(i). Notre Mars a la tête couverte d’un casque, sa poitrine est armée de la cuirasse, de

(i) Cette statue à été publiée par Perrier , n. 38 , ensuite par Maflfci tous deux points de vue, pl. 66 et 67 ; elle a enfin été reproduite avec beaucoup d'e'légance par rooni. François Piranôî au nombre des statues de Rome, dans son ouvrage Scella delle migliori statue antiche. Quoique les télés de Mars exécutées avec beaucoup d'art sur les médailles grecques , le représentent avec une barbe épaisse et frisée , on a cependant beaucoup de monumens où il est sans barbe. Nous trouvons dans la Galerie Giuatiniani cinq statues de celte sorte, tome I , pl. 79, u5, 116,, lao et i*ja; le Mars du bas-relief de la même Galerie que Ton voit , tome II, pl. io3, est d’ailleurs aussi sans barbe. Le Mars en basalte de la Galerie de Florence est de même , comme on pent le voir dans Gori , Mus. Fl or. , tome III , pl. 3^. Il est encore de même dans le gronpe avec Vénus ; voy.au même lien, pl. 36. Plusieurs pierres gravées antiques publiées par de la Chausse, Gem. ant. , pl. 63; par Mariette, tome II, pl. XIX , et par Gori , Mus. Flor. , tome I , pl. LXXI1I , num. VII , VIII et IX , représentent Mars comme les précédens. Pour citer ensuite des monumens absolument romains , noos parlerons du Mars sans barbe avec Sylvie qui était jadis b la Ville Mattéi , et qui se trouve à présent au Musée Pie-Clémentiu ; il est publié dans les Mon. Matthej . , tome III, pl. IX. Celui de l’autel Casali, qui est présentement du même Musée , et que Dellori a publié daos YAdmiranda, pl. V , fig. 1.

la maio droite il s’appuye sur sa lance, et la gauche est posée sur le bouclier qui louche la terre. Cette attitude est la même qu’on lui voit sur quantité do médailles, ainsi que dans plusieurs statues (i). L’attribut distinctif le moins Ordinaire que l'on trouve dans ce morceau, ce sont les armures de jambe, ocrcae , dont il est orné (a): ou voit ces ocreac clairement indiquées dans une statue du Musée

(t) Nous avons quantité de monument sur lesquels nutis voyons Mars arme, s’appuyant sur son bouclier, les médailles des Antonins en offrent beaucoup d’exemples ; sur ce» médailles il a cependant U barbe. On voit le même Dieu sans barbe, armé, sur les enseignes militaires des grands bas-reliefs sujiéiieurs de l’arc de Constantin , qui ont rapport à Trajan. Il a la main gauche posée sur le bouclier j, et avec un trophée dans la main droite. Bell or t y Vetcres Arcus , pl. -j4-

(a) On voit très-bien dans les médailles d’Antonin et de M. Aurèlc , les armures de jambe au Dieu MarB. Elles sont aussi très-conservées dans la statue de Mars, plus petite que nature, d’un mauvais style , laquelle est dans le Musée Pic-Clémcntiu , et qui a été décrite par Massi , page i5i , nuro. 8<j. Celte statue est très-ressemblante au Mars Capitolin , qu’on a appelé sans fondement Pyrrhus , comme l’observa le «avant qui a décrit ce Musée , toinc II , page 97.

Il n’est pas hors de propos de donner ici une notice nu sujet de ccs armures de jambes , et d’en faire voir quelques-unes qui ont été retirées du lac de Thrasimène , et qui sont conservées à présent daus le Musée de la Bibliothèque du Vatican. Ces armures sont formées d’une lame de cuivre très-mince et llexible , d'un travail extrêmement soigné; nous donnerons dans le discours des planches de supplément une plus exacte description de cette partie de l'armure des anciens.

Pifc-Clémeniin. D paraît que Mars se montre ici dans un repos parfait; les boucliers et les autres armes , qui août à ses pieds , sont les trophées de scs victoires.

