‹ Monumens du Musée ChiaramontiChapitre 29 sur 60 · IT · texte numérisé non relu

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marbre représente une Minerve Pacifère , la protectrice des sciences , et non la Déesse terrible de la guerre. Aussi est-ce avec discernement que Partis le ne lui a pas mis dans les mains la lance ni l’écu , mais la chouette, symbole qui convient à la Déesse de l’étude.

Tout le monde sait que Pallas ayant chassé la corneille à cause de sa loquacité , lit choix pour son favori de l’oiseau de la nuit, parce que ce temps est propice aux études sérieuses des sciences. Athènes la savante mettait sur ses monuoies, et partout , la chouette de Pallas ; et on la voit très-souvent ou aux pieds de la Déesse , ou dans ses mains , sur les bas-reliefs et sur les médailles anciennes, quand le temps n’a pas détruit les symboles , ce qui n’arriva que trop souvent aux statues (i).

(i) Qu’on ne croye pas que ce soit inutilement que nous nous occupons de la chouette , symbole mis à notre ligure dans des temps modernes , cela serait en effet inutile si ce symbole n’avait pas été copie d’après d’autres monumens antiques, et s’il ne convenait pas à Minerve. Le savant écrivain du Muse'e Pie-Clémentin en a déjà d t assez sur les motifs qui avaient rendu cet oiseau cher à Minerve 3 il avança pour cela des raisons qui avaient été in onnues jusqu’alors , mais qu’il puisa dans les anciens auteurs. On voit une chauve-souris volant au dessus de la tête de Pallas dans la très-jolie figure du Musée Florentin , tome lit, pl. "VII j et encore mieux dans le Musée Étrusque , tome I , pl. XXVIII , où le monument semble donner l’explication d’une expression d’Aristophane, qui dans sa comédie intitulée Aves 7 p. 098, v. 5 14? éit

L’olivier, cet arbre que Palias a fait naître pour

que les oiseaux consacre's aux divinite's se voyaient sur la tête des Dieux eux-mêmes.

Jupiter ille qui nunc régnât

Aquilam avem gerit in capite , ut qui rcx sit , Ejusque filia noctuam } Apollo vero , tamquam famulus accipitrem.

Cependant l'ancien scoliaste dans la note sur ce vers, fait le commentaire de notre statue , en disant que c’était la coutume de représenter Jupiter avec un agle surmontant son sceptre , et que la statue de Palias , appelée Ductrix , avait dans sa mains la chouette : voici ses paroles : O pviv £%OV £* z tfç X£(pa'/ It?ç. Avem gerens in capite. » Oportuit dicere ~ in sceptro — Ita enim Pin dur us » E vdei y d crje^TrJpQ A toç. « Dormit haec in sceptro Jovis. » V el quod in capite cujuscumque Dei eas aves , quae iis consecratae erant , constituere solebant. Minervae autem Archegetidis simulacrum noctuam habe bat in manu. Apollo contra accipitrem tenebat , utpote Scilicet divinatoriam avem , et ipse tamquam Jo vis famulus ; quum accipiter aquila ipsa minor est.

Une Palias en bronze du Musée Kircker, citée par Winckelmann , Pier. grav. de Stoscli , page 65 , est représentée de la même manière ; elle* est de même sur la cornaline que l’auteur indique au n uni. 210. La jolie petite statue de Palias également en bronze que l’on voit dans la Collect. Ajit. Rom. de Borioni , que Rod. Venuti, à la pl. XIX, pensa être une Agrippine Minor sous la figure de Minerve^ a aussi une chouette dans la main. Sur une médaille d’Athènes publiée dans P Histoire de V Acad. R. des Iscr. et Relies lettres , tome I , page 291 , num. VI, éd. in-12, Palias est représentée avec une branche d’olivier dans la main droite, et la chouette dans la gauche. Parmi les médailles grecques impériales de Vaillant sur les mé^ dailles des habitans d \4ega et de Coliaeum dans Agrip-f

être utile aux hommes (i), est, comme on sait , Je symbole de la Paix (2)5 et le rameau qui orne le casque de cette statue , nous a décidés , en outre des autres motifs dont nous avons parlé, à lui donner le nom de Minerve Pacifère.

