‹ Monument à la gloire de MarieChapitre 10 sur 69 · SUINTE-TRINITE, UN SEUL DIEU , AYEZ PITIÉ DE NOUS · texte numérisé non relu

SUINTE-TRINITE, UN SEUL DIEU , AYEZ PITIÉ DE NOUS

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SANCTA TRIMTAS, INUS nF.HS , MISERERI". NOBIS.

Le mystère adorable de la sainte Trinité, « une el « indivisible ^, » est le fondement de notre religion, la source de tous les autres mystères et de toutes les miséricordes divines. C'est pourquoi l'Église, après nous avoir fait invoquer successivement le Père, le Fils et le Saint-Esprit, nous fait dire : Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Un jour viendra, si nous sommes fidèles, que nous verrons sans obscurité ce que maintenant nous croyons, et que l'adorable Trinité nous découvrira ses secrets ineffables. Nous comprendrons alors comment le Père, en se connaissant lui-même de toute éternité, engendre nécessairement « son image-, » qui est le Fils; comment, cette connaissance étant absolue et indivisible aussi bien que sa substance, il communique celle-ci au Fils sans partage et sans réserve. Nous comprendrons comment de l'union éternelle du Père et du Fils procède nécessairement leur amour mutuel

' Bri'v. rom. — - 2 (-or., iv, i.

i-2 MÉDITATIONS SUR LES LITANIES,

qui est le Saint-Esprit; comment, cette union étant également absolue et indivisible, «le Saint-Esprit en « procède avec la même perfection que le Fils reçoit « de son Père ^ . »

Mais les clartés du ciel ne sont pas faites pour la terre : la patrie ne peut se trouver dans l'exil. « En « attendant que les ombres déclinent et que le jour « de la bienheureuse éternité se lève ^ , » en attendant qu'une sainte mort vienne déchirer le voile de la foi, et « que nous connaissions Dieu comme il « nous connaît •^, » adorons humblement, de tout notre esprit, le mystère qu'il lui a plu de nous révéler; louons-le, bénissons-le de tout notre cœur, de ce qu'il a ainsi daigné nous faire participer à la science divine, et admettre notre pauvre intelligence jusque dans le sanctuaire éternel de « sa lumière inaccessible ^. » Quel honneur infini ne nous a-t-il pas fait en nous communiquant, dans le séjour de l'épreuve, dans les ténèbres de l'exil, une vérité qui éblouit les Anges, et qui nous donne lieu de « sou- « pirer après la maison du Seigneur ^. » où nous jouirons « d'un si beau spectacle! *• » L'unité dans la Trinité, la Trinité dans l'unité, quelle merveille! L'unité de nature dans la Trinité de personnes, la Trinité de personnes dans l'unité de nature, quel accord admirable, quelle harmonie ravissante ! « Oui, « dit saint Augustin, en Dieu il y a nombre, en Dieu « il n'y a point de nombre : quand vous comptez les « trois Personnes, vous voyez un nombre ; quand

' Serm. sur la sainte Trinitô, par Bossuef. — - Gant, iv, 6. — ' 1 Cor., XIII, 1-2.—' ITimoth., vi, IH. — ^ Ps. i.xxxiii, 3. — '• Sorm. sur la sninto Trinité.

MÉDITATIONS SLK LKS LITANIES. 43

« vous demandez ce que c'est, il n'y a plus de nombre : « on répond que c'est un seul Dieu. Parce qu'elles « sont trois, il y a nombre; quand vous recherchez « quelle est leur nature, le nombre s'échappe ; vous « né trouvez plus que l'unité simple *. »

0 unité si inviolable, que le nombre ne peut la diviser! ô nombre si bien ordonné, que l'unité n y met pas de confusion ! Quelle est magnifique l'espérance de vous voir un jour k face à face - !» Et qu'en attendant, il est doux dé pouvoir vous adorer avec la certitude divine de la foi, et de vous bénir des rapports surnaturels que vous nous donnez avec vous dans le Christianisme !

Le Père, par son adoption, nous élève à la qualité sublime d'enfants de Dieu; le Fils, par l'Incarnation et la Rédemption, « nous associe ■' » merveilleusement à la nature divine; le Saint-Esprit, par « l'ef- « fusion de la charité dans nos âmes ^. » établit entre Dieu et nous « une communication '^ » admirable. Ah! puissions-nous estimer, à leur juste valeur, ces relations divines, et nous estimer nous-mêmes selon la noblesse et la grandeur de notre dignité.' Puissions-nous bien comprendre que, Dieu nous ayani fait monter si haut , tout ce qui n'est pas Dieu es! au-dessous de nous; qu'ayant l'honneur inexprimable d'être « les enfants du Père '', les frères du Fils ', « les temples du Saint-Esprit ^, » nous devons en tout nous respecter nous-mêmes comme appartenant « à « une race d'élite, à un ordre royal et sacré , alin

1 In Jnan. Tract., xxxix, n" i. — - I Cor., xiii , 12. — ' I Je;ui, i , 3. — 'Rom., V, o. — '2 Cor., XIII, 13. — " I Jean, m, I. — Jean, xx, 17. — ^ 1 Cor., VI, l!l.