La ligure de Mercure placée à côté de Mars a également tous ses attributs particuliers. Il a sur sa tête le pétase ailé (i) , de la main droite il tient uue bourse , sa chlamyde est repliée sur sou bras gauche , et de cette main il tient son caducée. Si ce qu’on voit devant l’autel n’était pas si endommagé , on pourrait mieux décider ce qui était représenté ; mais nous conjecturons que ce pouvait être un amas de pierres , parce que ceux qui passaient devant un simulacre de Mercure jetaieut au bas de lui des pierres , et qu’on laissait, dans les campagnes , amoncelées en son honneur (a). On

(i) Le pétase de Mercure se trouve représenté par les artistes anciens sous diverses tonnes. C'était un chapeau dont firent usage les anciens Crées , et de même les Romains , pour aller en campagne ou à la chasse, afin du mettre U tête à l’abri de la pluye ou du soleil. Aiuobc, 1. VI, p. 197, dit , qu’on donnait à Mercure ce chapeau parce qu'il présidait aux chemins. Les ailes que l’on voit si souvent attachées au pétase de Mercure indiquent la vélocité de ce messager des Dieux. Dans le tome VI du Musée Pie-Oléine» lin , pl. III f ou en a traité assez longuement , c'est pourquoi nous y renvoyons nos lecteurs.

(a) Celait uu usage chez les Payeus, lorsqu'ils passaient dans les campagnes devant des images ou des autels consacrés k Mercure , de jeter au bas dtes pierres , ne pouvant pas trouver , dans le moment, sans être prévenu», d'autre chose à lui offrir: c'est ce que nous ittj! fusée Chiar. Vol. I a 3

pourrait dire pour ce. t qui se plaisent à trouver des significations allégoriques, que nous voyons ici Mars victorieux qui s’unit avec Mercure , Dieu du commerce (1) et des richesses, pour faire la félilicité des peuples.

clique Phornute, ch. 16, page. 168, de Mercurio , où il donne encore quelques autres motifs, 3» ce rit. Maimonide* parle aussi de cet usage, De IJolatria , cliap. Il , S H* Complures colendi modos IdoloUurae prefmivcrunt ussicuique imagini , et simulacro .... Mercurius in eo cultus crat , quod lapides in eum consectarent , vel coram eo spargerent. Ici le savant Vossius observe que Salomon lui-mcine dans les Proverbes, XXVI, 8, parle de cette superstition , en disant sr Sicut qui mittit lapide m in acervum Mercurii. On appelait cet amas de pierres cumuli Mercuriales. On en voit deux sous les caduce’cs de Mercure dans la table Hcliaqtie , objet de tant d’observations pleines d'érudition. V. Mon. Matth. f tome III, planche I.

(il Nous avons fait remarquer déjà dans la note (a) , page ififl, de cette planche, que Mercure était le Dieu du négoce j nous ajouterons ici quelque autre chose h ce sujet. Phornute dans l'endroit cité , note précédente, page i(>9 , dit: Ferunt Mercurium etiam mcrcaturae existera de uni , et merito ; est enim ementium, et vendentium inspecter. Emptiones nanique et venditiones citra orationis praesidium contrahere nequimus. H inc mercaturae praeses esse visus est : et iuTtoXtûov , id est , mercatorum curam gerentem , et xepïtôoy id est lucrosum aut lucri authorem eum ap/iellarunt. Grutcr dans les anciennes inscription* en offre une, page LV, n. 1 , où on lit; MERCVRIO NEGOTIA.ÏORI SÀCRYM

Fabretti, page Ga4 , n. aïo, nous présente une ancienne

Sur le côlé opposé à celui où sont Mars et Mercure , on voit les figures de la Fortune et de l'Espérance, séparées par un candélabre (i) sur lequel brûle une flamme (a). La Fortune a le front paré de la petite mitre (5) , sa tunique, ceinte sous

inscription , qui a été reproduite arec plus d'exactitude par Aluralori , p. 346 , a •, on y lit :

MERCVRIO

LVCRORVM • POTEXTI ET • COXSERVATOR ■ SAC.

(i) Dans le tome IV du Musée Pie-Gém. , page 38, on dit que les grands candélabres servaient à porter des lampes, et que ceux d'une petite proportion servaient d'autel. Notre candélabre ne passe pas le milieu du corps des figures qui sont auprès , ce qui confirme l'opinion dont nous venons de parler. On peut lire dans la dissertation , que nous avons déjà citée, les réflexions littéraires de monseig. Gaetano Marini sur les usages des candélabres, ainsi qnc les recherches les plus exactes qu'il a faites sur ces meubles.

(a) Sur une rare médaille d ' Aelius Cacsar décrite par Vaillant , A um. praestant. Imp., tome I , page 71, ou voit la Fortune et l'Espérance réunies, semblables à celles qu’on trouve sur cet autel. O11 peut la voir dans les gravures d’IIavercamp , A um. Rcg. Christ., pl. XV, fig. (i. La Fortune se montra cependant peu favorable ^ l'Espérance de cet empereur, lequel ne parvint pas à occuper le trône , attendu sa foible complexion.

