‹ Monumens du Musée ChiaramontiChapitre 19 sur 60 · PLANCHE III · texte numérisé non relu

PLANCHE III

Femme Isiaque \

Isis y cette Déesse symbolique , à laquelle les Egyptiens attribuèrent l’ordre qui régne dans l’uni-

(i) Ibi omnes foemitiae illius familiae , caput sibi , aal etiam vultus ohllnunt lato , deinde relictô inter domesticos cadavere , ipsae per urbem valantes verberantur succinct ae , et ostendentes mammas. Hérodot., liv. Il, 85, pag. 118.

* Elle a de haut environ sept palmes ; elle est en mar-

vers , qui fut ensuite adorée par les Grecs et crue Io que Jupiter avait aimée, ne fut bientôt qu’une seule personne avec Vesta , ou avec Junon, ou avec Minerve. Cette déesse eut des temples somptueux dans la Grèce, et on parle de celui de Corinthe comme étant le plus grandiose. On est encore incertain si son culte parvint à Rome de l’Egypte ou de la Grèce ; mais on est assuré qu’il ne s’y introduisit qu’après que les Grecs eurent fait un long séjour en Egypte.

Bacchini (i), Oliva (2) et d’autres érudits, ont cherché à déterminer à quelle époque Rome adopta ce culte. Le premier croit que ce fut lorsque les Romains firent alliance avec Ptolomée Philopater , qui confia la tutelle de son fils aux Romains^ ce serait vers l’an de Rome 554* Le second, Oliva, remarque avec justesse que cette superstition devait avoir été accueillie à Rome dans des temps plus reculés , puisqu’il en est question dans les vers très-anciens d’Ennius, qui vécut depuis l’an 5i5

hre grec dur. La partie inferieure du bras droit est une restauration moderne , de même qu’une petite partie du gauche et du seau , et la fleur de lothos dont il s’était retrouvé un vestige. La draperie ayant un peu souffert à raison de la délicatesse avec laquelle elle était traitée, il a fallu la retoucher en grande partie sur la superficie. M. Carlo Aîbaccini a eu l’habileté d’exécuter ces restaurations, sans altérer les parties que le temps n’avait point endommagées.

(1) Bacchin, de Systris , in Graev. , tome VI, p. 41 3.

(2) Oliva , excitationes in marmor lsiacum Romae nu per effossum. Romae 1719, in-8. fig.

jusqu’à Fan 585 de Rome (i). Arnobe et Tertullien , d’accord ensemble , placent cette époque à la fin du septième siècle de Rome (2). Malgré tout le respect que nous devons à ces écrivains, en nous attachant à la décision des premiers , nous pouvons ajouter, comme Valère Maxime (3) le raconte , que plus d’un siècle avant, le sénat ordonna la démolition d’un temple d’Isis et de Sérapis , et que le consul Paul Emile s’étant aperçu que ceux qui devaient exécuter cet ordre montraient des craintes , il prit lui-même une hache et se mit le premier à renverser les portes. 11 faut croire, ou que , nonobstant ce décret du sénat , on ne détruisit pas tous les temples de cette Déesse , ou qu’on en construisit de nouveaux , puisque les désordres qui accompagnaient ces cérémonies superstitieuses firent, du temps (4) d’Auguste, éloigner

(1) Ennii Frag. in Pétri Scriverii Collectanea Veterum Tragic., page 55.

Non abeo denique Nauci Marsum augurem ,

Non vicanos haruspices , non de circo astrologos.

Non Isiacos conjectores , non interprètes somnium.

(2) L’an de Rome 696 , sons le consulat de Calpurnius Pison Cesonius et Aulus Gabinius.

(3) L’an de Rome 535, sous le consulat de M. Livius Salinator et L. Emilius Paullus. L. Aemilius Paullus consul , cum Senatus Isidis et Serapidis fana diruenda censuisset j eaque nemo opificum att ingéré auderet ; posita praetexta , securim arripuit , templique ejus foribus injlixit. Val. Max., liv. I, 3, 5, p. 4

(4) Dio. Cass., liv. LIV, nura. 6, page n55. Agrippa quum turgescentes adhunc motus in urbe invenisset , om -

de la ville ses temples , par le conseil des augures j et qu’ Agrippa pour remplir les vues de l'empereur , les fit porter à huit stades des murs de Rome. Enfin ces assemblées nocturnes et sécrétés ayant donné lieu à de nouveaux crimes , elles furent défendues par Tibère ; le temple fut renversé , et on jetta la statue d’Isis dans le Tybre.

