‹ Monumens du Musée ChiaramontiChapitre 56 sur 60 · ET QUI SONT REPRÉSENTÉS DANS LA PLANCHE A · texte numérisé non relu

ET QUI SONT REPRÉSENTÉS DANS LA PLANCHE A

A. I , num. i. Le sistre, que nous donnons dans sa grandeur naturelle, appartient au Musée Borgia ; il est en ivoire. Apulée ( liv. XI, pag. 245, j6) indique qu’on les faisait en or , en argent , en métal j mais ceux en ivoire ne pouvant rendre aucun son , ne devaient pas servir comme instrument , mais être un symbole. Kircher ( Oedip. , t. II, pag. 4 72î Rota Divinatoria ) nous apprend clairement quTsis était désignée par un sistre : per Sjstrum Isidem. Il ne paraît pas improbable que , comme les initiés de Cybèle qui portaient une image de leur Déesse , ceux qui étaient initiés à Isis portassent un symbole. Il ne semble pas qu’on trouve des traces de cet usage dans les anciens écrivains , mais on peut croire qu’il ait eu lieu d’après la quantité de petits sistres portatifs que l’on trouve dans divers Musées. La dénomination de Sistrata turba qu’eurent les Egyptiens, comme on la trouve dans Martial (liv. XII, epig. 29, v. 19 ) et dans d’autres écrivains, peut favoriser cette conjecture, car tous les Egyptiens ne jouaient pas de cet instrument. Ce qu’il y a de certain , c’est que si le sistre était employé dans les cérémonies sacrées, il servait, à ce qu’il paraît, également aux usages domestiques, comme nous employons les sonnettes, et de même aux usages militaires, non-seulement des Egyptieus, mais encore des Amazones. U est

aussi certain qu’il était regardé comme un objet propre à éloigner les malheurs. Plutarque , De Iside et Osiride , assure : Ajunt enirn sistris Tj phonem averti , atque depelli. On voit entre autres choses , la figure d’un sistre dans la main superstitieuse de bronze publiée par Pignorius ( Mensa Isiaca et Magnae Deum matris Ideae et Attidis Initia , pag. 3 ). En faisant connaître cet agréable monument, on a donné un léger échantillon des raretés égyptiennes que Ton conserve dans le Musée Borgia , mais cependant il suffit pour prouver combien il est abondamment riche en tout genre. Voyez pag. 34-

A. I, mun. 2. UOcrea , dessinée sous divers points de vue, est la mieux conservée de toutes celles qui sont dans le Musée du Vatican. Elle est très-mince , et on n’y remarque pas de trous au moyen desquels on eut pu l'attacher à une doublure plus moelleuse qui devait garnir l'intérieur. On trouve à une de ces armures, au-dessus du genou, plusieurs trous faits exprès, qui pouvaient avoir servi à attacher cette doublure. En observant d’anciens monumens , on pourrait croire que quelquefois les ocreae se laçaient avec des lanières, qui étaient peut-être de cuir. V. pag. 176, n. (:>.).

A. I , m/772. 3. Cette intéressante médaille , de grande dimension , qui est à présent dans le Musée de M. le comte de Vitzai , que fit acheter le P. D. Félix Caronni , barnabite , a été publiée deux fois par le savant M. François Avellino , dans son Journal Numismatique qu’il fait paraître à Naples. On en a donné le dessin dans la seconde édition

du même Journal au n. III , pi. III , num. 6. L’auteur rapporte, à la page 85 , l’opinion d’un célèbre lettré qui ne s’accorde pas avec l’explication qu’on a donnée de ce médaillon , quoiqu’elle ait été généralement approuvée. Nous avons vu avec plaisir de quelle manière ce savant a proposé les conjectures allégoriques , et nous n’entreprendrons pas d’y répondre , puisque dans ce qui appartient aux lettres, on peut avoir des idées différentes des autres, et avec justice, sans pour cela offenser leurs opinions.

Nous nous croyons obligés seulement de donner, dans cette circonstance, quelques preuves nouvelles sur une partie de notre explication. Nous en avons pris l’engagement, par la promesse que nous avons faite à la personne à laquelle fut adressée la lettre sur ce sujet.

Quelques personnes ont cru peu vraisemblable qu’une seule figure armée représentât la jeunesse grecque qui accompagnait en armes la pompe sacrée. Il y a dans les médailles latines une quantité d’exemples où une seule personne représente la multitude , et pour en citer quelques-uns nous parlerons des suivans.