(3) La Fortune, dans beaucoup de ses anciennes statues, et même dans la magnifique statue, plus grande que nature, que l’on conserve dans ce Musée, est représentée avec la petite- mitre, sur laquelle est quelquefois un voile. On la voit ainsi dans plusieurs bronzes d'ilerculanum , pi. XXYII, u. a , et à la pl. XXVIII,

la gorge , descend jusqu’à ses pieds ; ' elle a les bras demi-nus , el la manche, qui est ouverte , est ratr tachée par trois boucles; son manteau qui tombe de dessus son épaule gauche, passe dessous le droit, après s’être appuyé sur le bras gauche, d’où il retombe en formant quantité de plis. De la main droite elle tient un limon de vaisseau , sous lequel est un globe , comme étant la régulatrice des événemens humains (i); et de la main gauche elle

n. 5; elle est de m'me sur plusieurs médailles grecques. Mais elle a quelquefois aussi le tutulus tantôt de forme ronde , et d'autres fois en forme de tours. Le premier , quand il figure le modium , ou boisseau , peut convenir à la Fortune comme Déesse de l’abondance; le second, carré et eu forme de tours , et il lui est propre comme régulatrice des villes. Pindare , dans Plutarque , De For. Rom. , page 5aa , C , appelle la Fortune Porteuse de villes , XVffi (p£pècro?.tç. Nous croyons que bien souvent ce tutulus ue dérive que de l'ancienneté de ses images, qui conservent une idée de ces colonnes, qui furent la première forme que l’on donna aux effigies les plus antiques.

{ i ) La Fortune fut regardée comme une Déesse plus ancienne que Jupiter même , et Buouarroti dans les observations qu'il a faites sur les grandes médailles, parle d'une gravure représentant la Fortune qui soutenait Jupiter enfant jouant avec le limon qu’elle tient. L'épithète de PrimigCnia dérive a gignendo , scion Cicéron , De Leg . Il, ch. U, page 119. Le même dit qu’il y avait dans l’ancienne Préueste un bois sacré , en mémoire du lieu où la Fortune avait eu sur les bras Jupiter et Junon qui téttaient. C’est à quoi sc rapporte l'inscription que cite Suarè», Ant. P r acnés. , page 4'J*

FORTVKAE IOVIS • PVERI PRIMIGENIAE

soutient une corne d'abondance, sou attribut ordinaire , et qui lui convient, parce qu’elle dispense aux mortels les richesses , et eu général tous les biens (i).

Vis-à-vis d’elle est l’Espérance représentée sous les formes accoutumées. Cette Déesse, dont le culte est fort ancien (a), a toujours dans ses simulacres

Quoique le culte de 1a Fortune Primigenia ait passe de Préncstc à Rome, apres la guerre de Macédoine , il y avait cependant d’autres temples de la Fortune antérieurs, par exemple celui que Servius Tullius fit élever hors de la ville, et dont parle Varron, de Ling. Lot., liv. V, p. 47» lin. 28.

(1) Pausanias, Messen. , liv. IV, ch. 3o, raconte que Bupalus fut le premier qui plaça dan» la main de la Fortune la corne , symbole de l’abondance. On regarda cette divinité comme l’arbitre des richesses et des événemens heureux ou malheureux ; ce qui a fait dire à Pétrone , p. 4*9 •’

Rcrum humanarum divinarumque poiestas ,

Fors.

Pline dans le liv. II, Ilïst. Nat., chap. VII, dit que la Fortune seule était invoquée. Ihuc ornnia expensa , huic omnia ferwitur accepta : et in tota ratione mortaliam , sala ut ram que paginant facit. Lac tance dans les Instit. III, ch. 29 , page 329 . . . qui Fort imam putant esse quae hominibus tribuat bona , et mal a. Nam simulacrum ejus cum copia , et gubernaculo fingunt ; tamquam haec , et opes tribuat , et humanarum rerum regimen obtineat » Salnste dit : Sed profeçto Fortuna in omni rc dominatur. Bel. Catil. , ch. VIII.

(2) Téognidc, ancien poète grec, regarda l'Espcrance comme une Déesse :

.... L'Espérance et le danger , chez les hommes

le style ordinaire avec lequel on la représente dans ses images primitives ( i ). A dire La vérité, comment

se ressemblent t parce que rune et r autre sont des Divinités terribles .... Theog. , v. 657.