Ai MÉDITATIONS SUR LES LITANIES.

« de publier les perfections de celui qui nous a « appelés des ténèbres à son admirable lumière * ! » « Père, Fils et Saint-Esprit, qui êtes une même « substance ~, à vous. Dieu unique, gloire et magni- « licence aux siècles des siècles ^; à vous qui nous avez honorés de la révélation de votre essence éternelle ; à vous qui nous avez élevés à une dignité surhumaine, dont le complément sera, dans le ciel, « une « transformation en votre divine ressemblance ^. » Ah ! devant « la largeur, la longueur, la hauteur et la « profondeur '^ » de votre amour pour nous, que pouvons-nous, hélas ! sinon bégayer, avec le prophète, les accents de l'admiration et de la louange ^, et nous unir à Marie, qui, ravie elle-même « des grandes « choses que vous avez faites en elle '', » vous contemple dans l'extase de la reconnaissance et de l'amour? Nous vous adorons comme « V alpha ^, le principe éternel de tout; nous la révérons comme la première de vos créatures et la plus rapprochée de vous par les perfections que vous lui avez données, et par les rapports sublimes de fille, de mère et d'épouse dont vous l'avez honorée. Soutfrez que, vous conjurant, par sa bouche si pure, de nous conserver toujours lidèles, toujours dignes de vous et de notre titre magnitique de chrétiens, nous vous disions :

Suinte Trinité, un seul Dieu, ayez pitié de nous! Sancta Trinilas unus liens, miserere nobis!

' l'i.T., Il, '.I. — - I Jean, v, 7. — ' Jud., ^.i. — 11 Cor., m, \X. — ' Epiios., III, IS. — '' .liMéiii., I, li. — ' Lui', I, 4!t. — " Apoi'.,

SA.NCTA MAUIA, l>KA l'IiO MjBlS.

Le premier titre d'honneur (|ue nous donnons à la très-sainte Vierge, en Tinvoquaut, c'est son nom même de Marie, Nom qui, après celui de Jésus, fait les délices des âmes pieuses.

Quoi de plus doux que le nom d'une mère, et d'une mère aussi tendre qu'auguste ! Une mère ! Y a-t-il rien de si précieux dans la nature, rien qui dilate le cœur comme sa présence, rien qui l'émeuve comme son souvenir? Une mère! Ah! dans ce monde Dieu n'a rien créé de semblable en bonté, en affection pure et douce, en dévouement, en héroïsme sublime du cœur. Quand donc on a le bonheur d'être animé d'une foi vive ; quand on croit fermement que Jésus est notre divin frère; que Marie, sa divine Mère, est aussi la nôtre; qu'elle étend nécessairement à nous cette tendresse inexprimable dont elle est remjilie pour le « fruit béni de ses entrailles ^, » pour ce Jésus qui nous a tant aimés, quelles pieuses émo-

' l.nc, I, 12.

tions, quels sentiments suaves le nom d'une telle

Mère ne doit-il pas faire éprouver !

Mais quelle admiration, quelle joie doivent aussi nous inspirer les sens mystérieux de ce nom mille fois béni! 11 signifie à la fois Souveraine, Astre radieux, Reine de h mer^..., et à quelle autre qu'à Marie peuvent s'appliquer ces touchantes appellations? Souveraine : n'est-ce pas elle qui a eu l'honneur d'enfanter « le Roi des rois et le Domi- « nateur des dominateurs - ; celui à qui appartient « la majesté , la force , l'honneur et la victoire ; « celui de qui émane toute grandeur et toute a puissance ^, » et qui, en la glorifiant dans le ciel, lui a donné auprès de lui un pouvoir d'intercession à nul autre pareil ? Asti^e radieux : n'est-ce pas elle qui a donné au monde « celui qui est la vraie « lumière des hommes ^, le soleil de justice^, » dont le foyer divin, sans aurore et sans crépuscule, sans orient et sans couchant, déploie sans cesse la plénitude de ses rayons inépuisables? N'est-ce pas elle qui brille de l'éclat des vertus les plus pures, les plus parfaites; de l'éclat d'une virginité miraculeuse, et d'une gloire devant laquelle s'éclipse celle des Anges et des Saints? Reine de la mer : n'est-ce pas elle dont les admirables exemples, comme un phare céleste, dominent les flots troublés de cette vie, et guident vers le port de la bienheureuse éternité ceux qui ne perdent pas de vue sa bienfaisante lumière? N'est-ce pas elle qui a reçu de Dieu, pour ainsi dire, le pouvoir de dissiper à son gré les orages et les teni-

