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Buste de Vénus *.
La charmante tête que nous offrons ici, serait un sujet favorable pour ces artistes qui manquent d’une juste expérience , dont nous avons parlé dans le précédent discours. Car ce buste nous montre tous les attributs qui distinguent la beauté la plus parfaite , sans laisser sur ses traits l’empreinte de l’ivresse du plaisir, et je dirais bien plus cette lasciveté qui est particulière aux Laïs , aux Plumés. CJest qu’en effet on ne doit pas voir dans l’effi-
* Cette tête est dans la proportion propre à une statue de huit palmes; elle est sculpte'e en marbre grec dur; et n’a e'té restaurée qu’au bout du nez. Le buste est moderne. On l’a trouve'e près des thermes de Dioclétien dans les fouilles dirigées par M. Giuseppe Petrini.
gie de Vénus céleste aucune trace des passions qui ne sont propres qu’aux mortels. Mais si nous examinons un grand nombre de figures Bacchiques, nous trouverons des expressions plus vives dans la tête des Ménades ou d’autres femmes de la suite de Bacchus , tandis que nous voyons toujours Vénus représentée avec une tranquilité et une douceur qui annoncent une divinité aimable. Une tête dont toutes les parties ont été très-bien conservées , dont lé style est sublime , qui est admirable à cause de la difficulté qu’offre son travail dans la chevelure, traitée avec une extrême délicatesse , sur un marbre fortdur , mériterait avec de longues observations, de nombreux éloges. Mais comme le docteur xllexandre Visconti a été chargé par S. S. de la description de toutes les antiquités que l’on découvrait dans les fouilles ordonnées par le Souverain Pontife, nous placerons en note la description entière de cette tête si rare , qui a été déjà publiée par messieur Pietro Paolo Montagnani Mirabili , pl. XIX des Monum. ined.3 année i8o5 , ouvrage, qui renferme un trésor de monumens intéressans , et que nous voyons avec plaisir être continué avec une exactitude très-grande. L’auteur a ajouté à ses écrits, par de nouvelles recherches dans une seconde édition, et il donne connaissance de quelque autre fragment de la statue de Vénus à laquelle avait appartenu cette tête ; alors ce que nous dirons ne sera point une simple répétition de sa première édition (i).
« (i) Les artistes les plus habiles de la Grèce et du
a Latium ont travaille aux simulacres de celte ©cesse, « laquelle fut appelée Ve'nns parce qu’elle est née avant « tout, et qu’elle préside à tout (tf). C’est la plus belle <r des filles de Jupiter qui eutDionée pour mère, ce qui « fit dire ù Virgile (b).
Ecce Dioiiaei processit Caesaris astrum .
« Les anciens lui attribuaient la génération de tous les « êtres et un empire absolu sur toutes choses , empire a bien annoncé dans une inscription antique qu’a publié a Gruter (c) :
SOL • CALET • IGNE * MEO • FLAGRAT • NEPTV- N VS • IN • VNDIS — PENSA • DED1 • ALCIDAE • BACCVM • SERVIRE • COEGI-— QVAMVIS * LIBER • ERAT • FECI • SERVIRE • TONANTEM — QVAMVIS • LIBER • ERAT • MARTEM • SINE • MARTE • SV- BEGI •
« Et si Jupiter commanda dans le ciel ; si Neptune fut « souverain des mers; si Pluton régna dans les enfers y « ces trois royaumes étaient soumis à Vénus , comme « l’âme de la nature. Les Romains en faisant la conquête « du monde , enlevèrent des pays soumis les belles sta- « lues de celle Déesse , étant, comme le dit Lucrèce, Ae- « neadum Genitrix , savoir comme mère d’Enée , qui fut « l’origine de la famille Julia.
.... V ener i s ab origine proies
Julia descendit coelo , coelumcjue replevit (d).
« Ils lui consacrèrent la plus belle saison de l’année, « car : Majores no s tri Aprilem mensem V ener i dedica- « verunt {e) , et ils lui élevèrent plusieurs temples fort « riches, où ils l’adoraient sous différentes dénominations,
(a) Cic. , lit*. 2 , De Natiir, Deoc»
{h) Virg. , Egl. 9 , t> . 47.
(c) Grut.y pag. 6o, n.
( cl ) Man U. , i*. 796.
(e) Alacrob. , Salur. 1 , ch. ai.