11 est nécessaire de faire quelque remarque sur le casque de cette Déesse. 11 a la forme du crâne ; il est garni de deux ouvertures comme les yeux , afin qu’on puisse l’abaisser en avant et former la visière. Ces casques si simples se trouvent dans les images de Minerve et sur les figures militaires d’un travail grec (5).

pine Major, page i5, est indiquée de même. On peut en voir d’autres exemples dans Pellerin , tome il , Peup. et Vil. , pL XLVII, n. 7 5. Mélange, tome I, pl. XIV, num. 8.

(1) Quoique les anciens avant raconté de différentes manières le combat entre Palîas et Neptune , cependant tous conviennent que Pallas fit naître l’olivier. Pausanias, liv. I , ch. 24, page 5-1 , décrit une figure de Pallas, et dit : Prima oleae plantain Minerva proferens.

(2) Nous citerons à ce sujet quelques vers des anciens poètes

Circuit extremas oleis pacalibus oras

Ovid., Metam. VI , v. 101.

Paciferaeque ramum praetendit olivae

Virg. , Aen. VIII , y. 116.

(3) On voit généralement dans les ouvrages grecs Pallas avec le casque dans la même forme que celui de notre statue. Le buste colossal de la même Déesse , qui a été autrefois dans la Villa Aîbani , et qui se trouve maintenant au Musée de Paris, avait le casque dans le meme genre , et on le voit de la même forme dans plu-

Quelques écrivains ont cru, dit Ferrari (i), pouvoir donner le nom de tunica pectoralis au vê-

sieurs gravures de monumens grecs , comme dans celle d’Antiochus rapportée par Gori, Inscript. Etrur. , tome I, pl. I , n. IV j dans celle rapporte'e par Mariette , Pier. grav. , tome II, p. II, n. 4 j dans celle d’Aspasie cite'e par Winckelmann , Mon. ined. , tome II, page i43. Ce même écrivain remarque que cette partie du casque qui était saillante sur le front , s’appelait subgrundium , parce que cette partie faisait au casque et à la tête le même effet que la goutière fait pour un toit. Dans un autre endroit il pre'vient , page 181, que l’on rabaissait ces casques sur le front, ce qui formait ainsi la visière. Nous 11e nous rappelons pas d’avoir vu aucun monument qui nous de'montre cet usage , et nous ne pouvons qu’indiquer une très-petite statue en bronze du Muse'e Obizi du Catai,qui nous l’indique. Nous produisons dans la planche du supplément ce combattant, d’un travail assez médiocre , dont la tête est couverte d’un casque de la forme dont il est question ; il s’en sert puor visière, et les yeux de ce casque lui donnent la facilité de voir en se battant. Dans le Journal des Monumens inédits, 1787, niai, tome IV , pl.Ill, on voit ie dessin d’une terre cuite où est un combattant dont le front est couvert d’une visière , mais il semble plutôt être un combattant d’amphite'âtre qu’un guerrier, comme l’a indiqué l’éditeur, pl. XLIII.

(1) Il a plu à monseig. Bottari de lui donner ce nom dans le discours sur la planche VII du tome III du Musée Capitolin, mais Ferrari parle plus des habillemens d’hommes, et romains, même du bas empire, que des habillemens des Grecs ; d’où il paraît avoir mal k propos donné ce nom k la tunique supérieure de Pallas. Nous ne croyons pas non-plus devoir l’appeler Colascium comme celle que Winckelmann a remarquée sur le vase où est représenté le jugement d’Oreste , tome II , p. 207, parce

tement supérieur; mais il nous paraît que ce n’est que la tunique courtes ordinaire dont nous voyons revêtues Pallas et les autres divinités du même sexe. Winckelmann nous montre un vêtement pareil dans la Pallas du bas-relief des noces de Thétis et Pelée (i). Cette tunique supérieiye , et celle de dessous, sont travaillées à petits plis , comme dans les figures d’un style grec ancien (2).

La chaussure de la statue n’a rien de particulier , ses pieds sont presque en entier couverts par cette longue robe qui est propre à cette Déesse , laquelle dans toute sa personne conserve ce maintien virginal , qui est son caractère distinctif.

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