Cicéron noue apprend que Collatin fit bltir un temple k l'Espérance ; Hecte etiam a Collatino spes consecrata est, de leg. Il, c. 11 , p. 118. Dans l’an de Rome 377 on voit un temple de l'Espérance peu éloigné des murs de la ville près de la porte Collina ; T. Lire en fait mention. Adeo que id bellum ipsis institit moenibus, ut primo pugnatum ad Spei sit aequo Marte , iterum ad portam Coltinant . Lh/e , liv U., ch. 5i ; t. I, p. 199. Ce combat, qui eut lieu après la mon de Fabius, est aussi décrit par Dénis d'IIalicar* nasse, Antiq. Hom. , liv. IX, ch. 3^, page 538 ; 1. 10 : on y dit que le temple de l'Espérance était loin de Rome de huit stades. Nardini, suivant ce qu'avait dit Douali, Koma vet. , livre III, chap. a3, page <53, place près de la porte Majeure un temple dit Spei V éteris , où Héliogabale, selon Lainpridius, avait ses jardins, lu Héliog. , ch. i3, tome I, page 819: Secessit adhortos Spei V cteris. De sorte que tout se rapporte pour nous faire croire que le culte rendu à l'Espérance était très-ancien à Rome.

(1) On voit dans le Musée Etrusque , pl. XXVII, une figure d'un style étrusque très-ancien , qui représente VEsjiéraiice , plus probablement que Junou. Buonarroli public dans ses Observations sur le Musée Carpegna, une très-élégante statue, de style grccautique, qu’on a faussement attribuée aux arts toscan» , et qui représente également l'Espérance. Celle-ci a sa robe plus courte qu’on ne la lui fait ordinairement, et ses cheveux déliés et longs descendent jusque sur ses reins. Les médailles de Claude, jusqu'k celles des empereurs qui lui ont succédé , conservent le même style pour les effigies de cette Déesse. Sur la base d’un des candélabres, qui était autrefois au palais fiarberini, que l'on peut voir dans le tome IV du

des artistes intcUigcos auraient-ils pu ne pas lui donner celle grâce que lui prêtait un maintien rempli de simplicité , la légèreté délicate de son habillement , et la vérité de l’expression ? Si nous examinons toutes les images de cette Déesse en commençant par les ouvrages grecs anciens , jusqu’aux étrusques , nous les trouverons toutes semblables dans les bronzes du meilleur goût, et sur les médailles frappées dans les plus heureux temps des arts.

La figure de cette Déesse nous offre une jeune femme dont la chevelure est retenue sur la face par une petite mitre/ le reste des cheveux bien disposés tombent en boucles sur le cou. Elle est

Mutée Pie Clé ment in , pi. VIII , U figure de l'Espérance a beaucoup de conformité avec ces anciennes figures ; de même la petite statue , rétablie par Aquilius Dionisius et par Nonia Faustina , qui existe dans la ville Ludovisi , offre la manière antique de la représenter. La même chose ne peut se dire ni de la Flore Farnésienne que Ton regarde comme une statue de l'Espérance , ni de cette autre de la Galerie Giustiniani , qui est à la plane. 49 du tome I. Ou devra remarquer dans ces figures l'intelligence savante des anciens habiles sculpteurs lesquels atiss1 soigneux de conserver quelquefois le style le plus ancien dans leurs statues couvertes d'habits très-longs , le furent de même à s'en éloigner dans les figures de femmes qui devaient avoir un vêtement court et large ; parce que autant cet ajustement long devenait grandiose dana les premières figures , autant eut-il été désagréable dans les dernières, auxquelles on était aussi par-lk la solidité et la srjretc.

vêtue <Tuuc robe très-fine , qui forme dans plusieurs endroits des pib riches et multipliés , laissant cependant presque entièrement apercevoir les formes du corps. Une tunique supérieure libre et trèsplissée, qui lui couvre la poitrine, descend jusqu’au milieu du corps (i), et les manches qui couvrent la moitié de scs bras sont rattachées par des petites boucles. Elle paraît marcher, et tenant dans sa tnain droite une fleur; elle relève un peu de la gauche sa tunique, pour pouvoir cheminer plus commodément (a).

(i) Le vêtement supérieur de l’Espérance , formé de deux petites pièces d'étoffe , se voit presque généralement dans toutes les figures de l'ancien stjrle grec ; tel est le ba»*rclief du Musée Fic-Cléraeniin déjà cité ; ainsi que toutes les De i lés fémelles du grand autel triangulaire de Ja ville Pinciana , qu'a publié pour la première fois avec exactitude Entiius Quiriuus Y isconti , daus \t% Monument Ga&itu de cette maison, et dans les pl. de tupplém. du Musée Pie-CUmen. , t. IV , B. 1 , n. i , a. B. II, n. 3.