<( de Calva 7 chauve, parce qu'elle avait inspire aux da- « mes romaines l'idée de se couper les cheveux pour en g fabriquer des cordes pour la guerre ; de Céleste , de « Cloacine , d’Ervcine , de Genitrix , de Murtia ou Myr- « thea , de Romana , de V erticordia , de Victrix. Les « Romains ne furent pas les seuls sensibles pour une di- « vinité si aimable à laquelle on avait consacré des co- « lombes de préférence aux autres oiseaux t Et V eneris dominae volucres 7 mea turba columbae (a)
<( et parmi les plantes le myrthe toujours vert .* Formosae myrtas V eneri 7 seu laurea Phoebo (b)
« et enfin de toutes les fleurs, la rose née du sang d’Ado- « nis: mais le monde entier la connaissant comme bo- « minum divumque voluptas , en conçut une idée si su- « blime , qu'elle électrisa l'esprit et la main des plus cé- « lèbres sculpteurs grecs , de sorte que recherchant avec <i soin et réunissant ensemble toutes les beautés éparses ça « et là, et les plus analogues à la divinité, élevant leur « imagination échauffée au degré le plus sublime , ils en « formèrent le complément de la beauté divine, telle qu'elle « convenait à la mère de tous les êtres. Les connaisseurs « des sculptures antiques ont cru avoir retrouvé ce chef- « d’œuvre de beauté seulement dans la Vénus du Capitole a et celle de Médicis 7 mais nous en admirâmes une « semblable quand le 2 janvier i8o5 on découvrit dans ü les thermes de l’empereur Dioclétien une tête de femme « d’un beau style, bien conservée, dont la chevelure <( portait tous les caractères d’une Vénus par son ar- « rangement, par les oreilles percées pour porter des « pendans, par la douce inclinaison de la tête, et enfin « par les traits de son visage qui annoncent certaîne- « ment la plus belle des Déesses, la joyeuse mère de « l’Amour et de l’harmonie (c). Homère , dans une de « ses hymnes, l’appelle Vénus Cythérée à cause de sa che- - « - ■
(à) Propert. , liv. 111 , EL 3 , v . 3 1 . {b) Virg. Egl. Vil , v. 62.
(c) Hcsiod. , 937.
« velure dorée, et le mystérieux Orphe'e la qualifie dans « une autre hymne de Déesse aux beaux cheveux. Colu- « tus et Épimenide lui donnent l'épithète de Déesse aux « beaux cheveux K a?^txopoç j Claudien écrit en sup- « posant que Cupidon son fils, cherchant sa mère, ht a trouve enfin au moment oîi les Grâces sont occupe'es « à arranger avec élégance ses beaux cheveux :
Caesariem tune forte Venus subnixa corusco Fingebat solio ; dextra le vaque sorores Stabant ïdaliae : largos haec nectaris imbres Jrrigat. Haec morsu numerosi dentis eburno Multifidum discrimen arat : sed tertia rétro Dat varios nexus , et justo dividit orbes Or dîne , neglectam partent studiosa relinquens.
« Spanhemius, dans ses observations sur l’hymne de CaU « limaque à Pallas, rapporte une médaille de Marc-Au- « rele frappe'e à Laodicée, sur laquelle on voit Vénus « qui dispose sa longue chevelure. Les coeffeuses, Pse- « chades y recherchaient sa protection à cause du soin que « cette Déesse avait de sa belle chevelure , c’est ce que « nous atteste l’inscription suivante (a) :
VENERI
SACRVM
CASSIA • 0 • L • PSECHAS.
« Ces coeffeuses étaient peut-être ainsi nommées du mot « PsechaSy qui signifie goutte, parce qu’elles versaient « à gouttes des parfums sur les cheveux, comme au- « jourd’hui on employé de la pommade à odeur. La che- « velure abondante de notre Vénus est divisée en qua- « tre parties , deux nouées sur le sommet de la tête <« forment un groupe agréable, sans avoir besoin d’au- « tre ornement que celui de la nature elle-même, la- « quelle, lorsqu’elle se présente en beau, prouve que
(a) Reines. , p. 1*24* Marat. , p. 5^ , n. 8.
Musée Chiar. Vol. I.
« tout ce qu’elle produit porte la beauté a la plus grande « perfection. Aussi tout autre ornement eut été déplacé « et eut moins bien convenu que le noeud que foret inent les cheveux. Les autres parties , nouées sur l’oc- « ciput, tombent avec volupté sur les épaules en décroiser sant peu à peu, et alors la chevelure se trouve comme « la décrit Apollonius de Rhodes
Eparse et partagée sur ses épaules blanches (à).