Cette superstition proscrite ne tarda pas cependant à renaître , car enfin elle devint triomphante sous Adrien. Ou voit encore sur le mont Palatin (i) les ruines magnifiques des temples d’Isis et de Sérapis. Adrien consacra à ces mêmes rits une partie de sa campagne Tiburtine. Commode et Caracalla portèrent k l’excès l’observation de ces cérémonies ÿ qui ayant enfin cessé sous les empereurs chrétiens, reparurent de nouveau sous Julien, puisqu’on les voit exprimées sur tant de médailles frappées sous son règne (2).

Cette digression historique était nécessaire pour venir à l’explication de la belle statue que nous offre cette gravure , laquelle représente une femme initiée aux mystères d’Isis, ou une prêtresse (3),

nia sedavit ; et sacra Aegyptia , quae se iterum in urbem jam insinuabant , rcpressit ; edixitque 7 ne quis eae in su burbano intra M. passus perageret.

(1) Les ruines d’un double temple dans les jardins de sainte Francesca Romana ont été crues généralement comme étant, des restes du temple d’ Isîs et de Sérapis.

(2) Y. Bandur. , Numis . Impp. Rom. a Decio usque ad Paleol. , tome II, page 4^5 et suiv.

(:>) Ceci n’est pas détruit par ce que nous avons dit

qu a ses vêlemens , aux symboles qu'elle a , enfin à tout l’ensemble , on prendrait pour la Déesse elle-même.

Cette belle figure est d’un travail si parfait, qu’il faut la rapporter au temps d’Adrien , si fameux et si riche par les productions des arts. Le temps ne lui a causé aucun dommage , excepté dans une petite partie ; il y a peu de chose de restauré , quelquelque légère fracture dans la draperie , mais qui a été très-bien réparée par une main habile. Aussi ne peut on voir une figure plus gracieuse , et d’un aspect plus beau et plus noble. Son habit de dessous , c’est-à-dire sa tunique longue , est formée à très-petits plis, qui en dessinant le nu, donnent à la figure de la grâce et de la délicatesse ; elle est interrompue avec régularité par le vêtement supérieur et par la ceinture qui la resserre ; de sorte que la belle disposition de ce manteau , qui descend largement de dessus la tête , en formant des mouvemens grandioses , fait une opposition admirable avec les petits plis multipliés de la tunique ; aussi ne peut on trop donner d’éloges au parti qu’a pris l’artiste , et à son exécution. La fleur de lothos et

dans le discours de la planch. I que les Égyptiens n’avaient pas de prêtresses, parce que He'rodote lui-même affirme le contraire, liv. II, 547 p. 109, où il raconte l’histoire de deux prêtresses de Jupiter de Thèbes qui furent les premières à rendre des oracles ; et beaucoup de moi umens antiques ainsi que les inscriptions en fournissent la preuve , outre les anciens écrivains qui parlent des rits égyptiens , comme fait Apulée et d’autres.

ce petit seau (i) qu’elle porte , dont une partie est antique , suffisent pour lui donner le caractère d’une figure Isiaque. En voyant qu’il manque à sa draperie ce nœud placé sur la poitrine , qui , selon l’opinion de Winckelmann (2), est indispensable pour la distinguer de la Déesse, on sent que celui qui entreprit la restauration , jugea par-là avec raison que la figure était plutôt une femme Isiaque que la Déesse elle-même , il la rétablit comme telle , en lui mettant dans la main une branche d’arbre (3) en forme d’aspersoir, comme il convient à une prêtresse.

Nous avons déjà fait observer que les figures antiques d’un vrai style égyptien , toutes dessinées de la même manière , expriment très-peu le caractères du sexe , et confondent aussi le Dieu avec le prêtre , en donnant à l’un et à l’autre , sans différence , les symboles qui conviennent au premier. Les statuaires grecs et les romains en changeant immédiatement le style ancien , pour donner à con-

(1) Apulëe décrivant Isis dit: laevae veto descendebat cymbium aureum. Métam. XI , page 240 , 02.

(2) Winckelmann, Histoire de l'art , tome I, p. 75, Monum. ant. ined. , Trat. Pre'l, XXI.