Dans la médaille de la famille Tituria ( Tes . Morell. , Fam. Rom. T1TYRIA , num. i , A , B , C ) le denier que l’on dit géuéralment être la représentatoin de Tarpeia étouffée sous les boucliers, représente plutôt, selon les nouvelles observations de quelques habiles antiquaires, une Sabine à genoux qui sépare les armées grecques et romaines, exprimées chacune par un seul soldat com-

battant; et les Sabines,qui se jetèrent au milieu du combat, sont indiquées par une seule figure de femme.

Dans celle de la famille Numonia ( idem NV- MONIA) les enneniis qui veulent attaquer les Romains dans le V allant , sont représentés par un seul guerrier. Sur les médailles des familles Calpurnia , Julia , Licinia e Marcia, les courses des jeux Àpollinaires sont exprimées par un seul cheval qui court ( CALPVRNIA , pl. I, num i , A, B, 21 , C; v. pl. II, num. i. 1VLIA , pl. 4» num. E. LICINIA, pl. Il, n. i. MARCIA, pl. II, n. E , F , ec.

Nous ne manquons pas encore d’exemples dans les médailles impériales. Celle de Néron avec l’épigraphe DECYPrSIO , sur quelques médailles , a pour type deux soldats à cheval ; sur d’autres une seule figure équestre , et une à pied ; alors elles indiquent la cavalerie et l’infanterie. Une médaille d’Adrien avec le mot EXPEDITIO , représente une expédition militaire avec une seule figure équestre. De même enfin le peuple romain qui reçoit le congiarium dans les distributions de Néron et de Domitien , est représenté par une personne seule. La première et la seconde de Trajan ; la première et la troisième d’Adrian ; d’Antonin et de Marc-Aurèle , etc. , quoique sur d’autres le peuple soit représenté par plusieurs personnes. Tous ces exemples semblent suffisans pour rendre vraisemblable ce qu’on a avancé , que la jeunesse grecque est représentée par une seule figure armée. V. page 6o , note.

A. I , num. 4* Cette grande médaille qui après

avoir été dans le Musée de feu l’abbé Gio. Battista Visconti , commissaire des antiquités , passa dans la collection de feu Monseig. Onorato Caetani, qui a réuni beaucoup de médailles antiques représentant des édifices ou d’autres monumens d’art, on la rapporte ici parce qu’elle a été mal expliquée par Vaillant, comme nous l’avons fait observer à la page 86, n. (t). Sur le côté principal on lit : AVRELIVS • CAESAR • AVG. PII . FIL. Il y a la tête nue de Marc-Aurèle jeune, vêtu d’une chlamydc. Sur le revers le commencement de l’inscription manque; il y avait Tr. P., et il reste.... VIII . COS. II. On y voit une figure de Dioscure avec une chlamyde attachée sur l’épaule droite ; il pose la main droite sur se coi d’un cheval , et il tient dans la gauche une lance. V. page 86, n. (i).

A. II. n. 5 , 5. Voici deux des vases a parfums en albâtre , que M. Edouard Dodwell a trouvé dans les tombeaux des femmes grecques, pendant ses voyages : ils seront publiés dans quelque temps. Comme on aperçoit clairement sur le grand vase d’albâtre , qui renfermait les cendres de Li villa , et qu’on trouva près du mausolée d’Auguste , que l’artiste a pris soin de bien distribuer les veines du marbre , ainsi ces deux petits vases nous prouvent la même attention de la part des artistes grecs. Les veines dans tous ces deux vases semblent presque formées par art, tant elles s’accordent bien avec la forme des vases. Comme ils n’ont pas de pied, ils devaient rester couchés; et afin qu’ils ne pussent glisser , on leur avait laissé ces petites proéminences : des poignées plus travaillées eussent

été trop faciles à se briser. Ces proéminences servaient aussi pour les tenir commodément à la main , puisque le marbre étant bien poli ne peut être tenu avec sûreté dans les mains sans quelque obstacle. Les anciens formaient les choses pour leur propre usage, et pourvoyaient à tout d’une manière simple. V. page 21 1 , n. (5).