« Les trous des oreilles, que Juvénal appelle molles in. « aure fenestrae ( b ) , sont presque exclusivement un at- « tribut de Vénus 5 ce qui est prouvé par les vers d’Ho- « mère :
. . . Ubi illam Zeplvyri vis molliter spirantis Tulit per undam. multisoni maris S p uma in molli (c)
« elle fut accueillie avec allégresse par les Saisons les- « quelles , selon le poète ,
.... //z perforatis autem auriculi :
Florem orichalci uticjue pretiosi.
« Et dans l’hymne du même poète divin, adressée à cette « Déesse qui courait se jeter dans les bras d’Anchise ^ « engagée par Jupiter, il fait mention des pendans d’o- « reilles ainsi :
Habebat autem flexos capreolos inaures.
« Les R.omain$ aussi attachaient cette parure aux oreil- « les des plus belles statues de Cythérée , et presque « toutes les têtes de Vénus appartenant à des familles « anciennes de Rome étaient ornées de boucles, d’oreil- « les. Pline nous l’assure lors que Cléopâtre qui pos- <1 sédait deux des plus grosses et des plus rares perles « connues de son temps dans un souper galant donné « à Marc-Antoine, voulant montrer qu’elle pouvait con-
(a) Apoll. Rod. , III y p. 45 à 4;*
(&) Juvén. , Sat. 1.
(c) Hymn. iu Ven. Le laiton de plus grand prix que V or t V. Plin. , H. Df. , Z. 34, § U.
« sommer en buvant d'un seul coup un million, cen- « lies sestertiûm , en fil dissoudre une dans le vinaigre > « et l’avala devant Antoine. Cette reine amante des rois « qu’elle trompait, ayant été vaincue ensuite par les Ro- « mains, la seconde perle étant passée dans les mains « du vainqueur, elle fut partagée ; ut esset inutriusque « V eneris auribus Romae in Pantheo dimidia eorum. coena : « Macrobe raconte la meme chose comme certaine (a). « Lampridius dit que deux perles ayant été données à a l’impératrice épouse d’Alexandre Sévère , Uniones duas « magny ponderis , et inusitatae mensurae , il ordonna « qu’elles fussent vendues , et ne trouvaut personne qui « put en offrir le prix énorme, pour ne pas laisser in- « troduire le mauvais exemple que l’impératrice fit « usage d’une chose qui surpassât la plus haute valeur, « il ordonna qu’on en ferait un présent à Vénus , in « auribus JP eneris eos dicavit. Les petidans d’oreilles de o Vénus étaient ordinairement formés d’or et de perles « qui lui convenaient parfaitement, ayant eu pour berceau « la coquille où naissent les perles, étant née dans la « mer , et par cette raison élégamment appelée par Eu- « ripide BeffftOL'VCKj maîtresse de la mer (Z>);
« Horace la nomme de même (c). Une coquille était son « attribut, ce qui a fait dire à Tibulle Et faveas ccncha cypria vecta tua ( d ).
<t Quand les Géans, fils horribles de la terre, menacèrent « de faire la guerre aux Dieux, Pisce Venus latuit (e), « la belle Déesse se glissa entre les poissons et les co- « quillages. Je crois que César étant né du sang de Vé- « nus avait une si grande passion pour les perles. Suétone « dans sa vie écrit qu’il en acheta une 6oom. sesterces , « ( sexagies sestertium)} et qu’il alla jusqu’en Brétagne pour
(a) Macrob . , Saturn. , ùV. JJ, ch. 17.
(b) Eurip. Hipp. , t>. 522.
(c) Horat., IIT , Qd. 26.
(d) Tib., 111,3, y. 34.
(e) Owd. y Metam. , L. V , p. 33 1.