(5) On voit une Isis avec un rameau dans la main sur la célèbre table dite de Bembone, pl. If Lit. I,et à la page 28 Pignorius croit que c’est une branche d’absyntlie marine de Typosiris d’Egypte que les prêtres d’Isis portaient ordinairement, selon Pline, Hujus rarnum Isiaci praeferre solemne habent. Dioscoride assure qu’on portait cette plante au lieu de l’olivier. Pline , Tlist. nat. j Harduini , 1. XXXII, fih. VII , § XXIX, tome IV , p. $19, num. 5.

naître sans hésiter à quel sexe appartenait chaque figure , ne laissèrent pas néanmoins de conserver cette indécision de caractère qui confondait , dans les femmes surtout , les divinités avec leurs prêtresses. La figure de Galatée est représentée , dans le grand bas-relief de la ville Mattéi (i), qui est à présent au Musée Pie-Clémentin , de manière qu’elle semble être Isis elle-même. Le nom seul gravé en grands caractères et son action les distinguent de la Déesse ; il en est de même aussi de notre statue qui lui ressemble tant, car le vêtement qu’elle a peut la faire regarder comme représentant une prêtresse.

Nous pourrions à préseut remarquer que tout ee qu’il y a de symbolique , et de composé dans l’habillement, est commun avec les figures d’Isis. La fleur du lothos est particulière à cette Déesse, de même que les cheveux calamistrés ( calamistratï)^ ) qui , après s’être partagés sur le front , tombent en boucles d’une manière bizarre sur son cou et sur son sein , faisant voir avec quel art on les entretenait. Le petit seau qu’elle porte de la main gauche , appartient aussi à Isis, comme nous l’avons fait

(i) Monum. Matth. , tome lit, pl. XXIV.

(3) Calamistre's , c’est-à-dire frise's avec un fer chaud appelé' Calamistrum . De l’emploi de rechauffer ces fers pour friser les cheveaux , il s’e'tablit une espèce d’esclaves occupes de la coiffure des femmes , qu’on appela Cinerarii, selon Vai ron Calamistri 7 quod eis calefactis in cinere capillns ornât ur. Qui ea ministrabat a cinere Cinerarius est appellatus. Varro, de Lingua Latina , liv. IV, p*53,i5.

remarquer assez en détail. Les trois habits conviennent aussi à Isis, ainsi que l’observa Winckelmanu ( i ) et de la manière dont on les voit ici expressément distincts. Le premier très-fin , en descendant depuis le cou jusques sur les pieds, permet à peine de voir qu’ils étaient couverts d’une chaussure délicate. Les manches de l’habit sont courtes et attachées avec des petits boutons, pareils à ceux que l’on voit à tant de figures grecques et latines. Sur cette robe est une tunique supérieure , serrée sous la gorge, et qui ne va pas jusqu’au genou. Ces deux vêtemens , travaillés avec délicatesse à petits plis, forment une espèce de clair-obscur à la figure, tandis que le manteau qui les couvre jeté largement , et faisant des plis riches et grands , donne de la noblesse à la draperie. Il paraît qu’il est quarré et bordé tout autour d’une frange (2), ce qui le détache encore plus des autres vêtemens. Une partie de ce manteau est assez singulièrement relevée sur la tête pour lui servir de voile , de manière cependant que le bord rejeté en arrière, empêche la frange de tomber sur le visage, ce qui eut

(1) Winckelmann, Ilist. de l'art , tome I, page n 3.

(2) Les franges, selon Winckelmann , Hist. , page 7a, étaient un ornement étranger et royal: c’est pour cela qu’on voit tant de figures de rois prisonniers qui se conservent à Rome , avant cet ornement. Apulée aussi dépeint le manteau d’Isis avec une frange, dejecta -parie laciniae multipliai contabulatione .dependula ad ultimes oras nodulis fimbriarum de carter cou finit abat. Mêlant. Xf, page 240 7 ij.

fait un effet désagréable avec les cheveux qui paraissent sortir de dessous la draperie et qui ne se sont pas mêlés avec les fils de la frange , lesquels d’ailleurs eussent incommodé celle qui la portait s’ils eussent été sur le front. Les franges ainsi rejetées par derrière interrompent le manteau même au dessous des épaules, et produisent une plus grande richesse , et une agréable variété dans la masse des plis de la draperie de cette élégante figure.

Nous avons donné , dans nos observations sur la planche précédente , le nom de stola à ce manteau j maintenant en comparant notre statue avec la Galatée du bas-relief, dont nous avons parlé, nous desirons que le lecteur remarque dans celleci les mêmes vêiemens, et la confirmation de l’opinion de Buonarroti. La robe et la tunique supérieure ressemblent parfaitement h celles de notre statue. La première est très-fine , comme devait être représentée une robe de lin propre à un climat chaud comme celui de l’Egypte (i). La seconde est de la même longueur, et pareille en tout jusqu’aux manches même ; il paraîtra peut-être que l’on n’y trouve pas le manteau ou la stola y mais le manteau également orné de franges est replié et placé en travers , de sorte qu’il ressemble à une de ces stolae dont on se sert dans le rit chrétien.