(3) O11 met dans les mains de l'Espérance une fleur , parce qu’elle promet le fruit. M. Adisson, dans ses dialogues sur l’utilité des médailles , dit, à propos de la figure de l'Espérance dont il est question dans U première série, n. B: La fleur , ou la plante naissante , que vous lui voyez dans la main droite , est un ornement particulier à r Espérance , parce que , dans le langage poétique , les flt'urs et les plantes nouvelles sont f espérance de l’année abondante

tune herba uitens et roboris expers

Turgct et insolida est ; et spe delectat agrestera. Omuia tune dorent; llorumque coloribus almus Kidet ager.

Ovid. , Met. , liv, XV, v. ao3.

Le mémo poète, parlant de la vigne qui fleurit, s’exprime ainsi :

In spe vilis erat.

Ovid. , Fast. , liv. V , 5aa.

11 serait nécessaire de rechercher la raison pour laquelle on a placé entre ces deux Déesses un candélabre au lieu d’un autel , comme on en voit nn aux divinités représentées sur les autres faces. ?fous ne pourrions avancer sur ce sujet que des subtilités; cependant nous dirons que voyant qu’on offrait aux Dieux des parfums , des victimes et les prémices de toutes choses , on peut penser que sans qu’il y ait ici rien de mystérieux, on a mis un candélabre à la place d’un autel (i).

Quant à l'attitude de marcher et de relever sa robe , Buo~ narroli en donne beaucoup de raisons, dans les observations déjà citées 11 la page 4*8 cl suiv. Il y dit que l'Espérance relève son habillement , ou pour indiquer pur cette façon plus commode de sa marche , la promptitude ace c laquelle elle pénétré en nous . Et même V Espérance agile seule r celle qui tout en ne faisant que passer , apporte au- plutôt les objets attendus , était regardée comme la bonne ; car celle lente à venir était estimée comme contraire aux désirs.

(i) Par tout ce qui vient d’être dit dans la note ci-des- *u$ , il semble encore plus que les deux Déesses représentées sur celte partie de l'autel conviennent beaucoup à la campagne. Columelle dans le liv. X , p. 33 -j , De llort. Cuit. , fait chanter par les cultivateurs , occupés de leurs travaux champéties, des hymnes h la Foitune ; ...... dumque virent nexos deferte maniplos

Et célébrés fortis Fortunae dicite laudes Mercibus exactis.

florace paile ainsi de la Fortune:

Te ftauper ambit sollicita prece Ruris colonus.

Carra.,, liv. I, Od, XXXV, v. 3.

L'espérance se rapporte beaucoup aux productions de la

Musée Chiar . Vol. 1 a \

A présent il nous rcsic le quatrième bas- relief» duquel nous trouvons beaucoup d'exemples dans les anciens monumens (t), et qui se rapportant entièrement aux divinités des forêts» nous fait croire que notre autel avait été placé dans un bois sa* cré. Hercule et Sylvain étaient , dans l'ancienne my-

terre comme nom l’avons déjà observe. Nous ajouterons à présent que Plutarque, (De Fort. Rom. , t. II , p. 3a5, A ) fait mention d’un autel dédie' a la Fortune et à la Bonne Espérance. Sur un cippe publié, peu exactement, par Poissard, ensuite par Gruler, puis par Begcr dans le Spiciicgium Antiif. , p. 84, XIII , on voit, sur les côtés, la Fortune et l’Espérance , qui font allusion anx noms de la défunte. Gcs deux divinités sont egalement réunies dans deux épigrammes grecques , qui se trouvent dans l’Anthologie :

Spes et Fortuna longum valete. Semitam inveni.

Nec enim amplius rebus vestris dclcclor .

Liv. I, cb. XXV, n. a.

Spem et Nemesin Lcncvolus ad aram constituai

Jllam ifuidcm , ut speres , hanc vero ut nihil haleat. !.. e., n. 3.

Horace , dans l’ode déjà citée , appelant la Fortune pour qu’elle accompagne Auguste, qui partait pour la Brétagne , place l'Espérance au nombre des compagnes de cette Déesse;

Te Spes , et albo rara fuies colit

F elata panno.

h. c., v. ai.

(i) Dans Gruter , Inscr. Ant. , page LXII , n. 8, il y a un autel dédié à Hercule et à Sj'vain. Reinesius , Sj-nt. Inscr. Ant. , rapporte une autre inscription en forme de bouclier, dédiée aux memes Dieux, classe I , n. CIIX j de même Murat., i\oÿ. Thés. Inscr. , page LXXI , n. a.

thologie regardas comme présidant aux forêts, et il existait entre ces Dieux une union si étroite , que quelquefois on n’en (il qu'un seul (i). Cependant ce monument fait autorité pour ceux qui regardent dans Hercule et Siivaiu deux divinités distinctes.