' Lexic. bibl., Weitcuauur. — - I Tiiiiotli., vi, l.'i. — ^ I l'aralip.. wix, II, l'i. — ' J.-aii, I, !t. — ■ iMahich., IV, 2.

pêtes, dont Yeihvt vient battre si souvent notre fragile nacelle, et que l'invocation pieuse de son nom sacré apaise et réduit au silence?

Sans doute le nom de Marie n'est « fort et puissant ^, » en comparaison de celui de Jésus, qu'à ce degré inférieur qui distingue nécessairement la créature, même la plus parfaite, de son Créateur et de son Dieu : il n'a de vertu, d'ailleurs, que par Jésus lui-même. Mais il a plu à ce divin Fils de faire éclater sa gloire par son auguste Mère, et de communiquer l'efficacité merveilleuse de son nom adorable à celui de Marie. Comme celui de Jésus, le nom de cette divine Vierge fortifie et console. « Invoquez -le, dit « saint Bernard, dans vos dangers, dans vos doutes, « dans vos angoisses; qu'il soit sans cesse et sur vos « lèvres et dans votre cœur. Dès lors, plus d'égare- « ment , plus de désespoir, plus d'erreur, plus de « chute, plus de crainte, plus de fatigue, mais une « douce expérience du sens profond de ces paroles de « l'Évangile : Le nom de la Vierge était Marie ^. » Comme celui de Jésus, ce nom, doux à nos cœurs, met en fuite l'Esprit de ténèbres. « Si le vent de la « tentation vous agite, dit le même saint docteur, « appelez Marie à votre aide^. » C'est d'elle que, dès le commencement, Dieu dit à l'instigateur de la révolte d'Adam et d'Eve ces paroles si énergiques : « Elle t'écrasera la tête ^ ; » et cet oracle retentit de nouveau, comme un coup de foudre pour Satan, toutes les fois que l'âme chrétienne invoque le nom de la très-sainte Vierge.

' Ps. XXIII, s. — 2 Honit'-l., 2, super Missus est. — ■' fbid. — ' Gen., III, 1.^.

0 Marie ! « béni soit le Seigneur qui a tellement « glorifié \otre nom, que votre louange ne cessera « jamais de sortir de la bouche des hommes ^ ! Ahî « dites bien à notre espiit et à notre cœur quel est ce « nom que vous portez - ; faites-nous-en comprendre et sentir la dignité, la douceur et la force ; pénétrez-nous intimement du respect, de la confiance et de Tamour qu'il mérite. Il est beau pour la piété comme « un olivier verdoyant et chargé de fruits ^ ; » il lui est précieux comme un vase « d'où s'exhale un « parfum suave ^. » Elle l'estime si puissant que, lorsqu'elle l'invoque, elle croit voir l'Ange déchu prendre la fuite en laissant échapper forcément cet hommage : « Terrible est le nom de la Vierge ^ ! » 0 Marie ! qu'en notre faveur ce nom sacré soit toujours terrible à l'enfer; qu'il soit à tous les ennemis de notre salut « redoutable comme une armée rangée en ba- « taille^! » Que jamais nous ne le séparions, dans notre cœur, du nom adorable de votre divin Fils, et qu'après celui de Jésus il soit notre refuge et notre bouclier, notre force et notre consolation ! C'est dans la confiance d'obtenir cette grâce que nous vous di-

sons avec l'Église

Sainte Marie, priez pour nous! — Sancla Maria, ora pro nobis!

^1 Jiulilh, xiii , '2o. — - Gen., xxxii, 29. — ^ Jérém., xi, tfi. — '' Gant., I, D. — ^ Ps. ex, 0. — " Gant., vi, 3.

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Votre miin ost oonimn un parfum n''|>an(ln. Canl. i, ï.

Le Seigneur vous .1 établi comme un olivier fertile. Jer. xi, Ki.

Son nom est terrible. Pf. 110.

Ik'iii .*oil le Seigneur, ear il a rendu voire nom ?i eélèbre , ijue les linmme> ne eessernnt .janlai^: de vous louer. Jvl/ih. xiil, 2'i.

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