(i) Hérodote raconte qu’en Égypte on se servait de vêtcmens de lin : J^estifrus amiciuntur lineis , liv. II, 81 , page 1 1 8 Tertullien, décrivant une femme Isiaque, dit.' Dcae Isidis linicctta ;■ de Tèstim. anim. , c. II, p. 66,

Buonarroti(i) aérais Cette opinion que eet ornement sacré dérivait des stolae antiques repliées , lesquelles étaient non-seulement une parure propre aux femmes, mais qui étaient même, chez les anciens, en usage dans les cérémonies religieuses et civiles. Voilà donc la comparaison de ces deux marbres que nous avons vu se rapporter à un même sujet, qui donne un éclaircissement indubitable sur cette conjecture , puisque quand même la parure de Galathée ne serait pas la stola repliée, il lui manquerait le troisième caractère distinctif dans le vêtement qu’on remarque généralement dans les figures Isiaques.

PLANC H E I V.

Statue de Jupiter \

Abandonnons les rils égyptiens , pour passer à la mythologie grecque et latine où nous pouvons par elle trouver un champ plus vaste dans les monumens que renferme la riche collection de notre Musée. Jupiter, le père des Dieux, le tranquille habitant de l’Olympe , est le sujet de cette statue in-

(i) Buonarroti , Osserv. sui vetri , ec. , p. 68 et suiv. * Hauteur dix palmes et demie. Le marbre est pentélique appelé' Cipolla. La tête , le bras droit et partie de de la main gauche sont modernes. Cette statue était placée en plein air dans le jardin du palais Quirinal , où elle avait beaucoup souffert, et elle a été même maltraitée un peti par un restaurateur de peu de talent.

téressanle , tant par sa proportion que par le style grandiose qu’on remarque dans l’exécution. Elle nous représente le souverain des Dieux en pied, à moitié nu , avec un ample pallium jeté sur l’épaule gauche , qui venant d’envelopper le flanc droit, tombe jusqu’aux pieds, dont il cache une partie. Le Dieu tient doucement de la main droite son foudre, et de la gauche il soutient un côté de son pallium. La figure est svelte, sans être seche, et il y régne une majesté imposante. Le temps lui a enlevé quelques parties de cette peau , comme s’expriment les artistes , c’est-à-dire de cette première surface où brille la dernière touche du ciseau de l’habile sculpteur; cependant elle conserve dans tout son ensemble une certaine beauté , une rondeur dans les muscles , du grandiose dans les formes , un effet savant dans les enfoucemens des plis, variés avec harmonie, de sorte qu’on peut attribuer cet ouvrage à ces temps heureux où brillaient les arts.

Nous voyons une attitude semblable dans le Jupiter tenant son foudre (i) qui est sur le grand autel triangulaire de la Yilla Pinciana , que Winkelmann a dit être de style étrusque , mais qu’avec plus de raison on a reconnu pour un ouvrage grec antique (2). Plusieurs petites statues grossières en métal de ce Dieu , qui sont communément de style étrusque ou latin très-ancien , et que chez les Ro-

(1) Visconti , Monum . Gabini , pl. snppl. A. ; 2) Au même lieu, p* 222.

mains on plaçait dans les larciria , ressemblent à notre monument. Une autre statue parfaitement semblable est celle en marbre du Musée Kircker qu’a publiée Bonanni (1) et après lui Monlfaucon (2). Ces observations nous ont fait penser qu’elle représentait quelque simulacre célèbre et vénéré de Jupiter existant à Rome , et particulièrement un qui ait été transporté à Rome par quelque rit étrusque*

Nous nous rappelons que les Etrusques, selon Pline , avaient une doctrine particulière sur la fou* dre; qu’ils en avaient déterminé les espèces différentes les portant au nombre de onze, trois desquelles ils attribuèrent à Jupiter. Les Etrusques possédaient l’art de les attirer à leur volonté, Porsenna en avait eu quelque connaissance. Nous lisons que Numa avait appris cet art des Etrusques , chez lesquels il en avait vu de très-heureux effets ; tandis qu’au contraire Tullius Hostillius n’ayant pas assez d’expérience , avait attiré sur lui-même la foudre dont il fut consumé (3).

Il est certain que Romulus en construisant Rome

(î) Bonanni, Muséum Kirk. ? class. I, pl. X^ 1 , 3, page ai.

(2) Montfaucon , Antiq.Expl. , tome I, pars I, pl. VIII, 3 , et pl. IX f 1.