Hercule a la tête couverte de la peau du lion de Néiuée qui tombe de l'épaule gauche et vient lui couvrir le bras droit , laissant le reste du corps nu. De la main droite il soutient sa massue , arme terrible dans ses mains. A ses pieds est un porc, paré de la vitta sacrée , parce que cet animal lui était offert en sacrifice (a). Dans le milieu s'élève

(i) Hercule et Sylvain furent réduits par quelque érudit à n'étre qu’une seule divinité’. Mon. ined. , tome II , page 9a, Winckelinaun appelé Hercule Sylvain Dendrophore , ou porteur d’arbres une figure, que l’on voit dans un grand bas-relief du palais Roudiniui, publié aussi dans Us Nul i tic dette Antichità e belle arti di lia nui , janvier 1788, pl. III, et cet écrivain inclina ô la croire plutôt une ligure de Sylvain que d'Uercule. L'auteur du Musée Pie-Clément in , tome IV, page 33o , n. ta), ne trouve pas cette dénomination d'Hcrculc Sylvain bien fondée , et il croit que l’on doit lire Sj’llanus , comme la pensé aussi Piliscus, Lex. Aniùj. Rom. , t. I, p. 8y«j,b. Si toutefois cette dénomination d'Hercule Sylvain u'est pas bien assurée , on peut regarder comme l’étant davantage celle d’Hf renie liusticus , dont parle Larapridius iu Cora. , cap. 10 , llist. Aug. , tome I, page 5oa.

(a) Ce u’est pas le sctfl monument dans lequel on voit un porc près d’Hercule. Il existe dans le Musée Pie-Clémentin un bas-relief qui ornait anciennement le fiontispice d'un temple rustique de ce Dieu , où l’ou voit la

un autel couronné de guirlandes, que nous obser> vons continuellement dans les sacrifices champêtres , et que l'on trouve sur les mouumeus les plus anciens (i).

vidime , comme dan» notre marine , ornée de* Vittae , dont on parait le» animaux que Ton conduisait aux sa* ciificrs. Dans le tome IV déjà cité du même Musée ce bas-relief est indique' 1 la planche X1.III t et on y dit que plusieurs bas-reliefs donnent à croire que le porc était une victime offerte à Hercule > ce qui prouve J’ancienneté de son culte, puisque, selon Varron , De re Rustic.t liv. II, page 73, 1. 5, ce fut le premier animal que l*on sacrifia aux Dieux. Ab suillo enim gencre pécaris immolandi initiant primant sumptum videtur.

(1) Eq voyant les autels simples entre Diane et Apollon , et entre Mars et Mercure, et ceux entre deux divinités champêtres , comme sont Hercule et Sylvain ornés de guirlandes, cela nous a donné lieu de supposer que les l'estons suspendus autour 11 e sont pas des festons sculptés à l’autel représenté , mais des festons ou guirlandes de feuilles et de Heur» dont 011 avait entouré et couronné l’autel. Pour apporter quelque exemple d’uu rite réligieux champêtre dans lequel ou voit des autels ou, des simulacre ornés de guirlandes, il suffira de citer les pierres gravées publiées par Mariette, Pierres Grav. , tome II, pl. XLV, LXl, LXVI , CXXI, car on y voit des guirlandes et des couronnes autour des autels dans les sacrifices de Racchus , de Priapc, exécutes par des Fauues, des Baccliautcs , tous champêtres. C'était un usage cher les anciens de courouncr les autels, par cette raison Ovide a dit :

Fumidti cingatur jlorcniibus ara coronis.

Trist., liv. III, éleg. XIII, v. i5.

Tertullirn nous apprend , De Cor. mil., chap. to: Ipsae de nique fores et ipsae hostium , et arae , ipsi ministri ,

Vis-à-vis Hercule est la figure de Sylvain avec une barbe épaisse et courte. U a sur la tête une couronne qui peut être de pin(i), et une peau de chèvre, qui est retenue sur son épaule droite par uu noeud formé des pattes de derrière , lui sert de cblamydc. Dans la main droite il a une espèce de faucille (a); dans la gauche, qui est presque cou-

et sacerdotcs eorum coronantur. Festus, dan» Paul , p. CL, a nommé le* couronne* ou guirlande* attache* aux autels, Pancarpiae dicuntur coronae in vario genere fio • rum ftcttie • Vitmve , liv. IV, ch. », page G i , donne le nom d'£>ic<irpux ii la guirlande, nom qui dérive du grec eyxapxoç, sur quoi Phitander remarque : Encarpus Grands fructuosum signifiait : hoc loco omamentum est, hoc est flortun frondumque , et pomorum com plexus , atqua contextus , etc. On voit dan* un bas-relief publié par Thomassin, De Donar. in Gratv. Thes.t tome XII, p. 84?» et représentant un sacrifice à Sylvain, uu arbre orné des guirlande* et de couronne*.