« en avoir. Il la dédia dans le temple de Vénus Genitrix , a thoracem ex Brittannicis Margaritis factum , dans le r meme temple , à ce qu’écrit Appien, où Cléopâtre envoya « une fameuse image de laDéesseprès de laquelle était, <( Efftgiem Cleopatrae , que Ton voyait encore de ses jours. « L’habile sculpteur a marqué dans la chevelure de notre « Vénus le mouvement des ondes, voulant que cette fléxibi- <i lité des cheveux et l’idée de la marine vinssent se réu- « nir dans notre imagination. L’inclinaison de la tête « annonce son aimable complaisance , mais surtout son « front bas, son oeil, dont la paupière inférieure un peu « relevée exprime cet agrément appelé par les Grecs « vypov , la bouche ayant ce mouvement qui semble appeler u les ébats amoureux, et donner l’ivresse du plaisir, ce « qui la fait nommer par Homère dans l’Iliade (pL^opt - « pbEldriÇ, , épithète qui signifie enclin à la gaité, comme « les vers d’Horace:
Sive tu mavis Erjcina ridens
Quant Jocus circumvolat et Cupido (a).
« Enfin ses joues arrondies caractérisent la Déesse reine « de Salamine et de Chypre. Avec la joie répandue sur « son visage
Omnibus incutiens blandum per pectora amorem (b)a elle ne laisse pas de faire voir cette agréable majesté « ennemie de 1’ impudicité , comme a écrit Capella : « Quae quidem licet amorum , voluptatumque mater om - « nium crederetur , tamen eidem deferebant pudicitiae « principatum {c) , et les livres sévères des Sybiiles con- « suites par les décemvirs ordonnèrent qu’on élevât un a simulacre de Vénus dans la via Salaria , quo facilius « V irginum mulierumque mentes a libidine ad pudicitiam « converterentur (d) , et celle-là fut nommée Vénus V erti* « cordia .
(a) L. J, Od. a.
(b) Lucret. , i , ao.
(c) Martian . Capella , l. J.
(d) Val. Max., liv . VIJ1 , chap. n. 12.
o Sous le rapport de l'art, sa beauté se fait tant re- « marquer, qu’elle frappe les moins connaisseurs. On y « reconnaît le travail de la troisième manière grecque « qui commença par Praxitèle , et qui réunit si adniira- « blement le sublime avec la beaute'. On remarquait dans « la Venus du Capitole un excellent travail', mais perft sonne ne pouvait assurer qu'elle fut originale, parce « que l’on copiait sans rougir très-exactement les plus « beaux morceaux des artistes les plus excellens. Celle-ci « a dans ses cheveux une taenia c? vitta : mais dans « les cheveux de la tête dont noua nous occupons ici, « il n’y a pas de taenia qui aide l’art $ mais le marbre « si bien travaillé dans cette riche chevelure nous pré- « sente deux grosses parties de cheveux simplement noue's « sur l’occiput , lesquels bien que fixés dans un seul « point, laissent voir cette ondulation naturelle et agréa- « ble, qui dans son exécution, tout en exerçant les quart lités de l’art les plus élevées , sait cacher cependant « l’art , et se montre toute naturelle. Il en résulte une « variété dans les masses , dans les ombres et les loft mières , qui excitent la plus grande surprise dans ceux « qui savent connaître la perfection qu’offrent la na- « ture et l’art en même temps dans leur étendue. Deux « autres parties des cheveux faisaient un élégant noeud « sur le sommet de la tête, mais étant trop évidé et « travaillé avec beaucoup de délicatesse , le temps la « rompu, il en est resté des vestiges au moyen desquelles « on voit qu’il était détaché , et tellement composé, qu’il a serait extrêmement difficile de confier au plus adroit « de nos sculpteurs d’entreprendre de le rétablir, comme « dans un temps le fameux Michel Ange se chargea de « restaurer les plus beaux antiques. Aussi la partie de « la chevelure de cette tête surpasse la coiffure de tou^ « tes les autres Vénus. On voit sur la face l’anatomie la « mieux étudiée qu’on a su couvrir agréablement par une « chair parée des grâces de la jeunesse , et dont les con- « tours naissant les uns des autres insensiblement, rendent « très-difficile à exprimer la jeunesse, en comparaison
« de la figure nulle composée de parties saillantes et an- « guleuses. L'artiste habile en faisant dans celte tête l’an- « gle de l’os qui couvre l’œil, bien prononce , a exprimé « par-là la finesse des sourcils qui couronnent ses beaux « yeux ) les oreilles, espèces de lèvres qui environnent « l’ouverture de l’ouie, que la nature a formées avec tant « d’art , et qui offrent le point de difficulté' la plus grande « au sculpteur at au peintre, ces oreilles, disons-nous, « sont ici traite'es si bien et avec tant de talent, que les « anciens en les j^rçant les ont cru très-dignes des plus « rares ornemens. On les a trouvées percées à cet effet seu- « lement à la Vénus de Médicis, à Leucotlie'e , et à une « tête idéale en basalte dans la ville Albani.