A. II , num. 6. Le contour que nous donnons ici représente la pose des deux figures qui sont dans le char , et qui sout un Bacchus nu , tenant de la main- droite une houlette, et embrassant de la gauche Ariane, vêtue d’une longue robe. On eut pu faire graver tout de suite le groupe dans la planche même, car l’indication qui en reste est assez certaine , mais comme on eut pu avoir quelque doute à ce sujet, quand on n’avait pas examiné de près ce monument , nous avons cru plus à propos de le faire graver sur cette planche de supplément. Nous ferions tort au sculpteur M. Alessandro d’Este si nous recommencions à le louer, car son talent pour restaurer, et le soin qu’il y apporte, le rendent assez recommandable. Cet habile jeune homme, fils d’un sculpteur, et qui a eu le bonheur d’être éleve du célèbre chev. Canova , a déjà fourni assez de preuves de son mérite par des morceaux d’invention bien exécutés en marbre , et qui promettent en lui une continuation de meilleurs succès. Y. page 267 , n. (1).

A. III, num. 7. Filippo Aurelio Viseonti se disposant à donner, d’après la proposition que fit de lui Mons. Gaetano Marini , la description du riche Musée de la maison Obizzi à Catajo près de Pa«

doue, eut le plaisir de trouver , parmi les bronzes , la petite statue publiée ici, qu’il dessina de la même grandeur que l’original , comme elle est dans cette gravure. Mon tfaucon , Winckelmann , Guattani , avaient donné dans leurs ouvrages divers exemples de visières : mais la plupart sont tirés d’après des monumens qui représentent des gladiateurs, et non des guerriers. Cette petite figure en métal nous montre un casque grec , abbaissé sur le front, de sorte que le guerrier voye a travers les yeux formés sur cette partie saillante du casque , appelée subgrundium. Nous n’assurerons pas si notre combattant est un guerrier, et non pas un gladiateur , mais nous décidons bien que l’on voit clairement dans ce monument l’usage de ces ouvertures qui sont pratiquées à tant de casques de divinités, et de guerriers grecs et romains. Y. p. 1 2 1 , n. (3).

A. III , num. 8. Celle-ci est la capciduncula d’argent trouvée dans les fouilles Pontines, ordonnées par le pape Pie YI , et qu’on conserve dans le Musée du Vatican. Elle a été dessinée de la meme grandeur que l’original. On remarquera seulement que le point de vue sous lequel on l’a tracée, a rendu peu visible la courbure extérieure de sa poignée. Les capaduncules était un instrument servant aux sacrifices ; mais elles pouvaient être encore de la même forme lorsqu’on les faisait servir anciennement dans les cuisines; car beaucoup de vases et d’autres ustensiles trouvés dans ces fouilles , semblent plus propres à des usages civils et militaires , qu’à des cérémonies sacrées. D’ailleurs la forme du présent vase est réellement semblable

fT

à la capaduncule que l’on volt placée comme un desornemens pontificaux, sur tant de médailles et dans les orncmens des temples. V. page 54.

A. III, num. 9. Giuseppe Antonio Guattani ayant entrepris , sous d’heureux auspices , la publication, interrompue , des monumens inédits et des notices qui regardent les arts , nous pouvions presque nous dispenser de publier ici le très-beau bas-relief en stuc qui est ici gravé. On a déjà parlé dans les Notices Encyclopédiques romaines , t. IV, page 35, des fouilles heureuses faites dans la ville Moroni près la porte Capena , d’où a été retiré, entre autres, ce beau monument. Nous ne parlerons pas ici de Fart , ni de la belle expression des figures , ni de la rareté du sujet , toutes choses déjà mentionnées dans l’ouvrage indiqué. Nous présenterons seulement en faveur des amateurs une Conjecture sur le style des anciens sculpteurs. Les marbres qui ont été trouvés dans le tombeau dont la voûte était ornée par ces stucs, paraissent être du temps de Trajau si on les compare aux médailles antiques , ainsi que par leur style. Le sculpteur en faisant la mitre de Vénus excessivement haute , a voulu se conformer à la mode dans la coiffure , telle qu’elle était en usage chez des dames romaines. De cette manière il l’a rendue semblable par l’habillement à Piotine , à Mai cia , à Mathidie, qui élevaient ainsi leur cbeveluie , dans le même genre que la mitre que l’on voit ici à Vénus. V. page 2g5 , n. (2).

Fin du Musée Chiaramonti.

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