(i) Les image* de Sylvain sont en général toujours couronnées de feuilles de pin. Monseig. Gactano Marini, dans Je* Inscriptions de la Villa Alhani , en décrit à la p. io une très-singulière, qui est dans le palais Pamfili à X'avone, également avec une couronne. La couronne de pin était particulière pour les Faunes, parmi lesquel* on confondait Sylvain r

Cornigerum caput pina ptrcinctus acuta Faunus in immensis , qua tumet Ida jugis.

Ovid. , Episl. , lier nid. V, x. 137.

(x) On parle peu de Sylvain dans les fables grecques, et il est confondu avec Faune ou Pan. Mcursiu», De Fort. Athen. , cap. III j In Gron. Thés. , t. V, p. iGq3, Ct rapporte un passage d'iiilduin qui a écrit la Vie de S. Denis l'Aréopagitc , dans laquelle il décrit Je* diverses

-verte par la peau de chèvre , U lient une branche d’arbre qui paraît être d’un pin(i). Tout le reste

région* d'Athènes , il dit ; Seconda regio Athenae est , qtuxc respicit Thraciam t ubi terebinthus mirae magnilu dinis ; sub qua Sjrlvanl et Fauni egrestium hominum simula cr a s ta tut is diebus a pastoribus venerabantur , quaê régi o I lavée H ayoc, appellatur a nomine S il van i et Fauni. Graeci enim Sylvanum (lava vocitant. Il sembla que les Romain* ont appri* ce calte de* PeU»ge*. Il présida aux forêt*, aux champ*, à leur* confins, comme, a dit Virgile, dans le VIII livre de l 'Enéide, r. 600*

Sjrlvano fama eu veteres sacrasse Pelasgos Arvorum pecorisque dco lucutnque diemque.

Il ne parait pas nécessaire de chercher aucun sens allégorique de la petite serpe ou faucille qu’il tient li la main, et dire qu’on la lui voit comme descendant de Sa urne, puisque la serpe est un instrument propre à la culture des plantes. Horace dan* la seconde Epode , 1 1 , fai-

sant l’éloge de la vie champêtre , met au nombre des travaux qu’elle exige le soin d’employer la serpe pour les arbres , et il invoque le secours de Sylvain pour cet usage: Inutiles falce ramos amputant ,

Feti dores inscrit .

Marziano Cupella fait allusion ^ la serpe dans Ta main de Sylvain, quand il dit au commencement du V liv. , y. to: Tune primum posita Sjrlvanus forte cupresso Perdtus , ac trépidant dextram tendebas inermem.

(1) Virgile, Georg. I, v. ao, mit un cyprès k la main de Sylvain, et non un pin:

Et testerons a radice ferens , Sylvane , cupressum. Selon Servius Sylvain changea en cyprès un jeune homme qu'il aimait, et qui était mort de douleur, parce que ce Dieu avait tué & la chasse un cerf qu’il chérissait. Cependant l'arbre qu’on voit dans beaucoup de ses monumens ne semble pas être un cyprès, mais toute espèce d'arbre pouvait convenir aux Dieux des forêts.

du corps est nu , excepté les jamhcs qui sont chaussées de cothurnes (i J. On Toit à ses pieds un chien ou un loup (s), ces deux animaux lui étant con-

(1) Le» cothurnes que nous avons observes à la planche XVII, p. i55, n. (i', qui servaient à Diane comme chasseresse , étaient également propres à Sylvain qui se plaisait li chasser aussi.