« En un mot cette tête peut être un ouvrage de Pra- « xitèle, non pas parce qu’elle est ornée de pendans d’oreil- « les, comme cette statue célèbre qu’il forma pour Gnide j « mais parce qu’en tout elle lui convient, et qu’elle fait « apercevoir tous les indices de cet original, qui ne se a rencontrent que dans si peu de statues. Cet original c< n’a été certainement jamais reproduit , car s’il l’eut été « avec peu de différence de perfection de l’art, tout ce « qu’il a de beauté se serait anéanti, comme il arrive à celle « qui tient de très-près à la simple nature , qui se perd « et s’évanouit pour peu qu’elle souffre d’altération. Pra- « xitèle a sculpté les plus belles statues de Vénus. Athé- « née nous apprend qu’il prit son modèle de la Vénus de « Gnide d’après Phriné, que ce fut elle qui enflamma « ce génie supérieur qui le conduisit à l’immortalité, et « qui rendit si célèbre la ville qui possédait son clief-d’œu- « vre, comme nous l’annonce Pline (a). Cicéron écrivant « contre Verrès dit que les peuples n’eussent jamais vendu « au poids de l’or les chefs-d’œuvre qu’ils possédaient, « il parle de la Vénus de Reggio, de Cupidon à Thes- « pies, du tableau de Vénus à Coos, de la Vénus de « Gnide, du Satyre à Tarente, d’Europe dans la même « ville: ce simulacre, selon Varron, était en bronze, et
(q) A ristot. j Lib. degli Anlui. , liu. J , c h, 6.
<t y fut place par Pylhagoras. Sûrement, k mon avis, le « taureau k face humaine sur le dos duquel est monté « quelquefois Europe , que l’on retrouve sur la plus grande <i partie des médailles de la Grande Grèce , était modelé « d’après ce célèbre simulacre, d’autant plus qu’il a, mala gré ses cornes, l’aspect majestueux de Jupiter. Nous pou- « vous d’après cela conclure que le talent des artistes con- « tribua beaucoup k la célébrité des divinités, et k la « réputation des villes elles-mêmes.
« La tête de notre Déesse est pleine d’une vie tran- « quille , et son auteur n’a pas eu besoin pour l’animer, « de recourir k l’invention plaisante de l’ingénieux Dédale, « lequel se servit de la mobilité du mercure pour don- « ner du mouvement k la Vénus en bois qu’il avait scul- « plée (a).
« Il faut donc conclure que notre Vénus sculptée en « marbre grec dur, ait été, k raison de l’excellence de « son travail, destinée par les anciens k être placée dans a des lieux fort k l’abri , comme en font témoignage les « bijoux qui étaient suspendus k ses oreilles j et comme « on a coutume d’orner d’objets précieux les choses qui « sont elles-mêmes précieuses , celte figure a du avoir a tenu, dans les siècles passés, un des premiers rangs par- « mi toutes les statues de Vénus , elle pourrait bien alors « avoir eu k ses oreilles une partie des trésors de l’Egypte, « ou le présent inestimable d’Alexandre Sévère. Les beaux « arts en admirant un ouvrage si étonnant en beautés, ont « k se féliciter qu’une pierre blanche en forme de py- « ramide adorée k Paphos comme l’image de la plus belle « des Déesses (b) ait été l’embrion de tous ces chefs-d’œuu vre aujourd’hui si bien connus.
a Les recherches diligentes de M. Giuseppe Petrini, « qui, comme s’il avait l’art de deviner en ouvrant la « terre, y découvre toujours des trésors, a encore trouvé, « outre la tête, dont nous venons de parler, une cuisse
(a) Massim . Tirio , Dis. VIII 9 page 8, § 8.
W Plin. , ff. , l . 36.
a avec la jambe jusqu'au talon ] et un bras depuis le som- « met de l'épaule jusqu’au carpe, tous de forme trésor élégante , qui semblent de la chair, et semblables à <t la tête. Le bras dont il est question est placé à pré- « sent dans le Quirinal sur une petite base. Si I on avait « continué les fouilles peut-être eut on retrouve' le reste, !« et alors on aurait pu dire avec Plaute
Ab unguiculo ad capillum summum est festivissima (b).
(«) Plaut . , in Epidico , acf. sc> J.