(5) Pline, Hist. nat. , liv. II , ch. LUI, tome U P* 206. Tuscorum literae novem deos emittere fulmina existimant ? eaque esse undecim generum : Jovem vero trina jaculari ; et au chap. LIV , p g. 207: Extat Annalium mentoria , .sacris quibusdam , et praecationibus cogi fulmina , vel impetrari * . . Et ante cum a Numa saepius hoc factita-

l’avait consacrée à Jupiter. On voit son image, comme Dieu tutelaire , très-souvent sur les médailles un ciales ( d’une once ) et sur celles d’argent , en outre de tout ce que nous en a conservé l’histoire,

Jupiter Elicius était particulièrement adoré à Rome : et ce surnom lui était donné de ab eli -* ciendo , parce qu’on le forçait à descendre du ciel ; et par Jupiter on entendait, à ce qu'il paraît , le feu céleste du ciel lui-même , duquel se formait la foudre (i). Mais si tout cela peut nous persuader que la représentation de Jupiter avec un foudre ait pris son origine en Etrurie , cependant nous n’y trouvons pas de moyen pour connaître quelle dénomination particulière appartient proprement à notre Jupiter.

Les noms de Jupiter Capitolin , Stator , Conservât or , et tant d’autres qu’il serait trop long de citer , se trouvent dans les médailles désignées , mais les images ne se rapportent pas * avec notre figure , de sorte que nous ne pouvons distinguer notre simulacre par aucun de ces noms. Nous dirons seulement que le Jupiter Capitolin était armé d’un foudre (2) , et que s’il était nécessaire qu’on lui of-

tum , in primo Annalium suorum tradit L Piso , gravis Auctor ; quod imitatum parum rite Tullium Ilostilium ictum fulmine . *

(1) Eliciunt caelo te Jupiter , unde minores Nunc cjuoque te célébrant ; Eliciumcjue vocanl.

Ovid. , Fast. III, v. 527.

(2) Qui ipse Jupiter ? modo imberbis statuitur ? modo barbatus locatur , et cum Hammon dicitur , habet cornua , et cum Capitolinus ? lune gerit fulmina. Min. FeL Octav*,, pag. 199..

frît des foudres on devait les faire en or • et pour les autres Divinités on les faisait en argent (1).

nous avons réfléchi que d’avancer des idées neuves dans des écrits, cela peut être avantageux pour les auteurs , sans être souvent plus utile à l’ouvrage, nous ne craindrons pas de répéter dans l’occasion les observations déjà faites, que nous puiserons dans d’autres ouvrages remplis d’érudition , afin que le lecteur trouve ici tout ce qui peut contribuer à porter le plus grand jpur sur le sujet et ce qui lui appartient. C’est pour cela que nous dirons avec Cicéron, que les Latins appelèrent Jupiter Juvans Pater (2). Les philosophes grecs le regardaient comme la force motrice et vivifiante de l’univers (3). Les historiens en ont fait un roi de Crete (4) , et les poëtes ont imaginé qu’il était fils de Saturne , et maître du ciel et de la terre. Les artistes inspirés par les expressions poétiques d’Homère , et par un certain usage introduit par

(1) Decemvirorum monitu decretum est: Jovi primum donum fulmen aureum pondo quinquaginta fier et ; Junoni , Minervaeque ex argento dona darentur. Liv. , liv. XXII ^ chap. J.

(2) Sed ipse Jupiter , id est Juvans Pater > quein couver sis casibus appellamus a juvando Jovem , a poetis pater divumque hominumque dicilur . Cic. , de Nat. Deor. , liv. II , 25 , pag. 187.

(5) Fornut., de Na't. Deor., cliap. II, vel Jupiter dicitur anima mundi quod quemadmodum nobis praesit ani mus j sic omnibus longe lateque imperet natura. V* in Opusc. Mythol. , Th. Gai. , page 14^

(4) Diodor. , lit , 61 tome \ , page 25o.

Musée Chiar. Yol. I 4

la religion , s’efforcèrent a l’envî de donner a Jupiter une représentation majestueuse, mais en lui conservant cependant toujours une uniformité d’expression. Nous ne parlerons pas ici des traits de son visage, parce qu’il nous paraît plus convenable de les détailler lorsque nous examinerons un de ses bustes. Nous ajouterons néanmoins qu’il est représenté comme un homme d’un âge moyen , robuste et svelte , mais sans être affoibli , ce qui convient a une divinité , et nous remarquerons que son caractère principal est la majesté (i).

L’ample pallium qui le couvre vers la partie inférieure , en laissant la supérieure nue , indique , à ce que dit le très-érudit et savant Vossius , que la divinité de Jupiter est à découvert dans le ciel, mais que sur la terre, représentant la nature , elle est voilée (2).

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