(a) Par le même motif que nous avons donné ci-dessus, ou mettait un chien aux côtés de Sylvain, car nous pensons que dans ce bas-relief on a voulu figurer un chien plutôt qu'un loup, et nous en disons autant de ceux que Ton voit sur d’autres monumens , presque tous d’une éxécutionpeu satisfaisante. Cette attitude de l’animal qui regarde son maître est plutôt celle d’un chien , familier , que d’un loup. Nous ne trouvons personne parmi les anciens auteurs qui dise que le loup fut consacré à Sylvain. Nous savons seulement que les Athéniens avaient grand soin de les tuer , qu'on ordonnait des chasses pour les détruire, et que beaucoup de lois établissaient des récompenses pour ceux qui tuaient des loups , lesquels causaient de si grands dommages aux campagnes d’Athènes plus destinées il élever des troupeaux, qu’à la culture des grains. Sylvain, gardien des troupeaux, pouvait être le protecteur de cette chasse des loups, dont les bestiaux obtenaient des avantages si grands. Quoique notre avis «oit que le porc sculpté prés d'Hercule sur cet autel ne se rapporte pas à la ligure de Sylvain, il n’t-st pas moins à propos de dire que le porc était une victime destinée à ce Dieu. Le bas-relief qui appartient à Thomasini déjà cité à la note (a), page 187 de cette table, reproduit par Montfaucon , Ant. Expi., t. I , p. II , pl. CLXXVII, n. 1 , offre le sacrifice de cet animal fait à Sylvain. Maffei , Mus. Véron., page CCXI, n. 5, a publié un cippc consacré à Sylvain , où l’on voit le Génie de ce Dieu avec tous les attributs du Dieu même , et ayant un porc à scs

sacrés. Un arbre s’élève derrière un autel, et quoiqu’il étende des branches tortueuses, on peut croire li la forme de ses feuilles et du fruit que c’est un pin.

Après avoir expliqué en détail et l’une après l’autre toutes les divinités sculptées autour de l’autel dont nous avions à parler , nous allons il présent nous occuper du résultat de tout ce qui a été dit , et nous essayerons d’en retirer des conséquences qui établissent à qui cet autel fut particulièrement consacré.

Le pin qui s’élève dans le milieu "du bas-relief de cette quatrième face , les trois autels qui se voyent au milieu de trois des bas-reliefs , et sur lesquels on voit constamment des pins et des fruits , tout nous porte à croire que dans cct autel nous devons voir une offrande faite à la Terre Mère, qui est la même que Opis ou Cybèle la mère des

càtés. Nous apprenons déjà par les anciens écrivains ce rit, confirmé par le* mou u meus, puisque Juvénal dit dans sa Satyre VI, v. 44^ :

Cederc Sjrlvanum porcum , etc.

On offrait aussi du lait à Sylvain , comme nous l'apprend Iioracc

TeUurem porco ; Sjlvanum lacté piabant.

Epiai. Il, ltb. U, v. >43.

Caton, De Re Rut tic. , cli.83, enseigne le voeu que l'on doit faire a Sylvain pour la santé des bœufs , eu lui offraut du froment, de l'orge, du lard, du vin et autres objets, et il prévient que: Mulier ad eam rem Difinam ne adsit , neve vident , quo modo fiat.

Dieux (i). Les Dieux qui sont auprès de cet auici , accompagnent les voeux des mortels pour fertiliser les forêts et les champs, où était élevé ce marbre sacré (2) très-estimable par les lumières <ju’il répand sur l’ancienne mythologie.

(1) On sait asscx qu’Opis , U Terre et Cibèle sont une même chose , ainsi il est superflu d’en donner les preuves. D'ailleurs on sait aussi que le pin était consacré à Cibèle 4 cause de la mort d'Atys :

Cihelejrus Atcis

Exuit hoc hominem , truncoque induruit Mo.

Ovid. , Met dm. , X, V. 105.

Dans les fêtes en l’honneur de Cibèle, qui se célébraient le 33 mars (XI kal. apr. ), on portait un pin dans son temple. Celte fête est notée dans les anciens calendriers par ces mots Arbor intrat. Enfin les pins sont appelés par Martial pommes de Cibèle ;

P o ma sumus Cibeles.

Liv. XIII, a5.

Dans le bas-relief Capitolin qui représente l’Archigale, ce prêtre porte une corbeille avec des pins et des fruits pour les offrir 4 sa Déesse. Winckelmaun , Monum. ined. , p. 7, reconnaît dans ce panier même les amandes nées du sang d’Atys.

(a) Arnaud dans son traité De Dits assessorilus inséré dans le tome II de Poleni , raisonne fort-au-long sur l’union que les Grecs et les Romains ont faite de leurs Dieux. Il parle daus le cbap. XI particulièrement des autels sur lesquels étaient sculptés diflerens Dieux , on qui étaient dédiés également 4 plusieurs d’entre eux. Il avance que généralement on voit réunies les divinités qui ont rntr'ellcs quelque rapport, et que quelquefois elles sont près d’un Dicn qui leur est supérieur. La réunion de tous les Dieux peut bien convenir 4 environner la Terre, qui est la mère de tous. Nous avons suffisamment prouvé 4 présent

Musé c Chiar. VoL L a5

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